12° #609012

La symbolique du 12ème au REAA

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GMA, et vous tous mes fr GMA.

Depuis la mort d’Hiram, on est en droit de se demander comment s’effectue la transmission de la connaissance, car jusqu’au 11ème grade, d’autres tâches ont absorbé les Maîtres : organisation des obsèques, remplacement d’Hiram dans les tâches matérielles du chantier, recherche et arrestation de ses meurtriers, jugement, condamnation et exécution. On manque donc d’un guide. De toute façon, le flambeau doit être relevé pour poursuivre l’oeuvre interrompue par la mort d’Hiram ; c’est pour cela que l’acte novateur et important de ce degré a été la création de cette Ecole d’Architecture.

Maintenant que le malheur est derrière nous, que l’ordre et la sérénité règnent de nouveau parmi les ouvriers, que les plus instruits ont fait part de leur zèle et de leur discrétion auprès de Salomon, il est temps de revenir au travail de base : la construction du temple selon les plans donnés par le Grand Architecte de l’Univers.

Pendant la tenue au 12ème, il n’a pas de couvreur, c’est le fr 1er inspecteur qui assume cette fonction ; tous les membres portent le même nom, celui de grand maître architecte.

Salomon après avoir créé une école d’architecture, diffusant la connaissance sur toute la terre demande aux sublimes chevaliers élus de terminer et de décorer le 3ème étage du temple : le Saint des Saints.

Hormis l’étui de mathématiques, le symbole fort de ce degré est bien évidemment cette école d’architecture. Il y a une double lecture du symbole de l’école à ce degré. D’une part le chevalier élu fréquentera cette école pour continuer dans les voies de la connaissance et d’autre part, parvenu grand maître architecte devra transmettre cette instruction apprise aux futurs impétrants.

Ce grade, fondé sur la connaissance, et sur la transmission de cette connaissance au travers de l’École ainsi créée, le grade de Grand Maître Architecte, apparaît comme la fin d’un cycle, et l’annonciateur d’un cycle nouveau. On entrevoit un degré de pédagogie au risque de qualifier le Maître d’enseignant et de pédagogue. A l’École d’Architecture, au contraire, le Grand Maître ne peut enseigner que dans le respect absolu de la liberté de l’élève. Le Maître, dans l’enseignement initiatique, se contente d’aider l’élève à trouver son chemin, ne lui fournissant, non les réponses, mais les questions et les moyens pour trouver son chemin.

Des outils tangibles et concrets sont donc mis sa disposition afin d’obtenir ce savoir.

Il s’agit de l’étui de mathématique et de la planche à tracer. Certainement un clin d’oeil vers les maçons opératifs. Après un long apprentissage, le nouveau grand maître architecte inscrit à l’aide de cette planche, les traits maîtrisés de l’état du temple de Salomon. Il concrétise ainsi l’esquisse de son temple intérieur tout en faisant le point sur le chemin déjà parcouru.

C’est aussi le rappel du geste du compagnon qui avec une planche et un compas est invité à tracer son premier cercle. Notez qu’il n’est donné aucun outil supplémentaire au grand maître architecte pour effectuer ce trait. Alors que l’étui de mathématiques est bien en vue sous ses yeux.

Le maçon qui passe à ce degré ie du matériel au spirituel a encore besoin d’un support concret : la planche à tracer. L’instrument de traçage sera son esprit et sa pensée maîtrisée prenant peu à peu le pas sur l’instrument réel. Preuve de l’avancement du maçon qui aura compris le rapprochement du temple extérieur et du temple intérieur. Du macrocosme au microcosme.

Quand parle t-on de cet étui de mathématique ? Seule l’ouverture des travaux en décrit le contenu. En connaître la composition est pourtant une preuve d’appartenance à ce degré. Mais chacun gardera sa liberté personnelle d’utiliser tel ou tel instrument afin d’avancer dans son cheminement symbolique. Les maçons opératifs ont, eux, pour devoir de sortir ces outils de l’étui et de les disposer d’une certaine façon. Cet acte étant un signe de reconnaissance.

Parmi ces outils au nombre maîtrisé de 7, certains nous suivent depuis le 1er degré avec bien évidemment différents niveaux de connaissance et de compréhension. C’est le cas de l’équerre et du compas simple, du fil à plomb et de la règle. Au milieu des nouveaux : le demi cercle ou rapporteur, utile pour préciser rapidement le degré d’un angle et de suivre une trajectoire. Les 2 compas restants sont plus complexes à analyser. La différence est mince entre le compas à quatre pointes et le compas de proportion.

Le compas de proportion a un axe central fixe lui permettant de fixer dans le même mouvement des rapports proportionnels différents. Cet instrument est difficile d’exécution. Il permet de déterminer sans calculs complexes, une donnée à partir d’autres (telle la règle de 3). Cette aptitude permet, tel un bon gestionnaire, une vision d’ensemble afin de trouver, à tout moment, la réponse adéquate à une sollicitation intérieure et extérieure.

Le compas à 4 pointes, lui a un axe déplaçable qu’on appelle « lumière » permettant uniquement l’agrandissement et la réduction d’un seul rapport. Le maître deviendra le centre de cette lumière adaptant alors sa propre personnalité aux chemins tracé par la Franc-maçonnerie. Le passage de l’un à l’autre permet de ramener à de justes proportions nos passions et d’évaluer notre volonté. Cette aptitude à relativiser les choses nous permet de cultiver la sagesse, le détachement et le lâcher prise.

Afin de ne pas s’égarer sur la totale longueur du bras, il s’astreindra à délimiter ses obligations en ne visant que l’essentiel. En apprenant que l’esprit maîtrise le geste, le maître maçon osera sereinement agir sur son comportement afin d’adapter l’outil intérieur à son besoin de vérité. Avant cette connaissance de soi et une partie de celle de l’univers, le maçon continuera par sa démarche initiatique personnelle, son chemin vers la connaissance.

On entre donc dans les hautes sphères de la connaissance et le défi consiste à élaborer des plans conformes aux originaux, dont on ne connait pas le contenu, (bien qu’au 7ème degré on détient la clé pour ouvrir un coffret d’ébène où réside les plans perdus) sur le plan spirituel deux phénomènes évolues en parallèles : la connaissance de soi et la construction de son propre temple.

Le GMA travaille ou oeuvre pour le divin par la construction des tabernacles : le sien et ceux qui serviront pour les autres. Tabernacle, et la décoration des saints des saints représentent le réceptacle pour recevoir le GADLU, l’étincelle divine en soi. Certes, on est porteur du tabernacle, pas uniquement intérieurement, mais il s’agit de l’éveiller aussi chez les autres. La matière n’est plus la pierre à tailler, mais l’organisation, la gestion des ouvriers : la matière humaine.

L’étui math permet de penser l’abstrait et l’information précise et exacte ; c’est un lien entre « savoir faire » et « pouvoir faire » ; l’ensemble des outils qu’il renferme, reflètent l’énergie et la volonté de conjuguer les mesures initiales.

Il représente le lien entre faire (savoir faire et pouvoir faire) et Etre : L’étui math n’est pas une finalité, il doit être juxtaposé à d’autres symboles maç du grade : le blanc (pureté) et les flammes (le zèle). Il s’agit d’une mise en prédisposition d’Etre pour bien Faire. Le GMA possède la compétence de créer (des plans), créer c’est ordonner ce qui est potentiel ; créer c’est l’ordre à partir du chaos.

L’étui renferme certainement un 8ème outil : la réflexion sur l’étui lui-même. Le 12ème degré résume : l’élaboration de plans, la transcendance et la dimension de l’autre.

Conclusion : Le GMA ayant bien évolué, l’étui de math est son outil indispensable, outil pour mieux voir et exposer. L’étui math recèle une symbolique profonde et puissante, c’est plus qu’un outil. La symbolique du 12ème représente un idéal d’équilibre ie un modèle de réflexion et de travail. L’étui math associé au grade représente un modèle idéal de production de la pensée à la recherche de l’équilibre entre les instances de l’intelligible et celle du sensible ; à l’image des plus belles architectures qui associent de l’intelligence et celle de l’émotion créatrice.

A la différence des degrés précédents, le GMA possède une poche pour ranger les plans (au 7ème degré pour ranger une clé). Ce degré est la possibilité de concevoir des plans personnels, qui nous ressemble et de ce qu’on a appris ; la poche est vide et je peux y mettre mes propres plans…c’est la libération…pour la création.

Au 12ème il n’y a pas de voyage, mais il s’agit d’un récolement pour la construction d’un temple d’harmonie à l’intérieur de soi : « homme vrai en toute circonstance ». Pour le GMA, bien que ne sachant pas quoi chercher, son essence ou la parole perdue…désormais il sait où chercher…dans son temple intérieur à édifier, au 3ème étage dans le saint des saints. Il n’y a plus qu’à…

J’ai dit.

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