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Le pain et le vin au 14e degré
Non communiqué
Le sujet que je dois vous présenter ce midi a comme objet « Le pain et le Vin »
C’est en toute fin du rituel que l’on retrouve cette séquence après que le Trois fois puissant Grand Maître nous ait eu conféré le titre de Grand Elu, Parfait et Sublime Maçon dit « Mangez avec moi de ce pain, et buvez avec moi le vin de cette coupe, afin que nous apprenions à nous secourir les uns et autres »
Ce partage a plusieurs significations que le fait de partager « un bon repas » !
La première signification trouve sa source en consultant le manuel d’instruction du 14ème degré
Tout à la fin de l’instruction, à la question : « Que signifie la communion du Trois Fois Puissant Grand Maître avec les récipiendaires ? »
La Réponse est : « Cette communion, en buvant le même vin et en mangeant le même pain, est un prélude à la série des grades capitulaires.
Initiatiquement, son enseignement est que l’accomplissement de l’Ancienne Loi, à l’aide de la Connaissance, conduit à la Nouvelle Loi, par la voie de la spiritualité et de l’Amour »
Et de suite, Nouvelle question pour clore cette instruction, « Quel Symbolisme se dégage du parcours initiatique du Grand Elu, Parfait et Sublime Maçon ?
A quoi est répondu « Le chemin, de l’Initié au Quatorzième degré, est jalonné de symboles lui permettant de progresser, vers la Connaissance suprême. Il doit être éprouvé par la Mer d’Airain, symbole des résistances qu’il doit surmonter en lui-même. Il faut qu’il élève sa pensée vers le Créateur, ainsi que le signifie la fumée du sacrifice. Il a besoin des pains de proposition pour effectuer son Voyage »
Bien sûr, Ce partage du pain et du vin, pour quelqu’un qui a baigné dans une éducation Chrétienne fait immédiatement penser à la Cène…. Mais aussi à l’agape Pascale…
Ces deux composants sont présents très tôt dans les écrits tels que l’ancien testament…
Le pain est censé nous apporter la Force et la santé nécessaires pour pouvoir agir… c’est donc un axe terrestre qu’il nous indique. Le vin, par contre, a une dimension spirituelle. Et ceci n’est pas nouveau car, dès la Genèse. On évoque Noé plantant sa vigne (Genèse 9, 20-21) .
Contrairement au Pain, dont l’absorption conforte l’estomac et rassasie le corps, le vin agit sur l’esprit et peut, surtout si on en abuse, enivrer….
Les composants éthyliques, agissent sur le système nerveux, sur le jugement, mais aussi sur l’anxiété et sur la tension. Il est prouvé que l’alcool a des effets sur les neurones et sur les récepteurs de la sérotonine…. Diminuant ainsi leur activité…. Mais dans le même temps, son effet désinhibiteur favorise l’imagination, et sans doute la prise de parole….
Mais loin de moins mes F. : la pensée que ceux qui s’expriment le plus en tenue, sont préalablement les meilleurs clients du bar. Il est bien évident que ce que j’énonçais précédemment n’est valable que pour une consommation très raisonnable.
Sur le plan maçonnique, l’alliance et la conjonction de ces deux substances, que sont le pain et le vin, pour les Francs-Maçons que nous sommes, ne peuvent manquer de nous faire penser aux symboles que sont l’équerre et le compas, symboles de matière et de spiritualité.
Ces deux éléments sont des produits transformés…. En effet, la référence n’est pas le blé et la vigne… Il est bien question ici, de produits élaborés par l’homme… il y a bien transformation…
La fermentation du raisin est bien une transformation. Transformation d’un jus sucré, qui, avec l’assistance des levures, et le travail de l’H, va donner un produit différent plus abouti. De la même façon le profane que j’étais, avec un long travail, et un cheminement spirituel, catalysé par l’aide de mes Frères, je deviens doucement un être plus abouti…
Cette transformation peut être comparée et incitatrice pour le profane qui devient Franc-Maçon, mais aussi pour le Chevalier de Royal Arche, devenant Grand Elu, Parfait et Sublime Maçon et ce n’est pas terminé et se terminera jamais.
Ainsi cette transformation peut être la symbolique de l’Homme qui souhaite transformer sa matière brute et grossière en un être ayant des aspirations spirituelles, ou pour un compagnon qui souhaite passer de l’équerre au Compas…
De la même façon, le pain et le vin évoquent l’idée de mort… avant la transformation…. Le grain de blé doit bien mourir en terre avant de se transformer en une nouvelle plante, elle-même génératrice de nouveaux grains, qui, eux même, seront, ou replantés, ou transformés en farine… De façon analogue, le grain de raisin disparaitra pour donner un jus qui par fermentation donnera le vin.
Ainsi donc, on retrouve bien à travers ces deux éléments, le symbolisme, de la mort et de la renaissance, ou d’une totale transformation.
Mais Au-delà des deux éléments que nous venons d’évoquer, il est une notion qui a mon sens est capitale : Le Partage. Sans partage, pas de transmission et sans transmission, point de partage !
Et nous revenons alors à la cérémonie de la Cène, et à ce que qu’elle représente, pour la création d’une fraternité qui n’est autre que l’agape… Le fait de partager avec l’autre me fait le reconnaitre comme un Frère… Comme quelqu’un ayant subi la même transformation que moi, quelqu’un qui a suivi le même chemin et ayant les mêmes aspirations que moi-même. Ce partage veut également témoigner de l’amour fraternel que nous nous témoignons lorsque nous mangeons et buvons ainsi solennellement.
Car mes F. : n’est-ce pas pour cette même raison, que nous insistons pour que les F. : après la tenue, assistent aux agapes ? N ’est-ce pas le moment où, après avoir vécu ensemble une tenue, ensemble, mais chacun dans sa propre réflexion, dans un vécu individuel, nous pouvons dans un deuxième temps, échanger devant un verre, devant un petit repas, … Les agapes ne sont-elles pas le moment où, en partageant un met ou une boisson, on peut mieux faire connaissance avec ses frères sur un plan plus personnel ? N’est-ce pas le moment où, le mot Fraternité sur un plan idéologique, devient réalité en concrétisant des rapports qui sinon, risqueraient d’être artificiels. N’est-ce pas le moment où de l’amour de la vérité, on passe à l’amour de l’humanité, amour qu’on devra répandre à l’extérieur de la Loge, et en tout premier lieu avec ceux avec qui on partage pain et vin. C’est sans doute pourquoi lors de nos repas rituels de Saint Jean, le vin sert de lien à la cérémonie, car c’est l’occasion de resserrer les liens entre les F. : lors des travaux de table.
Dans cette tradition chrétienne, comme dans bien d’autres traditions initiatiques, ce partage du pain et du vin, revêt un caractère sacramentel. C’est bien ce que veut faire comprendre le trois fois puissant grand Maître en conviant à ce partage, les F. : au sein des Grands Elus et Sublimes Maçons.
Enfin, nous revenons au parallèle qu’on peut établir entre le partage du pain et du vin et la Cène des écritures, où Jésus rassemble ses disciples et leur demande, afin de poursuivre ce qu’ils ont vécu ensemble, d’aller par le monde, répandre la bonne parole qui est celle de la paix et de l’amour.
J’ai dit