La balance à deux plateaux
M∴ E∴
A la Gloire
du Grand Architecte De L’Univers
Ordo Ab Chao
Deus Meumque Jus
Au nom et sous la juridiction du Suprême Conseil pour la
France
Des Souverains Grands Inspecteurs Généraux du 33ème et dernier degré
Du Rite Ecossais Ancien et Accepté pour la France
Au moment où le Génie interpelle chacun de nous dans nos rôles respectifs dans cette Archi-Loge, permettez-moi de livrer à votre fraternelle attention, Grands Maîtres Architectes, cette sympathique réflexion issue également de quelques pérégrinations livresques, qui sera basée et axée sur un symbole observé sur les tableaux de Loge des septième et huitième degrés du FM du REAA, nommés respectivement le Prévôt et Juge et l’Intendant des Bâtiments.
Il s’agit de la balance à deux plateaux soutenus par deux bras.
Vous voudriez bien m’accorder TTIIFF, IIFF et vous tous mes FF, de ne guère me lancer à des explications lexicales de la balance. Les explications y relatives sont déjà contenues dans les différents dictionnaires et autres ouvrages appropriés où, chacun de nous devrait pouvoir trouver tout éclairage explicatif de cet instrument ou emblème.
Nous savons tous que la balance est un instrument utilisé dans divers secteurs d’activités humaines pour peser ou mesurer la masse ou le poids de quelqu’un ou de quelque chose. C’est par curiosité maçonnique et saine, en contemplant les tableaux de Loge des septième et huitième degrés dans un ouvrage consacré aux Hauts Grades du REAA, que j’ai été interpelé par ce symbole qu’est la balance à deux plateaux.
La balance, objet de cette réflexion, est celle qui est constituée de deux plateaux immobilisés au même niveau, exprimant ainsi les fondements de la loi d’équilibre et de stabilité universels. Selon Irène MAINGUY, « les deux plateaux de la balance représentent deux pôles opposés et complémentaires. » Ce qui renvoie à la réalisation verticale et équilibrée de notre planète ainsi conçue par le GADLU.
L’histoire nous apprend qu’après la mort de notre maître Hiram, pour assurer la poursuite et la conformité des travaux d’édification du temple de Salomon, et maintenir le même climat de justice et d’équité entre les ouvriers sur le chantier, le roi Salomon nomma sept Prévôts et Juges ainsi qu’un Intendant des Bâtiments dont la balance était l’un de leurs emblèmes parmi tant d’autres. La balance devait leur rappeler à chacun son rôle d’exactitude et d’équité parmi les ouvriers œuvrant dans le chantier.
Les Prévôts et juges étaient chargés de résoudre avec impartialité, justice et harmonie tous les différends intervenant entre ouvriers qui leur parvenaient. Ils examinaient et vérifiaient avec exactitude et neutralité les plans de l’édifice établis par les architectes s’ils étaient conformes aux projets conçus par les grands Maîtres. Ces opérations se déroulaient en Chambre du milieu. Après acceptation de la conformité des plans, ces derniers avec les comptes rendus des réunions étaient conservés dans un coffre d’ébène dont la clé était gardée par les Prévôts et Juges.
L’intendant des Bâtiments, lui, avait la responsabilité de maintenir et de veiller à la justice en toute neutralité entre tous les ouvriers sur le chantier. En remettant la balance à l’Intendant des Bâtiments, Salomon voulait symboliser la force de la stabilité « manifestée par la loi de l’équilibre à mettre en œuvre dans la manifestation ».
En parlant de la balance, Irène MAINGUY nous apprend que « outre son utilisation d’emblème de la justice, préfigure aussi le jugement dernier, symbole eschatologique ».
La balance est un symbole d’équilibre et d’exactitude. Elle porte en elle aussi le symbole du niveau qui est l’emblème du Second Surveillant en Loge bleue. Les deux plateaux de la balance sont soutenus en deux pôles opposés par deux bras tendus qui les maintiennent au même niveau. Ainsi placés, les deux plateaux représentent deux pôles opposés et complémentaires modulés dans leur mouvement par le fléau et l’axe qui forment un T lorsque, en effet, les deux plateaux sont maintenus en équilibre horizontalement.
Cet équilibre est favorisé par la force et la rigueur des deux bras de la balance qui, en silence sans geignement, nous renvoient à la symbolique de la miséricorde, de la clémence, de la fraternité et de la charité sans condescendance et concupiscence qui devrait nous habiter, nous GMA en particulier et FMde tout degré en général. La balance est un symbole qui devrait interpeller les Maîtres Maçons de tout degré dans leur évolution humaine dans la société.
Tout au fond de nous devrait être logée une balance qui régulerait nos actes pour que ces derniers soient toujours opérés avec exactitude, impartialité et justice. « La balance sert à peser et à équilibrer nos forces intérieures suivant la juste mesure de cette loi ».
Dans le domaine de la justice immanente et de l’ordre établi chez les hommes, le symbole y relatif est représenté par une balance qui est brandie d’une main par une femme aux yeux bandés et de l’autre main, elle tient un glaive, symbolisant une justice puissante, impartiale pour tous dans ses décisions finales.
Le Glaive brandie par la femme, symbolise la force qui accompagne tout acte de justice dans la stricte application de la loi qui consiste à trancher et à 3 sanctionner. Le glaive associé à la balance, symbolise aussi cet état de violence et de douleur émanant de la justice des hommes.
La femme aux yeux bandés, manifeste l’équilibre des contraires entre la force du glaive avec la douceur et la beauté de la femme dont l’état émotionnel de l’être dit faible et sentimental, est camouflé par le bandeau aux yeux aux fins d’une justice insensible et impartiale.
Dans la mythologie grecque Thémis, Dieu de la justice a pour attribut une balance qu’elle brandit d’une main, et de l’autre un glaive. Ces deux symboles lui permettent de juger avec force et équité. Le Dieu ZEUS, lui-même, utilise la balance pour soupeser la destinée des hommes avant de la leur attribuer. Associée au glaive, la balance représente la justice éclairée par la Vérité.
Le FM est donc appelé à rechercher toujours cette Vérité en pesant scrupuleusement le pour et le contre dans sa vie de tous les jours. L’absence du glaive et de la femme sur les tableaux de Loge des septième et huitième degrés, symbolise la douceur et la magnanimité qui accompagnent les décisions de justice prises et rendues dans le chantier pour résoudre un différend. La balance seule, attribuée aux Prévôts et juges et à l’Intendant des Bâtiments, leur recommande de rendre justice avec équité, exactitude mais aussi avec pédagogie en tant que Maître qui enseigne afin que tout justiciable obtienne son dû en reconnaissant la stricte application du droit pour tous, conformément à la seule et unique volonté supérieure et inégalable de Dieu, le GADLU.
La balance, symbole fortement spirituel, interpelle tout FM sur la droiture morale qui doit l’inspirer lors de l’accomplissement de son rôle d’homme libre, ami du pauvre et du riche s’ils sont vertueux dans la cité et la justice qui doit l’accompagner quand il doit finaliser sans heurts tout différend survenant entre ouvriers que nous sommes dans le chantier. La balance rappelle tant l’objectif de la conciliation et l’apaisement des intérêts en conflit que les moyens d’y parvenir. La balance, symbole d’impartialité, exige une justice pour tous dont le fonctionnement ne doit souffrir d’un superflu et fallacieux favoritisme envers aucune des parties, dans le Temple et hors du Temple.
La balance, emblème de la Justice, symbolise également la tempérance et la prudence. Sa fonction intrinsèque est de peser, et symboliquement, elle pèse nos actes, nos comportements et nos aptitudes à être reconnu comme tel par les autres FF et même par les profanes éblouis, sans aveuglement, par la lumière que nous répandons alentour au sortir des travaux d’une Loge de Saint Jean.
Dans plusieurs mythologies antiques, la balance est présentée comme un instrument servant à peser les âmes des individus après leur mort, pour déterminer leur valeur et savoir si oui ou non ils ont le droit d’être admis dans l’Univers de la Divine et Sublime Félicité pour siéger au Suprême Conseil Céleste des Grands Elus.
Ainsi placée à l’entrée du Temple divin, elle mesure nos aptitudes fraternelles et spirituelles, afin que par la raison, nous cherchions à établir nous-mêmes, notre filiation réelle avec Dieu, le GADLU, notre Divin Concepteur.
TIIFF, IIFF et vous tous mes FF en vos degrés grades et qualités, en moi, s’estompe momentanément l’énergie oratoire prêtée et insufflée par le Génie.
J’ai dit,