12° #409012

Quel plan pour le GrMArch ?

Auteur:

C∴ L∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Sublime Gr M
et vous tous mes FF et mes SS GrMArch



Epreuves après épreuves, d’avancées en régressions, nous voilà appelés en tant que GMA à reprendre la construction du temple, ou, plutôt, à pénétrer plus avant dans l’idée de construction, fil conducteur de notre démarche maçonnique.


Si j’ai orienté mon travail vers cette interrogation : «  Quel plan pour le GMA, ? », c’est que, m’offrant une sérieuse crise de doute, j’ai éprouvé une sorte de paralysie mentale lorsque j’ai été conduite devant la planche à dessin pour tracer mon premier croquis d’architecture.



Me saisir de l’idée d’élaborer un plan en m’appuyant sur le concept du temple pour m’y projeter a germé lentement en moi et a motivé mon choix. On gagne toujours à se confronter à ce qui nous pose problème.



Avant d’entrer dans le vif du sujet je voudrai préciser que pour compléter mes propres observations, je me suis inspirée de nos échanges et des auteurs suivants :



·Géographie et architectures sacrées : Danielle Hani Marai


·Les 33 degrés écossais et la Tradition : Georges Lerbet


·La voûte sacrée, de la maîtrise à la perfection : Alain Pozarnik


·Symbolique des grades de perfection et des ordres de sagesse : Irene Mainguy



Ma planche va se décliner en2 étapes :


1.Le rituel comme guide


2.et la 1ère ébauche de mon plan.



1.Le rituel comme guide


Au cours des degrés précédents la légende d’Hiram apparaît de plus en plus comme un support pour donner vie à notre cheminement.


Les valeurs comme : le sens du devoir, de la justice, de la mesure, la liberté de conscience, nous donne une assise plus ferme. Mais aussi, les excès, la violence nous confrontent à notre part d’ombre. On éprouve la noirceur de cette descente aux enfers.



Ces expériences vécues ont modifié et renforcé notre quête et si on fait toujours appel à un savoir faire, le savoir penser doit maintenant sublimer ce savoir faire.



L’idée de construction, même si elle est allégorique est le fruit de nos capacités et de nos aspirations. Elle ne peut s’improviser, il faut élaborer un plan.



Face à une page blanche, la triade reconstituée avec mes deux sœurs, c’est un chantierqui s’ouvre. Cette page blanche placée devant nous est comme la surface d’un miroir. Il va falloir en sonder, aussi, la profondeur et l’envers.



Un plan est porteur de projet, un élan vers l’avenir tout en étantun support de mémoire.


C’est un espace mental qui renvoie à l’incréé. Le GMA devra incarner quelque chose qui est encore de l’ordre de la pensée.


Les travaux préparatoires :


Mineurs en apparence, ils se révèlent indispensables pour mettre en œuvre tout commencement.


En nettoyant la chambre des dessins, on fait place nette, on met de l’ordre, on épure sa vie.


Le trait sera plus subtil, plus aérien, plus fluide en délayant l’encre de chine. La pensée s’ajuste à la finesse du trait et gagne en concision, en simplicité et en qualité.


Si on colle les papiers sur la planche à dessin, on aura une base de travail stable, mais aussi, la colle faisant office de liant, on adhère, on fait corps avec son projet.



L’expression « Je veux et je construis »



Ici dans cette école d’architecture, le vouloir est lentement mûrit. Le GMA, ayant atteint l’âge de la plénitude, a intégré le sens d’un devoir librement consenti. Sa construction est devenue une nécessité profonde. Il s’impose cette lente évolution qui fait appel à des efforts bien coordonnés.



De tous temps, les hommes ont tenté, par la construction d’édifices, de recréer sur terre le modèle cosmique du ciel incarnant le royaume de la perfection.



Symboles de l’Univers dans son infinitude, véritables livres « à ciel ouvert », on y pressent nos évocations humaines qui tentent d’établir une relation entre le sensible, l’imaginaire, et la connaissance des lois physiques et mathématiques de la nature.


Quelque part c’est comme si nous avions une clef qui nous permettrait de réduire l’infini à des proportions humaines, à des grandeurs mesurables que notre esprit pourrait alors appréhender.


Les limites peuvent être changées en appuis.


Il y a un lien qui peu à peu s’introduit entre la conscience du macrocosme et celle du microcosme. L’étude de la matière rejoint la connaissance intuitive qui nous amène à voir derrière une forme simple quelque chose de plus subtil.



Par ce passage du noumène (idée de l’infini) au phénomène fini, notre esprit et l’univers se rejoignent.



« Tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ».



Il doit y avoir une cohésion entrel’extérieur et l’intérieur. Le but est d’objectiver et d’harmoniser ce que l’on sent dans son cœur et ce que l’on comprend dans sa tête.


Un temple est comme un creuset dans lequel notre être prend forme. Il tient aussi de la plante. On doit sentir son ouverture à la vie, sa croissance, ses vibrations.



Les outils :


Ils contiennent dans un étui. On est loin des outils encombrants du compagnon qui doit cependant déjà apprendre à voyager avec un vade-mecum, comme le sous entend le 5ème voyage.


Il faut beaucoup travailler pour atteindre la simplicité et réduire nos besoins.


Le compas est ici un outil essentiel et se diversifie dans ses formes et dans sonmaniement : compas à tracer, à 4 pointes, de proportion.


Ces différents usages nous ouvrent des perspectives philosophiques par la logique et l’art du raisonnement.


Le grade de GMA traduit notre orientation spirituelle et une démarche intellectuelle pour y parvenir.


Cependant, si l’accumulation des savoirs construit notre intellect celui ci n’est qu’un fragment d’une conscience plus globale.



Une étroite relation entrevue au grade de Comp existe entre la science, les nombres, l’art du trait, la philosophie, l’étude des rapports et des proportions. Il faut du génie, entendu comme de l’inspiration, de la créativité, et probablement une bonne mesure de sagesse. Sur la porte du temple de Delphes, il était écrit : «  Que nul n’entre ici s’il n’est géomètre, mais nul ne peut y rester s’il n’est que géomètre ». Il faut donc être quelque chose de plus.



2.mon 1er croquis d’architecture



Le sens de ma démarche se fait jour  et je me sens prête à aborder la dimension de création.


J’aspire à dessiner, pour commencer, une figure très épurée, une forme en devenir, chargée d’une mystérieuse évidence qui m’oblige à m’aventurer plus avant.


Elle pourrait être l’ébauche d’un mandala.


Pourquoi un mandala ?


J’ai toujours été fascinée par ces chefs d’œuvre d’harmonie et de couleurs éclatantes et symboliques.


En sanscrit le mandala signifie cercle et par extension territoire.


Expression d’un concept cosmologique, et de ses développements cycliques, la plupart sont très structurés et codifiés à l’image de la géométrie de l’univers et de la nature.


Crées de manière éphémère sur le sol, par exemple, ils symbolisent l’impermanence des choses. Il ne faut rien fixer, ne s’attacher à rien, même l’excellent.



A l’origine ils n’étaient pas destinés à êtres vus comme des oeuvres d’art et on les plaçaient dans les coins les plus reculés des temples.



Peints ou dessinés, ils peuvent être de forme très simple, un carré inscrit dans un cercle, 4 portes représentant les 4 points cardinaux et un centre. Ces portes symbolisent les libérations, vidant l’esprit des pensées négatives.


Une parfaite symétrie est signe d’harmonie intérieure.



Schémas linéaires, ils sont comme une carte décrivant les étapes progressives, les transformations, et l’attrait de l’initié vers son centre, point ultime et lumineux qui canalise les forces qui sont en lui.


Ils deviennent des supports de méditation faisant appel à quelque chose de l’ordre de la communication avec notre inconscient. Echappant à toute représentation intellectuelle, ils traduisent intuitivement notre ipséité, notre conscience d’être, ici et maintenant.


Composer un mandala nous aide à approcher notre réalité et à nous donner la capacité d’influer sur notre destinée.



En considérant le mandala comme un lieu de naissance, de silence, de purification des illusions, de libération de l’ego par un décentrage du moi, en cherchant à me repositionner comme simple partie d’un Tout, j’aspire à y démêler mon chaos intérieur.


Laissant souffler par ses ouvertures les 4 vents du monde, ces représentations m’inspirent et m’aident à déambuler, mes outils à portée de main.



Peut être alors pourrai je espérer éprouver un supplément d’âme.



J’ai dit



Vous devez être abonné pour accéder à ce contenu


S'abonner

Retour à l'accueil