18° #415012

Le desir et le besoin

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Du Christ

Le franc-maçon peut-il raisonnablement nier l’historicité du Christ ? Ne doit-il pas dépasser cette notion et lui attribuer sa valeur symbolique, démarche qui est faite aussi par certains croyants ?

Il n’est pas question de juger de l’historicité ou de la non-historicité du Christ quand on est chrétien : il faut croire à son historicité. Et cette croyance est de toute première importance en soi précisément parce que tout le christianisme repose sur cette certitude que Dieu s’est fait homme.

Il est vrai que l’on peut interpréter cette formule. mais le chrétien doit croire au Symbole de la Foi : qui dit expressément :je crois en la personne de jésus, Dieu homme, qui est mort pour nos péchés, et est ressuscité le troisième jour.

La formule de Jean est évidemment la plus riche dans la mesure où elle laisse la porte à uns interprétation symbolique. Pour Marc, passe encore, mais pour Mathieu, Jésus apparaît dans son corps puisque les Marie embrassent ses pieds.

La position de Renan est une position ambiguë car le problème n est du « vraisemblable », mais de la certitude. Si tu ne crois pas à la réalité de la résurrection, tu n’es pas chrétien orthodoxe.

L’interprétation symbolique, ou l’interprétation hallucinatoire sont en dehors du cadre où se place le chrétien. Parce que si Jésus n’est pas chair, il n’est pas Dieu. Sans doute la richesse du « Noli me tengere » est telle que l’on peut vivre sa spiritualité en s’en tenant à des interprétations raisonnable.

Et demander s’il est important de savoir si le Christ était effectivement mort quand Marie de Magdala l’a a aperçu c’est se poser une question qui est soit de nature anecdotique, soit de caractère profanatoire. De nature anecdotique, parce que, Jésus historique ou non, la valeur symbolique demeure. De caractère profanatoire parce que douter de l’existence corporelle de Jésus, ressuscité, c’est douter de la vocation de l’Eglise à interpréter les Évangiles, et plus grave, de la vocation de l’Eglise à transmettre la Vérité. Nous nous trouvons là sur 1a ligne de partage des eaux. Pour le symboliste, l’historicité de Jésus est secondaire, ce qui importe c’est la richesse du mythe, c’est la perspective spiritualiste qui s’offre à nous dans le symbole de l’esprit ressuscité (qui est l’harmonique sublime de la résurrection de la nature au printemps) et c’est là que l’on peut apercevoir comment on passe du fait concret -la végétation qui renaît- au fait spirituel, l’esprit qui survit à toutes les mises au tombeau.

Il faut reconnaître la beauté et la richesse du mythe. Est-il osé de prétendre qu’il y a dans la croyance positive en l’historicité Jésus une dimension qui – Jésus portant l’humanité en lui, en même temps que sa nature divine – donne à l’espèce humaine une vertu transcendante ?

De la resurrection du Christ

On lit dans l’Evangile de LUC (XXIV, 4) que deux hommes parurent devant les femmes, venues avec Jésus de Galilée. Les voyant interloquées devant le sépulcre vide, ces hommes dirent : « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? Il n’est point mort ici, mais il est ressuscité ».

Dans MARC (XVI, 6), un jeune homme assis dans le sépulcre dit à MARIE-MADELEINE et à MARIE, Mère de JACQUES et à SALOME : « Ne craignez point, vous cherchez JESUS de NAZARETH qui a été crucifié; il est ressuscité, il n’est point ici ; voici le lieu où on l’avait mis », et MARIE vit JESUS le matin du premier jour de la semaine suivante.

SAINT MATHIEU ( XVIII,9) écrit lui que MARIE MADELEINE et MARIE embrassèrent ses pieds et l’adorèrent, alors que dans l’Evangile de JEAN (XX,17) il est dit que JESUS déclara à MARIE MADELEINE : « Ne me touchez point car je ne suis pas encore monté vers mon Père, mais allez trouver mes frères et dites-leur « je monte vers mon Père, et votre Père, vers mon Dieu et notre Dieu ».

Ernest RENAN (LA VIE DE JESUS ‑ page 410 ‑ eà.FOLIO) estime que 1a forte imagination de MARIA de MAGDALE joua dans ces circonstances un rôle capital. Il est donc difficile de s’appuyer sur des faits historiques pour établir la vérité de la résurrection de JESUS. Est-ce important ? C’est à dire, est-ce important d’établir objectivement, matériellement, que JESUS a ressuscité le troisième jour ou bien faut-il chercher la valeur symbolique de ce mystère ?

L’accomplissement de la vie de l’homme ne peut s’opérer que lorsque que tout a été consommé, que tous ou presque l’ont abandonné, qui le suivaient naguère – Les hommes pour croire ont-ils besoin d’avoir des signes mystérieux auxquels ils adhèrent affectivement ? Est-il important de savoir si le CHRIST était effectivement mort ? quand MARIE DE MAGDALE l’a aperçu, si elle l’a aperçu ?

Les questions d’ordre métaphysique ne sauraient être discutées en loge. C’est une règle, qui comme toute règle absolu », n’a de signification que si on comprend ses implications, et si on les admet à titre te principe et non pas, comme on pourrait être tenté de le faire, comme des vérités.

Les principes ‑ ou plutôt, le principe- est le suivent : comme au matières métaphysiques, il n’y a, pas de preuve absolue, il est indispensable d’éviter toute question qui n’aurait d’autre suite qu’un débat passionné, mettant à rude épreuve les rapporte fraternels.

Ce principe aurait, d’après ceux qui l’adoptent, toute chance de recevoir l’approbation des croyants. Puisque les questions se rapportant aux options métaphysiques n’ont pas droit de cité en loge, que peuvent redouter les croyants ? Chacun étant libre de penser ce qu’il pense, de croire ce qu’il croit, il n’y a d’offense pour personne tant que l’on s’en tient à la règle et le Vénérable, comme l’Orateur ont là pour cela.

Ainsi tout irait pour la mieux dans le plus tolérant des mondes si précisément toute question n’avait en dernier (et en premier) ressort des implications Métaphysique.

Je n’évoquerai que pour la forme les questions touchant à la contraception, à l’avortement, à l’euthanasie, qui sont évidemment liées à la croyance au caractère sacré de la vie et à l’attitude à l’égard du phénomène spirituel.

Mais je soulignerai, sans avoir à insister plus, que toute question concernant la conduite humaine implique une attitude à l’égard de ce que nous ignorons, et auquel nous ne pouvons que croire ou ne pas croire.

Mais ce serait faire preuve de naïveté d’imaginer que l’attitude respectueuse à l’égard des croyances d’autrui suffirait à apaiser les consciences inquiètes.

On offense toujours celui qui croit en témoignant que l’on ne croit pas à ce à quoi il croit. Il ne peut que s’indigner, ou que témoigner du mépris à l’égard de l’incroyant.

Le Franc Maçon a imaginé que la figuration symbolique permettrait de concilier les esprits et les cœurs. Figurer l’œil dans le triangle va sans doute recevoir, de la part d’un catholique, une interprétation satisfaisant sent ta conviction. La Veuve dont les maçons sont les enfants pourrait, pour des catholiques à l’esprit large, évoquer la Vierge sans que les protestants puissent y objecter. Mais la question cruciale n’est pas d’ordre symbolique, elle est d’ordre historique.

Quelque précaution que l’on apporte à distinguer Hiram du Christ, y a là une sorte de mise en scène qui pour évocatrice qu’elle soit d’une constante dans la comportement des hommes – le sacrifice – n’en témoigne pas moins d’une interprétation.

Ceux qui croient que le Christ est né, qu’il à vécu sous Hérode et fut crucifié sous Ponce Pilate ne peuvent ne prêter à une interprétation symbolique tenant pour indifférente l’historicité de Jésus.

Ce que les francs maçons appellent la méthode symbolique n’a de vertu pour le croyant que dans la mesure oh elle n’aboutit pas à la négation (par indifférence ou par ignorance de ce que le croyant considère comme la vérité. Cela est vrai dans la domaine des croyances religieuses, mais c’est aussi vrai dans la domaine des options politiques, et c’est là que les discussions en loge doivent faire l’objet d’une attention d’autant plus généreuse et fraternelle, que la plupart des mots que nous employons sont chargée d’électricité (positive ou négative naturellement).

La transposition des termes du monde profane dans le discours maçonnique est une tentation que doit et refuser le maçon averti, et dans toute la mesure où la sagesse, autorise les mines sa garde, il se doit d’éviter par prudence de souligner les écarts de langage qui n’aboutissent qu’à exacerber 1es oppositions.

Parler de libéralisme, de socialisme, de nationalisme, autrement dit, évoquer des comportements, collectifs, dont la définition est aussi ondoyante que la vague de l’océan, participe de ces facilités auxquelles nous ne prenons pas garde, mais qui provoquent des réactions souvent inconscientes, mais toujours attentatoires au comportement fraternel. Il faut beaucoup d’indulgence, c’est vrai, pour écouter un discours imprudent ; et cette indulgence nécessaire peut passer pour une approbation.

La conduite à tenir est délicate, et le vénérable a fort à faire pour retenir les observations qui se jugent légitimement autorisés par son silence éventuel.

La tolérance est un exercice difficile, dès que l’on passe des formats déclamatoires aux affrontements explicites. Il est heureux que la discipline maçonnique l’emporte sur le souci de convaincre et uns loge a déjà mérité d’être considéré avec respect quand la parole n’y est jamais interrompu que par le Vénérable, et quand elle l’est précisément par lui, à seule fin de ménager les susceptibilités. Mais il ont un degré plus haut; de la Vertu maçonnique, c’est celle qui inspire l’attention de chacun à l’écoute de l’autre dans le respect absolu de sa conviction. Peut-être faudrait-il que les esprits partisans, – et nécessairement partisans dans l’action conduite dans la monde profane – s’ils ont le souci de faire triompher leurs convictions, s’interrogent sur le caractère du travail maçonnique et se demandent avec rigueur s’ils ne sont pas le plus souvent, chargés de leurs métaux après qu’ils ont franchi la porte étroite. Mais n’est-ce pas là un propos de grincheux. Y a-t-il des maçons intolérants ? Qui pourrait le croire ?

De la religion

La religion s’est marginalisées le sacré est devenu accessoire du social, alors qu’auparavant, ils étaient indissolublement liés. N’est-ce pas la faute à l’idéologie, que la religion a cru bon d’introduire en son sein ?

Il semblerait que la religion n’occupe plus autant les esprits qu’aux siècles passés. C’est peut-être une illusion d’intellectuels et milieux cultivés. Il est sans doute exact que dans ces milieux, la sacré, et les pratiques religieuses Occupent moins de place qu’auparavant. Mais il faut se demander si ce qu’ils appellent la culture n’a pas pris la place de la religion. Les milieux avancés de la société se polarisent sur des spectacles, sur des activités musicales sur des rencontres de caractère informatif qui peuvent à bon droit être considérés comme des substituts d’une attitude traditionnelle concernant les questions morales et religieuses. Pour ce qui est des peuples, l’idéologie a pour un, temps remplacé les idées religieuses. Mais la vie quotidienne n’apporte pas de réponse aux interrogations spirituelles. Plus de personnes se cultivent et s’ouvrent aux mystères de la vie. Et donc, cherchent des réponses, mais ces réponses sont la plupart du temps de l’ordre des savoirs, donc de portée limité. La réponse religieuse s’ouvre sur un infini gratifiant, alors que la réponse scientifique débouche sur des évidences dérangeantes.

Faut-il le déplorer, faut-il s’en réjouir ? Le directeur de conscience, le prêtre confesseur ne jouent sans doute plus ce rôle de mentor qui étaient le leur jadis et encore ! Mais les psy, comme on dit ont pris le relais. Si l’on appelle religion l’ensemble des pratiques et des comportements qui permettent aux hommes de vivre en relation avec l’univers de façon supportable et si l’on appelle religion la vie spirituelle dans sa densité formelle, alors, je crois qu’il n’est pas juste de considérer que la religion s’est marginalisée.

Moins de fidèles dans les églises ce n’est pas moins de personnes à l’écoute des sages et des prophètes de la presse du cœur. Ce qui me frappe en effet c’est que le sacré s’est banalisé, je veux dire que les idées qui jadis préoccupaient les fidèles (qui pensaient) sont aujourd’hui vulgarisée dans la presse, et une presse démagogique et populaire.

La familiarité avec les mystères de la génétique et du cosmos n’est pas pour autant un refus de considérer la faiblesse humaine, s’il y a un phénomène culturel sensible, par rapport, à la ferveur religieuse telle que nous la restituons dans le passé, c’est la dispense des engagements de caractère spirituel. Mais cela tient à la sécularisation du religieux qui s’est perpétué par le temporel au lieu de régner dans l’ordre spirituel.

La vraie religion est celle de l’esprit, pas celle des églises et des prêtres ? Il y a là un risque de banalisation des valeurs spirituelles dont il ne serait pas sage de minimiser les conséquences ruineuses.

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