12° #409012

A1233-Y : Intendant des Bâtiments ou Maître en Israël

Auteur:

E∴ D∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
L'Aurore

A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers
Rite Ecossais Ancien et Accepté
Ordo Ab chao
Au nom et sous les auspices du Suprême Conseil de France

Liberté – Egalité – Fraternité

Ce 8ème degré semble poursuivre l’enseignement des grades précédents qui met l’accent sur l’acquisition et la pratique de la Vertu et de la Justice. Il rappelle également l’importance de la Fidélité présent à tous les degrés auxquels j’ai été initié…

Voici la légende du grade du 8ème degré :

Après l’assassinat d’Hiram, Salomon veut faire construire une chambre secrète proche de la Voûte Sacrée, pour y garder les trésors d’Israël. Après avis du conseil de la couronne, il décide de désigner cinq Intendants, un par ordre d’architecture. Salomon les désigne pour leur zèle et leur aptitude car ils peuvent mener à bien la construction jusqu’à son terme. Ceux ci partagent la connaissance des 5 points de fidélité qui les unit.

Le premier choix porte sur Johaben, que figure le postulant, nous même. Il est introduit les pieds nus. Salomon lui demande s’il a vu toutes les parties du Temple. Johaben lui répond qu’un mur d’airain lui a caché la plus grande partie des ornements du Temple. On lui révèle alors la mission qui va lui être confiée. Il doit prouver son aptitude à devenir chef d’un des cinq ordres d’architecture (Dorique, Ionique, Corinthien, Composite, Toscan) et à terminer les travaux de la chambre secrète en montant les 7 marches d’exactitude et en apprenant les 5 points de fidélité.

Ces derniers sont expliqués ainsi : agir, intercéder, prier, aimer ses frères et les secourir. Le Temple est tendu de rouge et éclairé de 27 lumière.

Il faut comprendre que ce récit n’est en fait que le support à une recherche spirituelle. En effet, la construction du Temple de Salomon n’est que la représentation symbolique de la construction de notre Temple intérieur. Là, dans ce degré, nous sommes tout proche de la Voûte Sacrée, nous avons, par notre travail, pénétrer en nous pour découvrir une autre partie de notre Etre intérieur.

L’intendant des bâtiments, aussi Maître en Israël (issu du collège composé que d’architectes israélites institué par le roi Salomon mais aussi pour construire une chambre secrète pour garder les trésors d’Israël) ou Maître Ecossais des 3 J (Jakinaï signifiant établi par Dieu, Jakin il établit, Jehovah le nom de Dieu, Jourdain, celui qui relie ce qui est en haut avec ce qui est en bas) relié avec Juda signifiant Dieu guidera, mot de passe du grade).

L’intendant des bâtiments a pour tâche habituelle, conformément à sa dénomination, l’organisation des travaux et le maintien de l’ordre nécessaire à l’accomplissement de ceux-ci. Ce grade est donc la suite du grade précédent car le maintien de l’ordre nécessite d’agir avec justice et discernement. D’ailleurs, nous retrouvons le symbole de la balance dans les deux grades. Son devoir est d’encourager ses Frères par son exemple à pratiquer la Vertu et tenir nos ouvrages sous le secret, référence au 4ème degré de garder le secret.

L’intendant des bâtiments a donc la mission de construire sa chambre secrète, qui lui est sacrée car en ce lieu ne pénètrent plus les événements extérieurs de la vie du monde extérieur. Il s’agit pour l’intendant des bâtiments d’atteindre sa dimension spirituelle. Il ne pourra l’atteindre qu’une fois qu’il possédera un corps sain épuré (cela nous ramène au 1er degré par la taille de notre pierre brute), dans lequel les énergies circulent correctement et qu’il est capable par sa respiration et sa parole d’énergiser son corps d’une manière vécue profondément en équilibrant ses tendances. Cela nous ramène également au 3 1er degrés où le long travail sur soi se met en marche afin de construire notre Temple intérieur ; Ordo Ab Chao.

L’instruction au 8e degré nous dit que l’intendant des bâtiments doit apprendre les 5 points de fidélité qui lui sont donnés :

Examinons le sens du mot fidélité. Dans ce terme, nous avons fidèle (en latin fidelis, de fides : la foi).en parlant des personnes en qui l’on peut avoir confiance, qui tient ses engagements, ses promesses. C’est ce qu’on attend du F M tout au long de son cheminement. Il doit rester fidèle aux serments qu’il prononce à chaque grade qu’il obtient.

Dans l’instruction au 3ème degré, à la demande : comment, dans nos Mystères, s’opère la résurrection d’Hiram ? La réponse est : par le concours de trois Maîtres Maçons éclairés et fidèles.

On retrouve encore dans l’initiation au 4ème degré une demande :

Qu’a-t-on appris au Maître Secret ?
Réponse : A garder le secret, à être obéissant et à rester fidèle.

Ces 5 points de fidélité sont :

Marcher ou agir, intercéder, prier, aimer ses frères et les secourir pour n’avoir avec eux, qu’un même esprit et un même cœur.

La fidélité est une clé essentielle dans le cheminement initiatique. Elle permet de rester en accord avec les engagements pris.

Elle revêt plusieurs aspects :

La fidélité envers soi-même qui consiste à suivre ce qu’on croit juste et conforme à sa propre vérité. Cela veut dire prendre pour guide la seule voix de sa conscience.

La fidélité envers son frère. La fidélité est une des bases de la Fraternité. Il ne saurait y avoir de fraternité sans fidélité.

La fidélité à la Tradition, c’est-à-dire d’avancer dans la Voie initiatique en gardant sans cesse la Tradition de notre Ordre.

La fidélité vis-à-vis de l’ensemble de nos Frères, c’est-à-dire envers sa loge et envers l’Ordre tout entier pour que nous puissions travailler ensemble à la construction du Temple.

Dépositaire d’une tradition à transmettre, l’intendant des bâtiments se doit d’abord d’être fidèle à l’engagement contracté envers lui-même, ses frères, la maçonnerie et la tradition qu’elle véhicule. Il s’agit de la fidélité à l’engagement pris initialement que chaque degré intensifie, renforce et confirme lors des obligations successives.

Nous venons de voir que le terme « fidélité » a une très grande importance dans la compréhension de la légende.

On peut se poser la question : y a-t-il une relation entre les cinq points parfaits de la maîtrise que le Très Vénérable Maître utilise pour tenter de relever le corps du cadavre d’Hiram représenté symboliquement par celui du compagnon candidat à la maîtrise et les cinq points de fidélité. (on trouve dans différents manuscrits une autre expression : les cinq points de Félicité, sans doute parce que le Maître a pu être relevé par ces cinq points.)

A l’origine de la F M, on parlait des « cinq points du compagnonnage ». Cette appellation serait plus en rapport avec le titre du sujet « intendant des Bâtiments ». En effet, les compagnons opératifs, les Bâtisseurs de cathédrales, possédaient l’art de la construction. C’est pour cela que dans la cérémonie de réception au second degré, au premier voyage, le récipiendaire tient dans ses mains le maillet et le ciseau, instruments destinés à transformer la Pierre en un cube parfait, mais pour travailler sa pierre brute, il a besoin de ses cinq sens. Puis au deuxième voyage, il apprend les cinq ordres d’architectures qui furent employés à la construction du Temple de Salomon, ce qui nous renvoie à Johaben, nous même, que Salomon désigne comme chef d’un des 5 ordres d’architectures.

Il est dit également dans l’instruction au 8ème degré que l’intendant des bâtiments doit également monter les 7 marches d’exactitude pour pénétrer dans les parties intérieures du temple (de son temple), là où réside la Vérité et la souveraine Sagesse.

Qu’elles sont elles ? L’instruction au 8ème degré ne les nomment pas. C’est donc à nous de les découvrir et pourquoi doit il les gravir.

Tout d’abord, on peut considérer que chaque palier correspond à une étape de réflexion et à un éveil accru de la conscience. Dans l’instruction au 3ème degré, Le Maître Maçon, pour parvenir à la Chambre du Milieu, doit monter un escalier tournant comportant 3, 5 et 7 marches, séparées par deux repos.

Regardons d’abord le nombre sept et son symbolisme.

Le nombre sept est la somme de trois plus quatre.

Le nombre trois exprime un ordre intellectuel et spirituel. D’ailleurs, on le retrouve dans le triangle équilatéral qui symbolise la divinité, l’harmonie, la proportion. Trois symbolise également le ciel.

Le nombre quatre, dont la représentation symbolique est le carré ou la croix, représente la Terre et l’Univers dans sa totalité.

Donc le nombre sept réunit le ciel et la terre.

Les sept marches d’exactitude peuvent signifier, par le nombre sept, l’élévation du Franc maçon sur le plan spirituel. Par son travail incessant, par l’approfondissement de la recherche de son Etre intérieur, il va s’élever vers la Lumière en s’appuyant sur les symboles que peuvent représenter chaque marche. Mais comme on dit que tout ce qui est « en haut », se reflète « en bas », le fait de s’élever vers la Lumière veut dire aussi que le F M va pénétrer en lui pour se découvrir. Il doit gravir chaque marche une à une sans pouvoir en sauter une car chaque nombre ou la somme de ces nombres symbolise un état de conscience, nous voyons que cette montée nous entraîne vers cette Lumière tant recherchée. Cette escalier tournant est le symbole par excellence de l’ascension et de la valorisation se rattachant à la symbolique de la verticalité.

Si on fait la somme des nombre 1+2+3+4+5+6+7, on obtient le nombre 28 qui est un nombre parfait, ce qui veut dire : achevé, total, idéal.( pour info, en mathématique, un nombre est dit parfait s’il est la somme de ses diviseurs hormis lui-même). Un maçon achevé serait il celui qui a gravit ses 7 marches. Il serait un Maître achevé tout comme notre Maître Hiram. Le Maître Parfait ou Achevé a vu le cercle et sa quadrature dans le Saint des Saints. Il a appris à régler ses mœurs, à purifier son cœur pour être en état de recevoir la perfection. Notre édifice doit avoir pour fondement la pierre vive dont nous sommes tous taillés ou construits. Seul notre Maître Hiram a pour moi atteint la perfection car il représentait et était le Maître achevé. c’est notre volonté de l’approcher mais nous savons bien que nous ne pourrons jamais vraiment l’atteindre. Cela nous renvoi au 5ème degré du Maître Parfait.

Ces sept marches d’exactitude peuvent encore indiquer les sept arts libéraux que nous découvrons au cours du troisième voyage dans la tenue de réception de l’apprenti au grade de compagnon.

Elles peuvent aussi être associée au cycle hebdomadaire de labeur qui demande à chacun d’œuvrer avec vigilance et persévérance pour rester en accord avec les engagements précédemment contractés. Les 6 1er jours signifient les 6 jours que Dieu employa à la création du monde qui sont les jours de travail et le 7e qui introduit de plein pied dans le temple, signifie le jour du Seigneur ou de repos.

Le mot « exactitude » signifiant le soin apporté à l’accomplissement d’une tâche, on voit bien que le Franc maçon va devoir s’appliquer à chaque étape pour réaliser chaque travail, chaque recherche qui lui est nécessaire pour évoluer vers sa propre perfection.

Avec les 5 points de fidélité et les 7 marches d’exactitude, on peut se remémorer que le 5 comme le 7 était pour les pythagoriciens un nombre sacré. Le 5 résultant de la somme de 3+2 soit de l’union du Ciel avec la Terre, symbole d’harmonie, alors que le 7 correspond au cycle de l’œuvre accomplie. Nous aurions ainsi atteint l’accomplissement de nous même, notre propre perfection. Arrivons nous un jour à atteindre cette 7ème marche, je vous le souhaite à vous tous mes Frères…

Concernant les décors du 8ème degré, l’instruction nous indique tout d’abord la décoration du Temple.

Le Temple est tendu de rouge et éclairé de 27 lumières. L’âge est de trois fois neuf ans. Penchons nous sur la couleur rouge. Couleur du feu et du sang, le rouge est considéré comme un symbole fondamental du principe de vie avec sa force, son éclat, sa puissance. Le rouge représente la vaillance et, plus symboliquement, le pouvoir et la force en ce monde. En tant que couleur « la plus élevée » du spectre de l’arc-en-ciel, elle correspond, du point de vue social, au rang le plus haut du pouvoir temporel. Les cardinaux de l’église catholique ont hérité de ce symbole de souveraineté. Le rouge représente le pouvoir temporel en charge de l’application des lois relevant du domaine de l’action. C’est ce que doit faire l’intendant des Bâtiments. En outre, 5 grandes étoiles sont placées au pied de l’autel. A l’Orient, est placé un cartouche représentant un cercle dans un triangle. Aux angles de ce triangle, un Iod hébraïque, les 3 lettres J ; en son milieu, une étoile flamboyante à 9 branches, avec en son centre le Saint nom de Dieu : Jehova.

Le sautoir de couleur rouge moiré, porté de droite à gauche auquel est suspendu par une rosette verte le bijou qui est un triangle sur lequel sont gravés les 3 J (Jakinaï, Juda, Jam).

Concernant le tablier, selon une description du Suprême Conseil de France de 1806, le tablier de l’Intendant des Bâtiments est blanc doublé de rouge et bordé de vert. Le rouge doublant le tablier correspond au feu caché qui anime l’initié dans sa quête d’amour et de connaissance. Au milieu du tablier, est brodé une étoile à neuf branches placés au dessus d’une balance et sur la bavette, un triangle contenant les initiales « B.A.I. » des mots sacrés. La fonction de la balance reprise sur le tablier est une continuation d’équilibre et de justice connue dans le degré précédent, mais également de maintenir et veiller à la justice autant qu’à l’équité entre tous et aussi pour rectifier ma propre conduite.

Le vert rappelle l’acacia symbole de renaissance, d’ailleurs présent sur l’autel du Maître de la loge, et également le souffle de la vie végétale et sa décomposition. C’est également avec cette branche d’acacia que Johaben tient lorsqu’il contemple la colonne Beauté. Comme tel, il est associé au cycle de la mort et de la renaissance. Alliance du bleu et du jaune, le vert est la couleur de l’éveil, de la régénération, de l’initiation, de la connaissance spirituelle.

Le blanc, somme de toutes les 6 couleurs de l’arc en ciel, présent sur le tablier, représente l’unité, l’union du tout pour ne faire qu’un mais aussi la pureté, la Vraie Lumière, celle de notre temple intérieur, mais également la pureté des sentiments, pureté de l’âme, car le F M, tout au long de son voyage intérieur, a du se débarrasser de ses défauts.

Le blanc incarne également la voie initiatique passant par tous les degrés de la réalisation spirituelle. Le blanc représente aussi la Sagesse. L’opposition au rouge définit l’homme dans sa dualité terrestre et céleste.

Ces trois couleurs, avec des aspects différents, renvoient au spirituel, signe que l’Intendant des Bâtiments a presque atteint l’ultime but.

En conclusion, ce travail surement incomplet m’a apporté beaucoup et m’a permis de comprendre les différents degrés qui mènent aux portes de la perfection du Maître réalisé. Ce travail sur les 4 degrés de perfectionnement m’a montré le long travail qu’il me reste à accomplir pour perfectionner mon Temple intérieur que je n’aurai jamais pu comprendre sans vous. Je vous en remercie infiniment.

Les degrés suivant sont tout aussi enrichissant sur la vengeance individuelle au 9ème degré, puis au 10ème degré dans lequel la justice collective est rendue sans faiblesse et d’un cœur purifié de toute haine puis au 11ème degré le récit de la récompense des vengeurs d’Hiram et enfin au 12ème degré la reprise et l’achèvement de la construction du Temple, consacré à Dieu.

Mes F G M A

J’ai dit.

Vous devez être abonné pour accéder à ce contenu


S'abonner

Retour à l'accueil