12°
#409012
Les mots sacrés du 4ème
M∴ H∴
A
LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS
Deus Meumque Jus
Rite Ecossais Ancien et Accepté
Ordo ab chao
AU NOM ET SOUS LES AUSPICES DU SUPREME CONSEIL DE FRANCE
Liberté – Egalité – Fraternité
Deus Meumque Jus
Rite Ecossais Ancien et Accepté
Ordo ab chao
AU NOM ET SOUS LES AUSPICES DU SUPREME CONSEIL DE FRANCE
Liberté – Egalité – Fraternité
Les
mots sacrés du 4ème au 12ème :
quel sens ?
Dans cette planche, je vous propose de réfléchir ensemble sur les mots sacrés dans nos rituels du 4ème au 12ème degré..
Je vous parlerai d’abord de la signification du concept même de « mot sacré », puis je vous rappellerai les divers mots sacrés que nous avons connus depuis notre initiation, enfin je vous dirai ce que me suggère le mot sacré du 12e degré.
Vous verrez, mais vous n’en serez sans doute pas surpris, vous verrez que nous parlerons beaucoup de substitution.
Qu’est-ce qu’un « mot sacré » ?
Avec « mot », nous entrons de plain-pied dans la substitution : en effet un mot est un ensemble de sons chargé d’exprimer une chose, un être, un concept. Il n’est rien en lui-même qu’un arrangement conventionnel de vibrations sonores.
La représentation par assemblage d’éléments alphabétiques représentants des phonèmes a succédé en Occident aux diverses formes d’écriture imagées, hiéroglyphiques ou numériques qui possèdent l’immense avantage de jouer sur plusieurs niveaux symboliques d’expression.
Avec l’alphabet occidental, seule la racine étymologique du mot peut nous donner une piste de sens, l’écriture du mot lui-même étant une substitution abstraite de signes sans lien avec le signifié. D’où la difficulté de communication entre émetteur et récepteur tant qu’un accord sémantique n’est pas explicité : si j’utilise le mot « Dieu », vous ne savez pas de quoi je parle et vous êtes tenté, sans précaution, d’utiliser votre acception du terme qui n’est pas forcément la mienne. Si je dis RÂ en utilisant le hiéroglyphe du soleil, le concept est non seulement immédiatement intelligible mais selon notre avancé personnelle, cette même porte s’ouvre sur des niveaux symboliques multiples bien qu’univoques.
Revenons au mot : le terme vient du latin motus, qui lui-même dérive du verbe moveo, mouvoir, émouvoir. Le mot est donc ce qui me meut, me transmet une émotion, induit une variation d’état psychique. J’étais dans un état A, je perçois le mot et donc le sens que j’en déduis, et je me retrouve dans un état B. Le mot est un double médium : il transmet un sens et il me meut.
Pour compliquer encore la recherche de sens, « muttum », première version du bas latin, avait une connotation privative qui a donné le français « muet » et que l’on pourrait traduire par « qui ne dit rien » !
Le terme « sacré » vient lui aussi du latin sacrum et désigne ce qui revient aux dieux, ce que je sépare de mon ordinaire profane pour le « con-sacrer » à la consommation des dieux, au sens large. Le sacrum est d’ailleurs le réceptacle osseux dans lequel sont contenues les viscères qui vont délivrer au pontife le message du dieu. Un frère parisien a l’habitude de dire : le sacré, c’est ce que je m’interdis de manger. L’animal sacré est celui que je sépare de mon troupeau pour le sacrifier (le rendre sacré) aux dieux : je ne le consommerai donc pas.
Le concept de « mot sacré » existe dans toutes les traditions : c’est ce qui me met à part des autres, c’est ce qui me sépare du profane, c’est le vocable qui me fait reconnaître comme membre du cercle, c’est aussi le mantra qui ouvre la porte de l’Ailleurs ; c’est le mot magique, le mot du mage, le mot du maître : Abracadabra !
C’est le mot qui est le lien avec l’espace, le temps, le monde sacrés dans lesquels s’opère le rituel de transformation. C’est la clef vibrante qui souffle le voile et me permet de rejoindre les autres initiés.
Quels sont les mots sacrés que nous avons reçus depuis que nous avons rejoint la Lumière :
Dans la loge bleue : Booz puis Jakin, mots en rapport avec notre environnement matériel dans ce nouvel espace sacré. Enfin Moa Bon ou Mac Benac, rappel de l’instant de notre mort initiatique.
Depuis notre réception comme Maître secret : Iod, Adonaï, Ivah, Jéhovah, Ivah à nouveau, qui sont des noms du Dieu Biblique pour lequel Salomon et ses collaborateurs construisent le Temple.
Comme prévôt et juge, Jakinaï qui fait référence à notre installation dans la fonction, ferme et stable.
Comme Intendant des bâtiments, Jakinaï et Juda, Dieu me guidera dans ma mission.
Comme Maître élu des neufs, Nekam et Nekah font allusion à mon action précipitée.
Comme Illustre élu des quinze, Zerbal, nom du capitaine des gardes de Salomon et Ben Yah, fils de Dieu, issu de Dieu qui affirme ma filiation divine et ma proximité du Roi des Rois.
Enfin comme Sublime chevalier élu et comme Grand Maître Architecte, Adonaï.
Arrêtons nous sur ce dernier mot sacré qui a été un des prétextes de mon travail.
Adonaï est avant tout le nom employé par les juifs pour éviter de prononcer le vocable sacré Yod Hé Vav Hé que nous avons traduit par Yahvé. En fait ces quatre lettres ne sont aucunement un nom, mais au mieux un surnom, un attribut, une substitution ; c’est avant tout la 3e personne du singulier du verbe être dans un temps appelé « inaccompli » : la forme la plus proche en français pourrait être : il devient ou il va être ou il sera.
Cette volonté de ne pas prononcer ces lettres, les a conduits à limiter l’usage du Nom au seul Grand Prêtre une fois pas an dans le Saint des saints, et a intégré un qeré perpétuel dans le texte même de la Bible en disposant sous les consonnes du Nom, les voyelles d’Adonaï afin de rappeler au lecteur la nécessaire substitution.
(Quand un copiste hébraïque suppose qu’il y a une faute dans le texte qu’il copie, comme il ne peut pas modifier la Torah (la Loi lui interdit de changer un « iota »), il introduit dans le texte original un « qéré » c’est-à-dire une note en marge dans laquelle il donne le « kethiv » qui est le sens qu’il suppose ou ce qui doit être lu.
En l’espèce, il s’agit d’un qéré perpétuel, c’est à dire que chaque fois que le texte dit « Yod Hé Vav Hé » on ne doit pas le prononcer mais lire le qéré « Adonaï ».
Des traducteurs, ignorant cette pratique, ont intégré les voyelles de « Adonaï » dans les consonnes Yod Hé Vav Hé pour traduire « Jéhovah ».)
Cette pratique a donné lieu à une autre substitution, fondant une erreur encore commune, qui est de lire en seul mot les consonnes du Nom imprononçable avec les voyelles d’Adonaï pour donner une chimère : Jéhovah.
Adonaï est un des noms de Dieu dans la tradition hébraïque. Le terme de « Nom de Dieu » est abusif puisqu’il ne peut être question de nommer Dieu qui est l’Innommable, l’Indicible. Les mots employés ne sont que l’énoncé de qualités divines ou de rappels de ses actions : substitution encore.
Adonaï est une exception en ce domaine puisque sa signification se rapporte au lien qui existe entre lui et moi. La traduction est toujours une trahison cependant je proposerai une interprétation à trois facettes :
–Seigneur : c’est l’interprétation choisie par les anglo-saxons dans « My Lord ». Le seigneur dont il s’agit est un suzerain : c’est un échange d’allégeance et de protection qui fonde une relation de confiance absolue.
–Amant : c’est l’amant courtois sans connotation sexuel, celui qui aime d’Amour.
–Merveilleux : c’est la qualité que David énonce à propos de l’Aimé dans le Cantique des cantiques, celui qui m’émerveille.
Adonaï est donc un mot très fort qui qualifie celui qui le porte d’une charge d’affectivité intime d’une grande puissance. Je dirai même que ce lien ne peut être qu’unique tant il est vrai que nous ne pouvons concevoir de multiples émerveillements amoureux de cette nature.
Cela éveille l’écho du premier commandement qui dit : Tu adoreras Dieu seul et tu l’aimeras plus que tout.
Qui prononce ce mot sacré ? Un Grand Maître Architecte.
Qui est ce Grand Maître Architecte ? Un Sublime Chevalier Elu qui s’est montré capable de conduire les travaux du Temple.
Comment s’appelle ce Sublime Chevalier Elu ? Un homme vrai en toutes circonstances qui porte le nom d’Emerek dont le sens est Verbe de Dieu.
Verbe de Dieu, cela me renvoie au prologue de Jean : Au commencement était le Verbe, le Verbe était auprès de Dieu, le Verbe était Dieu.
Toutes ces informations que nous donne le rituel sont pour moi comme un faisceau de présomptions me conduisant à forger mon intime conviction du moment :
Quand je prononce le mot sacré du douzième degré « Adonaï », j’affirme ce que je suis, Grand Maître Architecte et ce que mon initiation m’a révélé peu à peu au fil de mes réceptions.
Cette confession d’Amour réciproque affirme ma participation congénitale au Divin, au Verbe divin, à la Lumière Divine.
Cette lumière que je suis venu chercher dans le Temple, cette Lumière à laquelle j’étais aveugle, elle est en moi depuis le commencement et je ne l’avais pas compris.
Ce mot Adonaï porte en lui ce à quoi il se substitue : Yahvé. Le terme complet est donc Yahvé Adonaï que je peux comprendre comme : Il devient le Merveilleux Maître d’Amour.
Cette troisième personne ne renvoie pas aux deux apparentes : Lui et mon ego, mais à celui qui va advenir dans la transformation engagée depuis le premier jour de mon initiation, mon Moi profond et véritable.
Aujourd’hui Grand Maître Architecte, je me tourne vers le Grand Architecte de l’Univers et je proclame à travers le mot sacré que mes yeux se sont dessillés : je suis porteur de Lumière et grâce au Verbe, capable de créer des Temples : ADONAÏ !.
Le plus difficile reste à faire.
Et puisqu’il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, je poursuivrai mon chemin sur la route du Devoir dans l’espoir de devenir un jour un Merveilleux Maître d’Amour.
Grand Maître Architecte, j’ai dit.