#406012

Pourquoi un buisson cache-t’il l’entrée de la caverne ?

Auteur:

P∴ L∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

A L G du G A D L’U
Sous la Juridiction du Suprême Conseil Pour La France
des Souverains Grands Inspecteurs Généraux du 33ème et
Dernier Degré du REAA
ORDO AB CHAO – DEUS MEUMQUE JUS

Ce buisson qui cache l’entrée de la caverne est là, il ne m’inspire pas, Je vais présenter ce travail et surmonter cette carence, car je suis ici pour réaliser mon devoir car il est le Devoir.

Tout d’abord un buisson qu’est ce que c’est ? Dans le dictionnaire Larousse c’est un : Arbuste ou groupe d’arbustes rameux dès la base et difficile à traverser, et dans le Littré : Touffe d’arbrisseaux sauvages ou épineux.

Je commencerai par une approche du rituel du 9ème, ce que j’y ai cherché, trouvé et interprété sur un plan symbolique, culturel et initiatique. Avant de conclure, je vous livrerai mon ressenti personnel.

Lors de la cérémonie d’élection du Maître élu des neuf, nous étions trois Frères. Le Très Puissant Maître, nous donna un temps de méditation.

Puis Stolkin nous apprit que les travaux de construction du Temple étaient suspendus parce que les meurtriers du Maître étaient vivants. Là me vient une question : Comment le 1er instructeur sait il que les meurtriers sont vivants ? Il semblerait qu’il dispose d’informations que nous ignorons en tant que Maîtres parfaits.

le Roi Salomon nous chargea d’une mission : Suivre les pas de l’Étranger inconnu qui nous mena à une caverne, proche d’un buisson qui en masquait l’entrée… Quel était cet Étranger inconnu qui savait que derrière le buisson était l’entrée de la caverne ? Il avait l’air de connaître les lieux parfaitement !

Le rituel et le Très Puissant m’invitèrent à suivre l’Étranger ? Cela m’amène à une question: Comment est il possible de faire confiance à un inconnu et le suivre les yeux fermés ?

Serait ce une question d’ouverture à l’autre, faudrait il s’écarter de nos préjugés et de nos certitudes. Moi même, ne serais je pas un peu l’autre, à l’instar du Janus biface ?

Ou, s’agirait il simplement de nous souvenir que nous pouvons avoir confiance en d’autres personnes comme nous l’avons fait, les yeux bandés, lors de l’Initiation, quand le Frère expert nous guidait pour réaliser les voyages de l’apprenti ?

Le désir de vengeance peut être extrêmement difficile à ré-freiner, à fortiori lorsqu’on est touché en plein cœur, dans sa chair et dans son âme. Serait-ce une raison possible pour laquelle le buisson bien qu’entravant l’entrée de la caverne, n’a pas arrêté Yahoben ?

Ce buisson qui symbolise l’homme Maçon vivant entre le bas et le haut, nous invite à rechercher ce qui est caché, comme ses racines qui représentent notre for intérieur et ses branches élancées vers le ciel, voie transcendante d’élévation spirituelle. Ce buisson qui masque l’entrée de la caverne, plonge ses racines dans les profondeurs ténébreuses de la terre et déploie son feuillage vers la lumière du ciel, symbole du Franc-Maçon vivant entre la terre et le ciel, entre la matière et l’esprit, l’inconscient et le conscient.

Yahoben aurait il été plus visionnaire que ses Frères et ainsi conduit au zèle pour se démarquer des 8 autres élus désignés par Salomon ?

Depuis nos début en Franc-Maçonnerie nous connaissons tous cette question du rituel d’Apprenti :

  • « Que venez-vous faire ici ? »

A laquelle nous répondons :

  • « Vaincre mes passions, soumettre ma volonté et faire de nouveaux progrès dans la Maçonnerie ».

Alors, pourquoi ce deuxième meurtre après celui d’Hiram ? Une transgression pour aller au bout du bout ? Une pulsion violente qui en transperçant permettrait d’aller plus loin au fond de la caverne, au fond de la conscience pour éradiquer le mauvais compagnon ? Un acte qui mènerait à une remise en question sur la vengeance et la violence inhérente qui appelle en retour la violence avec le risque de nous entraîner dans une spirale vicieuse et hors la loi ?

Obéir à la loi, extérieurement ne nous suffit pas pour être juste, cela suppose aussi la volonté d’être un homme juste intérieurement par le fait de la raison et de la conscience en vertu d’une qualité intrinsèque qui donne du sens au fait d’être juste en soi.

Être juste c’est aussi aussi faire preuve de tempérance, sans tolérer l’intolérable, être capable de vivre sans se laisser envahir par ses désirs de vengeance et opter pour le pardon qui ne signifie pas l’oubli.

Eric Cantona a dit :« La plus noble vengeance ne serait-elle pas le Pardon » ?

Ce travail m’a vraiment donné du fil à retordre, sans doute n’ai je pas réussi à m’extraire de ce buisson dans lequel je suis empêtré depuis bien trop longtemps. Il m’a laissé aussi sec que lui pendant de longs mois, c’était sans doute le temps d’un interminable hiver. Il m’appartient en tout cas aujourd’hui de franchir le pas pour aller au delà du buisson. Pour aller voir ce qui se cache derrière, déceler l’entrée de la caverne et enfin y pénétrer.

Mais pour quoi faire ?

Aller fouiller dans les profondes vallées des limbes de ma conscience ? Pour continuer à débusquer l’ignorance, le fanatisme et l’ambition qui y sommeillent. Et ainsi poursuivre le travail qui me permettra de vivre avec eux, de les assumer pour mieux les identifier.Libre à moi ensuite de poursuivre la quête de la Vérité et d’éradiquer autant que possible l’ignorance et la violence de mon for intérieur.

La caverne derrière le buisson…peut aussi être un refuge…comme pour les êtres qui ne veulent pas sortir de la caverne de Platon. Il peut être question d’un nid encore plus doux, chaleureux et confortable. Oserais je là, vous suggérer une autre image de la caverne : « l’origine du monde », ce tableau de Gustave COURBET dans lequel le buisson de la Femme, de la Mère, de l’aimée semble impénétrable tant il est feuillu. Derrière ce buisson, la vulve entrée de la matrice, du latin matrix, dérivé de mater qui signifie Mère. C’est à la fois la Pachamama terre nourricière des incas, la Gaïa déesse mère des grecs et aussi la Mère-Nature lieu primordial protégé s’il en est, comme nous tous à l’origine, lors de notre séjour dans le ventre de notre mère, aimante, généreuse et protectrice.

« La caverne m’est connue… L’usage de la lampe de l’eau et du poignard Au fond de la caverne proche d’un buisson ardent… » « NAQAH » « il a transpercé » Cette phrase du rituel me révèle le buisson comme un point de repère pour retrouver facilement l’entrée de la bonne caverne, celle où tôt ou tard je devais pénétrer. Un but : descendre en soi, pour y trouver des bribes cachées de ma conscience, et me rendre compte qu’elles sont parfois sombres et reptiliennes, mais aussi éclairées et vertueuses…

Qui est l’autre que j’ai tué, qui est Aviram ? Ne serait ce pas mon frère, ne serait ce pas une partie de moi même, car enfin dans l’univers ou nous cherchons le Un, faire mal à l’autre n’est il pas se détruire soi même ?

J’étais pourtant averti : le Très Puissant m’avait informé que cet homme était peu être mon ami et que des liens très étroits pouvaient m’unir à lui.

Grâce à l’intercession des Frères, j’ai eu beaucoup de chance d’obtenir la clémence de Salomon. Quelle marque de confiance, de bienveillance et de bonté de la part de mes Frères, qui dans l’adversité m’ont une fois de plus reconnu comme tel.

En tant qu’homme Franc-maçon, je trouve ici la preuve du lien qui nous uni, une Fraternité solide, qui ouvre les cœurs sans arrières pensées. Des degrés de Maître Secret à Intendant des bâtiments, j’ai approfondi ma notion du Devoir, j’ai commencé à réfléchir sur la justice et je sais que l’initié doit chercher la Vérité sans relâche. Le meurtre d’Hiram a entraîné la suspension des travaux de construction du Temple, mais l’œuvre devra être poursuivie malgré cette perte cruelle.

Voilà pourquoi j’ai décidé de franchir l’obstacle représenté par le buisson et de braver ma peur du chien noir, gardien de l’enfer pour aller approfondir mes notions de la justice et du devoir afin de réduire en moi, la place laissée à l’ignorance et à la violence.

Alors, pourquoi un buisson cache-t’il l’entrée de la caverne ?

Le buisson aurait il pu permettre à Yahoben, en lui entravant le chemin, de marquer une pause, pour réfléchir avant d’agir et prendre au final une autre décision ?

Est t-il là pour me signifier qu’il n’est jamais facile de se retrouver face à soi même sec, comme ce buisson et surpris, comme lorsque le Roi Salomon ne sanctionne pas l’acte de vengeance. Ou encore pour éprouver ma volonté de répondre à la question : la loi du talion de Talis en latin, « tel » ou « pareil » même si elle a représenté en son temps les prémices de la loi qu’on connaît aujourd’hui, se suffit-elle à elle même ?

Dans la mesure où je pourrais la rapprocher d’une certaine forme de vengeance, pourrait elle être mienne ? Pourrais-je ainsi me dire : « œil pour œil, dent pour dent ». Dans le Bible Elohiste, il est dit : « S’il y a accident, tu paieras âme pour âme, œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, brûlure pour brûlure, blessure pour blessure, plaie pour plaie »). Que puis-je penser de la réciprocité de la vengeance ? Tenter de voir ce qu’il y a derrière ce buisson dont j’ai eu un mal de chien à me dépêtrer, me donne une occasion rêvée de me réinterroger sur mes comportement passionnels, sur ma façon de juger l’autre, de me juger et de méditer sur ce qu’on appelle dans la nature : « la loi du plus fort ». A travers ce travail, j’ai choisi d’aller au delà du buisson, pour Grandir en SOI et ainsi progresser afin de mieux reconnaître mes zones d’ombres ou simplement d’en éclaircir un certain nombre pour aller graduellement vers plus de lumière dans mon existence.

« Écoutez la voix de la justice et de la raison ; elle vous crie que les jugements humains ne sont jamais assez certains pour que la société puisse donner la mort à un homme condamné par d’autres hommes sujets à l’erreur ». (Robespierre, Discours sur la peine de mort, le 30 mai 1791 au sein de l’Assemblée constituante.

J’ai dit et écrit T P, T I F et vous tous mes F M Élus des Neuf.

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