12° #409012

La symbolique et le message initiatique au 12ème degré

Auteur:

F∴ L∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Les travaux préparatoires

Tout parcours initiatique résulte d’une interrogation sur soi même : qui est-on  ?  D’ou vient-on, où va-t-on. La recherche de la connaissance de soi se présente comme une démarche à accomplir, l’homme devenant un pèlerin qui  doit se visiter lui-même. Le mouvement entraine une transformation  constante qui s’observe dans toute la réalité ontologique du cherchant : corps, âme et esprit.

La légende d’HIRAM à mis les maîtres en mouvement vers l’Orient dans un voyage intérieur qui porte sur les 3 dimensions : celle de notre corps avec les sens qui sont les avertisseurs de l’esprit, celle de notre psychisme, de notre faculté de penser, forme d’intelligence qui interprète les informations et celle de l’esprit, dimension que nous ne pouvons initialement appréhender qu’intuitivement parce qu’insubstantielle et incommunicable, mais qui seule permet la création.

Les grades supérieurs permettent de développer la conscience des cherchants vers les grandes questions métaphysiques telles que le beau, le bien le vrai, la vertu, l’amour, la justice. Chaque maitre progresse en veillant à son perfectionnement individuel, c’est l’accomplissement du devoir qui doit être la préoccupation constante du maitre secret, à la recherche de la perfection pour s’approcher toujours plus prés de son idéal. Ainsi, les onze premiers degrés correspondent ils à une phase de préparation de la connaissance par l’expérimentation. Justice a été rendue, nous avons accomplis nos travaux  préliminaires, acquisition des connaissances élémentaires qui sont la base de notre science comme l’indique le second excellent gardien. Par la connaissance qu’il a acquise, le G M A utilise les outils en tant que concepteur, il a appris le maniement des outils et pris conscience du danger de leur utilisation.

La réalisation d’un équilibre parfait ne peut être obtenu qu’en prenant conscience des défauts qui nous masquent la vérité et en travaillant sans relâche sur ces défauts que peuvent avoir nos mécanismes intellectuels.

La symbolique au 12ème

C’est en devenant capable d’être au service des autres, de ses FF, mais aussi de l’humanité que le maitre maçon est appelé à édifier en lui le temple de l’universel en tant que grand maitre architecte. Le grand maitre architecte n’est plus un exécutant mais un concepteur qui trace en lui-même les plans. Il s’agit donc d’organisation et de structuration de l’être spirituel. Ce travail d’élaboration d’une construction spirituelle est évoqué lors de la réception, lorsqu’il est demandé de réaliser un croquis d’architecture sur la planche à tracer, surface plane sur lequel le G M A dessine le plan de ses connaissances. Ce tracé prouve la maitrise acquise dans la pratique de l’art du trait par l’expérience et le savoir faire du métier, mais il s’agit d’un plan à 2 dimensions qu’il faudra dépasser pour accéder à l’espace à 3 dimensions : traits, surface et volume.

L’âge et le secret

Le G M A à atteint l’âge de la plénitude, 45 ans, nombre qui nous rappelle la symbolique du nombre 9, avec un cycle abouti marquant le début d’une nouvelle étape. Les étapes précédentes ont permis au maitre maçon de prendre conscience qu’il porte en lui une espérance de trouver un jour la lumière intérieure qui pourra le guider. Le secret réside dans cette recherche de la vérité, de la connaissance. C’est un travail invisible de l’extérieur, puisqu’il s’agit d’établir en soi même le temple de l’harmonie. C’est pourquoi, il n’y a plus de couvreur au grade de G M A, le maitre sait que le secret est incommunicable car il concerne la vérité intérieure de l’être. Il ne suffit pas de nous entendre, nous, FM pour acquérir notre science, il faut aussi nous comprendre. Et l’on ne peut comprendre qu’en ayant l’intelligence naturelle nécessaire.

Le génie

Cette vérité, nous avons été invité à la ressentir à l’intérieur, au plus profond de nous, comme inscrite en nous, mais le G M A  ne travaille plus a une heure donnée, il travaille à l’heure ou le soleil apparait et ou le génie parle.

Pour être Grand Maître Architecte, il faut avoir maîtrisé les sciences à l’école de Maître Hiram, qui sait reconnaître chez l’homme l’intelligence naturelle et la docilité. Ces connaissances élémentaires sont la base de la science : elles s’acquièrent seul ou à plusieurs dans le but suivant : « Je veux et je construis ». Le « je » affirme la volonté, moteur essentiel qui permet de persévérer et de continuer dans la voie de la perfection. Et que construire ? Si ce n’est le temple de l’intelligence et de l’esprit, temple idéal de l’humanité. Le maître architecte est enfin capable d’achever le troisième étage et la décoration du Saint des Saints. En réalisant les tabernacles selon les plans divins, il inscrit son geste dans la continuité de l’acte sacré : le fameux.
Je veux et je construis. Cette construction exige l’acquisition d’un certain nombre de vertus. Les travaux préparatoires nécessaires pour bâtir son propre temple intérieur font de chacun l’acteur de sa destinée. Ce grade correspond à la maîtrise de la volonté, volonté orientée exclusivement à la réalisation du beau, du bien et du vrai. Il s’agit d’associer le GMA à la sagesse de l’ordre universel.

Après la destruction de tout ce qui était inutile et nuisible, le GMA passe à une phase de reconstruction. Cette phase implique d’avoir identifié au préalable les ennemis de la construction, de maîtriser la vengeance et de pratiquer la justice pour retrouver la sérénité et l’harmonie. Il est dit : « je mettrais en ordre la chambre des dessins », correspond à la fondation et à la naissance d’un être constructeur nouveau. Il est dit : « délayer à l’encre de chine » : c’est atteindre un dépouillement qui va favoriser la conception du temple spirituel, et enfin, « coller les papiers sur la planche à dessin » : c’est la phase ultime de préparation qui place le sujet et le support en attente de recevoir. Il doit y avoir parfaite identification entre le Temple imposé par Dieu à David, et l’harmonie à l’intérieur de l’homme. Et avec sagesse, on reconnaît que la Connaissance de maître Hiram ne se transmet pas seulement à partir de relevés, mais aussi grâce à son inconscient afin de spiritualiser la matière, volonté de construire au service de l’esprit.

Le génie suggère une aptitude à la création. Cette faculté d’inventer et d’ordonner est transcendée par l’idée de perfection suggérée par le Génie, et c’est sous l’angle de la recherche spirituelle que cette perfection doit être comprise. Il est demandé d’être à l’écoute de sa conscience, de son intuition, de sa lumière intérieure pour être relié consciemment à une forme de transcendance qui dépasse l’homme ordinaire.

La boulomie

Fort de ses connaissances et de sa volonté, le grand maître architecte modèle l’espace. L’espace est la Materia Prima de la manifestation. Avec ses outils, le GMA opère le passage de l’indifférencié à la forme. Il extrait le subtil de l’épais et organise : il crée l’ordre. Il travaille pour que l’homme puisse être relié au monde. C’est à lui qu’appartient la tâche de penser et de réaliser les conditions les plus favorables pour que circule l’Energie, (avec un E majuscule). Il construit les ponts entre le visible et l’invisible, il porte la responsabilité du bonheur, de la grâce, de la beauté. L’espace ainsi modelé par l’Architecte porte et transporte l’homme vers le mieux être. L’architecte est la plus haute expression de la fonction sacerdotale. Il est l’encyclopédie par excellence. Organisateur du savoir et même, intégrateur des savoirs, sa fonction s’exerce partout et sur tous les plans. C’est pourquoi il se réunit où il veut, la Boulomie, son domaine, est l’espace illimité. Cette boulomie, lieu où l’on veut, est le temple intérieur de chacun d’entre nous, dont le centre est le cœur, qui doit devenir rayonnant. La volonté est de coordonner les forces physiques, morales et spirituelles du cherchant. Et cette réflexion sur le vouloir ramène au devoir librement recherché, avec joie, discernement, clairvoyance et détermination. Le devoir étant cette volonté librement acceptée de se perfectionner. Devoir que l’on sait inflexible comme la fatalité, exigeant comme la nécessité et impératif comme le destin. Et le GMA est à la mesure de cette immensité, de ce lieu sans bornes, ni frontières, le GMA maîtrise la sphère de son action créatrice.

Le centre et la circonférence

Pour la construction de ce temple symbolique, il est demandé au Grand Maître Architecte d’œuvrer de la circonférence du cercle à son centre. La circonférence étant le champ des connaissances humaines. Mais la circonférence ne peut exister sans son centre, dont elle est l’extension.

Dans le symbolisme du cercle, la circonférence représente l’univers sans commencement, ni fin, mais si nous nous représentons la circonférence parcourue dans un certain sens, elle devient l’image d’un cycle de manifestation ce qui implique le mouvement et le changement. Changement qui suppose un principe. Ce principe immuable est que tout ce qui existe, tout ce qui change ou  se meut n’a de réalité que par lui et dépend totalement de lui. Il est l’ordonnateur interne car il dirige toute chose de l’intérieur, résident lui-même au point le plus intérieur de tous qui est le centre.

Le centre représente un absolu, le divin ou la parcelle de divinité propre à chacun. Nous sommes à la recherche de l’appréhension de ce divin, de cette unicité traduite par tous les initiés qu’ils soient philosophes ou religieux. Le rituel rappelle la multiplicité des temples construits pour des dieux différents, toutes ces constructions reflétant la même intuition d’un absolu, d’une essence divine.

La philosophie

La  recherche du principe passe par la compréhension de l’ensemble des conceptions portant sur les principes des êtres et des choses. Au  grade de grand maître architecte l’esprit humain est défini comme le foyer de la connaissance, qui à la fois projette les lumières sur les choses de la nature et en réfléchit l’idée ou l’image. Et cette lumière portée par l’esprit humain sur les choses de la nature s’appelle la philosophie.

Les philosophes de l’antiquité ont fait apparaître la conception selon laquelle le monde est le résultat d’une œuvre divine. On leur doit d’avoir élevé la pensée humaine plus près de la transcendance, et de nous avoir permis de tourner notre pensée vers l’idée d’une divinité éternelle et absolu, ayant sa raison d’être en elle-même et inaccessible aux hommes.

La philosophie est ainsi amenée à façonner l’esprit pour amener l’homme vers une connaissance juste des choses, la construction du temple intérieur reposant sur le rapport existant entre l’esprit humain et quelque chose qui est extérieur à l’homme.

Le compas

Les philosophes avancent dans la connaissance grâce a la pratique de l’art du raisonnement qui leur est propre : la logique. C’est le compas qui  sert à figurer cet art du raisonnement et de la conception. La logique sert ainsi à tracer le cercle, à prendre les mesures, à reconnaître les proportions.

Le compas est aussi l’outil du géomètre. La  Géométrie est l’art de l’architecture s’appuyant sur la mathématique, et celle-ci  établit un lien étroit entre entendement et géométrie. La logique symbolise ainsi les opérations  de l’esprit coordonnant et élaborant ses systèmes. C’est la manière dont les idées et les choses s’enchaînent, en partant d’un point figurant l’absolu pour tracer un cercle figurant  la relativité de notre  connaissance par rapport à cet absolu.

Plus généralement, le mot logique dérive du grec logos signifiant entres autres, raison ou discours et représentant dans une première approche l’étude des règles formelles que doit respecter toute déduction correcte. Le concept du logos est aussi défini comme parole consciente issue de la raison. La raison étant une faculté de l’esprit humain dont la mise en œuvre nous permet de fixer des critères de vérité et d’erreur, de discerner le bien et le mal et de mettre en œuvre des moyens en vue d’une fin donnée.

Le message initiatique

En construisant le temple, c’est tout notre système de connaissance, de nos idées et de nos règles que nous devons rassembler dans un tout harmonieux.

Cette construction d’un tout harmonieux reflétant la devise du franc-maçon : bien voir, bien comprendre, bien agir repose sur les quatre opérations de l’esprit qui font la logique : Discernement, jugement, expression et lien méthodique des idées. En reprenant les travaux, le G M A va construire un temple qui est une réduction, une image symbolique de l’univers. Et tous les temples élevés à des dieux différents sont en réalité consacrés au même dieu .Dieu étant la pure conception de la puissance suprême, siégeant au ciel, c’est-à-dire à l’infini de l’esprit.

Ce degré est celui de la  construction en nous d’un temple cosmique à la gloire du GADLU, temple de la compréhension et de la connaissance, par le jeu de l’intelligence. Temple intérieur, certes, mais en relation avec l’extérieur, avec un ordre préexistant. Et quand notre esprit fonctionnera bien, ce sera en nous-mêmes que vivra la vérité.

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