14° #411012

L’éblouissement de Gibulum

Auteur:

G∴ F∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Lors de la préparation du programme des planches de l’année notre T F P G M avait suggéré le thème : « de l’illumination par l’aveuglement de GIBULUM » avant de proposer ce sujet.

De mon côté j’ai hâtivement fait un lien analogique entre le VITRIOL et le voyage au centre de l’idée ou l’endroit le plus sacré de la terre, et entre la pierre cachée et cette pierre d’Agathe trouvée au 13ème degré, sur laquelle se trouve le triangle d’or.

C’est donc à partir de ces 3 éléments complémentaires que je vais construire ce travail et vous faire part, au travers de ma sensibilité, de mes réflexions et de mes interrogations. Dans un premier temps, j’aborderai la démarche du maçon du premier au 13ème degré, ensuite le rôle des différents grades intermédiaires pour permettre à cette rencontre de transformer le profane. Enfin nous réfléchirons sur la nature et les effets possibles de cette illumination.

J’ajoute que j’ai beaucoup de questions, que je n’ai pas eu le temps de chercher des réponses à toutes les questions, mais je vous les donne en pâture, peut-être avez-vous des réponses ?

La démarche du VITRIOL.

Visite l’intérieur de la terre et tu trouveras la pierre cachée des sages, véritable médecine dit-on chez les alchimistes. Qu’avons-nous demandé lors de notre entrée dans le temple : la lumière Vénérable Maître. En quel lieu sommes-nous ? Demande le V M.

Nous sommes dans le sanctuaire de la pensée et nous venons y chercher la lumière répond le 1er SURV. Ainsi commence le rituel d’ouverture de la loge THEBAH. Ensuite on essaie de réfléchir sur cette lumière pour aboutir à la conclusion. « On ne la trouve jamais concrètement car les yeux humains ne pourraient en supporter l’éclat, mais on peut en voir les rayons en observant la nature, en écoutant les phénomènes, en descendant au fond de la conscience, et surtout en accordant son être au rythme universel ». Il y a de quoi méditer.

« Tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. Il monte de la terre au ciel et derechef descend sur terre et reçoit les forces des choses supérieures et inférieures ». Cet extrait de la table d’Emeraude rappelle toute notre démarche : s’élever spirituellement et descendre en soi au plus profond de son être. Nous sommes déjà dans la légende, le Grand Architecte de l’Univers était apparu en vision à ENOCH et l’avait transporté au sommet d’une montagne qui s’élevait jusqu’au cieux. Il lui montra son vrai nom gravé sur une pierre et lui enseigna la manière de le prononcer.

Je n’insisterais pas sur l’importance du fait de nommer les choses ou de connaître le Nom dans la Bible « Au commencement était le verbe et le verbe était la lumière du monde ». Puis ENOCH se senti emporté, il descendit verticalement à travers 9 voûtes souterraines creusées les unes sous les autres. Dans la plus basse, il vit une plaque d’or semblable portant les mêmes caractères. C’était le non ineffable qu’il ne devait jamais prononcer.

ENOCH réalisa ce qu’il vit en songe, creusa 9 voûtes superposées, et y grava le nom ineffable sur une plaque d’or triangulaire scellée sur une pierre d’Agathe qu’il placera au fond de la neuvième arche. Les voûtes furent ensuite détruites et les secrets enterrés. Notre objectif est certainement quelque part de les retrouver.

Cela me rappelle une autre légende de Dieu qui voulait cacher aux hommes je ne sais plus quel secret. Il cherchait différents endroits et se dit que l’homme les trouverait toujours. Il en conclut donc que l’endroit le plus sûr était dans le cœur de l’homme.

Ainsi nous retrouvons cette idée de la nécessaire introspection, représentée par le fil à plomb, pour descendre au plus profond de soi-même et faire surgir ce qui a été enfoui ou refoulé pour le psychanalyste mais aussi notre pierre cachée, notre Maître intérieur ou notre divinité, selon l’approche que nous en avons. Comme toujours cette démarche peut avoir plusieurs lectures sur lesquelles je n’insisterai pas ce soir, même si je privilégie l’approche analogique établissant un lien entre l’aspect extérieur du rituel et les expériences intérieures du postulant.

Ainsi ma démarche sera le VITRIOL en considérant que notre démarche du premier au 13ème degré constitue une série d’étapes vers cette recherche de la pierre cachée.

Le fait qu’il s’agisse de voûte construite sous le temple, qu’il est courant d’assimiler à l’homme, illustre encore selon moi la pertinence de ce rapprochement entre VITRIOL et cette recherche au plus profond de notre construction. Mais rassurez-vous, ce ne sera qu’une série de réflexions, car je n’ai pas l’intention ni la prétention de vous démontrer que cette rencontre de GIBULUM avec le non ineffable correspond à la mise à nu de la pierre cachée, ni le contraire d’ailleurs.

Du 1er au 12ème

Revenons à notre histoire. Apprenti j’ai commencé à dégrossir ma pierre brute, c’est-à-dire progressivement à enlever les scories profanes qui pouvaient empêcher la lumière de pénétrer. Compagnon, j’ai appris à affiner mes sens pour apprendre à percevoir au travers de mon entourage les rayons de la lumière.

Au troisième degré j’ai appris à mourir mes illusions, et à me méfier des faux luminaires provenant de mon propre orgueil, et de leurs trois rayons Ignorance Fanatisme et Ambition. Au quatrième degré j’ai appris à ne pas prendre les vessies pour les lanternes c’est-à-dire à ne pas prendre les mots pour les idées et de chercher la réalité cachée derrière le symbole. Ainsi progressivement, après être passés au 5ème degré du carré au cercle par la quadrature, jusqu’au 8ème degré j’ai appris à me construire pour capter ou laisser pénétrer la lumière sous toutes ses formes, que nous avons déjà vues.

Au cours de ces étapes, on m’a aussi donné des clefs, au quatrième pour ouvrir la balustrade et aux septième pour ouvrir la cassette d’ébène contenant les plans du temple.

J’ai rencontré le buisson ardent image de la présence divine, la caverne, c’est à dire les endroits naturels protégés et de réflexion, et la voûte sacrée dont j’ai perçu certaines réalités au huitième, même si un mur d’airain me cachait une partie de la totalité.

Les grades dits de vengeance m’incitent à voir une étape indispensable de notre cheminement, en privilégiant le rôle du poignard, un des aspects de la symbolique très riche de ces grades. Au 9ème degré, à proximité du buisson ardent, et près de la fontaine ou il peut se ressourcer, le postulant ouvre le troisième œil et le cœur pour que ceux-ci puissent laissez-passer une autre lumière, c’est l’introduction d’un guide, c’est aussi l’ivresse de la délivrance qu’a connu JOHABEN. Au 10ème degré, c’est la grande ouverture du corps et des tripes, cela ressemble aussi à l’amande, la mandorle, elles permettent peut-être ces purifications et après que la tête fut tranchée, l’on devient Emeth, c’est à dire Vérité. Cette décapitation, se retrouve aussi dans la symbolique alchimique, comme préalable à la transmutation.

Au 11ème degré, verbe de YAH, ou Homme Vrai, il reçoit son épée de chevalier au service de la vérité et sa devise « Vaincre ou Mourir »… Après avoir effectué ce travail de purification, de préparation et achevé la construction du temple intérieur avec son sommet, Le Grand Maître Architecte et devenu maître de son propre destin. Il veut et il bâtit. Il ne lui reste plus qu’à attendre la nuée qui accompagne le transfert de l’arche d’alliance.

Toutes ces étapes préalables au treizième m’apparaissent marquées par deux démarches complémentaires.

Premièrement : affiner ses sens et augmenter ses connaissances afin de se construire, mourir pour renaître de plus en plus spirituels. Ainsi les sens intérieurs acquièrent leurs qualités lumineuses.

Deuxièmement, ouvrir ses perceptions à la lumière, l’ouverture se fait avec les grades de vengeance par tous les aspects qui permettront à la lumière de vous pénétrer. C’est dans son cœur que l’homme saisi la lumière, DIEU est feu et le cœur de l’homme devient comparable au buisson ardent. (Je ne me souviens plus de l’auteur de cette phrase).

Au treizième il ne s’agit plus d’un combat et d’aller débusquer les mauvais compagnons au fond de nos cavernes, il s’agit de reprendre conscience des différentes étapes de notre construction et de refaire le chemin du retour vers nos fondations, de la naissance à la conception.

La Descente

Après ces étapes nous allons passer à la descente et réfléchir sur quelques points. D’abord le 3. 3 étapes lors de la descente. Ils étaient 3, STOLKIN, JOHABEN, GIBULLUM.

STOLKIN est, celui qui découvre le corps du Maître,, c’est la première condition pour progresser, prendre conscience que l’on est orphelin et que la parole a été perdue. C’est un appel. Le deuxième JOHABEN, fils de Dieu où JOHABERT, fils de l’homme, est le serviteur trop zélé, c’est aussi celui qui occupe tous les postes du 6ème au 11ème et transgresse les règles, au nom de son idéal au 6ème et au 9ème.

Au sixième, il risque sa vie pour faire son devoir et devient Secrétaire Intime, c’est à dire dans l’intimité du secret ou des secrets. Dieu n’aime pas les tièdes, et JOHABEN, est l’image typique de notre démarche héroïque qui aboutira à sa transformation, jusqu’au sacrifice, illustrée par les grades dits de vengeance ; c’est le vaste domaine de l’action…

C’est GIBULLUM, que notre frère GUERILLOT assimile à GUEBEL, ville de sculpture sur pierre et sur bois, qui tout seul découvre le triangle d’or.

C’est l’ouvrier étranger, le voyageur, l’explorateur, qui atteint cette rencontre avec le lieu de la conception suprême, au centre de l’idée, formule de l’ancien rituel, devenu depuis, le centre de l’endroit le plus sacrés de la terre.

La notion de voyage est très importante dans notre démarche, à tous les niveaux qui me sont connus aujourd’hui. C’est aussi la marque de l’humilité, il n’a rien fait avant pour mériter les honneurs.

STOLKIN, JOHABEN, GIBULLUM, cela peut correspondre à 3 degrés de maturation, 3 aspects de notre être intérieur. C’est aussi corps, âme, esprit, de notre individualité qui vont tantôt de concert et tantôt se disputant, sur le chemin raboteux et royal de l’initiation ou de la mystique. Pour d’autres, ce peut être 3 vertus, Foi, Espérance Charité, ou encore les 3 degrés de la spiritualité, la Foi, la Justice, la Science spirituelle.

Pour SAINT AUGUSTIN, il y a une préparation progressive pour contempler la Lumière. Celle ci peut aussi correspondre aux états de conscience, l’Amour de la Lumière étant primordial. Pour maître ÉCKART, 3 obstacles empêchent l’homme de percevoir la lumière divine, ce sont la corporéité, la multiplicité, et la temporalité.

Ensuite le 9 par 3 fois 3.

C’est la trinité ou plutôt la tri-unité, la descente se fait par étapes, avec pause toutes les 3 étapes, 9 voûtes, 9 noms (de Dieu).

Cela me rappelle les trois portes de la Kabbale, porte des hommes, porte des anges, porte des Dieux, ou les trois niveaux de conscience, mentales, psychiques, et spirituels ou divin, ou 3 niveaux d’intériorité. Cela rappelle aussi les 9 cercles de la Philosophie hermétique révélés par Robert Fludd (infernaux et divins). Je laisse aux frères plus compétents, le soin de compléter ou rectifier mon interprétation. Je vous rappelle, que dans le rituel précédant, 3 mages descendent au fond du puits et explorent aussi 9 voûtes après avoir passé diverses portes correspondant au SEPHIRAH de la Kabbale de MALKUTH à KETHER.

Et arrivé au centre de KETHER, ils découvrent la pierre d’Agathe, que le guide, le plus ancien, retourne en montrant le vrai nom divin jusque la caché, et en déclarant : la conception suprême la voilà vous êtes au centre de l’idée.

Dans les 2 rituels, on constate que les flambeaux nécessaires pour la descente et l’exploration des différentes voûtes sont éteints lors de la rencontre et remplacés par une autre lumière beaucoup plus éclairante ou lumineuse.

C’est sous la terre que tu trouveras la lumière minuscule nécessaire à l’œuvre disent les alchimistes (cité par notre F Beauchard dans Ordo ab Chao n°39). Les neuf étapes de la descente vers le nom sacré et la conclusion évoquent aussi pour moi les neuf mois de la grossesse.

Si nous considérons que le temple c’est l’homme, la construction du temple peut correspondre à la vie, et la construction des 9 voûtes à la vie intra utérine, suite à la fécondation de la matière par le divin. L’initiation au treizième degré, c’est en quelque sorte aussi une régression intra utérine dans les entrailles de notre terre, qui aboutit à l’instant de notre conception, l’acte créateur qui ne peut-être qu’acte d’amour et de lumière. Cette idée farfelue me fait penser à Maître ECKART qui pose le problème de la décréation donnant naissance à l’acquisition de la Lumière.

C’est par la décréation que les hommes pourront un jour se rendre compte de la présence universelle d’une Vérité unique, mais habillée de façon différente. Dans le rituel actuellement pratiqué, on parle assez peu du retour et de la remontée car on a privilégié l’aspect de la connaissance.
Cependant nous pouvons considérer que cet événement est novateur et correspond à une véritable naissance sur un plan supérieur voire divin, nous y reviendrons plus tard…

Mais dans l’ancien rituel, après cette rencontre ultime du nom divin fécondant la matrice, la manifestation, l’un des mages veut aller encore plus avant et il veut ouvrir la porte suivante. Il prononce alors le mot AIN SOPH, l’infini, l’incréé, et c’est alors la tempête, les vents fous, la rupture, tout s’éteint, et nos mages, après avoir péniblement réussit à refermer la porte, n’ont plus qu’à retraverser, dans l’obscurité totale, les 9 voûtes pour sortir du puits, à la lumière du jour.

La Rencontre du Nom Ineffable

Dans notre rituel actuel, si la pierre et le triangle sont présents dans la 9ème voûte, c’est l’écroulement d’une partie de la voûte (avec la clef) qui en permettant de laisser passer les rayons du soleil éclaire le triangle d’or avec le nom sacré. Cela fait penser, qu’un éclair extérieur est nécessaire pour trouver ou reconnaître la grande lumière ineffable, l’autre lumière. Cette lumière du jour, du soleil, ce peut être la raison qui permet de discerner, et de prendre conscience de l’ineffable.

Pour d’ECKARTHAUSEN, « l’Homme intérieur voit dans les ténèbres, parce que la lumière éclaire son œil intérieur, et la vérité qui est dans le plus intérieur des mystères est semblable au soleil ».

« La lumière que je contemple est affranchie de toute espace, elle luit beaucoup plus qu’un nuage gorgé de soleil. En cette lumière, je vois parfois une autre lumière qu’on me dit être la lumière vivante », nous dit HILDEGARDE DE BINGEN…

La lumière naît de la lumière même en dose infime. Cette idée de deux lumières est reprise par saint Augustin. De même que dans l’illumination physique dont le soleil est la source, il convient de distinguer ce qui resplendit et ce qui illumine, il convient de considérer en Dieu l’intelligibilité et le principe de l’illumination.

Cette lumière qui ne peut être découverte que dans le secret de l’intériorité, correspond à la découverte du Maître intérieur.

Maître ECKART distingue aussi la puissance par laquelle l’œil voit, différente de celle qui permet de reconnaître qu’il voit.

De ma rencontre avec des alchimistes, j’ai retenu que pour la transmutation des métaux, il fallait d’abord avoir une dose, même minime d’or, elle ne se fait pas à partir de rien. Cet écroulement de la voûte qui provoque une ouverture évoque l’ouverture de la fontanelle, situé au sommet du crâne. Cette partie du crâne qui ne se solidifie chez l’enfant qu’après deux ou trois ans, évoque le cakra située au-dessus du crane par lequel arrive l’illumination divine dans le bouddhisme, Les conditions de reconnaissance du nom divin nécessitent donc une ouverture de ce cakra. L’œuf alchimique s’ouvre dans sa partie supérieure, pour laisser les éléments subtils permettant la transmutation.

Est ce par la volonté de l’homme qui à force de soulever des anneaux et descendre dans les voûtes a affaibli les résistances aux obstacles à la lumière. Est ce par une intervention mystérieuse que la voûte, ou la protection, ou les obstacles ont cédé, je vous laisse le soin de donner votre réponse. Je pense à une devise destinée aux alchimistes qui ont cherché la pierre philosophale.

Lis relis travaille et surtout prie pour obtenir une illumination. Et à ce que l’on dit au récipiendaire. Le Grand Architecte de l’Univers a permis que retrouviez le nom ineffable. Cette rencontre ultime, aveuglante, peut aussi se faire lors de la mort.

Selon le Bardo Thodol, cité par Mircéa Eliade, un processus de résorption cosmique s’accomplit avant la mort, quand elle est achevée, le mourant perçoit une lumière comparable à celle de la lune, puis une lumière éclairante analogue du soleil. Ensuite il s’enfonce dans les ténèbres. Enfin il est placé en face d’une lumière éblouissante : celle de son propre SOI, qui est aussi celle de la réalité ultime. Cette lumière est appelée Vérité Pure.

Les Effets de la Rencontre

Nous allons aborder maintenant les effets de cette rencontre. Dans notre rituel, GIBULUM est saisi d’admiration il est ébloui, presque aveuglé. Cette image s’apparente aussi à l’illumination qu’ont ressentie les mystiques ou les convertis, chez lesquels nous allons faire un tour. Pour certains convertis, elle est violente et fulgurante.

« Il faisait nuit et il approchait de Damas quand soudain une lumière venue du ciel l’enveloppa dans sa clarté. Tombant à terre, Il entendit une vois qui disait Saûl, Saûl, pourquoi me persécutes-tu ? Vous l’aviez reconnu, il s’agit de la conversion de Saint PAUL.

Après cette vision Saûl se releva de terre, mais quoi qu’il eut les yeux ouverts, il ne voyait plus rien, trois jours durant, il resta sans voir ne mangeant et ne buvant rien. Cette rencontre avec la lumière apparaît souvent comme une source de déstabilisation même si elle n’est pas toujours aussi spectaculaire que pour Saint PAUL.

Jean BARRUZZI, (cité par Marie Madeleine DAVY) parle de l’âpre souffrance qui étreint l’homme lorsque la lumière divine vient le chercher en sa retraite. Il faut qu’elle brise d’abord tout ce qui ne peut s’accorder avec elle mais elle brise ce qu’elle atteint. Symon le nouveau théologien indique que lorsque la lumière apparaît, elle frappe l’intelligence toute entière au point que l’homme, frappé de stupeur en, tombe en extase.Pour certains mystiques, cet aveuglement est nécessaire pour que le cœur puisse cacher et concevoir avant que l’œil ne découvre.

C’est dans les ténèbres que se découvre la lumière pour Maître ECKART.

Chez beaucoup les mystiques cette rencontre cette découverte, passe par la nuit ou la ténèbre et l’absence de volonté individuelle.

L’autre aspect de cette rencontre avec le nom divin et de cette fécondation évoque l’idée de mariage cosmique ou mystique de JACOB BOHEME qui transforme. Dans certains milieux illuministes, ce mariage se traduit psychiquement par un rêve d’union ou l’homme et la femme sont des images du rêveur lui-même et dans lequel, tout est symbolique, et apaisant (alliance jaune entre autre).

Quelques citations reprises par Marie Madeleine DAVY, et dont j’ai oublié l’auteur nous font réfléchir sur cette illumination Il oublie le lieu où il se trouve et il s’entretient de cette lumière qui lui procure une joie immense, mais cela ne dure pas ».

« Il est nécessaire que l’intellectuel descende dans le cœur pour que la connaissance devienne une lumière chaude transfiguratrice (grâce déifiante de l’esprit) ».

C’est dans le cœur de l’homme que s’opère cette encontre entre lumière sensible et lumière intelligible. Dans la lumière de la gloire, l’âme contemple le verbe, et l’intelligence est foudroyée, et le feu de l’amour brûle dans le cœur, il de vient voyant.

Le mariage a aussi pour conséquence l’enfant. L’enfant divin apparaît quand l’homme naît en DIEU et que Dieu naît en l’homme. L’enfant divin, enfant de la lumière, ne naît que dans une conscience transformée quant l’homme et devenu capable d’opérer ce que JUNG appelle le processus d’individuation, c’est-à-dire atteinte du SOI, (celui qui a atteint son terme et que HENRI CORBIN désigne comme éclosion de l’individualité spirituelle.). C’est l’enfant né du soleil et de la lune pour les alchimistes.

Cette rencontre au treizième, a pour conséquence le mariage ou l’alliance conclus au 14ème qui évoque une initiation sacerdotale. L’onction, la remise de l’alliance et le partage du pain et du vin avec le président dont j’assimilerais le rôle à celui de MELCHISEDEC, un rayon de la lumière, sont des indices concordants.

Je serais tenté de faire un rapprochement entre la rencontre du 13ème à la phase de prostrations de l’impétrant pendant la cérémonie d’ordination des prêtres et évêques. N’oublions pas que L’Eglise est l’épouse du Christ et le prêtre époux de l’Eglise dans la symbolique catholique, il porte aussi une alliance.

Tout ceci laisse à penser que le 13ème et le 14ème degré procèdent de l’initiation sacerdotale, initiation au 13ème et consécration au 14ème. Les conséquences de cette rencontre vont être très grandes, car avec la légende du 14ème degré nous verrons l’aboutissement du devoir poussé jusqu’au sacrifice.

Que faire de cette initiation ?

Gardiens du nom ineffable, gardiens du secret et de la Tradition, les Grands Elus de la Voûte Sacrée, Parfaits et Sublimes Maçons, vont devoir faire face à la perversion des élites c’est à dire au comportement du Roi SALOMON et à ses conséquences, la destruction du temple de Jérusalem. L’un des aspects de ce degré, c’est aussi notre devoir de vigilance tant vis à vis de nous même, que vis à vis de nos frères, afin que par notre attitude nous ne provoquions pas la destruction de l’œuvre de nos sages anciens.

Autre réflexion ;

Est-ce la faute des hommes ? Ou toute œuvre matérielle, aussi belle soit-elle est appelée à disparaître, pour ne laisser subsister que l’Essence, immatérielle ? Comme le suggère l’Ecclésiaste : Vanité, Vanité, Tout est Vanité.

Après l’initiation sacerdotale, au 13ème degré et la consécration par l’onction au 14ème, le Grand Elu devient un Missionné de la Tradition Universelle, même si notre tradition de secret est contraire au prosélytisme de PAUL après sa conversion (et des premiers chrétiens). C’est aussi le sens du serment prononcé au 14ème.

Si GALAAD est mort avec son secret, si les autres Grands Elus, Parfaits et sublimes Maçons ont détruit la pierre et rendu le nom illisible, Il est de leur devoir, et de notre devoir, de conserver et de transmettre oralement, à ceux qui sauront les conserver et les transmettre aux générations futures, les secrets qui leurs ont été transmis, quels que soit le véhicule ou l’aspect extérieur des sociétés initiatiques qui permettront de véhiculer cette transmission. Je n’insisterais pas sur les nombreuses légendes héroïques ou les contes de fées qui ont traversé nos campagnes sans oublier le rôle des jeux, des troubadours et de toutes les voies souterraines de transmission de la connaissance y compris celle qui mène à la voûte sacrée.

Si nous sommes là ce soir, c’est parce que, quelque part, nous nous sentons missionnés pour préparer l’avènement de cette citée idéale que certains assimilent à la Jérusalem Céleste, et que j’assimile aussi à l’Humanité régénérée et réconciliée par la Fraternité Initiatique, tant sur le plan individuel que sur le plan collectif…

C’est aussi parce que nous Croyons en l’homme et Espérons en l’avenir, ou le contraire, mais surtout Aimons la Création, ou (la Nature si l’autre terme choque). Autrement dit, nous sommes guidés par les 3 vertus théologales, FOI, ESPERANCE, CHARITE ou AMOUR. Nous lui devons bien cela pour la connaissance de son NOM.

J’ai dit T F P G M

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