30° #427012

Les Armes du Chevalier Kadosch

Auteur:

Non communiqué

Obédience:
REAA
Loge:
Non communiqué




« Chevalier, vous voici armé pour le combat. Votre arme n’est point le poignard du sicaire, la hache du bourreau, la flèche empoisonnée du calomniateur : votre action se situe sur un tout autre plan. Votre arme symbolise l’épée flamboyante de Saint Michel, la lance inflexible de Saint Georges, le caducée d’Hermès. Celui que vous toucherez de sa pointe doit en être anobli et se ranger à vos côtés au service de la cause pour laquelle vous combattez ».

Nous voici donc arrivé au terme de notre parcours. NEC PLUS ULTRA nous dit-on, soit « rien au-delà – nous n’avons plus d’autres enseignements à vous donner ». Mais voilà, aussitôt, nous est affirmé clairement que même à ce niveau : « toute initiation n’est qu’un point de départ ». Il est donc clair que si nous sommes arrivés au terme d’un enseignement, à la compréhension d’une méthode, le sens profond de son contenu ne s’en dégagera qu’après avoir été éprouvé et mis sur le chantier. Le cheminement initiatique se poursuit et du savoir à la connaissance nous pourrons agir en conscience guidé par l’Amour.

Chevalier Rose croix nous savions déjà que la charité devait guider nos actes et nous avions bien compris qu’il s’agissait d’Amour. Et c’est encore d’Amour dont il est question ici, lorsque cette échelle mystérieuse, qui procède des plus anciennes traditions pour symboliser toute ascension spirituelle, nous est présentée.

Mis en condition par le dialogue énergique des poursuivants blanc et noir – évocateurs de l’incontournable dualité qui accompagne notre démarche – le récipiendaire va progresservers la connaissance et encadré par les 2 montants « Amour de Dieu » et « Amour du prochain », il va franchir les 7 échelons, dont l’ensemble constitue les neuf vertus ou qualités attribuées au Kadosch parfait.

Depuis le début de notre parcours, nous avons connu des phases d’acquisition et des phases de réalisation, il en est de même ici, l’échelle mystérieuse par ses deux parties, montante et descendante nous indique clairement que la mission du Kadosch se situe sur « la terre des Hommes » après avoir réaliser en soi les vertus évoquées dans la phase montante.Et c’est par la mise en œuvre des arts libéraux, ceux déjà connus par le Compagnon Maçon, mais ici, imprégnés de cette dimension spirituelle perçue au sommet de l’Echelle mystérieuse que va s’opérer cette subtile alchimie qui délimitera le champ d’action du futur Chevalier, grand Elu, grand Inspecteur.

Ainsi en alliant raison et sensibilité, il trouvera la juste mesure, le juste équilibre entre les forces antagonistes qui seront en présence. C’est ce que semble indiquer la référence au caducée d’Hermès, qui libère son pouvoir de guérison lorsque les serpents qui entourent la baguette de laurier ou d’olivier se font face et sont en parfait équilibre.

Ce qui n’est pas sans rapport, avec la pratique des fils d’Hermés qui lors des opérations du Grand Œuvre, transformaient en or toute matière souillée ou imparfaite, autrement dit libéraient ce qu’il y a de plus pur en elle. Petit pas de côté certes, mais après tout ne nous est-il pas recommandé au 13ème degré, lors de l’évocation de la légende des trois mages, d’explorer d’autres enseignements pour approfondir le sens initiatique de nos propres références ? Ainsi la descente sous les voutes du Temple d’Enoch n’évoque t elle pas égalementl’arbre des sephirot qui de Kether « la couronne » le domaine des potentialités, du non manifesté, va en 3 ternaires nous conduire à Malkuth, le « royaume » des formes, synthèse parfaite des séphiroth ou qualitésnécessaires à notre construction. Manifestation Divine ou densification d’une énergie issue d’EN SOPH l’Absolu inaccessible ? N’y a-t-il pas là une volonté de spiritualisation de la matière ? Mais ici, présentée dans sa forme inversée, il nous était suggéré de tourner notre regard de l’extérieur vers l’intérieur et d’aller de la manifestation vers la cause. Soit une plongée au cœur de notre Etre là où réside le plus précieux des trésors, cette lueur vacillante mais persistante qui nous relie à la source. Jacob Boehme le présentait ainsi : « Dieu est en toute chose, mais la chose ne le sait pas »

Par sasagesse HOCHMAH et son intelligence BINAH Guibulum a retrouvé le mot ineffable et démontré qu’il était « Bon Maçon ». Mais ce n’est que, plus tard, parvenu au sommet de l’échelle qu’il réalisera cette unité cosmique, et prendra conscience de son appartenance à un TOUT. Cette unité principielle perçue comme une évidence et qui va marquer la nécessité d’être en tous points en accord avec elle, en accord avec les plans du GADLU. C’est alors et seulement que l’accèsà l’ultime perfection sera possible.

Par TEBOUNAH7ème marche de l’échelle :la compréhension

Car notre Chevalier de Royal Arche ignore encore qu’au-delà de l’acquisition de l’outil, viendra le temps de la transmission et que celle-ci – qui s’apparente à la mission du Bodhisattva dans le Bouddhisme – implique une parfaite réalisation intérieure. Réalisation qui ne peut s’opérer que grâce à une montée progressive dans les degrés du Rite, et par la réactivation de ses facultés intuitives.Allier art et méthode afin de percevoir la juste mesure de ce qui mettra l’adepte sur le chemin de l’éveil.

Chevalier Elu des neuf puis des quinze, c’est cependant le sort qui nous a désignés, comme si nous faisions partie d’un plan dont la finalité nous échappait encore, mais dans lequel chacun a nécessairement sa place. Elu car potentiellement reconnu apte. Cette confiance nous est manifestée dès notre entrée en LP et nous est accordée, comme à tous les Initiés, pour être tous passés par le cabinet de réflexion, avoir vécus les mêmes interrogations, émotions et difficultés.Puis le passage par la porte basse nous a clairement signifié que la condition essentielle pour entamer ce processus de transformation était l’humilité. Qualité essentielle qui nous sera rappelé lorsque parvenu au NEC PLUS ULTRA l’injonction nous sera faite de « n’en concevoir aucun orgueil ».

Bien des tâtonnements ont jalonnés notre parcours, comme ce fut le cas pour les mauvais compagnons qui ont détourné les outils de leur destination et les ont utilisés pour tuer Hiram ; et plus tard Johaben qui oubliant la clémence de Salomon au 6ème degré n’en respectera pas mieux, au 9ème,les instructions et tranchera lui-même la tête du meurtrier d’Hiram.

Certes la pulsion de transgression nous a poussé à avancer, innover et s’adapter, et c’est généralement par ce schéma d’essai/erreur que nous avons progressé ; et si « combattre l’ignorance, le fanatisme et l’ambition » est le premier devoir du Maître Maçon, si le crime ne peut rester impuni, ce n’est pas en « sicaire » qu’il nous faut agir. Le comment combattre ne se dévoilera que progressivement et il convient de ne pas oublier trop vite le signe d’ordre de l’apprenti première arme qui nous est donnée pour contenir ou combattre nos passions. Aussi :

SEBELla 6ème marche de l’échelle mystérieuse nous exhorte à la patience.

Patience et détermination. Les assassins d’Hiram sont retrouvés et exécutés.La vengeance est accomplit. Les Maîtres « hommes vrais en toutes circonstances » reçoivent en récompense leur épée de Chevaliers, marquant ainsi une étape importante dans la progression du bâtisseur, devenu inspecteur puis Chevalier, prémices d’une destinée hors du commun. Prémices car si ce titre apparaît ici pour la première fois ce n’est que pour pointer à nouveau des valeurs potentielles qui vont pouvoir désormais se révéler.

Mais à nouveau détournement. Salomon, ce roi si sage, si vertueux, se laissa aller à la licence et malgré leurs efforts, les GEPSM ne purent détourner les hommes de l’impiété et du sacrilège. Conséquence, Nabuchodonosor, incité par Dieu, fit raser les murs de Jérusalem, détruisit les fondations du Temple et emmena tous les habitants en captivité à Babylone.

Comme au temps où Hiram fut tué, pour ne pas révéler le secret des Maîtres, ici Galaad gardien de la Voute Sacrée, va se sacrifier pour ne pas révéler l’emplacement du plus précieux des trésors. L’accomplissement du Devoir porté jusqu’au sacrifice prend ici toute sa dimension dramatique.

Les GEPSM vont détruire toute marque de l’existence de ce trésor et promettre de le conserver en leur cœur afin qu’il soit préservé de toute corruption. Puis ils se dispersèrent parmi les « nations » pour enseigner l’Art Royal ; et c’est leur comportement qui fit l’admiration autour d’eux et suscita bien des vocations. Ce qui permit à la FM de se perpétuer de génération en génération.

Période de retrait nécessaire pour le peuple captif à Babylone, sorte de respiration pour intégrer l’expérience et en retirer la quintessence, mais en solitaire pour le GEPSM qui doit rester ouvert sur le monde pour agir (seul) sur son environnement immédiat. Mais si le retrait s’impose il nécessite un retour. Cyrus, roi de Babylone permit aux Hébreux de retourner à Jérusalem, et pour obtenir la « Liberté de passer » et combattre ceux qui tenteraient de s’y opposer il les fit armer Chevalier d’Orient et de l’épée. C’est ainsi, que l’épée d’une main la truelle de l’autre, ils entreprirent la poursuite des travaux, rétablirent l’alliance avec Dieu et devinrent« Princes de Jérusalem », administrateurs des territoires.

Le terme de chevalier est de création récente (10ème S) et caractérise un combattant professionnel, un cavalier appartenant à une élite. Pour illustrer leur hardiesse et leur générosité s’est développé une littérature médiévale qualifiée « d’amour courtois ».Ainsi dans « la légende du Graal », sont relatées les aventures des Chevaliers de la Table ronde partis à la recherche de leur Graal. Aventures parsemées d’embûches qui, dans la phase de christianisation de cette épopée, introduisit le fait que lorsque le Chevalier se laissait tenter ou écarter de sa route, les pires malheurs lui arrivaient ; et ce n’est qu’en réactivant sa Foi en son Guide qu’il parvenait à reprendre sa Quête.

EMOUNAH , 4ème marche de l’échelle :

Où la Foi du chevalier est réactivée régulièrement par l’Espérance placée en la grandeur de l’Amour

Dans ce périple seul Galaad va, à l’aide de la lance mystérieuse, réussir à guérir le « Roi pêcheur » de sa langueur et redonner vie à son royaume. Cette guérison ouvre la voie de l’Orient et Galaad devient roi de la terre de Sarras, ville mythique qui correspondrait à Tyr. Mais là, parvenu au terme de sa Quête, il meurt et ses compagnons, témoins de la disparition du Graal, se retirèrent et abandonnèrent les terres d’Orient.

Perte du Graal, qui marque en fait un autre détournement, historique celui-ci, celui de la 4ème croisade, au cours de laquelle, pour satisfaire les ambitions matérielles de leurs commanditaires vénitiens,les croisés détruisirent Constantinople, signant ainsi le commencement de la fin de la présence occidentale en Orient.

Déjà à leur création ces « pauvres Chevaliers du Christ », ces moines/soldats posèrent problème au regard de l’église et ce n’est que lorsque Hugues de Payns repris l’idée de Bernard de Clairvaux, « tuer le mal en l’Homme et non l’Homme lui-même », qu’il obtint, au concile de Troyes, l’approbation de ce nouvel ordre dit « Templier ».

Cet éclairage nous renvoi au texte : « votre arme symbolise la lance inflexible de St Georges… » Arme qui comme le caducée d’Hermès détient le pouvoir de guérison ou de transformation des énergies négatives en positives. A l’aide de sa lance il sépare le subtil du vulgaire et libère ce qu’il y a de meilleur en l’homme. Déjà perçue avec la lance de Galaad, le Chevalier Kadosch doit redonner force et vigueur aux principes et idéaux dont il est le gardien, mais glaive en main gauche, soit coté cœur.

MOTHEK, 3ème marche de l’échelle : agit avec douceur mais fermeté

L’Ordre du Temple ayant accumulé en près de deux siècles, richesses et pouvoirs, va inciter le Pape Clément V à réformer l’Ordre. Mais le roi Philippe le Bel, grâce aux « aveux » obtenu par Nogaret, va faire arrêter tous les Templiers et demander à Clément V de supprimer l’Ordre. Nous connaissons la suite, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay, après avoir rétracté leurs aveux furent brulés vifs.

SCHOR LABAN 2ème marche de l’échelle qui évoque la force des Templiers et leur innocence

Bien que ne pouvant prétendre être les continuateurs de l’Ordre Templier, nous pouvons cependant nous en inspirer et prendre en compte les échanges qui eurent lieux entre les différents courants ésotériques de ces régions et l’herméneutique servant à leur transmission. Les Chevaliers d’Orient et d’Occident se sont côtoyés suffisamment longtemps pour, au-delà de leurs affrontements guerriers, s’accorder une reconnaissance mutuelle. Mais l’accès à ces confréries initiatiques ne justifie pas pour autant l’ignominie du procès qui a été fait à l’Ordre des Templiers et en particulier le supplice imposé à Jacques de Molay. Mais peut-on combattre Roi et Religieux si ce n’est au niveau le plus élevé ? C’est donc en héritier des Chevaliers de l’Esprit que le Kadosch réclamera Justice.

TSEDAKAH 1ière marche de l’échelle

« La justice, vertu majeure du Kadosch, qu’il devra tempérer par la Charité du Chevalier R+C »

Tout au long du Rite, nous avançons progressivement vers la Lumière ; mais dès qu’une étape est franchie, et l’enseignement qu’elle contient apparemment intégré, nous assistons à des détournements dans l’usage des moyens et des connaissances transmis. Mais pour atteindre le ciel ne faut-il pas passer par l’enfer ? Ainsi de la mort d’Hiram au supplice de Jacques de Molay, tout démontre qu’il nous faut constamment maintenir en éveil notre vigilance ; vigilance évoquée dès le cabinet de réflexion avec le Coq, et réactivée avec le Chevalier de l’aigle au 28ème degré. Bien qu’étant descendu sur la terre des Hommes, armé pour le combat, c’est à sa propre perfection que le Chevalier Kadosch doit continuer à se consacrer, et pour cela Il va s’en remettre à la vigilance de l’Aigle qui, symbole de l’esprit, plane au-dessus du monde terrestre, et peut à tout moment, plonger armé de son glaive, porter aux Elus, aux Initiés, l’inspiration nécessaire à la réalisation de leur mission. Glaive à deux tranchants pour unir dans une même action « Foi et Raison ».

« Allez dans le monde, seul, univers complet, responsable devant votre conscience, riche de connaissance et d’amour ».

Le Chevalier était seul pour trouver le chemin de l’Unité au cœur de lui-même. Parvenu au sommet de sa réalisation spirituelle, devenu « passeur de Tradition et d’Espoir » c’est à nouveau seul qu’il doit retourner dans le monde des Hommes accomplir sa mission. Qui à ce moment n’a pas ressenti comme une forme de panique devant un tel engagement ? Aigle où es-tu ? Des hauteurs où tu te trouves montre-moi la route… Et c’est là qu’il me murmure à l’oreille : « tant que vous agirez en conformité avec nos principes, vous ne pourrez pas vous tromper »

Seul donc, car « n’ayant plus de mot d’ordre à recevoir », le Ch. Kadosch va travailler à cimenter l’union entre les FF, animer les énergies, stimuler les ardeurs et les faire converger vers le but assigné qui est, au-delà de la défense de l’Ordre, de combattre pour ce qu’Il représente et ce qu’Il sert. Tel l’Archange St Michel qui, semblable à Dieu, est seul à être autorisé à agir par lui-même, ce soldat de l’Eternel et de l’Universel, qui a su séparer le pur de l’impur et contenir le mal, sait qu’il vaut mieux le convertir que le détruire. Il va combattre contre tout ce qui asservi l’Homme et dénature la seule arme qui conduit à la Vérité pleine et entière, la méthode dispensée par le REAA qui, elle-même, est en parfait accord avec le mot de Villiers de l’Isle Adam « je n’enseigne pas, j’éveille ».

J’ai dit,

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