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La Symbolique des Nombres 5, 6, 7, 8 et 9
Non communiqué
Ces nombres, tout comme les précédents dans la décade, ont tous une charge symbolique puissante qui est quasiment universelle. On retrouvera des références à ceux-ci dans les principales croyances et religions du monde et la plupart sont omniprésents chez toutes les grandes civilisations antiques et contemporaines : chez les Grecs, les Romains, les Babyloniens et même les anciennes civilisations amérindiennes mais aussi chez les Chrétiens, les Juifs, l’Islam, les Bouddhistes et dans d’autres traditions de par de monde. Le nombre 7 par exemple est présent non seulement dans la mythologie occidentale et orientale mais aussi chez les Hindous, les Mayas, les Incas, les Dogons d’Afrique et jusqu’aux Tatars d’Asie Centrale
Il existe un grand nombre d’ouvrages qui sont consacrés à la numérologie et à la face cachée des nombres et il n’entre pas dans mes intentions d’en écrire un nième ici. J’ajouterai que trouver des interprétations numériques de textes et vice-versa est un champ ouvert aux imaginations les plus fertiles. L’association de nombres aux lettres de l’alphabet à fait que d’aucuns ont trouvé les prédictions d’évènements historiques dans le texte de la Bible alors qu’il a été démontré par une loi statistique que l’on peut arriver au même résultat à partir de n’importe quel texte pour autant qu’il soit suffisamment long.
Je vous laisse donc juge des interprétations que je vous soumettrai sachant que vous garderez à l’esprit la mise en garde de notre rituel du 4ème : « Respectez toutes les opinions mais ne les acceptez comme justes que si elles vous apparaissent comme telles après les avoir examinées ».
Après avoir survolé la symbolique universelle, j’essayerai de vous donner un aperçu du fil rouge qui relie ces nombres à nos hauts grades maçonniques dans lesquels on les retrouve, tout comme les nombres 3, 5 et 7 que nous avons déjà rencontré lors de notre parcours dans les 3 premiers.
Commençons donc par le 5 : tout comme le nombre 7 et le 9 dont nous parlerons plus loin, le 5 est un nombre impair, source d’un pouvoir par lui même car il ne peut être divisé au contraire des nombres pairs. Le 5 est le nombre du pentagramme, celui de l’homme de Vitruve et de l’Humain après la chute. Les 5 cinquièmes de la loi des juifs – le Pentateuque – contient 5 parties : la Genèse, c’est-à-dire le commencement, que les Juifs désignent par le mot Béréshit – mais ça, vous le saviez déjà – la Genèse donc, l’Exode, le Lévitique, les Nombres et enfin le Deutéronome qui contient la loi du Talion en 5 points.
Les Romains liaient le 5 et le 10 avec le V, symbole du chiffre 5 et les deux V : l’un renversé sous l’autre formant de X de la décade.Pythagore avait fait du 5 un nombre important, à la fois moitié et reflet de celle-ci. Chez les Juifs, l’Unité qu’est la décade (10 se réduit en 1+0=1 : on appelle cela une réduction théosophique) se divisera pour former la cinquième lettre de l’alphabet hébraïque qui est le Hé, répété par deux fois dans le nom de Dieu, Yahvé.
Comme tous les nombres, le 5, représentatif du pentagramme est une dualité tantôt bénéfique et tantôt maléfique selon l’œil qui le regarde. Rien ne saurait exister sans opposition disent certains, qui ajouteront que Dieu n’existe que parce que le diable existe car si ce dernier n’existait pas, Dieu n’aurait pas de raison d’exister. Dans cette optique, retournons le pentagramme pour y mettre deux pointes par-dessus et nous obtenons le symbole de la sorcellerie où les deux cornes de Satan (le binaire) dominent le Ternaire.
Au tarot, le cinquième arcane, c’est le Pape : celui qui détient la doctrine : il donne une protection bienveillante, une tonalité spirituelle et saine aux événements.
Passons au 6. Dans l’alphabet hébraïque, la 6ème lettre « Vav » y a son importance car elle est constitutive du mot sacré – le nom de Dieu seul connu du Grand Prêtre du Temple de Salomon.
Le chiffre 6 peut symboliser le mouvement vers la lumière, si l’on considère que sa forme est un début de spirale en expansion vers un infini. Le noyau circulaire pourrait représenter le point zéro initial, définit comme contenant cette parcelle de divin capable d’exprimer sa lumière. Cette lumière, c’est le Verbe, la compréhension, l’ouverture des serrures et la clef des mystères.
Pour les Chrétiens, il évoque immédiatement les 6 jours de la création, l’aspect positif du souffle divin.
On lui retrouvera la dualité des nombres : 62 (on parle de la plénitude de 6) fait 36 qui combiné à l’unité de la décade donnera les 360° du cercle symbolisant l’infini. Mais si 666 est le nombre de la bête dans l’apocalypse, c’est peut-être parce que 6x6x6 soit 63 font 216, ce qui, la aussi combiné à l’unité de la décade donne 2160 : le nombre d’années qu’il faut pour que le point vernal (ce point du ciel ou le soleil se lève à l’équinoxe de printemps) recule d’un signe du zodiaque dans le précédent.
Dans le sixième arcane du tarot, c’est un symbole d’évolution, de passage à un niveau supérieur, d’accès à la maîtrise potentielle.
Le 7, quant à lui, est le nombre de l’esprit dans toutes les cultures du monde même si plus prosaïquement, nous connaissons les 7 jours de la semaine, les 7 sept couleurs de l’arc-en-ciel, les 7 notes de la gamme diatonique et les 7 nains de Blanche Neige ou de la fratrie du Petit Poucet. C’est Le nombre sacré par excellence, partout l’image de l’union entre la Divinité et la nature humaine. Il a pour Valeur Secrète 28 – le résultat de l’addition dite théosophique 1+2+3+4+5+6+7=28 – qui, par réduction, se ramène à 2+8=10 et pour 10 : 1+0 =1, l’Unité.
Dans l’Apocalypse, le septième sceau est le symbole du jour de l’Avènement où, le septième ange dans une fureur d’éclairs, de grêle et de tonnerre fait disparaitre le monde terrestre et le temps avec lui pour accomplir le mystère de Dieu. Il laisse cependant une lueur d’espoir aux Humains par son dernier verset (22.10) « « Ne scelle point les paroles de la prophétie de ce livre, car le temps est proche ». Si nous étions déjà si près il y a 2000 ans, nous n’avons plus guère longtemps attendre !
Le 7 est parfois décrit comme un septénaire dit « physique » par 6+1 où l’on liera le 6, symbole de la création avec le 1 du « Yod », le Créateur. On lui prête aussi un autre septénaire dit « astral » qui est le 5+2 où le pentagramme humain et la dualité éternelle se mêlent et même un troisième dit « psychique » : le 4+3 symbole de la victoire de l’esprit sur la matière : le triangle surplombant le carré du pyramidion.
Le septième arcane du tarot nous dira qu’il s’agit du Chariot, symbole du triomphe, de la réussite et de la puissance mais aussi celui de l’incertitude, de la crainte de l’erreur et de l’orgueil.
Abordons maintenant le nombre 8 qui comme tous ses semblables, montre une dualité. Les chrétiens se rappelleront les 8 béatitudes de l’enseignement de Jésus dont la première était « Heureux les pauvres d’Esprit car le royaume des cieux est à eux » et la huitième « Heureux les persécutés pour la justice ». Pour les chrétiens, le 8 dont le centre, le cœur du 8 est bien une croix, symbole christique, le 8 donc, est le chiffre du Christ.
Mais si l’on additionne tous les chiffres de 1 à 8 dans une addition théosophique avec laquelle nous sommes maintenant familiers, on en trouve sa Valeur Secrète : 36. Refaisons l’addition théosophique une seconde fois pour 36 et l’on trouve 666… Là encore le nombre de la bête…
Chez les juifs, David, élu de Dieu était le 8ème fils de Jessé et le 8ème nom de Dieu – Schem- que les cabalistes appellent le « dieu juste et terrible » domine sur le 8ème ciel.
Pour les premiers acupuncteurs chinois on trouve dans le Livre des Mutations, un ensemble formé de 8 x 8 hexagrammes, sensés être des représentations de toutes les situations dans lesquelles un humain pourrait se retrouver lors de sa vie.
Et pour ceux d’entre nous dont le cerveau gauche est plus souvent à l’œuvre que le droit, renversez le 8 et vous obtenez la fameuse lemniscate¥ du symbole de l’infini. 8 est aussi un nombre de la série de Fibonacci – celle dont chaque nombre est la somme des deux précédents : dans ce cas, le 3 et le 5, le ternaire et le pentagramme …
Pour les hermétistes, le 8 est la clef d’Hermès, les 2 cercles apparents n’en faisant en réalité qu’un, le soleil d’en haut, qui se reflète en bas selon l’adage.
Les Chinois, les Japonais, les Indous et jusqu’aux Dogons d’Afrique en ont fait un nombre qui, à l’instar de la tradition chrétienne est le nombre de la complétude, de l’équilibre et de la sagesse infinie aux formes innombrables.
Le 8ème arcane du tarot quant à lui, nous décrit la justice, la formalisation des choses, en bien ou en mal d’ailleurs.
Dernier des nombres simples, le 9 possède une forte valeur symbolique. Il annonce à la fois la fin et le commencement, donc une transposition sur un nouveau plan, conduisant à une renaissance.
Les Chrétiens retrouveront ce nombre dans les 9 barreaux de l’Echelle de Jacob que doivent monter ceux qui cherchent à atteindre Dieu. Et, sur son chemin de croix, Jésus tomba pour la dernière fois à la 9ème station et expira à la 9ème heure.
Nous pourrions passer du 8 au 9 en réduisant sa valeur secrète – le nombre 36 – en 3+6 = 9, l’accomplissement total dans la matière du triple ternaire. Encore l’aspect dual des nombres puisque nous avons vu que la valeur secrète de 36 est 666 et que le 9 est l’image inversée du 6 ; la spirale vers les enfers, l’infini d’en bas ….
Refaisons nos petits exercices et calculons l’addition théosophique de 9 qui donne 45. 45, c’est le nombre de livres de l’ancien testament, qui réduit à 4+5 = 9. Pour la petite histoire le nouveau testament lui à 27 livres et 2+7=9 et la somme des deux donne 45+27 = 72 … 7+2=9. Décidément ce 9 est partout ….
9 c’est aussi le nombre qui suivra les Templiers du début à la fin. La gestation de l’ordre pris 9 ans à 9 chevaliers, et le dernier Grand Maître de l’Ordre, Jacques de Molay, fut mis à mort le 18 mars 1314. 18 : 1+8=9 et 1314 : 1+3+1+4=9.
Ce neuf est un triple ternaire, la somme des trois mondes : le ciel, la terre et les enfers et comme le dernier des neuf chiffres, il annonce à la fois la fin d’un cycle et un recommencement. Le langage des oiseaux nous dira que le 9 (le neuf ou le nouveau) est le symbole de la fin d’une gestation, qui symbolise la récompense des efforts et l’accomplissement de la création, telles ces 9 Muses, nées de Zeus après 9 nuits d’amour. Pas étonnant qu’avec un pareil cursus, le 9 fut à l’origine de la Loge des 9 sœurs, créée par les fondateurs du Grand Orient de France avant la révolution Française, même si d’aucun pourront questionner la relation maçonnique de ces 9 sœurs – en fait les muses – Muses qui lui donnèrent son nom.
Le 9ème arcane du tarot nous décrira l’Ermite, image de la solitude, et aussi de la vieillesse, mais aussi de la connaissance et de la sagesse.
Voyons maintenant les endroits ou ces nombres apparaissent dans les hauts grades en maçonnerie et vous me pardonnerez si je cite des choses liées a certains degrés jusqu’au 9ème… Mais je vous rassure tout de suite, je ne vous y révèlerai aucun secret que vous ne connaissiez déjà ou que vous ne pourriez apprendre par vous-mêmes, armés d’une saine curiosité et d’un accès internet à Google…
Commençons par le chiffre 5 que nous avons côtoyé lors de notre passage au grade de Compagnon pour le quitter au grade de Maitre au profit du 7 et du 9.En maçonnerie des hauts grades, celui de Maitre Secret fut empli du 4 mais nous avons retrouvé le 5 au 5ème degré de Maître Parfait. Après les 5 voyages du passage de grade, nous avons redécouvert le puissant symbole du 5 par cette quadrature du cercle, où, à l’instar du grand Jacques Brel, nous cherchons à atteindre l’inaccessible étoile en accomplissant l’impossible tâche de transmuter le carré de la matérialité en le cercle du Principe Créateur.
Sans dévoiler trop de secrets, on le retrouvera aussi au 6ème grade, celui de Secrétaire Intime. C’est ce que le décor rituélique de la loge nous signifiera avec les 5 grandes lumières, placées dans les 4 coins du Temple et le milieu, d’où part la verticale menant au SADTLM
Le 6 quant à lui est peu présent dans nos rituels. On ne le trouve guère que dans deux symboles – néanmoins importants – l’Etoile Flamboyante, avec les 5 côtés de la figure, associés à la lettre G en son centre, et dans l’hexagramme appelé Sceau de Salomon, ou Etoile de David.
Ce dernier, avec ses deux triangles imbriqués, représente symboliquement le monde d’en haut et le monde d’en bas ; on y perçoit le Masculin et le Féminin, le principe Actif et le Passif, le Feu montant et l’Eau descendante. Les deux triangles réunis en une étoile à six rayons, semblent désigner l’un la Matière qui monte vers l’Esprit, et l’autre l’Esprit qui descend vers la Matière. On y pressent la recherche de l’harmonie entre le Créateur et sa créature.
On peut également aussi considérer que le 6 se rapporte aux 6 directions de notre espace Maçonnique : les 4 points cardinaux qui, avec le zénith et le nadir – le monde d’en haut et le monde d’en bas – ne constituent pas l’espace des physiciens mais celui, maçonnique qui est devenu le nôtre.
Pour ce qui concerne le 7, nous l’avons déjà rencontré lors de nos premiers pas en Maçonnerie avec les 7 marches du Temple, les 7 arts libéraux , l’âge du Maitre et les 7 qui partirent à la recherche du tombeau d’Hiram lors de notre exaltation. C’est aussi la batterie du 4ème – bien que plus précisément le 6+1 – et l’on balancera 7 fois le bras durant l’attouchement. Et puis de manière plus cachée il y aura l’âge du 5ème soit 4×4 ans et aussi les 4×4 lumières décorant la loge : 4×4=16 qui, réduit théosophiquement, donne 6+1=7…
En relevant à peine un coin de voile, il y aura aussi les 7 voyages du 7ème degré de Prévôt et Juge et les 7 marches d’exactitude de l’Intendant des Bâtiments au 8ème degré.
Tout comme le 6, le 8 quant à lui est peu présent dans nos rituels maçonniques, du moins pour ceux qui nous concernent aujourd’hui bien qu’il soit universellement reconnu comme le nombre des équilibres ce qui pourrait en faire une sorte de médiateur entre le carré et le cercle de notre 5ème degré. On lui trouvera toutefois une lointaine référence au 7ème degré et le fait que dans sa forme moderne, le 8 est écrit sous la forme de deux carrés superposés, ce qui nous rappellera le carré long de notre loge.
Alors passons au 9 qui forme de triple ternaire de la batterie du 3ème degré et se retrouvera quoique de manière un peu plus cachée au 4ème ou nous avons « 3×27 ans accomplis ». 3×27 = 81 ce qui donne par réduction théosophique 8+1=9… On ne se refait pas …
Au 5ème degré, Salomon fit ériger le tombeau d’Hiram en 9 jours. Le 9ème degré quant à lui est celui de Maitre élu des Neuf, ce qui indiquera dans son titre que 9 personnages y auront un rôle à jouer. La batterie aura 9 coups ou plus exactement 8+1, la marche comportera 3 x 3 pas et l’on retrouvera des références à ce nombre en particulier sur le tablier du grade. Et puis puisque qu’il est tentant de le noter : le compas sera ouvert à 45° : 4+5=9.
Au 8ème degré d’Intendant des Bâtiments, ceux-ci construiront 9 temples et tabernacles pour glorifier l’Architecte.
Voyons maintenant ce que la Franc-Maçonnerie a fait de tout cela… Si nous regardons les thèmes des grades et la signification symbolique des nombres qui leur sont associés, on retrouve :
Résumés du thème du grade :
| Grade | Chiffresassociés | Thème |
| 5ème | 5 : l’Humain 7 : l’Esprit | Maitre parfait : l’Esprit domine la matière (la quadrature du cercle) |
| 6ème | 5 :
l’Humain 8 : la Justice et l’Equilibre | Secrétaire Intime : La transgression par la curiosité, le caractère sacré d’une promesse |
| 7ème | 8 :
la Justice et l’Equilibre 7 : l’Esprit | Prévôt et Juge : Le bon exercice de la justice |
| 8ème | 7 :
l’Esprit 9 : la sagesse, la connaissance | Intendant des Bâtiments : Complément du 7ème (la Justice) avec la balance |
| 9ème | 9 : la sagesse, la connaissance | Maitre Elu des Neuf : Ne pas confondre vengeance et Justice |
Je crois que nous avons trouvé ce fil rouge que nous cherchions car tout cela semble donc bien lié symboliquement … Décidément nos augustes prédécesseurs avaient de la suite dans les idées !
J’ai dit, T F P M
J
M
C