31° #428012 Comment par le cheminement maçonnique progressif, devenir plus juste et plus équitable et participer ainsi à la construction d’un monde meilleur ? Auteur: A∴ S∴ Obédience:Non communiqué Loge: Non communiqué Comment par le cheminement maçonnique progressif, devenir plus juste et plus équitable et participer ainsi à la construction d’un monde meilleur ? Houzzaï – Houzzaï – Houzzaï, Liberté, Egalité, Fraternité.N’est-ce pas la plus belle des devises ?Comparée à la devise de la Belgique, « l’union fait la force », où l’on voit l’impérieuse nécessité érigée en principe, la devise reprise à la République française bien sûr, énonce une volonté, un désir de justice et de fraternité ; cela m’a beaucoup frappé et rassuré quant au choix que je venais de faire lorsqu’elle retentit avec force et vigueur pour la première fois à mes oreilles dans l’enceinte du temple où je venais d’être initié. Cela m’a rassuré non quant au choix de l’obédience, car j’étais évidemment à mille lieues d’imaginer que l’acclamation put être différente ailleurs, mais quant au choix d’avoir demandé à être initié.J’ai vraiment eu cette impression de renaître parmi ces frères qui tous proclamaient leur foi et leur volonté en ces trois valeurs. Comme beaucoup d’entre nous sans doute, j’avais eu l’impression de vivre un peu isolé concernant ma vision du bien et du juste ; travaillant dans le domaine commercial j’avais, petit à petit, admis à regret, que l’homme était un loup pour l’homme, et tant qu’à faire, autant être dominant que dominé. J’avais donc mis en quelque sorte mes sentiments altruistes en veilleuse, il n’est pas de bon ton dans ce genre de milieu de faire étalage de générosité, de bonne foi ou de tolérance. De plus, je venais de terminer une traversée du désert de sept longues années dans ma vie sentimentale, ce qui n’avait pas peu contribué à me renforcer dans mes sentiments quelque peu misanthropes.Quelle ne fut pas donc ma surprise de voir la fraternité qui régnait en ces lieux, ainsi que le désir de bâtir un monde plus juste que semblaient partager tous les membres de l’atelier ; je dis semblaient, car il ne faut pas faire d’angélisme…Avant la prestation de serment de l’impétrant, le V M lit le texte suivant : « La Franc Maçonnerie…/…est une école mutuelle dont le programme se résume ainsi : obéir aux lois de son pays, vivre selon l’honneur, pratiquer la justice, aimer son semblable, travailler sans relâche au bonheur de l’Humanité et poursuivre son émancipation progressive et pacifique ».Quel programme, comment ne pas souscrire à tel projet ?Je ne me sentais plus seul, il y avait d’autres idéalistes que moi ; je n’ai pas dit irréalistes, car je suis loin de penser l’être.Je découvris donc peu à peu les différentes facettes de la loge, le sérieux et la gauloiserie, mais surtout l’écoute respectueuse de l’autre et les nuances apportées par l’exposé des idées et leur confrontation, sans animosité ni prosélytisme.Les notions de justice et d’équité furent bien sûr rapidement abordées comme faisant partie de nos principales préoccupations dans notre obédience particulièrement symbolique.Dans le premier chapitre de la constitution de la G L D F, dont nous recevons un exemplaire lors de l’initiation, il est notamment écrit : « Dans la recherche constante de la vérité et de la justice, les Francs-Maçons n’acceptent aucune entrave et ne s’assignent aucune limite ».Lors d’échanges verbaux après les planches, j’ai vite remarqué que si les Francs Maçons n’acceptent aucune entrave et ne s’assignent aucune limite dans la recherche de la vérité et de la justice, ils le font dans le respect des règles et le respect des idées de l’autre, bien conscients que si nous voulons être juste avec l’autre nous ne pouvons imposer à l’autre nos convictions ou fonder notre droit sur cette conviction…Ces échanges d’idées m’ont permis de mieux comprendre que la justice n’est pas un concept identique pour tous, ni immuable.Le rituel m’a aussi appris que si tous les frères sont égaux, principe essentiel de la justice équitable, l’expérience et le travail donnaient certaines prérogatives ou imposaient certains devoirs.Dans le passage au grade de compagnon, on remet au récipiendaire les outils que sont : – la règle qui « représente la loi morale inscrite dans la conscience et trace la direction de notre conduite dont nous n’avons jamais à dévier ».– le fil à plomb qui « suggère la recherche de la vérité ». – le niveau qui « fait allusion à l’égalité entre tous les hommes ». – l’équerre « symbole de la rectitude ».Les Francs-Maçons sont des constructeurs, ils croient en la possibilité d’établir, ou du moins contribuer à établir, un monde meilleur. Alors qu’est-ce qu’un monde meilleur, sinon un monde plus juste ? Ces outils doivent nous aider dans cette réalisation.Pratiquer la justice, avoir un comportement juste, c’est être en adéquation avec les règles morales que nous nous sommes fixées ; ces règles morales, nous les étudions, les travaillons tout au long de notre cheminement initiatique dans ce que nous appelons les hauts grades.La foi, l’espérance et la charité sont ainsi évoquées soit tour à tour, soit conjointement. Nous avons travaillé à la connaissance des croyances religieuses et philosophiques diverses, mais aussi sur la compassion, l’empathie, la foi, et tout cela dans le but de faire de nous des hommes plus ouverts, plus tolérants, donc plus justes, car pour être juste, il faut d’abord accepter l’autre avec ses différences, mais aussi bien se connaître soi-même, il est si facile en effet de voir la paille dans l’œil du voisin sans voir la poutre dans le sien.Comment devenir plus juste et surtout équitable sans s’ouvrir aux autres, à leur culture, à leur religion, à leurs coutumes ? Comment le faire sans y travailler, pas seulement en écoutant des planches, comme on pourrait s’en satisfaire, mais aussi, et surtout, en approfondissant les vagues notions qui effleuraient notre esprit ? Et cela, c’est en poursuivant sur le chemin de ce que nous appelons les hauts grades qu’il m’a été aidé de le faire. De par les rituels et les travaux, différentes notions et savoirs demandèrent étude et réflexion personnelle, et qui dit réflexion dit remise en question. C’est ainsi que la différence, les nuances entre la justice et l’équité se firent plus claires, mais aussi plus complexes ; toujours ce besoin d’être juste sans nuire, d’être équitable sans être injuste…Ces notions, pas toujours abordées de front, le sont indirectement. Comment un juge peut-il être juste sans être équitable, comment peut-il juger sans empathie ni compassion ?Cette volonté, ce désir de mieux comprendre pour mieux appréhender l’Autre dans ces différentes facettes et composantes ne peut être accompli sans remise en question de nos propres valeurs et nos propres idées et croyances, car qui n’en n’a point ?Aimer l’Autre, c’est d’abord être juste et équitable envers lui, et pour cela le découvrir, et c’est en cela que ce travail de perfectionnement que nous poursuivons inlassablement dans nos ateliers peut et doit nous aider.La composition éclectique d’une loge fait qu’on y rencontre des hommes de différentes générations, de culture et d’aspirations multiples, et cela aussi nous est permis par notre progression initiatique au chapitre et à l’aréopage. Progresser, c’est travailler.Gloire au travail. Navigation des articles Planche Précédente "La Justice" Planche Suivante "La devise du 31ème degré"