#401012

Vous êtes passé de l’Equerre au Compas

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Le passage à un grade supérieur est une étape dans la vie d’un FM. Dans le cas du passage du 3ème degré au 4ème degré, il s’agit de bien plus que cela. Au premier abord, il semble s’agir d’une rupture. Tout est différent, nous n’avons plus les repères qui ont jalonné notre parcours : plus de tapis de loge, plus de piliers, plus de trois grandes lumières sur l’autel des serments. Le Temple dans lequel nous sommes introduits est sombre . Ce lieu n’est pas sans nous rappeler le Temple dans lequel nous avons été introduits lors de notre élévation à la maîtrise. Mais notre introduction se fait en marche avant, nous sommes donc en route, en marche vers un avenir.

Un Maître Secret passe de l’équerre au compas.

La Loge bleue est le temple de la réflexion qui s’opère autour de la construction opérative. En son sein, figurent les deux premiers degrés où l’on découvre son édifice personnel, où l’on construit et assemble sa pierre à l’édifice universel, ceci à l’aide d’un certain nombre d’outils. Au troisième degré, s’opère une rupture. Le mâtre maçon est confronté à un meurtre, à la mort devant laquelle chaque homme est impuissant. En outre, on entre de plain pied dans le domaine de l’intellect ( moins d’outils matériels et introduction de la légende d’Hiram ). A travers l’étude de luimême et des autres, le maître maçon explore la voie initiatique, non seulement avec sa tête mais aussi, et surtout avec son coeur. Il est plongé au milieu de la construction du Temple de Salomon mais c’est encore Hiram qui dirige les travaux et non lui. Au mieux, il ne sera qu’un substituant. On passe déjà de l’équerre au compas au grade de Maître. Lors de son exaltation à la Maîtrise, le Franc-Maçon effectue physiquement ce passage, à chaque extrémité du cercueil se trouvant respectivement à l’occident, l’équerre, et à l’Orient, le compas. Une autre illustration de ce passage est la marche du Maître qui, après avoir effectué ses premiers pas « terrestres»quitte le sol et trace une courbe pour son dernier pas. Au troisième degré le compas devient l’outil du Maître, outil de vérification du travail des Apprentis et Compagnons, voire de son propre travail.

Le 4ème degré propose une évolution profonde de la vision symbolique appréhendée dans les trois premiers degrés. De moins en moins de symboles figurent dans la loge. Passant du chantier au sanctuaire, le lèvres closes par le sceau du secret, la quête intérieure de la Vérité et de la parole perdue du MS l’amènera à la découverte de son Etre. Elle le conduira de sa condition d’homme matériel à celui d’homme véritable, habité par la vérité, c’est-à-dire déconditionné de la tyrannie de l’égo et pour lequel l’action est guidée par le devoir et non par le désir. Agir sans désir pour passer du monde de la multiplicité à l’unité. Passer de la matière à l’esprit, de la terre au ciel, de l’inconscient au conscient. Tel est le destin du MS.
La loge de perfection conduit le constructeur du chantier au sanctuaire où il évolue dans un monde de spiritualité. Il y acquiert une nouvelle initiation. Il débute un nouvel apprentissage et ne construit plus matériellement avec règle et angle droit. Il dessine et bâtit des projets intellectuels et spirituels à l’aide du compas. Il apprend que le saint des saints est en l’homme et s’aperçoit rapidement qu’il en détient la clé. En bref, il est prêt à devenir l’architecte qui conçoit et évolue maintenant dans un monde d’action qui lui permettra d’accomplir son devoir qui est de rechercher la parole perdue et la vérité. Voici le maître mot du 4ème degré : Devoir. Notre devoir de maître Secret est tourné entièrement vers la découverte et la progression dans l’acquisition de la dimension spirituelle et métaphysique de notre quête symbolisée par le compas ouvert, l’ouverture de l’esprit. Nous allons prendre conscience de l’immensité de la connaissance à acquérir et en même temps

nous rendre compte de l’étroitesse de notre esprit encore relié à l’équerre terrestre et rigide, alors que le compas nous servira à apprendre que la dimension de la vérité est infinie et inaccessible à l’esprit humain qui ne peut que chercher à s’en approcher le plus possible. La perte de la vraie parole ne doit pas nous empêcher de la rechercher.  La recherche de la parole perdue est le devoir complet qui peut nous demender d’aller jusqu’à payer le prix du sacrifice. L’initié ne doit-il pas tuer l’initiateur? Le disciple tuer le Maître? Comme Caïn tua Abel? Voilà l’un de mes devoirs, tuer le matériel et l’oeil de la conscience apparaîtra : celui qui se trouve sur la bavette de mon tablier, « symbole du soleil , oeil de l’univers qui était pourles anciens, l’image de la divinité. Le grand archétype de la lumière ». L’omniprésence de l’oeil n’est-il pas la surveillance constante et le rappel permanent du devoir?

Difficile de chercher l’exemple frappant qui vous éclaireraient mes SS et Frères, sur le fait que je sois passé de l’équerre au compas au 4ème degré. D’ailleurs, quelle prétention que d’affirmer avoir dès à présent réalisé cette transition ! Invité à demeurer avec moi-même pour me purifier par des règles morales, on m’a donné un horizon différent de celui du 1er degré : la recherche de la parole perdue. J’ai vécu le 4ème degré comme une préparation à ce qui va suivre, une purification nécessaire aux degrés supérieurs. La clé du Saint des Saints qui nous est donnée est un espoir pour accéder à une première porte mais elle est difficile d’accès, une première étape sur le chemin escarpé de la montagne qui nous reste à gravir. De plus, cette clé est en ivoire, donc relativement fragile. Et même si la barrière qui nous sépare du Saint des Saints nous est pour l’instant infranchissable, sachons chercher quelques embryons de vérité dans toutes les dimensions de l’univers.

Etre Maître Secret, m’a permis de me pencher de très près sur un certain nombre de devoirs, notamment ceux qui concernent les mots qu’il ne faut pas « prendre pour des idées », le mot de vérité qu’il ne faut pas profaner, sans oublier la conscience qu’il faut toujours rester humble en présence de l’immensité de l’Univers. Cela dit, n’est-il pas plus « facile de faire son devoir que de le connaître »? Je continue donc mes SS et FF à utiliser l’équerre, outil de vérification personnelle, ici même et dans ma loge bleue. En revanche, au travers un lent mais indéniable développement de mes relations avec les autres, dans l’intérêt toujours plus grand que je porte à mon engagement maçonnique, par l’analyse toujours plus approfondie de mes passions et par leur rectification , je crois distinguer, par une sorte d’intuition, que l’on peut toucher du doigt cette recherche de la vérité qui est notre devoir. Puisse le compas m’aider maintenant à y voir plus clair dans cette quête nécessaire.

J’ai dit

MC

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