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Discrétion, Humilité, Foi
Non communiqué
En veillant à rester « discret, humble et en ayant la foi », le chevalier de Royal Hache maintient actif et présent ce rayonnement en lui, qui étonnamment lui permet d’atteindre et renouveler en cette veille intérieure sa plénitude dans l’humilité.
Avec la discrétion, nous nous mettons en réserve, à la disposition, au service d’une cause, d’une quête. Arrivé au 22eme degré, nous avons fait nos preuves, mais nous ne devons en tirer aucune gloire personnelle. Rappelons-nous le jour de notre initiation où le Vénérable Maître nous demande la plus grande discrétion au moment de faire notre obole dans le tronc de la veuve. Les actes de bienfaisance d’un Franc-maçon ne doivent jamais être des actes d’ostentation, ni de vanité, propres à enorgueillir celui qui donne, comme à humilier celui qui reçoit. Ils doivent être uniquement l’accomplissement d’un devoir et rester ensevelis dans le secret. Depuis notre initiation nous devons être discrets d’abord auprès des profanes, puis de nos frères plus jeunes afin de ne dévoiler aucun des secrets que nous venons de recevoir.
La discrétion c’est avoir du discernement, ce qui implique la faculté de pouvoir décider en faisant preuve de sagesse. La discrétion vertu initiatique par excellence est aussi la bonne connaissance de soi-même, l’évaluation exacte de nos possibilités réelles de pouvoir garder un secret. Mais quel est ce secret que nous devons garder. Ne serait-il pas de trouver la Sagesse. C’est bien le germe de la Sagesse que nous recherchons au cœur de nous-même.
Pour l’initié, la récompense, c’est le renoncement, la descente en soi, l’oubli de l’ego au service d’une cause qui dépasse l’individualité au profit d’un projet collectif. C’est communiquer sa force à une force qui nous dépasse. Avec le retour à la Vertu, le cycle est achevé et l’initié est prêt à recevoir l’enseignement des premiers éléments de la géométrie sacrée en utilisant le compas. L’élément majeur de cette géométrie est le cercle, signe de la perfection et symbole de la quête constante de la Vertu que nous retrouvons dans nos chaines d’union où circule en silence l’esprit des loges au travail, le cercle symbolise ici le cycle de l’œuvre cent fois remise sur le métier et régulièrement retravaillé.
Pour continuer à grandir, il faut se faire petit, à l’ombre de soi-même.
L’Humilité
L’humilité est généralement considérée comme un trait de caractère d’un individu qui se voit de façon réaliste. L’humilité n’est pas une qualité innée chez l’homme ; il est communément considéré qu’elle s’acquiert avec le temps, le vécu et qu’elle va de pair avec une maturité affective ou spirituelle. Elle s’apparente à une prise de conscience de sa condition et de sa place au milieu des autres et de l’univers. L’humilité est une vertu humble : mais est-ce véritablement une vertu ! Qui se vanterait de la sienne en montrant simplement qu’il en manque.
Cela toutefois ne prouve rien : d’aucune vertu l’on ne doit se vanter, ni même être fier, et c’est ce qu’enseigne l’humilité. Elle rend les vertus discrètes, comme inaperçues d’elles-mêmes, presque rejetées. C’est plutôt une connaissance extrême des limites de toute vertu, et de soi. Cette discrétion est la marque elle-même discrète d’une lucidité sans faille et d’une exigence sans faiblesses. L’humilité n’est pas le mépris de soi, ou c’est un mépris sans méprise. Elle n’est pas ignorance de ce qu’on est, mais plutôt connaissance, ou reconnaissance, de tout ce qu’on n’est pas. C’est sa limite, puisqu’elle porte sur un néant. Mais c’est ce en quoi aussi, elle est humaine : « Tant sage qu’il voudra, mais enfin c’est un homme : qu’est-il plus désuet, plus misérable et plus de néant ? » nous-dit Montaigne : sagesse de l’humilité. Il est absurde de vouloir dépasser l’homme, ce qu’on ne peut, ce qu’on ne doit. C’est la vertu de l’homme qui sait ne pas être Divin. Ainsi est la vertu des bienheureux, quand les sages, semblent parfois en être dépourvus.
L’humilité c’est la vraie beauté de l’âme.
L’humilité est une qualité lucide, toujours insatisfaite d’elle-même, mais qui le serait plus encore de ne pas l’être.
Le Christ fait de l’humilité la condition de la vie éternelle : « Heureux les humbles, car le royaume des cieux est à eux » (Évangile de Matthieu, chapitre 5 verset 3).
La plupart des gens associent l’humilité au manque d’estime de soi et de confiance dans ses propres capacités, quand ils ne l’assimilent pas à un complexe d’infériorité. Ils méconnaissent les bienfaits de l’humilité, car si la suffisance est l’apanage du sot, l’humilité est la vertu de celui qui mesure tout ce qui lui reste à apprendre et le chemin qu’il doit encore parcourir. Pourtant, comme l’écrivait La Rochefoucauld : « Nous gagnerions plus de nous laisser voir tels que nous sommes que d’essayer de paraître ce que nous ne sommes pas. »
Il est temps de nous rappeler le « Connais-toi toi-même », qui signifie qu’il faut savoir qui l’on est pour ne pas se prendre pour ce que l’on n’est pas. Cela veut aussi dire qu’il faut se remémorer la Vérité qui est enfouie en soi et que l’on a oublié. L’humilité est la forme la plus aboutie de la Connaissance de soi, elle doit nous conduire à mourir à nous-même et faire mourir en nous notre Ego : Mourir pour renaître pour que l’orgueil cède la place à l’humilité.
Bernard de Clairvaux disait : « Le chevalier doit être armé de l’humilité pour cuirasse qui préservera ses profondeurs intimes ». Ainsi paré nous serons aptes à la quête du Graal, ce vase précieux qui est au plus profond de notre cœur, centre du cercle des Maçons et seule l’humilité profonde et sincère nous en permettra l’accès.
La Foi
Avec la foi, le chevalier avance quoi qu’il arrive. La Foi n’est pas la croyance aveugle dans une opinion, c’est la lumière de la raison qui éclaire notre esprit et le préserve des fausses doctrines. La Foi, c’est la confiance dans nos principes et dans notre idéal, l’ardeur dans la recherche du vrai, du juste, du beau et du bien. Sur le plan initiatique, la Foi est la confiance de l’homme dans les événements révélés ou virtuels, ainsi la Foi nous donne le courage d’affronter les épreuves et de surmonter les difficultés.
La Foi incarne aussi la rencontre avec le divin et c’est en ce temple, cet édifice que nous construisons par nous-mêmes, que réside la présence divine. C’est en cet endroit que nous pourrons découvrir la chambre secrète où séjourne l’Eternel. Lieu où se rejoint la terre et le ciel où notre Moi se fond dans le Soi, où nous sommes seuls à y pénétrer. Personne ne peut nous accompagner dans cette démarche intimiste de la construction du temple intérieur. Toutes les données de la science sacrée qui nous ont été données sont là pour servir cette cause, cette démarche. Sans elles nous n’aboutirions pas à grand-chose. Elles sont les supports indispensables à ce cheminement intérieur. Or, ce savoir sacré nous est transmis par d’autres soit oralement soit par écrit et c’est en cela que nous ne travaillons pas seuls en premier lieu. L’accès à la Sagesse passe par la pratique de la Vertu. Œuvrer en même temps sur le matériel et pour le spirituel faisait partie du projet de Salomon. L’édification concrète du Temple a toujours trouvé sa correspondance symbolique. De même les Frères se doivent d’utiliser la diversité des situations de la vie profane pour se hisser et se hausser vers le niveau de conscience qui nous éloigne du superficiel et de l’apparence qui alourdissent, au profit de ce qui apure, épure et nous rapproche de l’essentiel.
L’amour est une Foi, et une Foi appelle l’autre. Cette Foi est une félicité, une lumière et une force. On n’entre, par-là dans la chaîne des vivants, des réveillés, des heureux, des rachetés, des vrais hommes qui savent ce que vaut l’existence et qui travaillent à la gloire de Dieu et de la Vérité.
La Foi est l’œil de l’esprit, l’amour est la sève du cœur. Tant que la Foi reste dans l’esprit, elle est inerte et stérile, mais quand elle a pénétré dans le cœur, elle y allume aussitôt l’espérance et l’amour.
La Foi guide et éclaire la raison, tout maçon qui se dit croyant ou non est amené à livrer un combat spirituel entre ce que sa conscience lui permet de faire et ce qu’elle lui interdit. La raison et la Foi conduis à vivre dans une tension spirituelle, dans une dualité plus ou moins conciliée et harmonieuse entre obscurité et luminosité.
Avoir la Foi c’est également vivre dans l’espérance, l’espérance d’une rédemption,
Quant à l’espérance, le dictionnaire le Robert nous dit : je cite « l’espérance à la différence de l’espoir qui est attente de quelque chose de précis, de définissable est un sentiment fait d’attente certes, mais aussi de rêve quant à la survenance de quelque chose à venir dont on n’a pas circonscrit tous les aspects ». On sait qu’elle existe, qu’elle est souvent le moteur d’un idéal associé alors à la Foi. L’Espérance est donc l’étoile qui guide nos pas dans la nuit, la promesse de la prochaine aurore, Elle nous préserve de toute faiblesse et de tout découragement.
Elle, est le sentiment bien faisant qui nous rassure de la Foi en l’homme pour la poursuite de la vérité. L’espérance ouvre les perspectives d’une évolution de la société humaine, ce qui peut, pour le Franc-maçon être aussi réconfortant que l’est pour le croyant la promesse d’une vie future. Nous devons savoir que qui s’arrête dans la quête, tue la vie qui est toujours d’aller vers, d’aller plus loin… Ce n’est que dans le temple rouge que, l’impétrant, tête recouverte d’un voile et, ce n’est qu’en apprenant que la Parole retrouvée est « I.N.R.I » et qu’il détient déjà sans le savoir, que le voile lui sera retiré. C’est une nouvelle Lumière qui s’ouvre à lui, autre que celle de son initiation au grade d’apprenti. Ici la Renaissance est plus forte, plus lumineuse, source de Vérité et d’Élévation.
J’ai dit