Le Signe et Le contresigne
S∴ F∴
Du Grand Orient de France
Etes-vous
franc-maçon ?
Mes frères me reconnaissent comme tel.
A quoi vous reconnaîtrai-je ?
A mes mots, signes et attouchements.
Illustre Chevalier de la Toison
d’Or,
Dignitaires qui siègent au sanctuaire,
Et vous tous mes frères Chevalier de l’Aigle Rouge,
Lorsque la Planche, « Le Signe et le Contresigne » m’a été proposée, je vous avoue n’avoir pas été inspiré. Cependant, je me suis rappelé qu’au court de mon Apprentissage, devant l’insistance de notre Frère Maître de Cérémonie de l’époque, Armand Nestoret, à nous faire observer, j’ai compris que dans le rituel, rien n’est superflu ; chaque geste, chaque signe, chaque mot, chaque objet, chaque symbole compte, a une signification et un objectif. Aussi, ai-je déduit que l’objectif qui m’était assigné était de revisiter les signes des trois premiers grades et de m’imprégner de ceux de l’ensemble des grades, qui m’avait été donné par communication.
Tout d’abord, qu’est qu’un Signe ?
Le Signe, du latin signum, est une chose perçue qui permet d’affirmer avec plus ou moins de certitude, l’existence ou la vérité d’une autre chose à laquelle elle est généralement liée. Le signe est une marque naturelle ou conventionnelle, désignant pour quelqu’un un objet ou un concept et destinée à être interprétée par un tiers ; le signe étant le signifiant et le concept le signifié. Le signe est une marque porteuse de sens.
Le Contresigne, c’est la deuxième signature destinée à authentifier la signature principale et à marquer un engagement solidaire.
Après avoir défini ce que sont le Signe et le Contresigne, je vais vous présenter le signe et le contresigne des grades suivants et essayer de vous donner leur sens :
- Apprenti.
- Compagnon.
- Maître.
Le Signe au grade d’Apprenti se divise en deux composantes successives, de significations différentes mais indissociables : la mise à l’ordre et le signe proprement dit.
La mise à l’Ordre :
C’est peut-être une marque de respect envers l’assistance des autres Frères puisqu’il s’adresse à toute l’assistance.
La main au raz du cou signifie qu’il faut établir une barrière entre ce qui vient de l’esprit et du corps. Autrement dit la main vient protéger l’esprit des passions venues du corps. Elle est là pour contenir les bouillonnements intérieurs et permettre que la raison maitrise le corps et le cœur. L’efficacité de ce geste n’est possible que parce que les talons sont à l’équerre interdisant par là même tout effet de jambe et de manche, de ce fait, toute l’énergie reste canalisée vers l’esprit et permet ainsi à l’apprenti d’être un observateur attentif.
Le Signe et le contresigne proprement dit mime un égorgement qui signifie que je préférerais avoir la gorge tranchée plutôt que de révéler les secrets qui m’ont été confiés.
Le cou est un passage anatomique important, on y trouve non seulement les connexions squelettiques, vasculaires, et nerveuses entre le cerveau et le corps, mais aussi les voies aériennes et le larynx siège de la voix.
Le signe nous rappelle donc, que le Silence est une des vertus essentielles et indispensables de l’Apprenti.
Il faut noter que l’ensemble de ces gestes est fait de niveaux, de perpendiculaires, d’équerres, évoquant les outils du maçon, la droiture et la justice.
Le grade de compagnon est un des grades majeurs de l’initiation maçonnique, seuls les Apprentis qui seront à même d’en pénétrer les enseignements se verront proposé pour le deuxième grade.
En effet, si le grade d’apprenti est basé sur la reconnaissance, celui de compagnon qui en est la consécration, est basée sur la connaissance de la lettre G : Géométrie, c’est-à-dire La connaissance encouragée par la raison et vérifiée par l’expérience.
Malgré tout, ce grade a une dimension sociale et fraternelle, avec le travail sur soi avec les autres dans le groupe. La notion de compagnon est liée à celle de Frère : acteur de Fraternité. Comme pour le grade d’Apprenti, le Signe de Compagnon est composé de la mise à l’Ordre suivi du signe proprement dit.
L’Ordre : la main droite sur le cœur, le pouce étant relevé en équerre par rapport aux autres doigts, la main gauche pendante.
Le signe et le contresigne : étant à l’ordre, retirer la main droite horizontalement vers le flanc droit, et la laisser tomber perpendiculairement.
Le grade de Maître est le troisième et dernier grade de la maçonnerie symbolique et il donne la plénitude des droits maçonniques.
La légende raconte que le Maître HIRAM fut tué et enterré hors de la ville par trois mauvais compagnons.
HIRAM représentant l’homme juste et courageux, que la menace et la violence pas plus que la séduction, n’ont fait dévier de la ligne droite du devoir.
Les trois mauvais Compagnons
représentent les trois vices qui pervertissent
l’individu et la société :
l’ignorance, l’hypocrisie, et le fanatisme.
Le signe et le contresigne sont identiques :
le maître étant à l’ordre
porte la main à hauteur du front, la paume en dehors, la
tête un peu effacée du coté droit et en
faisant un mouvement de corps en arrière.
Viennent ensuite les différents grades de Perfection que je vous présenterai successivement du 4e au 14e avec leur Signe et leur Contresigne :
- Maître Secret.
- Maître Parfait.
- Secrétaire Intime.
- Prévôt et juge ou Parfait Maître Irlandais.
- Intendant des Bâtiments.
- Elu des Neuf ou Elu Vengeur.
- Illustre Elu des Quinze.
- Sublime Chevalier Elu.
- Grand Maître Architecte.
- Chevalier de Royale Arche.
- Grand Elu de la Voute Sacrée.
Le Maître Secret (4e degré)
La dénomination du grade de Maître Secret confirme l’importance de la notion de secret en maçonnerie. Ce grade est placé sous le signe du silence, matérialisé lors de la cérémonie de réception par l’apposition du sceau du secret sur les lèvres de chaque candidat. On trouve trace de ce signe très ancien dès l’Antiquité. En Egypte il est associé à Harpocrate, fils d’Horus, qui guérissait les corps et les âmes. Harpocrate est représenté la main gauche pendant le long du corps et la main droite avec deux doigts posés sur les lèvres. Ce signe correspond à une attitude qui reflète un état d’intériorité. Du silence de l’apprenti à l’intégration du bon usage de la parole du Maître, une nouvelle gestation s’opère dans le silence. Le silence du Maître secret est différent de celui de l’Apprenti, il ne lui est pas imposé, il se l’impose à lui-même.
Le Signe du secret : on met les deux premiers doigts de la main droite sur la bouche, ce qui est imité par le Frère Inspecteur et par tous les autres Frères avec la main gauche, ce qui est le contresigne.
Le Maitre Parfait (5e degré)
Ce grade n’est transmis que par communication aujourd’hui.
Le grade de Maître Parfait a pour objet spécial l’inhumation d’Hiram avec le faste prescrit par Salomon, il achève les funérailles du Maître et son deuil. Les restes de l’Architecte disparu doivent féconder la terre pour animer un maitre parfait, ce que l’on retrouve en germe lors de la cérémonie d’élévation à la maîtrise.
Le signe d’Admiration
Les funérailles achevées, le roi Salomon remarque la beauté du mausolée de marbre blanc et noir et celle de l’obélisque triangulaire surmonté d’une urne noire, réalisé en 9 jours. Il s’écrit alors : c’est parfait ! Levant les mains et les yeux vers le ciel en signe d’Admiration.
Le contresigne.
Les ouvriers font de même et laissent retomber leurs mains en les croisant et en disant par quatre fois : Amen.
Ce signe rappelle que toute chose qui tire sa source du ciel, se répercute sur terre. Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas.
Le Secrétaire Intime (6e degré).
Le rituel de réception raconte deux méprises, sources d’erreur, de colère et de conflit, mettant par là en garde contre toutes les attitudes qui ne s’arrêtent qu’aux apparences, contraires à l’établissement de la vérité.
La première méprise est celle du roi Hiram de Tyr vis-à-vis de la dette de Salomon, la seconde est celle des deux rois concernant l’attitude de Johaben, dévoué et zélée serviteur de Salomon.
Ce grade fait référence à la curiosité et insiste sur la différence entre les deux formes de curiosité, positive et négative. Il fait comprendre combien la curiosité au service d’une cause juste peut être un facteur stimulant de l’intelligence et utile sur le chemin de la vérité.
Outre le thème de la curiosité, ce grade traite du thème des apparences qui forment le monde des illusions, des erreurs, des égarements.
Le Signe consiste à porter la main droite sur l’épaule gauche et la descendre à hauteur de la hanche droite.
Le Contresigne consiste à lever et croiser les bras à hauteur de la poitrine puis les laisser tomber au coté gauche à hauteur de la hanche en levant en même temps les yeux au ciel.
Prévôt et Juge (7e degré)
Le candidat à ce grade détient deux fonctions :
Prévôt, il détient la clé du coffre, avec les plans du temple et de l’urne contenant le Cœur d’Hiram.
Juge, il remplit sa fonction en utilisant la balance pour rendre ses jugements.
Ce grade enseigne que gouverner, avoir des responsabilités de commandement, demande de connaître et de prévoir avec justice équité et impartialité.
Ce rituel fait référence à un tribunal qui fournit au roi Salomon le moyen de rétablir l’ordre parmi les ouvriers, pour reprendre la construction du temple interrompu par la mort du Maître. Le signe consiste à porter les deux premiers doigts de la main droite près du nez. Le contresigne consiste à se toucher le bout du nez avec le premier doigt de la main droite et le menton avec le pouce de la même main, de manière à former l’équerre.
Intendant des Bâtiments (8e degré)
L’intendant des bâtiments a pour tache l’organisation des travaux et le maintien de l’ordre indispensable à l’exécution de ceux-ci. Il pratique les cinq points de fidélité et monte les sept marches d’exactitude du Temple.
A ce grade une attention particulière est donnée à l’acquisition et à la pratique de la vertu.
Les trois signes.
Le premier signe est celui de surprise qui se fait en la main droite sur le front, les doigts repliés en dedans en prononçant le mot Benchorim. Le candidat se protège les yeux car il n’est pas en état d’être confronté directement à la lumière absolue.
Le deuxième signe est celui d’admiration. On le fait en levant les yeux au ciel, en croisant les mains en haut et en les laissant tomber le long du corps en prononçant le mot Achard. Ce geste montre la relation qui existe avec les forces supérieures.
Le troisième signe est celui de la douleur. Il se fait en passant la main droite en forme de crochet sur le flanc droit en faisant un petit mouvement comme si on voulait l’enlever en prononçant le mot Jakin. Ce troisième signe fait référence à la disparition du Maître et le mot constitue un rappel du 2e grade du Rite Écossais Ancien Accepté.
Elu des Neuf ou Elu Vengeur (9e degré)
Ce grade est un grade de vengeance, les outils utilisés sont le poignard et l’épée, instrument de vengeance et de justice pour trancher la tête de mauvais compagnons. Cet acte au demeurant barbare indique qu’il faut supprimer en soi tout ce qui fait obstacle à la connaissance en éradiquant l’intolérance, l’ignorance, le fanatisme, la jalousie, l’intégrisme et l’ambition.
A ce grade le signe est double.
Le premier est de feindre de porter un coup de poignard au front, auquel on répond en y portant la main comme pour s’assurer si on est blessé.
Le deuxième est de feindre aussi de frapper au cœur avec un poignard en disant Nekam, (vengeance). La réponse est de mettre la main droite sur le cœur en disant Nekam.
Illustre Elu des Quinze (10e degré)
Second grade d’Elu, l’Elu des quinze termine l’action de justice entreprise.les deux autres meurtriers sont arrêtés, jugés et condamnés selon la décision de Salomon. Les têtes des trois meurtriers sont exposées à titre d’exemples aux portes de Jérusalem, aux emplacements qu’ils occupaient au moment de l’assassinat d’Hiram.
L’ordre est rétabli, les travaux suspendus dans le temple pourront reprendre. Le signe, consiste à prendre son poignard et à porter la main sous le menton comme si l’on s’apprêtait à s’ouvrir le ventre. Le contresigne n’est autre que le signe d’apprenti que l’on effectue tous les doigts serrés.
Sublime Chevalier Elu (11e degré)
Ce dernier grade d’Elu est celui ou douze des justiciers sont récompensés après un tirage au sort afin de distinguer ceux qui commanderont les douze tribus d’Israël.
Ce grade enseigne que le plus important devoir d’un maçon est de se consacrer à la pratique de la vertu. Il ne doit pas seulement s’opposer à toute forme d’oppression, il doit aussi s’engager à œuvrer positivement en se mettant au service des autres.
Le Signe se fait mains croisées sur la poitrine, les doigts entrelacés et les pouces levés.
Grand Maître Architecte (12e degré)
Le thème du grade est la construction du temple symbolique, Salomon forme une école d’architecture avec la volonté d’y instruire ceux qui conduisent les travaux du Temple. Il souhaite qu’elle soit un moyen de progresser dans l’art du trait, en permettant aux vrais maçons de parvenir, par leur zèle et leur discrétion, à la plénitude de la perfection. Le signe consiste à avoir l’air de tracer un plan sur la paume de sa main gauche avec le pouce de la main droite, en regardant plusieurs fois le Grand Maître, comme pour le consulter.
Chevalier de Royale Arche (13e degré)
Ce grade développe le thème de la découverte d’un écrit sacré sur un plaque laissée au fond d’un souterrain oublié, la découverte de la pierre cubique et la lumière du Saint des Saints.
Le signe est double. Le premier est le signe d’admiration qui se en levant les mains au ciel, en penchant la tête sur l’épaule gauche et en fléchissant les genoux. Le deuxième signe est le signe d’adoration qui est de tomber à genoux.
Grand Elu de la Voute Sacrée (14e grade)
Ce grade marque la fin d’un cycle qui a permit à tout maître maçon d’approfondir le grade de maitre avec tout les outils. Il est sensé avoir atteint l’état de Perfection.
Le signe utilisé est le signe premier dit du serment, c’est le signe du ventre coupé, la main droite portée à la partie gauche du bas ventre et ramenée horizontalement à la partie droite. Le second signe consiste à porter l’extérieur de la main droite sur la joue gauche, en soutenant le coude droit de la main gauche.
Le troisième signe est double : vous faites le signe d’admiration puis vous posez trois doigts de votre main droite sur vos lèvres.
Illustre Chevalier de la Toison
d’Or
Dignitaire qui siège au sanctuaire,
Et vous tous mes frères, Chevalier de l’Aigle
Rouge,
Ce voyage au travers de ces 14 grades, sans doute trop rapide m’a été profitable et me permettra de mieux comprendre notre rituel.
J’ai dit.