12° #409012

Quelle philosophie pour le GrM Arc ?

Auteur:

C∴ L∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué


Du 5ème au 10ème grade, nous sommes invités à méditer sur nos passions, nos erreurs, en y mettant toute la lumière nécessaire.


Legrade de Chevalier élu au 11ème degré requiert un certain nombre de vertus: la lutte contre le mal, la maîtrise de soi, le courage, et une morale affermie par des actions nobles au service de l’humanité.


C’est une sorte de « Chevalier de la table rase » qui parachève la classe des élus.



En ce sens, si le 12ème degré est une nouvelle page à écrire, elle s’inscrit dans ce vécu, tout en y projetant notre propre mutation..


C’est un retour au grade de M. Il en est la consécration sous le titre de Grand Maître Architecte.


S’il prend la suite d’Hiram, il ne le devient pas sous le coup d’une baguette magique. Dans ce processus de transmission il est sous l’influence de choses incomplètes et de problèmes laissés sans réponse.



Rapidement, le rituel retient notre attention avec de nouvelles interrogations. Parmi l’une d’elles, la démarche philosophique du GrMArcn’a pas manqué de m’ attirer.



Lors de l’ouverture des travaux, nous entendons : « Le compas, instrument fondamental du travail mathématique, sert aux GGMMAA symbolistes, pour figurer l’art du raisonnement pratiqué par le philosophe : la Logique ».



La logique, dérivée de Logos, est l’art de penser juste, et de faire un usage convenable de nos facultés rationnelles. Ces notions n’étant pas ce que je pratique le mieux, j’éprouvais le besoin de me les approprier à ma façon.



La philosophie est une discipline se présentant comme un questionnement, une interprétation, et une réflexion sur le monde et l’existence humaine.


Différents buts peuvent lui être attribués, la recherche de la vérité, le sens de la vie…du bonheur….


Ancrée dans le dialogue et le débat d’idées, elle peut également se concevoir comme une activité de définition, de création, ou de méditation sur des concepts.


Elle peut explorer des domaines d’étude tels la logique, l’éthique, la métaphysique, la théorie de la connaissance



Dans cette école d’architecture, les travaux sont orientés vers le perfectionnement technique, grâce à l’acquisition de savoirs qui seront confrontés à la réalité. Le Gr M Arch doit se servir du compas, et comprendre la philosophie, lumière jetée par l’esprit et l’intelligence de l’homme sur les choses de la nature.



Ceci, afin de poursuivre la construction du temple, en ayant recours à nos propres compétences, puisque la parole n’est pas retrouvée. Un espace de libertés’ouvre devant nous.


L’élaboration d’un plan va en être la partie majeure.



Du point au trait,de la forme à l’élévation, la géométrie devenue sacrée pour nous dès le 2ème degré va être une science à approfondir, je dirai même à reconsidérer.



Un peu plus loin il est dit: « le compas sert à tracer la circonférence, à partir du centre. Celui ci représente le foyer de la connaissance de l’esprit humain, qui projette la lumière sur les choses et réfléchit l’image ou l’idée ». Fin de citation.


Cette circonférence représente, selon le rituel, « un champ infini deconnaissances ».



On pressent bien qu’on ne peut se contenter d’une vision strictement rationnelle. Cette assertion nous incite à aller plus loin, à dépasser les apparences…À l’image du marcheur dont l’horizon se déplace, au fur et à mesure de sa progression.


Cette ligne de fuite nous aspire sans cesse vers elle. Notre vue s’arrête aux confins de nos perceptions, mais sommes nous seulement capables d’appréhender les limites de notre entendement ?



Blaise Pascal formulait : je cite : « la machine du monde est une sphère infinie dont le centre est partout, la circonférence nulle part. Tout ce monde visible n’est qu’un trait imperceptible dans l’ample sein de la nature. Nulle idée n’en approche, nous avons beau enfler nos conceptions au-delà des espaces imaginables, nous n’enfantons que des atomes, au prix de la réalité des choses » …



L’image de la sphère infinie est une métaphore, Reprenant les travaux d’Hermès Trismégiste, Maître Eckhart fait coïncider le centre avec la circonférence, de sorte que, celui ci peut être partout, et la circonférence nulle part.



Le centre se déplaçant il repousse les limites tracées par lui-même. On peut en déduire que la circonférence n’existe que par le centre, qu’elle tire son être et son intelligence de ce dernier.



Centre qui émane et qui accueille, centre pulsant comme un cœur humain, et qui nous suggère de nous identifier à lui. Le marcheur déplace son centre, rejoint les limites de la circonférence, et les dépasse s’il continue à avancer.



Les cercles concentriques représentent les degrés d’évolution.



Le GrM Arc reprend donc la construction, mais sa conception a pris une tournure beaucoup plus intérieure. Les outils de géométrie sont devenus de précieux atouts pour aborder le domaine du numineux, du sacré.



Construire un temple c’est tenter de réduire l’infini à des proportions que notre esprit humain peut concevoir.


C’est projeter un désir inconscient d’établir une relation avec l’Univers.


C’est s’approcher de la clef du cosmos en traçant des pistes de lumière.



L’art architectural n’est que l’application des lois physiques et mathématiques qui préexistent à l’homme dans la nature.Celui ci ne fait que les retrouver et s’y soumettre.



La vie a un sens plus vaste que la simple existence individuelle. L’homme est séparé de la nature, il en a perdu sa participation inconsciente.


Son contact avec elle a été rompu, et avec lui a disparu l’énergie affective profonde qu’engendraient ces relations symboliques. Nous devons prendre conscience, que notre incarnation s’identifie à l’essence de toutes choses.



Si nous avons les yeux rivés vers le monde des idées, nous regardons aussi la terre, alliant ainsi science et philosophie. Esprit et matière ne sont probablement que les 2 facettes du mystère du vivant possédant des manifestations d’énergie différentes.



Tenter de soulever le voile d’Isis afin que la Nature nous livre quelques secrets, passe par une réouverture de notre être.


Mais encore faut il pouvoir s’attaquer à nos cadenas intérieurs ! La clef remise au 4ème grade pourrait nous ouvrir la porte d’une conscience qui s’élargit, pressant sur le bord d’un inconscient qui cède et qui résiste, qui se rend et qui se reprend à travers des alternances d’obscurité et de lumière.


C’est un périple au centre le plus intime de la pensée, empruntant les chemins de traverse du poète. Le rêveur sans complexe, et le scientifique rigoureux, quêtent tous deux l’envers de la trame.


Comme l’art, la science invente de nouvelles réalités. Chaque chercheur dans son for intérieur, sait que sa progression dépend de sa capacité à imaginer, à inventer, à concevoir.


La science du trait est comme un outil analogique pour façonner le manifesté. Simple tentative humaine d’expliquer la création, et quelques fragments du monde sensible.



La réalisation d’un espace sacré n’est alors peut être, qu’un prétexte pour l’élaboration d’un projet plus difficile : notre propre transformation.



A l’instar de l’alchimie, l’art de bâtir fait lentement naître l’idée que c’est l’œuvre qui nous façonne.


Les tracés évoquent la structure du monde dans ses formes, et dans les rapports mathématiques. Si la géométrie génère des formes, elle est aussi mouvements, trajectoires, changements, considérés comme des éléments structurants primordiaux. Au delà des nombres et des formes, il y a concrétisation, construction. Le nombre d’or, donnée mathématique du 2ème degré, génère de l’harmonie et du sacré.



Le Gr M Arc se doit d’utiliser une connaissance très large des sciences, associée à une disposition mentale ouverte à la beauté, aux forces de l’esprit, aux questionnements métaphysiques.



L’imagination et l’entendement, la connaissance objective et la connaissance intuitive, sont des concepts superposables comme des contraires bien faits, pour le GrMArc.



Pour parvenir à la plénitude de l’art du trait, le Gr M A doit écouter son propre Génie. Il fait appel à sa créativité, à l’écoute d’un imaginaire qui ne dit jamais son dernier mot.


Cette intuition, impliquant l’intériorité toute entière, inspirée par l’observation et la méditation sur la nature, est indispensable pour tracer et dresser le temple.



Le Génie prend déjà sa source lorsque compagnon nous découvrons l’étoile. Lueur d’abord infime face à la profondeur d’un noir absolu, cette étoile grandit, pour resplendir d’un éclat tel que l’obscurité en est dissipée. Il faut beaucoup de temps et d’efforts dans ce tâtonnement vers la lumière.



En tant que FM nous sommes appelés à naître à nous même, naître « à qui on est » dans la partie discrète de notre être, et non dans le paraître. Dans le secret, et le sacral, dans notre unicité la plus intime. Nous visons notre harmonie intérieure, en essayant de concilier nos opposés. Ceci pour tendre vers un accomplissement en étant une pierre unique et utile dans l’édifice.



Après gestation de l’idée, et maîtrise de la main, s’ouvre le domaine de tous les possibles.



Pour conclure, en hommage à C. Lévi-Strauss, une petite citation :



Peut-être découvrirons-nous un jour que la même logique est à l’oeuvre dans la pensée mythique et dans la pensée scientifique, et que l’homme a toujours pensé aussi bien. ». Anthropologie structurale.



J’ai dit



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