#401012

Il est plus facile de faire son devoir que de connaitre son devoir

Auteur:

Non communiqué

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué


J’ai le plaisir de partager avec vous ma planche qui traitera de cette injonction de notre rituel : « Il est plus facile de faire son devoir que de connaitre son devoir ».

Après avoir brièvement rappelé l’origine de cette notion, je vous ferai un court historique de son importance dans mon cheminement en loge symbolique. Le deuxième partie de ma planche traite du sens de ce mot en loge de perfection et je terminerai en vous confiant ma compréhension de la nuance entre « faire » et « connaitre » son devoir et ma perception de la relative difficulté des deux concepts.

Pour commencer On peut d’abord différencier dans le mot devoir d’une part le verbe et d’autre part le nom, bien que la notion philosophique se rattache largement à ce dernier, l’action telle qu’elle est éclairée par le verbe peut aussi renseigner sur son sens. Ces différentes acceptions sont en fait très proches : postes à remplir, obligation morale à tenir, dette financière à honorer, ont en commun le fait que le caractère obligatoire émane d’un acte librement consenti. Devoir n’a de sens que dans un espace de liberté. En conséquence il ne peut s’agir de devoir lorsque cela concerne une obligation à laquelle il n’est pas possible de se soustraire. Il ne peut être question de devoir s’il y a contrainte. 

Lors de mon entrée en franc maçonnerie en tant qu’apprenti, il m’a été dit que mon premier devoir est de travailler sur ma pierre brute, sur moi, pour la dégrossir. Il a donc fallu travailler avec les premiers outils qui m’ont été confiés. Mais un des principaux devoirs qui m’a été demandé d’honorer est le silence, silence qui entraine l’écoute, l’analyse et la compréhension, donc une faculté plus forte à relativiser et à analyser.

En tant que compagnon, il m’a été signifié le devoir de développer mes 5 sens car ils constituent le moyen de contrôle indispensable pour une recherche sur ma nature profonde « connais-toi toi-même ». Ils représentent les outils nécessaires à la prise de contact avec l’extérieur. Il m’a aussi été enseigné que le travail constitue pour le Franc-Maçon une véritable mission. Quelle que soit la place qu’il occupe sur le chantier, même la plus humble, son effort concourt à la réalisation de l’ordre cosmique.

A la cérémonie d’élévation du compagnon au grade de maître, le Très Vénérable Maître m’a rappelé que mon devoir en tant que maitre est de « combattre les préjugés qui s’opposent au développement des connaissances humaines afin d’établir le règne de la fraternité ». Ce qui pour moi signifie qu’il convient d’accepter d’abord ce qui nous incombe en tant que Maître : l’assiduité, le travail, s’instruire et instruire, le bien de la loge et des frères qui la composent, ne pas être incité à l’action par l’espoir du résultat sans pour autant se complaire dans une inertie pesante. Je dirais que c’est cela le devoir de base. Mais, il existe un Devoir plus sacré encore : c’est l’acceptation de ce qui nous échoit, de ce qui fait notre vie, notre parcours, nos épreuves. Tout cela est à considérer comme les opportunités nécessaires à notre progrès ultérieur. Autrement dit, une sorte d’alchimie qui consiste à tirer de chaque épreuve, de chaque problème, la substance qui alimentera notre parcours. 

En loge de perfection, cette notion de Devoir prend une autre dimension. En effet,  lors de la cérémonie d’initiation au grade de Maitre Secret, à la suite du 4ème voyage, le Trois fois puissant Maitre a renchéri que « Le Devoir est la grande Loi de La Franc Maçonnerie , inflexible comme la fatalité, exigeant comme la nécessité ». Et là les premières interrogations surgissent : parlent-ils toujours des devoirs qui m’ont été partagés en tant qu’apprenti, compagnon ou Maitre ? S’agit-il des devoirs envers la Franc Maçonnerie, envers mes frères ou envers l’humanité ? Ou encore  dois-je maintenant me consacrer aux nouveaux devoirs en tant que Maitre Secret ? Quel est surtout mon devoir en tant que Maitre secret ?  Est-ce le devoir de réflexion personnelle ? Le Devoir de Tolérance, le Devoir d’Humilité ou le Devoir de rechercher la parole perdue ?

De même lors de cette cérémonie d’initiation, après avoir été reçu Maitre secret, le Trois fois puissant Maitre nous lance comme injonction « qu’il est parfois plus facile de faire son devoir que de le connaitre ». Cette injonction me paraît a priori paradoxale car on affirme générale qu’il est beaucoup plus difficile de faire son devoir. Par cette acception, « faire son devoir » c’est vraiment agir pour que mes frères puissent toujours me reconnaitre comme un FM en prônant l’équité, l’écoute, la sagesse, la tolérance et la vertu. Cependant en y réfléchissant, ce mot « connaitre » m’a interpellé, certes je sais mes devoirs en tant qu’apprenti, en tant que compagnon et en tant que maitre mais est-ce que je les connais réellement ? En effet, Connaître n’est pas savoir – Savoir c’est apprendre de l’autre;

Connaître est apprendre de soi, dans son rapport avec le monde.  Il nous faut bien distinguer la connaissance du savoir. La connaissance, contrairement au savoir fait appel à la subjectivité, à l’esprit, à l’intuition, à l’instinct, aux émotions.

Elle fait appel à notre conscience – Conscience de nous même, mais également conscience de l’univers qui nous entoure. En effet le philosophe Pierre André Lalande, philosophe du 20ème, nous affirme que  « La conscience est la connaissance plus ou moins claire qu’un sujet possède de ses états, de ses pensées et de lui-même.”

Cette conscience, que notre connaissance éveille pour nous permettre d’aller toujours plus loin dans la connaissance et ainsi progresser sur ce cercle vertueux qui nous conduit vers notre essence.

Les opinions du profane naissent dans son Ego, celles de l’initié naissent dans son essence.

Je définis donc la Connaissance comme un sésame qui permet à l’homme de se transcender pour accéder à son moi. La connaissance acquise dans le cadre de la méthode initiatique permet également d’appréhender le monde et les autres tels qu’ils sont et non tel qu’on voudrait qu’il soit.

Cette connaissance reste inachevée et indéfinie car elle impose une implication de soi qui remet continuellement en cause nos certitudes acquises à la Lumière d’une conscience toujours dépassée. Il importe donc pour ma part d’aller vers cette connaissance, cette quête de l’esprit sur la matière. Je me vois donc plongé dans un abime de réflexions car sans outils de transformations, ni d’instruments de contrôle, il m’importe maintenant d’aller dans cette quête de la parole perdue, qui me permettra je l’espère un jour de connaitre mon devoir. Et c’est pourquoi comme dit le rituel du 4ème degré, « Il est plus facile de faire son devoir que de le connaitre ».

Pour conclure, je dirais T.F.P.M que les devoirs dont j’ai pris connaissance en loge symbolique sont maintenant remis en question et je me retrouve maintenant en face d’un miroir, une situation où tout est à refaire, où je dois aller à la quête du devoir de Maitre secret pour que je sois plus harmonieux avec l’univers qui m’entoure.

T.F.P.M

J’ai dit,

JFA

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