12° #409012 Je veux et je construis Auteur: R∴ C∴ Obédience:Non communiqué Loge: Non communiqué A L G D G A D L’U Ordo ab Chao Deus Meumque Jus SUPREME CONSEIL POUR LA FRANCE Des Souverains Grands Inspecteurs Généraux Du 33ème et Dernier Degré du REAAIntroductionLe sujet que vous m’avez confié ce soir, nous plonge immédiatement dans une dynamique de construction qui implique de manière évidente une forme d’exaltation des valeurs du travail. En effet, et nous le verrons tout au long de cette planche, il ne s’agit pas de n’importe quelle construction. Nous présentons l’implication dans une œuvre qui doit dépasser le sujet. La forme de la phrase affirmative est là pour exprimer une chose qui se réalise, qui doit se réaliser.Valeurs du travail, notion de voies, la voie une et multiple…Le sujet « Je veux et je construis » qui nous est proposé ce jour, semble donc s’inscrire dans cette ferveur tant le sens affirmatif est prononcé, institué en dogme, inaliénable. De plus, nous ressentons que l’être qui s’accapare cette volonté ne connaît pas le doute qui devrait pourtant être le nôtre. Nous savons bien, nous avons été structuré pour cette vision, que la voie consiste le plus souvent à la chercher. C’est une demi-vérité car, en fait, nous sommes tous sur la voie, à la fois une et multiple. Une – l’objet de la démarche étant le même pour tous : parvenir au centre : et multiple – le cheminement étant différent pour chacun, à travers les événements, les conditions particulières de la vie, et sa nature propre. Lorsque nous disons que la voie consiste le plus souvent à la chercher, nous soulignons habituellement l’importance de cheminer le plus consciemment possible. Ce qui permet d’éviter bien des écueils et de s’épargner des détours inutiles.Un regard en arrière, au « je veux et je construis », répond en écho lointain, le fameux « je ne sais ni lire ni écrire » du premier degré…Une fois le sujet inscrit dans cette trajectoire, nous pouvons nous retourner sur notre chemin et juger du voyage déjà effectué. Prenons ce temps de nous retourner un instant sur notre chemin maçonnique. En ce qui me concerne, cela fait exactement dix ans, dix ans qui séparent deux bornes importantes de ma vie. Au « je veux et je construis », répond en écho lointain, le fameux « je ne sais ni lire ni écrire » du premier degré. Que s’est-il donc passé, depuis que cette graine a été semée dans un cabinet de réflexion fertile du temple de l’orient de Saint Raphaël.Point de départ…L’épreuve de la terre vécue dans le cabinet de réflexion a été en fait le premier voyage initiatique vers la lumière. Il a été symboliquement placé dans la terre et cette terre fertile devra faire germer la graine. Pour atteindre l’épanouissement spirituel un grand processus d’évolution doit s’amorcer car cette perfection est déjà en nous, nous avons le potentiel de la plus haute perfection.L’amorce d’une dilatation de l’être, première manifestation de ce fameux : je veux et je construis…Comment ce potentiel a-t-il grandi pour qu’aujourd’hui je sois capable d’affirmer « je veux et je construis » ? Je crois Trois fois Puissant Maître et vous tous mes Frères Secrets que la réponse est simple : J’ai été, nous avons tous étés couvés, portés et accompagnés par notre fraternité.« Je ne sais ni lire, ni écrire », premier fruit de cette humilité retrouvé, nous projette dans un balbutiant mais oh combien prometteur « donnez la première lettre, et je vous donnerai la seconde ». Voilà donc là la première manifestation du « je veux et je construis » ou plus exactement « je veux et je vais me construire ». C’est ainsi que Thacite évoquait cette magie du verbe créateur : « La parole que tu n’as pas dite est ton esclave La parole dite est ton maître ».Ainsi, la lumière, c’est l’éveil ! L’éveil de la conscience à ce qui est autre et à ce que nous sommes. L’éveil, c’est le commencement de la liberté d’être et d’agir. En nous éveillant, nous exprimons un attribut Divin : nous nous mettons en mouvement. C’est la dilatation de l’être où notre éveil participe à l’éveil de l’humanité, à son accomplissement.Une citation d’Hermès Trismégiste illustre bien cette dilatation de notre être parfaitement conforme à l’esprit même de notre ordre écossais : « J’ai vu l’Ordre émerger du chaos, La lumière émergée de l’Ordre, La vie émergée de la lumière ».Une trajectoire, quelques points de repères…L’objet de ce soir n’est pas de décrire avec une précision chirurgicale tous les degrés qui ont contribués à l’objectif de cette affirmation. Pour ma part, je voudrais éclairer mon travail par l’analyse des quatre premiers degrés. Les quatre premiers, parce que je pense que ces degrés constituent les fondations, la charpente, en un mot le socle de la volonté qui s’exprime dans le sujet de ce soir. En effet, le sujet « je veux et je construis » et la responsabilité qui la sous-tend sont totalement contenus en germe dans les quatre premiers degrés, les autres degrés, je les qualifierai de parements, d’ornements sans aucune connotation péjorative, nous y reviendrons dans le sujet.Du premier degré au quatrième…Le premier degré…Le cabinet de r éflexion, nous l’avons évoqué, initie la quête de notre potentiel. Toute démarche initiatique commence par mettre la maison en ordre. Nous avons été débarrassés de tout ce qui obstruait notre vue spirituelle. Nous avons fait table rase en notre esprit, selon le précepte de Descartes, et par là nous avons déblayé le sol sur lequel nous allons avoir à bâtir, et annonçons déjà cette volonté de construction.Le deuxième degré…Le deuxième degré est la consécration du premier. Le moment, est en effet, venu pour nous de passer du négatif au positif. De démolisseur que nous avons été jusqu’ici, nous allons devenir constructeurs ! L’Etoile Flamboyante est bien le symbole parfait du compagnon bâtisseur, le compagnon connaît l’émotion de la création qui sera le moteur de son intelligence. La construction, saurait on dire, est en marche.Le troisième degré, l’expression de la volonté devient possible…La sérénité, la pédagogie précise, les formes rituelles des deux premiers degrés n’annoncent pas celles du troisième. La fraternité, l’harmonie semblent voler en éclats. Qu’annonce ce cataclysme ? Une rupture, une cassure initiatique nous sont proposées à l’analyse de la symbolique du grade de Maître. Comment expliquer que notre dynamique se soit transformée en loi de destruction, comme si elle était une loi de la nature. C’est bien de cela dont il s’agit : « Il faut que tout se détruise pour renaître et se régénérer ».Avec l’apparition de la légende d’Hiram dans le rituel du grade de Maître, le néophyte prend un rôle actif. Nous pénétrons au sein d’un drame mythique, en prenant la place du héros mythique, car le vrai secret de cette réception est que Hiram est mort et que tout ce qui suit sa mort concerne le néophyte substitué à Hiram. Il indique un passage progressif du franc-maçon, de la passivité vers la responsabilité. L’expression de la volonté devient alors possible.Du premier degré au troisième, trois étapes essentielles…Le mouvement vers cette expression est marqué avec précisions dans les trois premiers degrés : Avec le « mes frères me reconnaissent comme tel », l’apprenti maçon ne prend aucune responsabilité. Ce n’est pas lui qui déclare qu’il est maçon, mais ce sont ses frères qui le reconnaissent comme tel. Lorsqu’il affirme « j’ai vu l’étoile flamboyante », le compagnon maçon est toujours passif, il a encore besoin d’un guide, mais cette fois-ci il se place en tant que « chercheur » comme un voyageur qui trouverait son chemin en scrutant les étoiles la nuit Au troisième degré « l’acacia m’est connu », le maître maçon se place en tant que connaisseur. Il déclare connaître l’acacia au pied duquel est enfouie Hiram et avec lui la parole perdue.Le quatrième degré, soi-même dans l’intimité du secret…Puis vient enfin l’age de la réflexion, de la méditation, de la contemplation. Le quatrième degré exalte une dimension nouvelle de cette volonté de construire. Entre secret et devoir il appelle à la plus grande des réalisations et ainsi que l’évoquait le philosophe Alain : « L’homme du désir ne sait qu’attendre la manne. L’homme de volonté s’efforce de réaliser une œuvre ».Du premier degré au quatrième, un processus majeur…Du premier degré au quatrième degré, un processus majeur s’est enclenché. Il donne tout le relief du sujet je veux et je construis. Il est ainsi une sorte de miroir. Sur le plan de la psychanalyse, on a appelé transfert cette projection dans le miroir qui permet de voir l’intérieur de soi comme dans un miroir. L’avantage de cet investissement intérieur, est qu’il offre partiellement la possibilité de créer et d’inventer soi-même ses propres moyens et manières de transformer l’immense énergie qui se trouve en nous. Il s’agit d’un désir de se prendre en main, d’exister et de réussir sa vie. Le quatrième degré impose le « je veux » du sujet dans un contexte intime, personnel. Il s’agit d’un « je veux » de l’Initié.La liberté ou la licence fait la dignité ou la déchéance, selon son orientation…Cette mise au point est essentielle pour la compréhension du « je veux » qui nous préoccupe. A prime abord, nous pourrions imaginer que nous aspirons à agir sans contrainte, qui évoque spontanément le contraire de liberté. Cependant, l’enseignement de nos premiers douze degrés est jalonné de contraintes les plus légitimes édictées en règles. Nous comprenons là que le véritable contraire de la liberté n’est pas la contrainte, mais bien sa contrefaçon, la licence. L’Homme Authentique a compris que la liberté, cette latitude de l’être et du vouloir fait la dignité ou la déchéance, selon son orientation.ConclusionPour notre conclusion, nous savons que le GM A est à l’âge de plénitude et a acquis cette dignité, cette humilité dans le maniement du compas au in de notre Archi-loge, ce lieu où l’on veut. La transposition symbolique maçonnique à laquelle nous sommes invités à tenter l’Initiation comme étant la double acceptation d’apprendre à vivre selon la rectitude de l’Equerre et d’explorer les cercles de tous les possibles selon le compas s’est bien concrétisée dans notre Archi-Loge. A l’heure où le Génie parle, l’exploration des cercles de tous les possibles devient le propre de l’être vivant de ne jamais être satisfait de ce qu’il a obtenu. Sénèque a écrit : « Attends-toi à ne jamais être content ». Dans une étonnante alchimie, les éléments qu’il met en œuvre ont été élaborés par d’autres et le produit de sa pensée sera matière première pour les ouvriers de demain.L’accomplissement initiatique est bien de percevoir dans notre finitude, la dynamique qui est de puiser dans l’œuvre accomplie, celle de demain qui ne sera que son prolongement, pour que dans l’éternité de l’instant l’œuvre est accomplie, dans l’éternité des cycles, l’œuvre est entrain de s’accomplir.J’ai dit Sublime Grand Maître.Quel âge avez-vous ? 45 ans : l’âge de la plénitude. A quelle heure commencez-vous et terminez-vous vos travaux ? Je les commence quand le génie parle en moi ; je les cesse quand il se tait. Et nous renvoi à Napoléon qui prétendait qu’un homme sans ambition est un homme aride. Autrement dit : l’humanité est vouée à atteindre sa PERFECTION !Nous étions des primates naturels, nous sommes des hommes constructeurs, nous allons vers l’humain accompli et prétendons ainsi à l’enseignement des Proverbes : *** Proverbes 22:29 *** « As-tu vu un homme habile dans son travail ? C’est devant les rois qu’il se placera ; il ne se placera pas devant des hommes ordinaires ».« En poursuivant leur propre intérêt, les hommes font l’histoire et sont en même temps les outils et les moyens de quelque chose de plus élevé et de plus vaste, qu’ils ignorent et qu’ils réalisent de façon inconsciente » Hegel. Navigation des articles Planche Précédente "Que vous suggère la caverne" Planche Suivante "Le Maître Grand Architecte et la Volonté"