L’Homme et le Cosmo
A∴ R∴
Deus Meumque
Jus
Rite Ecossais Ancien et Accepté
Ordo Ab Chao
Suprême Conseil de France
1. En abordant ce travail dans le doute et le questionnement, je me suis souvenu de plusieurs moments de nos rituels… Lors de mon initiation. Dés le 1er voyage le Vénérable Maitre dit : « Ceux qui ne possèdent pas la lumière, ignorent les lois du Cosmos et agissent souvent à l’encontre de ces lois ».
Au 3éme voyage du 4eme degré il nous est dit : « Quelque admiration que vous inspire le spectacle de l’univers, du macrocosme au microcosme, souvenez vous que vous l’admirerez qu’en proportion de votre faiblesse ».
Puis au 12éme degré. Le second surveillant répond au Grand Maitre Architecte et lui indique : « Pour les anciens Le Temple était le symbole de l’Univers dont l’Homme est lui-même image en tant que microcosme ».
Enfin au 14éme degré entre le point du jour et le lever du soleil, avant que les 3 étoiles aient parues, Le Grand orateur nous explique que « la Voute Sacré abrite, le nom ineffable du Grand Architecte de l’Univers ».
Ainsi en franchissant les degrés
je prenais humblement conscience de grandir graduellement dans notre
monde solaire et lunaire sur le chemin de l’obédience et la
voie de ma quête.
Ici, et maintenant, dans la loge, de la GLDF travaillant au REAA. Sous
la voute étoilée. Eclairé de la lumière des flambeaux et de
ma propre lumière intérieure.
Eclairé aussi par cet autre lumière, celle du verbe du Volume de la Loi
Sacré.
1.Modeste homme microcosme. Je suis Un petit homme monde, un mini cosmos ! Un peu philosophe, pas théologien, ni scientifique, je reste rationnel. Je suis en recherche maçonnique d’une vision « unifiante » et je tente de m’éclairer des grandes interrogations qui constituent l’Humanité.
Je me souviens un soir notre Frère Jean Pierre de notre Obédience écrivait ceci « Ayant perdu la conscience du cosmos qui l’entoure, l’homme se retrouve prisonnier d’une conscience terrestre étriquée » Je me souviens aussi que Pythagore disait : « une vision du monde excluant l’homme, n’aurait pas été une vision du monde ».
Maintenant je comprends que je suis, nous sommes donc un fragment d’univers, de cosmos. Une matière animée vivante et pensante. Une minuscule partie de l’espace donc du macrocosme. Je suis, positionné dans l’infiniment grand.
D’ailleurs tout les soirs une fois
le soleil couché, il suffit de lever les yeux vers le ciel pour
assister à un spectacle grandiose.Ce spectacle c’est celui du
cosmos.
Il réunit des milliards d’étoiles. Ce sont des figurantes et chacune a
leur histoire à nous raconter.
Des géantes rouges aux super-novae, sans oublier les trous noirs.
Leur ballet dure le temps de la nuit et au matin c’est une autre
étoile, Le Soleil, qui entre en scène jusqu’au prochain soir.
Un peu à la manière de notre
Rituel qui ordonne nos tenues. A chaque ouverture de nos travaux notre
loi Maçonnique, telle la grande loi Universelle et quelque soit notre
Orient sur la planète, règle les circumambulations, allume les
flambeaux et allume notre lumière personnelle. Dans ce cosmos recréé
nous rayonnons ensemble, entre le soleil et la lune, entre midi et
minuit plein. Éclairé par le Delta lumineux. Nous sommes en travail
intérieur comme en gravitations entre les plateaux des officiers, tel
les planètes qui gravitent dans le cosmos extérieur.
Je crois que nous faisons parti d’une totalisation et pourtant le sens
nous échappe. Nous sommes inscrits dans un plan supérieur
encore plus mystérieux, et nous sommes en recherche de la place qui est
la notre au cœur de nous-mêmes, notre propre « saint
des saint ».
2. Venus de la matière chaotique
puis structurée, des atomes aux molécules, des cellules primitives aux
nappes aquatiques vers des organismes humains. Nous sommes des produits
de l’histoire cosmique, une conséquence des lois uniques avec notre
place dans le monde animal, et doté d’une âme par la bénédiction de la
tradition religieuse.
Etre vivant organisé. Notre corps est fait de tissus et de viscères.
Nous sommes tous uniques et originaux. Avec des caractères propres.
Nous sommes des pierres brutes. Que nous polissons. Nous formons un
tout dans l’édifice que nous cherchons à construire et dans notre
rapport au monde. Au moins la partie que nous percevons
de ce Monde mais, en ce qui me concerne,
j’accueille ce monde immatériel, et transcendant en toute
quiétude.
« Au
commencement était le Verbe. L’Esprit planait sur le néant. Il y avait
l’énergie qui devint matière, qui devint Vie » nous
dit le prologue de Jean.
C’est une hypothèse acceptable. L’univers est programmé, comme nous,
par une force spirituelle. Pour une finalité qui nous dépasse. Pour un
croyant cette force est la Foi en l’Amour.
Cette réalité n’était pas claire au début de ma quête maçonnique mais
dans nos chaines d’unions successives, moi simple maillon, grain de
poussière, de sable, vaguelette dans l‘océan, simple feuille
de l’arbre de la vie, j’ai ressenti une force de l’Esprit qui me pousse
à aller vers un nouvel état. Je le disais nous sommes de la matière qui
vit et qui pense. Au fond de nous, dans notre voute sacrée intérieure,
des portes s’ouvrent, et jusqu’ à notre mort nous ressentons que
faisons partie du tout. Difficile à définir, Inexprimable ou Ineffable.
De la poussière à la poussière. De
la vie à la mort et même après la mort si notre corps et notre âme
disparaissent, nous restons pourtant présents dans l’univers comme une
trace du vivant passé à l’orient éternel. L’esprit reste parmi nous.
Quelque part. Nous sommes toujours là.
D’ailleurs la mort des Grands Initiés ou des Grands hommes Universels
ne nous en apportent-ils pas la preuve ? Leur enveloppe
charnelle n’est plus là mais leurs esprits sont en nous et parmi nous.
Nos esprits et nos âmes ne peuvent échapper à leurs enseignements. Et
ne sommes-nous pas visités souvent dans le quotidien et éclairés par
leurs lumières spirituelles ?
Esprit, corps, âme. Ce ternaire nous donne une énergie personnelle
individuelle et unique.
Ma propre représentation je la vois sur un plan symbolique comme le cube terrestre pour le corps, le triangle pour l’âme et le cercle pour l’esprit, avec au centre de cette figure un point qui me semble être le maçon en recherche. Hermés Trismégiste affirmait dans la Table d’Emeraude que « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ». Ce qui nous confirme peut-être que nous ne sommes pas isolé ni vide de sens mais que tout est lié et imbriqué, comme des pierres d’une immense réalisation architecturale formant le tout d’un grand édifice universel. Tout étant unis a tout.
3. En loge, la force maçonnique de ce cosmos recréé nous aide. Elle nous pousse vers un nouvel état de perfection, et nous éveille en spiritualité dans cet univers programmé. Ce que je ressens au quotidien c’est ce besoin de foi en la vie, avec comme moteur l’Amour du prochain. Ce sentiment maçonnique de fraternité initiatique, clef de voute et de vie de notre démarche. Aime ton ennemi nous dit le rituel d’initiation et si tu le vois sur dans cette salle tend lui la main. C’est vrai l’amour de la recherche de la paix ne doit pas exclure les transgressions positives.
Au 13eme degré lieu de la Vrai
Lumière dans la crypte sous la trappe nous sommes éclairés par 9
flambeaux. Ce chiffre nous enseigne une fin et un commencement, la
transposition sur un autre plan. Serait-ce nous même, ce lieu du secret
de la Royale arche ? Puis au 14eme degré cet anneau d’or,
l’alliance avec la vertu et les hommes vertueux, et la kabbale avec ses
10 sephirots m’aide à spiritualiser la genèse du monde et à
trouver ma place dans l’univers…
En errance physique et spirituelle, avec comme racines et
terre véritable la culture du Rite écossais ancien et accepté, notre
socle commun traditionnel et initiatique de la société universelle des
francs maçons, je suis un de ces hommes spirales en ascension,
solidement ancrés dans nos fondamentaux.
Pour conclure je citerai Gustave Flaubert dans ses Notes de
Voyages. En 1860 il écrivait : « Le
dernier refuge, la suprême consolation c’est de savoir que nous
appartenons au Cosmos et que nous faisons partie de l’ordre. ».
J’ai dit