Le Mythe de la barque
R∴ L∴
Comment naissent les Mythes ?
Ils naissent dans notre inconscient puis cheminent pour donner une image des questions que l’homme se pose, sur l’existence, la destinée, les forces qui régissent l’univers.
Que suis-je ?
D’où je viens ?
Qu’est ce que la mort à laquelle je
n’échapperais pas ?
Comment est né le monde ?
Pourquoi le bien et le mal ?
Si le Mythe doit répondre aux grandes interrogations que se pose l’humanité, ils seront aussi nombreux que les problèmes soulevés.
Dans le Mythe de la BARQUE, deux SYMBOLES sont indissociables.

La BARQUE elle-même et le PASSEUR.
Le Mythe nous adresse aux mystères ainsi qu’aux voyages initiatiques.
Je vous propose la balade suivante :
LA BARQUE chez les CELTES
LE MYTHE chez les GRECS et les ROMAINS
LA BARQUE SOLAIRE /BARQUE FUNERAIRE
LE MYTHE de NOË
La BARQUE et le PASSEUR
SYMBOLES et F M
La Barque chez les Celtes
Nous évoquerons ce que nous pouvons appréhender de la civilisation celte, qui, il faut le souligner, couvrait les 2/3 de l’Europe.
Pour faire simple : leur domaine s’étendait des Orcades au Nord de l’Ecosse, à la pointe de Sagres à l’extrême Sud Ouest de l’Espagne. De la presqu’île de Dingle au Sud Ouest de l’Irlande à la Mer Noire. Ils débordent aussi sur l’Asie Mineure.
Pour les anciens Celtes, les morts allaient rejoindre dans un monde meilleur les Dieux et autres Elus. (PROCOPE) au VIème siècle disait :
« Que les pêcheurs bretons étaient réveillés par des coups heurtés à leur porte et sollicités pour conduire les âmes trépassées jusqu’à une Ile lointaine. Leur barque qui apparaît vide, est pourtant si chargée que l’eau affleure le plat-bord. Ils abordent, sans savoir comment, à de mystérieux rivages, où, d’un coup, la Barque s’allège de tout son poids, laissant les pêcheurs revenir chez eux.
Encore aujourd’hui, ce serait un pêcheur de la pointe de Van à l’entrée de la Baie de Douarnenez qui est sorti de son sommeil la nuit de la Toussaint pour se rendre à la Baie des Trépassés y prendre la barre d’une barque chargée de péris en mer de l’année, qu’il doit accompagner à leur dernier repos. Pour les Celtes, le monde des vivants et l’autre monde se côtoient. La réalité terrestre est illusoire, l’espace et le temps sont relatifs.
Je peux illustrer ceci par la citation de « PEREDUR » :
« PEREDUR se dirigea vers la vallée arrosée par une rivière. Les contours en étaient boisés. Des deux côtés de la rivière, il y avait un troupeau de moutons. Blancs d’un côté de la rivière et de l’autre, un troupeau de moutons Noirs. A chaque fois que bêlait un mouton Noir, un mouton Blanc traversait l’eau et devenait Noir ».
De ce mythe, sont nés « PERCEVAL et PARSIFAL ».
Ce mythe précise que l’on ne peut vivre dans l’un ou l’autre monde que si l’on revêt la condition d’existence de chaque monde.
Le revenant n’a pas la condition humaine et finit par tomber en cendres. C’est probablement de ces mythes qu’est né celui des Vampires. Dans la religion celtique, en parallèle au mythe du passage, se trouve celui du renouvellement. Par des pratiques rituelles, c’est la régénération de l’être qui est mise en valeur.
La régénération de l’être doit transformer le vieil homme. Par des pratiques rituelles, ce dernier devra devenir un homme nouveau. Il aura laissé ses faiblesses et trouvé la Lumière ! De nombreuses coutumes demeurent encore aujourd’hui. Par exemple, « le Carnaval et le Bonhomme de Mardi gras » qui traduit la régénération de l’hiver au printemps, renouveau de la Nature.
Le Mythe chez les Grecs et les Romains. Ce qui caractérise la Mythologie grecque et romaine, c’est l’idéalisation de l’ordre, de l’équilibre et bien évidemment de la beauté. La société des dieux est hiérarchisée.
Zeus se trouve le garant de l’ordre, gardien des lois et par là, lui même la loi. Les autres divinités ont chacune leur domaine : la guerre, la mer, les arts, la chasse, l’amour…
En ce qui concerne Rome, cette dernière s’est appropriée la plupart des divinités de la Grèce. HERMES en Grèce, MERCURE pour Rome, a la charge de conduire aux enfers les âmes des morts avec sa baguette divine ou son caducée. Il lui arrivait de les ramener sur terre lorsque ce n’était pas l’heure… HERMES présidait aux voyages et aux chemins.
« Toutes les routes conduisent aux Enfers » a dit un poète de l’antiquité. Il convient d’interpréter ceci comme toutes les vies s’éteignent un jour et participent aux jugements qui la suivent.
PLATON :
« Quiconque arrive chez Hadès sans avoir reçu ni l’initiation préalable, ni l’initiation complète, sera plongé dans le bourbier, tandis que celui qui aura été purifié, puis initié, vivra avec les Dieux ».
Mythe dit d’ALETHERIA :
« La mort se doublait de l’oubli. Oubli de soi qui privait l’ombre de toute personnalité, l’oubli des hommes qui rendait vaines toutes les actions humaines ».
Inscription trouvée à PETILIA * :
« Dans la demeure d’HADES tu trouveras à gauche une source et près d’elle, un cyprès blanc. Garde toi – même d’approcher de cette source. Tu en trouveras une autre ou coule l’onde fraîche qui vient du lac de mémoire, devant sont des gardiens tu leur diras :
« Je suis l’enfant de la terre et du ciel étoilé, et mon origine est céleste ; vous le savez vous aussi, je suis dévoré par la soif, qui me fait mourir, mais donnez-moi sans retard l’onde qui coule du lac de mémoire ». Et ils te donneront à boire de la source divine et désormais tu régneras avec les autres héros ».
*PETILIA aujourd’hui PETILIA PALICASTRO en Calabre à 3O KMS de CROTONE.
Le PASSEUR Grec s’appelait CHARON. Il était le fils de l’EREBE (Fleuve des enfers) qui lui-même était fils du CHAOS et de la NUIT.
CHARON était chargé de la fonction de « passeur des ombres » au delà du Styx et de l’Achéron, autres fleuves des enfers. Il utilisait une barque étroite, chétive et de couleur funèbre. Il était vieux et cupide. Il ne prenait dans sa barque que les ombres qui avaient reçu la sépulture et qui lui avait payé leur passage. Ce nocher des enfers est représenté par un vieillard maigre, barbu, debout dans sa barque et tenant à deux mains son aviron.
Pour mémoire, Thésée pourfendeur du Minotaure a fait un séjour aux enfers après l’enlèvement de Proserpine et a donc rencontré CHARON.
La légende dit que Thésée demeure assis sur une pierre, sans pouvoir se relever, criant sans cesse aux ombres :
« Apprenez, par mon exemple, à ne point être injuste et à ne pas mépriser les Dieux ».
La grotte permet d’accéder au premier degré de la connaissance, celui de la sagesse, de l’humilité. Elle nous permet de prendre conscience que nous sommes poussière, fragile comme la poterie fraîchement tournée. C’est par l’absence de présence, les ténèbres, que l’alchimie va se matérialiser.
Nous prendrons l’exacte mesure de ce que nous sommes. L’humilité que l’on trouvera, c’est que ce moi, n’est pas différent du tien…

La Barque Solaire / Barque funéraire
Il faut noter que toute la vie de L’Egypte est organisée en fonction des crues du Nil. Sans lui, pas de vie possible. Encore aujourd’hui, il est le moteur de l’économie Egyptienne. Ce n’est donc pas étonnant que l’on trouve de nombreuses barques ; Barque solaire, Barque funéraire. Rê le Dieu solaire renaissait tout les matins à l’Orient et traversait le ciel en barque…
La Barque des millions d’années. Il était accompagné de Dieux lui servant d’équipage.
Le symbole du Dieu solaire est le scarabée qui enfouit ses œufs dans la bouse qu’il roule jusque dans un trou creusé dans la terre.
Nous ne pouvons pas évoquer la Barque solaire sans mentionner celle de KEOPS pharaon d’Egypte vers – 2638 / – 2613 qui fut découverte en 1954. Elle mesure 38 m de long. Elle était à proximité de la grande pyramide.
La grande pyramide renferme un sarcophage qui constitue une barque aux dimensions particulières. Elles s’inscrivent dans des rapports inclus dans l’étoile à 5 branches. Les dimensions du sarcophage font références au nombre d’or.
Cette barque a
été construite en vue de quel voyage ? et pour
quelle destination ?
Pour les égyptiens qui envisageait la mort comme une
interruption momentanée de la vie, le voyage vers
l’au-delà était
considéré comme périlleux.
A bord d’une barque solaire, la momie traversait le monde inférieur qui était rempli de serpents (HAPOPHIS) armés de couteaux, de reptiles à 5 têtes. Une fois arrivé dans le royaume du « DOUAT », le défunt devait traverser 7 portes en récitant sans erreur une formule magique.
Ensuite, il parvenait devant OSIRIS pour être jugé. La pesée du cœur était surveillée par ANUBIS Dieu à tête de chacal.
Si le Pharaon réussissait le test, il devenait OSIRIS. Il traversait alors le monde inférieur dans sa barque solaire en compagnie du Dieu pour se rendre au paradis.

Le Déluge et Noé
Les grandes catastrophes seraient les manifestations divines par lesquelles le G A D L U. Se révélerait aux hommes.
Le Déluge Biblique a une histoire. Depuis que l’archéologie travaille à reconnaître ses origines, elle a découvert qu’il était plus ancien qu’on le supposait.
Ces études ont poussé inexorablement le récit biblique dans le domaine de la croyance.
VOLTAIRE : (Dictionnaire philosophique)
« L’histoire du déluge étant la chose la plus miraculeuse dont on ait jamais entendu parler, il serait insensé de l’expliquer : ce sont des mystères qu’on croit par la foi, et la foi consiste à croire ce que la raison ne croit pas ».
Les récents travaux des géologues et des paléoclimatologues montrent que les périodes de montées des eaux et de submersions de vastes étendues terrestres se sont produits à la fin de la dernière glaciation. (8.000 à 10.000 ans)
Dans la Bible, le déluge est un récit de la montée des eaux, décrite dans le livre de la Genèse. Pour châtier l’humanité corrompue et décadente, Yahvé inonde toute la terre pendant quarante jours et quarante nuits, ne laissant la vie sauve qu’à Noé et sa famille. En le prévenant du châtiment, il lui donne l’ordre de construire une arche pour accueillir un couple de chaque espèce animale et préserver la création.
« Faites-vous une arche * de pièces de bois aplanies. Vous y ferez de petites chambres, et vous l’enduirez de bitume dedans et dehors. Voici comment tu la feras :
300 Coudées
pour la longueur
50 Coudées pour la largeur
30 Coudées pour la hauteur
Tu feras, à l’arche un toit et tu l’achèveras une Coudée plus haut. Tu placeras l’entrée sur le Côté. L’arche sera dotée d’un premier, second et troisième étage ». (* du latin arca, boîte)
Prenez 7 mâles et sept femelles de tous les animaux purs, et deux mâles et deux femelles des animaux impurs…
Prenez 7 mâles et 7 femelles des oiseaux du ciel…
Je n’attendrai plus que 7 jours, et après je ferai pleuvoir…
D’après les textes yahvistes, la montée des eaux est provoquée par une pluie incessante. Noé au terme des 40 jours, prit la décision de procéder à plusieurs expériences pour voir si une terre émergeait.
Il lâche un corbeau qui ne revint pas. Il lâcha une colombe qui rapporta un rameau d’olivier. 7 jours après, il décida de lâcher à nouveau la colombe qui ne revint pas.
Encore 7 jours après il débarqua avec les siens.
Il construisit un autel et offrit un sacrifice. Dans la tradition élohiste, le déluge fut accompagné par une montée des eaux souterraines. Qui dura pendant 150 Jours. C’est à dire 5 mois d’une année solaire.
La décrue s’amorce au 7 ème mois. L’arche vient s’échouer sur le mont ARARAT.
Au premier jour de l’année solaire suivante, Noé quitte la nef.
Nombre de peuples dont la tradition est antérieure à la bible, font mention d’un déluge. Les plus anciens manuscrits de la Bible sont ceux dits de la Mer Morte.
Ils ont été découverts dans les grottes du site de KHIRBET QUMRÄM dans les années (1947). Ils sont rédigés en HEBREU, en ARAMEEN, en GREC.
Il est facile de comprendre la
difficulté rencontrée pour identifier
l’origine d’un texte, il apparaît que
plusieurs personnes ont écrits à des
époques différentes, c’est ce que
l’on appelle une Compilation d’écrits.
Ainsi, il semble que la source Yahviste ait pour origine
Jérusalem au temps de SALOMON entre – 970 et
– 930.
La source Elohiste proviendrait du Nord, du royaume de Juda entre – 930 et – 720. D’autres affirment que l’essentiel des écrits auraient été réalisés au cours de la période d’exil des Hébreux à Babylone entre les VI et IV siècles.
L’existence d’une tradition du Déluge est présente en Mésopotamie.
Deux Sources :
Le mythe dit d’ATRAHASIS et l’épopée de GILGAMESH.
Le Mythe d’ATRAHASIS :
Il explique la création de l’homme, les premiers moments de son existence et sa place au sein de l’univers. Il semblerait que les Dieux ait décidé de créer l’homme pour que ce dernier réalise les travaux afin de leur produire la nourriture. Ils ont créé l’homme pour en faire un esclave…
Les Dieux lassés de l’humanité jugée dérangeante organisent sa perte et décident de l’anéantir par un Déluge.
ATRAHASIS est prévenu, il doit construire un bateau. Ensuite l’histoire est identique à celle de Noé. L’épopée de GILGAMESH, texte babylonien qui remonte à 2000 ans avant l’ère vulgaire est un récit identique, revue et enrichie. Le texte figure sur 12 tablettes cunéiformes.
L’histoire de Gilgamesh est la suivante :
« A la mort mystérieuse de son ami le plus cher, il part à la recherche du sage UT-NAPISHTIM » (J’ai trouvé ma vie).
Survivant du grand déluge, le sage connaît le secret de l’immortalité. L’épilogue de l’histoire fait que le héros du Déluge et sa femme acquièrent l’immortalité.
La Mythologie Grecque dans ce que l’on appelle la troisième légende dit que les hommes seraient issus d’une race de pierre et que leur histoire commence par un déluge.
« Sur toute l’étendue de la terre les hommes seraient devenus si mauvais que ZEUS décida de les exterminer. D’envoyer l’ORAGE et la TEMPETE jusqu’aux confins du monde et d’en finir avec l’homme mortel. Avec son frère dieu de la Mer, il noya la surface de la terre sous les eaux du ciel ainsi qu’avec celle des cours d’eau sorties de leur lit.
Les puissances de l’eau submergèrent la sombre terre.
Seul le pic le plus élevé, le PARNASSE, ne fut pas entièrement recouvert et c’est là que le genre humain a échappé à la destruction. Quand il eu plu pendant NEUF jours et NEUF nuits, ce qui ressemblait à un grand coffre de bois qui dérivait vint s’échouer.
A l’intérieur se trouvait un homme et une femme, DEUCALION et PYRRHA. Il était fils de PROMETHEE et elle sa nièce fille d’EPIMETHEE et de PANDORE.
PROMETHEE avait su protéger sa famille !
ZEUS ne s’en offensa pas car ils étaient tous deux de fidèles adorateurs des dieux. Lorsqu’ils descendirent de l’esquif ils ne virent aucun signe de vie, rien que de l’eau…
ZEUS devant leur détresse, ordonna aux eaux de se retirer. Seules créatures vivantes, PYRRHA et DEUCALION descendirent le PARNASSE. Ils trouvèrent un TEMPLE couvert de mousse et de vase, ils rendirent grâce aux dieux qui les avaient protégés et les prièrent de les aider.
Ils entendirent une voix :
Voilez vous la face, sortez du temple et jetez derrière vous les os de votre mère.
Cet ordre les épouvanta :
Jamais nous n’oserons faire une chose pareille
Dit PYRRHA. DEUCALION ne pouvait qu’abonder dans son sens. Toutefois ils ont cherché un sens à cette demande. C’est alors qu’ils comprirent le sens caché des mots :
La terre est notre mère commune, les pierres sont ses os, nous pouvons les jeter derrière nous sans faire le mal, Dit DEUCALION à sa femme.
C’est ce qu’ils firent, les pierres en tombant prirent la forme d’hommes et de femmes selon qu’elles soient jetées par l’un ou l’autre de nos héros. C’est ainsi que pris naissance du peuple de Pierre. On trouve également la trace de récits similaires sur d’autres continents tel qu’en Asie, en Amérique, en Polynésie. La mythologie Chinoise et Japonaise fait état elle aussi d’un déluge.
Toutefois, ni les anciens habitants de la vallée du Nil, ni les peuplades africaines ne mentionnent un quelconque cataclysme. Le déluge constitue le mythe de la création cyclique, ainsi que de la mort et la renaissance pour un monde meilleur.

La Barque et le Passeur
La Barque, le Passeur et le Novice, ne peuvent être dissocié.
La Barque évoque l’élément originel « l’eau ». L’eau figure dans de nombreux mythes. Elle est associée à l’idée de dissolution, de noyade, de purification. Elle est associée au mythe des déluges qui mettent un terme à la création antérieure, anéantissent des formes de vies.
L’eau est le symbole des couches les plus profondes de l’inconscient.
« Le soleil se couche à l’occident meurt dans la mer et atteint le royaume des morts ».
La barque est donc l’outil qui permet le franchissement. Sa forme et les matériaux les plus divers sont utilisés pour sa construction.
Le bois, la peau, le roseau aujourd’hui les métaux, les matériaux composites jusqu’au béton ont été ou sont utilisés pour l’ériger.
La forme la plus simple, c’est l’ogive, en amande. Cette silhouette a été appelée « la Mandorle ». C’est un signe de lumière, elle évoque la forme d’une flamme.
La barque rappelle la nef des églises gothiques ainsi que la navigation dans le ciel. La charpente du grenier à blé de l’ancienne abbaye de Cluny est à ce titre un bon exemple. La Mandorle aurait le pouvoir de résoudre le problème de la dualité par la symbolique du ternaire.
BEITH GUIMEL
Toutes les demeures Mouvement
fonctionnel incontrôlable
Tous les contenants Mouvements organiques
Deux sans lequel rien ne serait
Dualité
Deux divise, répète et engendre des
symétries. Les figurations
géométriques de Deux :
- 2 points
- 2 lignes
Un angle…
Deux c’est aussi l’un et l’autre qui peuvent s’unir et s’opposer. Deux c’est la Barque et le Passeur, le Passeur et l’âme qui doit aller sur l’autre rive. Du deux naît l’émergence et le début de la pluralité. Deux c’est :
- La vie et la mort
- Le bien et le mal
- Le beau et le laid
- Le ciel et la terre
- L’eau et le feu
- Le soleil et la lune…
Pour les Cabalistes, 2, c’est la totalité de l’univers et la grande habitation cosmique de la vie.
3 C’est le centre, la
symétrie, il construit les synthèses.
3 c’est un nombre divin invoqué par les
Pythagoriciens.
3 c’est le premier nombre IMPAIR
- Le premier nombre PREMIER
- Le premier nombre TRIANGULAIRE.

Le triangle appelé Isiaque est utilisé par les bâtisseur pour tracer les angles droits. Méthode du 3, 4, 5.
Dans la loge l’ordre demeure et par certains aspects il est triangulaire. V M
2ème 1 er Triangle de la puissance V M
Secrétaire Orateur Triangle de la Connaissanc, e de la Conception, de la Mémoire V M
Hospitalier Trésorier Triangle des voies et des Moyens
Evidemment il y en a d’autres… La Barque réunit les deux rives…

Le tombeau de Kheops a été nommé « Le coffret du vivant » ou le « maître de vie », cette barque je vous rappelle qu’elle est porteuse du nombre d’or et de l’étoile à cinq branches.

La construction de la Barque demande un grand savoir et un savoir faire. Elle fait appel à l’art du trait et à la dextérité des maîtres charpentiers. Il convient de connaître les lois de l’équilibre, de surface porteuse, de dynamique des fluides et la connaissance des matériaux en particulier celle du bois. Il faut en étudier la proue afin qu’elle puisse affronter les courants et les vagues. Son harmonie doit conduire à ce qu’elle soit : Forte, Belle et Sage…
Il n’y a pas de caprice dans sa construction. Tout défaut la conduirait au chavirage, à sa perdition. La Barque est donc élaborée, réfléchie. Elle est le contraire du radeau qui est construit à la hâte, pour permettre la fuite. Le radeau s’apparente au désespoir. Dans de nombreuses cultures, les barques étaient considérées comme des êtres magiques. Les charpentiers les dotaient de figures de proue à tête d’animaux, de femmes, de dragons. De même ils peignaient souvent des yeux sur les flancs avant afin qu’elles distinguent leur chemin. C’est encore le cas au Portugal, en Italie, à Malte.
Dans l’Egypte ancienne, elles avaient la proue relevée pour des raisons techniques. Les barques étaient construites en jonc que l’on liait en faisceaux. Leur représentation en demi lune participait peut-être au symbolisme lunaire. Si la Barque évoque le voyage, il faut au voyageur un passeur chargé de le conduire. Car seul le passeur connaît le chemin. Il possède la connaissance de l’eau, du fleuve avec ses piéges qui sont les courants, les bancs de sable…
Le Passeur doit connaître les rives pour débarquer au bon endroit. Sans lui, il est impossible de passer. Il est le gardien du seuil. Si nous sommes convaincus qu’il faut trouver le passeur, comment faut il faire pour y parvenir ? En mourant, ce qui semble constituer la première condition !
Symboles et F M
La mort et en particulier les rites relatifs au passage nous interpellent !
Plusieurs options initiatiques font appel au thème de la MORT.
Par exemple, dans le Labyrinthe, au point central réside « LA MORT ».
En réalité cette mort ne peut être que symbolique. En effet, l’homme doit revenir sur ses pas pour transmettre « LA CONNAISSANCE ».
Qu’en est il de notre barque ?
Nous sommes en présence d’une légende initiatique et un mythe ésotérique, d’une construction de l’esprit qui n’est pas en relation avec la réalité tangible.
Toutefois, le mythe porte un message !
Est ce pour rassurer l’homme qui se trouve devant le plus grand des mystères, la Mort ?
Est ce parce qu’il a reçu l’initiation, l’assurance de son salut, qu’il est serein ?
Je vous laisse juge ! »
Chacun de nous peut trouver dans la symbolique des outils pour lui même et se les approprier. Chaque jour, nous devons trouver la force pour être capable de s’embarquer dans une nouvelle aventure.
Le bon sens populaire ne dit – il pas :
« Qu’il faut savoir mener sa barque ! »
Ou de création plus récente :
« Que c’est Galère ! »
Dans l’ancien compagnonnage le symbole du passage de l’apprenti au grade de compagnon était matérialisé par le tablier, en effet il se disait de payer alors un droit de tablier ou droit de passage.
Si notre voyage est un voyage de solitaire, de course au large, il peut aussi se faire à plusieurs, chacun organisant son propre périple.
Il nous faut trouver le frère de la barque qui peut être un aspect de nous même, mais sûrement le frère qui nous accompagne dans notre vie M.
Au cours de nos tenues, ils nous arrivent d’être ce fameux passeur lorsque nous accompagnons le profane dans ses voyages, lors des augmentations de salaires…
Notre volonté de quête doit être permanente et toujours candide, au large les préjugés ! Ils sont de mauvais conseillés ainsi que nos passions. Laissons derrière nous le chemin de l’ouest et allons vers la lumière.
Après avoir franchi la porte basse, nous trouverons celle qui est étroite, continuant le voyage pour bâtir en nous : la sagesse.
Nos efforts, nos difficultés pour aller vers une initiation toujours remise en cause, c’est œuvrer à la construction de notre temple intérieur.
La barque est peut-être en relation avec la construction et le cheminement de l’être. Par son évocation, il semble que le voyage vers l’O, vers la plénitude des moyens est permanente.
Nous construisons notre barque à chaque étape de notre vie. Nous nous préparons pour l’ultime voyage et finalement rencontrer le Passeur qui symboliquement pourrait être la supra connaissance.
Le gouvernail de la connaissance que nous allons acquérir pièce après pièce pour que nous devenions nous-même notre propre passeur.
Cette théorie implique que nous recevions la lumière de l’initiation puis que nous progressions de l’apprentissage jusqu’à acquérir la maîtrise et au-delà. Ce parcours ne peut se faire seul.
Les études anthropologiques interprètent les coutumes funéraires comme l’expression symbolique des valeurs dominantes d’une société. Ainsi le déroulement des funérailles traduit le niveau de connaissance et d’initiation des membres de la communauté étudiée.
Les rites semblent permettre de lutter contre la mort et apaisent les angoisses.

La barque est le symbole de la construction de l’être et son cheminement dans la vie. Elle est porteuse de la puissance de la création permanente à travers l’épopée du Déluge.
La construction de la barque suppose la connaissance, la maîtrise de soi, la maîtrise de nos passions. Les rites sont des cérémonies solennelles qui jalonnent la vie sociale, religieuse et notre vie maçonnique. Le rite est une création cultuelle complexe et c’est surtout une activité symbolique. Parfois le rite fait revivre à la collectivité les mythes originels par lesquels elle se définit symboliquement. Dans le cadre de la barque il semble que les Egyptiens aient été dans cette logique. Les rites de passage, d’initiation, comme dans le cas du passage de l’état de profane à celui d’apprenti Maçon suivent un schéma adapté à la symbolique. Notre rite est adapté à notre propre symbolique et utilise des référents admis par l’ensemble de la société maçonnique.
Il se déroule suivant 3 Phases distinctes :
1. La séparation
- cabinet de réflexion
- abandon des métaux
- yeux bandés etc.
Représente la mort à la vie antérieure, le profane a trouvé la barque et aperçu le passeur.
2- La seconde est une phase de latence, l’initié reçoit un enseignement lui laissant entrevoir sa vie future, ses engagements. Il est accompagné par le passeur Grand Expert en voyages.
Il est sur la barque et entame sa traversée !
3- La Phase finale marque l’arrivée sur l’autre rive, son nouvel état est vécu comme une naissance. Il est admis au sein de la loge, reconnu comme frère. Il devient « le mouton noir » de PEREDUR et adopte sa nouvelle condition d’apprenti maçon.

Il arrivait aussi que pour parvenir sur l’autre rive nous empruntions un pont, symbole de l’immuable et de la solidité. Nous rencontrons de nouveau le symbole du tablier qui indique le plancher du pont qui peut être un pont-levis…par exemple.
Il est lié au 3 lettres « L D P» figurant sur certain décor maçonnique dont le grade est lié au mythe du retour (L D P veulent dire Liberté De Passage).
Nous sommes libres de passer comme l’eau qui coule en son sein et devenons aussi libre passeur.
Le voyage continue, les apparences sensibles constituent toujours un écran opaque. Ce dernier masque la bonne porte. Souvent elle se trouve à côté de nous ! Le Labyrinthe ne nous a pas encore transmis son savoir, nous n’avons pas encore entendu son chant.
Notre silence intérieur n’est encore qu’une chimère !
L’étoile qui porte la lumière sait se libérer de ses chaînes, nous les avons toujours sur les épaules. Nous sommes toujours dans le labyrinthe de la vie, à la porte du jeu de l’oie et du jeu de marelle. Même si de temps en temps, il nous arrive de faire une partie du chemin en compagnie des apprentis et compagnons lorsque ces derniers se rendent sur leur chantier.
Le frère grand expert muni de son épée, qui constitue une arme de liberté, nous accompagne dans notre lutte contre les servitudes. Il est l’œil et le bras de la L Garant du dépouillement des métaux de chacun des F F.
Il s’agit pour nous de trouver, la liberté de conscience, la victoire sur les préjugés, sur l’ignorance et nos passions.
Le rituel est précis, il a toute sa force s’il est compris et pratiqué dans les règles. Les portes qui se présentent, s’ouvrent sur un ensemble de symboles et nous conduisent à pratiquer l’art de l’analogie.
J’ai dit !