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La Caverne
D∴ L∴
La caverne est le lieu où se déroule la scène. Elle est dans ce cas une antre, c’est à dire un endroit servant de repaire à ABIRAM l’assassin du Maître HIRAM. Cette antre est symbole pour lui de la matrice où il se réfugie pour méditer sur l’énormité de son crime : Il regrette son geste et est rongé par le remord ; endroit de méditation, la caverne devient le même lieu que le cabinet de réflexion où l’impétrant réfléchit sue sa condition profane avant son initiation ; elle est aussi lieu d’ensevelissement comparable à celui d’HIRAM pour le 3° degré.
Selon les anciennes cosmogonies , la caverne est l’image de l’œuf cosmique ; la matrice obscure où se forme le monde : Elle permet de communiquer avec la terre mère.
Dans la tradition grecque, la caverne est l’image du monde avec tout ce qu’il comporte d’ignorance, de misère, de souffrance et de punition ; PORPHYRE, philosophe grec voyait en elle tout ce qui est dans le monde en rapport avec la matière ; on retrouve encore une fois cette acception dans la symbolique du séjour dans le cabinet de réflexion.
La caverne utilisée par nos ancêtres comme lieu de vie comportait un trou naturel dans la voûte pour permettre à la fumée du feu de s’échapper et à la lumière du jour de passer. Ce trou symbolisait aussi la communication des morts avec les vivants. L’axe passant par ce trou est l’axe du monde « Axis Mundi » , ou la voie royale : c’est la voie étroite de l’initiation : Quelque soit le mythe, le passage dans les ténèbres symbolisé par le séjour dans la caverne est un passage obligé sans lequel il est impossible de recevoir la lumière. Une lampe éclaire la scène partiellement, Le meurtrier gît dans son sang : Cette allégorie est utilisée lors de certaines initiations maçonniques ; dans la pénombre on découvre rapidement le bandeau de l’impétrant qui voit à la lueur de la bougie un cadavre symbolisant le traître qui a failli à son serment de silence. Cette scène est dite de la petite lumière.
Cette lampe accrochée à la voûte de la caverne lui confère une dimension platonicienne ; L’éclairage qu’elle donne de la scène produit des ombres conformes à la représentation du monde que voit l’homme enchaîné au fond de la caverne. En l’occurrence permet à JOHABEN d’apercevoir le poignard par lequel il va venger l’assassinat d’HIRAM en tuant ABIRAM. JOHABEN confond justice et vengeance, l’éclairage procuré par la lampe n’est que partiel. JOHABEN s’est mépris, il est à l’image de l’homme enchaîné au fond de la caverne platonicienne. Il se contente de la vengeance comme vision de la justice ; il reste un esclave dont les sens sont abusés par le reflet de la vérité. Le prisonnier doit briser ses chaînes puis lutter contre son ignorance pour enfin accéder à la lumière. C’est la clémence de SALOMON inspirée par les autres maîtres qui sauvera la vie de JOHABEN.
Symboliquement on voit bien que la voie de la perfection est semée d’obstacles. Si on ne s’initie que par soi-même, il est bon d’avoir des amis, en l’occurrence ses frères, pour nous aider à être remis sur le chemin de l’initiation lorsque nous nous égarons en laissant libre cours à nos passions.
Ainsi, le vrai initié a non seulement brisé ses chaînes, mais à l’image de l’homme libre selon PLATON, a dépassé le stade de l’aveuglement par la lumière, découvert les ombres puis les objets eux-mêmes. Et ce n’est que lorsqu’il a compris le monde extérieur qu’il revient à l’intérieur de la caverne afin d’aider ses anciens compagnons à passer dans le monde de la lumière, devenant ainsi leur guide.