#401012

Nous sommes devant le Saint des Saints

Auteur:

C∴ M∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
:  NC 01/2020

Souvenons-nous, durant notre élévation au 3éme degré dans un temple endeuillé. Nous avons vécu le psychodrame du meurtre de l’architecte, assassiné par 3 mauvais compagnons dévorés par l’ignorance, l’ambition, et le fanatisme. Trois coups lui furent portés, le dernier plus violent que les autres au siège de la pensée lui fut fatal. Ainsi périt l’homme juste, fidèle au devoir jusqu’a la mort. Mieux vaut mourir debout que vivre à genoux.

Les mythes du sacrifice sont innombrables, chargés du tribut de tous les renoncements pour purifier le groupe en vue d’une participation à un acte fondateur. Progressivement, une foi s’élabore indépendante de toute doctrine. C’est la mort qui donne du sens à la vie.Plus glorieux que jamais le maître réapparait par la force et la grâce du rituel. Une lumière qui éclaire l’esprit, apporte vigueur et soutien à la nouvelle Maîtresse, une renaissance vers ce qui constitue son aspiration. Une capacité qui s’inscrit en chacune de nous.Elle exprime une vision confiante de l’humain et par conséquence du destin de l’humanité.

Liberté du discernement, rigueur cartésienne, cohérence entre sa vie matérielle et spirituelle sont les piliers de nos travaux. Une logique entre réflexions philosophique et scientifique, est ce antinomique avec une vision du sacré ? La franc-maçonnerie nous a offert par son ouverture d’esprit la possibilité de concevoir l’idée d’une transcendance tout en conservant sa liberté de penser. C’est un cheminement, parfois laborieux souvent libérateur.

Aujourd’hui, élevées au rang de Maîtres Secrets, sous le sceau du silence, dans un temple où les larmes d’argent témoignent de notre affliction, nous déplorons toujours la mort d’Hiram et la perte de la parole perdue.

Le préjudice est immense, la lumière et la vérité ont été éclipsées.

Dès l’ouverture des travaux, le trois fois puissant maître questionne la Sœur inspectrice. En quel lieu sommes-nous ? Nous sommes devant le Saint des Saints. La sainteté dans son sens contemporain est l’idéal vers lequel tend celui qui cherche à s’élever jusqu’a la perfection. Après le lieu, le temps est précisé.

Nous sommes à l’heure où l’éclat du jour a chassé les ténèbres et la grande lumière commence à apparaître. Ces premières lueurs qui se propagent en ondes bienfaisantes ne peuvent que nous aider à y voir plus clair.

Agées de 3 fois 27 an accomplis, élevées au rang de lévites, nous avons pris conscience d’êtres les gardiennes d’un trésor que nous ne connaissons pas.

Une question s’impose : que représente à nos yeux, le saint des Saints ?

Nous sommes en responsabilités d’assurer la réfection et le bon fonctionnement de l’édifice ancestral qui fut élaboré à Jérusalem 10 siècles avant J.C. Maîtres Secrets dépositaires du sanctuaire de l’Architecte, il nous incombe d’accomplirun travail collectif en concordance avec nos valeurs. Dans nos ateliers de perfection, le rituel indique qu’il se doit d’envisager la loge comme étant l’image du temple édifié dans sa description biblique.

Le symbole part toujours du réel, ou de l’existence d’allégories participant à l’ordonnance de notre monde.

Dans la bible, le temple de Jérusalem était un édifice comportant trois salles en enfilade. La première salle, l’ULAM est assimilée au vestibule. Dans la seconde salle, l’HEKAL lieu du sacrifice d’Hiram, on y célébrait le culte. On la nomma le Saint. La troisième salle le DEBIR est, un espace de rencontre entre l’homme et son créateur, un ailleurs. C’est le Saint des Saints, un lieu de résurrection. Un endroit où le pronom, je, ne se prononce, on ne peut se différencier des autres. Il nous est interdit d’y pénétrer. Le DEBIR de forme cubique parfaite est à l’image de nos loges et de leurs pierres. L’arche d’alliance y reposait. Elle est la promesse, irrévocable de l’éternel de ne jamais abandonner son peuple.

En bois d’acacia, recouverte d’or, à l’extérieur comme à l’intérieur, elle abrite les tables de la loi. Les quatre premiers commandements concernent nos devoirs envers le tout puissant, les six autres nos devoirs envers les hommes. Les paroles divines étant gravées dans la pierre, en effacer les mots aurait signifié détruire la spiritualité dans son essence. Dans le temple de Salomon je suis passée du parvis l’ULAM en direction du lieu de célébration, l’HEKAL.

La progression d’une chambre à l’autre, nous renvoie à la notion de chemin, une marche ascendante sur le sentier escarpé du devoir.

Ces trois surfaces ouvrent des horizons de lumières différentes.

Le parvis est éclairé par la lumière du jour, le sanctuaire par le scintillement de nos chandeliers et de notre foi en l’humain, le saint des saints par la splendeur d’une luminescence divine.

La notion de dévouement, on la rencontre au 4éme degré au cours du 4éme voyage qui nous parle de justice et de devoir, pouvant conduire jusqu’au sacrifice. Un plan balisé par une conscience irréprochable, une exigence limitée dans le temps, un accès à un monde transcendant.

Le jour de notre réception, nous sommes passée de l’équerre au compas, du matériel au spirituel.Lévite, nous avons abandonné l’horizontalité de la matérialité pour nous élever et privilégier notre ascension

J’aurais souhaité bénéficier d’une paire d’ailes de libellules et fluorescentes dans la clarté de l’aube.

Partout sur terre on retrouve ce besoin d’édifier à partir d’un espace sanctifié, un échange terre t ciel.

Qui n’a rêvé un jour d’approcher le lieu où tout se joue. Qui n’a rêvé, poussée par une soif de discernement, d’établir un contact entre les mondes du visible et de l’invisible. Le fait d’accepter la pertinence de ces forces profondes et d’y être attentives, nous offre l’opportunité de valoriser nos pensées les plus intimes. Freinée dans mon élan par une balustrade, je doute. Mes aptitudes sont elles à la hauteur de mes attentes ? Cette barrière qu’elle soit réelle ou symbolique, reste infranchissable. La balustrade qui nous s’épare du DEBIR

Me fait penser aux bornes de l’esprit humain, aux limites que chaque franc-maçonne peut atteindre

Le Saint des Saints du fait de notre ignorance, nous reste inaccessible.

Etant parvenue en qualité de lévite dans la voie du sacerdoce, j’ai conscience d’être restée terriblement humaine, consciente de mon état d’imperfection et de mes manques.

Le travail est un des moyens trouvés par l’homme pour lutter contre l’angoisse du vide et de la mort.

Paradoxalement plus notre voyage n’est intime et personnel et plus nous avons besoin d’être guidées. Sur nos décors une clef d’ivoire grâce à laquelle, il nous sera un jour, permis d’ouvrir et de passer. Le paneton, sur lequel on distingue la lettre Z évoque le mot de passe des Maîtres Secrets, ZIZA. Un mot de passe n’est il pas fait pour passer ?

A notre disposition une couronne de lauriers et d’olivier, symbole d’espoir et de victoire. Un principe qui repousse nos limites et nous conforte à les dépasser. Nos lamentations ne doivent pas rester stériles.

L’accomplissement de nos recherches prend de l’ampleur.

Fidèle aux serments prêtés, dans le tumulte de la cité comme dans la solitude du désert, on tâtonne. Le bon sens précurseur de notre raisonnement fait graviter le cercle en tête à tête avec soi même. Arrondir les angles n’est pas négociable. L’esprit s’apparente au parachute si on ne l’ouvre pas il s’étale. On ne voit bien qu’avec le cœur m’avait ont dit le jour de mon initiation d’apprentie.

On s’interroge sur d’improbables intuitions, une félicité, dont la plupart des réponses sont en nous.

Le Saint des Saints est dans l’homme, une petite lueur semée au fil de notre temps maçonnique.Imperceptiblement, cette lumière intérieure lovée dans nos entrailles a pris de l’ampleur. Je m’interroge, ces petites lumières en se superposant les unes aux autres, ne nous offriraient elles pas une meilleure vision ?

Encore aujourd’hui je suis impressionnée la clairvoyance et l’envergure substantielle des symboles dans nos pensées et nos actes.Les progrès et le travail de chacune privilégient l’amélioration, de notre construction commune

On m’avait prévenues, tu t’efforceras de découvrir l’idée sous le symbole. Une investigation que j’expérimente depuis 20 ans. Je nous compare aux babas yamas. Ces petites poupées russes en bois multicolores, qui unissent leurs talents en s’emboitent les uns dans les autres pour avoir plus de poids afin de sauver leur sœur. Elles vaincront l’ignominieuse sorcière.

J’ai gardé en mémoire les bienfaits de mes expériences mais aussi mes échecs.Au la cour de notre vie, on c’est toutes plantées un jour où l’autre.

Les deux pieds dans la boue jusqu’aux mollets, il est malaisé d’avancer.

Qui n’a au cours de son existence emprunté un chemin de traverse ?

Ça va, ça vient, ça tient à presque rien. Un effleurement, un regard bienveillant, une main tendue et l’appréhension d’un présent morose se délite. L’itinéraire redevient plus confortable. Le voyage vers le Saint des saints est une aventure, imaginaire qui n’a d’existence que dans la temporalité. Il transcende le lieu par lequel on va reconnaître l’autre pour l’aimer.

En contrepartie cette expérience spirituel, en total, divergence avec une éducation adogmatique m’a ouvert l’étendue d’une lecture aux horizons liturgiques, plus disponibles qui me paraissait invraisemblables

Qu’importe la destination, l’important reste le voyage.

La démarche entreprise par le Maître Secret est une quête initiatique basée sur le travail et la bienveillance collective pour s’extirper du chaos et retrouver la sérénité dans la lumière dont il est lui même une étincelle constitutive.

J’ai dit

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