Le GMA recherche la connaissance dans l’étude de la Géométrie
B∴ K∴
C’est à la demande du GMA de la Loge que je vais plancher sur ce sujet au 12 ième degré avec une colonne brève selon son désir.
En PREAMBULE :
Et avant de rentrer dans le vif du sujet, je m’interroge sur la problématique suivante :
Comment se fait-il que le Président de la Loge du 12 ième degré porte le même nom que tous les Frères présents, ce qui ne lui donne pas de caractère distinctif sur le titre. Or, depuis que j’ai gravi les échelons de mon parcours initiatique, à chaque fois le Président avait un titre diffèrent de celui des Frères qu’il dirigeait. Irène Mainguy dans son livre parle, elle, de « Sublime Grand Maitre » au 12 ième degré, mais cela doit être dans une autre obédience.
Trois d’entre vous, consultés, n’ont pas pu m’apporter de réponse satisfaisante.
Un de mes Frères a même découvert que l’instruction au 12 ième degré avait évolué depuis 2012 à maintenant, car dans celle-ci apparaissait nommément le Chef des travaux du Temple et de l’école d’architecture, donc ce n’est pas Salomon qui dirige l’atelier, et celui-ci représente de Grand Maitre Architecte, mais le titre reste le même.
1 En INTRODUCTION :
Je dirais que la géométrie ne m’a pas été étrangère puisque dans mes études j’ai fait math-élem avec mention puis une école d’ingénieur et à l’époque je la maitrisais. Ce temps est bien lointain maintenant car j’ai tout perdu de ces connaissances de l’époque. Venons en a notre sujet.
Dans une ancienne instruction au 12 ième degré, il est dit « Qu’entendez-vous par Géomètre ? J’entends qu’un maçon ne doit parler et agir qu’avec poids et mesure et prendre garde à ne point se laisser surprendre par des profanes. »
Lors de notre réception au 12 ième degré, le GMA nous dit « L’attachement que vous avez montré à l’étude de la géométrie à laquelle vous vous consacrerez entièrement désormais vous donnera les moyens de voir et d’exposer cette sublime connaissance »
2 Mais, tout d’abord Cherchons une DEFINITION :
Qu’est-ce
que la géométrie,
d’où elle vient-elle ? Et quelle est son essence?
On peut considérer que la géométrie est fille du Nil. En effet, dans
l’Égypte
ancienne la vie était marquée par ce fleuve puissant et ses crues
annuelles,
celles-ci apportant à chaque fois le limon nécessaire à l’agriculture
en
permettant à une époque où on ne maîtrisait qu’imparfaitement les
engrais, de
régénérer les terres de cette vallée, apportant ainsi nourriture et
prospérité
à ses habitants.
Mais après le passage de la crue, une bonne part de ce qui
« avait été »
avait disparu noyée sous celle-ci. Comment donc retrouver les limites
de
propriété des uns et des autres, après ce chaos, il fallait remettre de
l’ordre
dans tout cela (Ordo ab Chaos) et réunir ce qui était épars. C’est donc
grâce à
la maîtrise de la science géométrique que les scribes de Pharaon
arrivaient à
rendre à chacun son dû et par la même sa part de travail.
Selon Kahn la géométrie est la science de toutes les espèces d’espaces » Appliquer étant la volonté de mettre une chose au contact d’une autre, comment ne pas voir en la géométrie la science qui nous donnera les moyens de comprendre et d’analyser notre environnement visible et non visible? »
3 Un peu d’HISTOIRE maintenant :
La géométrie étant issue de l’évolution de l’homme, les découvertes sont nombreuses aux premières lueurs de l’humanité. L’homme trouva la manière de correspondre avec des signes. Outre les premiers dessins, celui qui est particulièrement digne d’intérêt est le cercle, début de la connaissance, qui engendrera la spirale.
Rapidement
cette activité a
évolué, et l’étude des figures est vite arrivée.
Mais d’abord dans un but opératif : chez les constructeurs, qui dès la
plus
haute antiquité ont formé, dans de nombreuses civilisations
différentes, des
confréries à caractère initiatique, l’un des secrets du métier était
l’art du
trait : la représentation symbolique des volumes et certaines
constructions
faisaient partie du thésaurus enseigné aux jeunes du métier. Ce
thésaurus était
inséparable d’un certain contact avec le sacré, du fait de
l’affectation de
beaucoup des bâtiments, et aussi de la conscience que les initiés
avaient de
pénétrer les lois cosmiques. Dans
les anciens manuscrits comme le Cooke, qui est à
l’origine de la plupart des documents maçonniques avant les
constitutions
d’Anderson, il est stipulé au chap. 3 « La géométrie enseigne
à l’homme de
mesurer la terre et toutes les autres choses, laquelle science est
appelée
maçonnerie. Remarquez, je vous en prie, que toutes les sciences sont
contenues
dans la géométrie parce qu’elle enseigne à mesurer la pondération et le
poids
de toutes choses, dans et sur la totalité de la terre, que vous avez à
connaître et, ni la grammaire ni la logique ni aucune des sciences ne
peut
subsister sans la géométrie » puis au chap.4 » Jabal fonde la
géométrie de
la maçonnerie » puis au chap. 6 « Abraham enseigne la
maçonnerie a
Euclide qui lui donne le nom de géométrie » plus loin
« peut-être le
nom de géométrie fut-il donné à la connaissance des symboles pour
écarter les
soupçons et dangers » Cela confirme l’énorme importance de la
géométrie
depuis des siècles.
Dans la lignée d’Euclide, est né un courant de géométrie que l’on pourrait dire « spéculative » car détachée de toute préoccupation matérielle, et petit à petit dénuée de tout caractère sacré.
Selon Piobb « si une conception est géométriquement représentée dans sa plénitude, elle devient tout à fait rationnelle en ce sens que la Raison est obligée de l’admettre ».
Ce courant, à partir du XVIème siècle a submergé le reste. La géométrie est devenue une branche des mathématiques, se refusant à toute considération métaphysique.
Après Platon qui avait dit « Dieu toujours agit en géomètre », Oswald Wirth évoquait la géométrie philosophale. Il mettait sous ce vocable « le développement de cette géométrie plus subtile (que la simple mesure de l’espace) en sa spiritualité, d’un art plutôt que d’une science, art consistant à rattacher des idées aux formes et à lire les signes composés de lignes comme les figures de géomètres ».
« Nul n’entre ici s’il n’est géomètre, mais que nul n’entre ici s’il n’est que géomètre ». Portée au fronton de l’école philosophique d’Athènes, cette inscription avertissait de la nécessité de connaître la géométrie, une science et un art du raisonnement, pour pouvoir se livrer aux études philosophiques, mais il faudra être quelque chose de plus. Le néophyte devait au préalable avoir exercé sa raison et avoir acquis des connaissances avant de se livrer aux spéculation philosophiques.
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Enfin le cœur de notre EXPOSE :
Quel
est donc de notre
situation au 12e degré ?
Après le « traumatisme » de la mort d’HIRAM, les frères du 4e degré
ont dû se ressaisir, ne pas abandonner leurs tâches (Il n’est pas
nécessaire
d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer…) Puis la
justice a
été rendue et les assassins châtiés par Salomon.
Il nous faut maintenant reprendre l’œuvre et continuer la construction
du
temple. En la circonstance, l’étude qui sera la nôtre ne sera
plus les
Arts Libéraux, mais celle de la recherche de la Connaissance par l’étude de
la géométrie.
Nous sommes, en effet, au 12e degré, censés être des Maîtres
suffisamment
accomplis pour recopier les plans du
temple, c’est-à-dire capable de pérenniser cette démarche,
même s’il
n’est pas encore question de l’achever.
Quels sont donc aussi ces plans que nous sommes censés
recopier ?
Or
pour recopier des plans,
encore faut-il les comprendre, trouver parmi ceux-ci le fil directeur.
On nous
dit bien d’ailleurs : Le GMA
recherche la connaissance
par l’étude de la
géométrie.
Il ne saurait être question de plans matériels d’un temple tout aussi
concret,
par contre le « Temple » auquel nous faisons référence dans notre
démarche,
c’est bien notre « Temple intérieur », c’est-à-dire notre personnalité
que nous
cherchons à développer et structurer.
La question est donc : En quoi la géométrie peut nous aider à
acquérir «
la connaissance » et quels sont ces plans que nous sommes censés
recopier ?
C’est donc une démarche de planification, identique à celle utilisée
dans
l’étude de la géométrie, faite de rigueur et de logique, ainsi que de
déduction, que nous sommes appelés à utiliser. Nous pourrons donc ainsi
mettre
un peu d’ordre dans le désordre apparent qui est encore le nôtre,
et nous
nous appliquerons à planifier la construction de notre temple intérieur
en y
incluant les notions de Devoir au-delà d’une éventuelle récompense, de
Prudence, de Justice et de Châtiment que nous avons abordé tout au long
de
notre parcours dans les précédents degrés.
Il est cependant clair, dès la Loge bleue, que le franc-maçon du Rite
Écossais
Ancien et Accepté, s’il veut être cohérent avec sa pratique rituelle et
symbolique, doit rechercher ce niveau de conscience supérieur que l’on
nomme
Connaissance, et qu’aucun savoir ne lui donnera jamais sans une ascèse
supplémentaire.
Quand nous avons été compagnons, la géométrie était déjà importante avec les outils encombrants qu’on nous avait distribué pour voyager, la lettre G au centre du pentagramme, les ordres différents d’architectures
Mais nous en referions au Maitre dans notre progression. Ici c’est une démarche du même type mais nous sommes indépendants et c’est au GADLU que nous en referons.
C’est ce niveau supérieur de conscience qui peut lui permettre de se sentir à l’unisson du Cosmos, ou tout au moins de réaliser qu’il est sur la voie d’une telle harmonie.
Si
l’étude des lignes et des
volumes peut avoir un aspect propédeutique, pour introduire l’adepte
dans le
monde du raisonnement, elle n’est qu’une antichambre de la recherche
constante
du Franc-maçon du Rite Écossais Ancien et Accepté. Elle fait partie de
l’outillage rationnel proposé dès le premier degré. Elle habitue à
raisonner
juste sur des figures fausses, à se débarrasser des préjugés pour
analyser une
situation, à appliquer rigoureusement des principes. Mais il faut voir
l’idée
sous le symbole : l’étude du monde qu’on lui a proposé en le recevant
compagnon
doit le conduire à la compréhension du monde, c’est à dire à la
Connaissance.
Pour y arriver, il devra retrouver ou conserver la notion de sacré : la
Connaissance ne peut pas être le fait d’un esprit purement
matérialiste. Pour
qui veut comprendre le Cosmos, il faut savoir l’écouter, se rendre
compte que,
comme ce nom pythagoricien l’indique, il n’est pas un pur Chaos. Il
devra
saisir les correspondances et les reflets, il devra être sensible aux
harmonies
les plus inhabituelles pour pouvoir les apprécier. C’est une
extrapolation de
l’esprit du géomètre attentif à la fois au détail et à l’ensemble, qui
lui
permettra de s’engager sur cette voie.
Me saisir de l’idée d’élaborer un plan en m’appuyant sur le concept du
temple
pour m’y projeter a germé lentement en moi et a motivé mon choix. On
gagne
toujours à se confronter à ce qui nous pose problème.
Ici
dans cette école
d’architecture, le vouloir est lentement mûrit. Le GMA,
ayant atteint l’âge de la
plénitude, a intégré le sens d’un devoir librement consenti. Sa
construction
est devenue une nécessité profonde. Il s’impose cette lente évolution
qui fait
appel à des efforts bien coordonnés.
De tous temps, les hommes ont tenté, par la construction d’édifices, de
recréer
sur terre le modèle cosmique du ciel incarnant le royaume de la
perfection.
Selon Irène Mainguy « le GMA est le géomètre de sa propre construction édifiant chaque étape de son évolution. Il organise et structure son être spirituel. »
5 En CONCLUSION :
Comme toujours, la
Maçonnerie ne nous impose
pas de dogme, mais nous propose une méthodologie de travail. Cette
dernière
s’appuyant d’ailleurs sur une double thématique :
– Les
valeurs que l’on
nous a proposées à l’étude, que l’on pourrait définir comme étant les
plans ou
schémas que l’on utilisera pour la construction de notre être intérieur
après
les avoir travaillé
– La
nécessité de laisser
du temps au temps, il faut, en effet, commencer par recopier ces plans,
c’est-à-dire bien les comprendre, avant qu’un jour futur nous puissions
les
incorporer dans notre architecture personnelle, et acquérir ainsi en
quelque
sorte la maîtrise de notre démarche, ce qui ne se fait que par un
processus de
maturation, d’où justement cette démarche d’initiations
successives
Ce temps qu’il nous a fallu prendre, nous a donc en quelque sorte amené
au bout
d’un processus commencé au troisième degré.
C’est à ce degré là que nous nous sommes engagés sur la voie de la
spiritualité,
et que nous avons commencé à construire le Maître qui doit renaître en
nous
après la destruction opérée par la mort symbolique d’Hiram. Cette
reconstruction s’est faite au quatrième degré avec la recherche de la
parole
perdue, et avec les valeurs des degrés suivants tels que Prudence,
Justice et
Châtiment. Pour enfin aboutir au 12e degré où le Maître Maçon finit son
parcours en structurant tout cela dans une démarche identique à celle
utilisée
dans l’étude de la géométrie.
Un sage a dit « chaque temple qui se construit apporte une pierre à l’Humanité »
GMA, J’ai dit