13°
#410012
Ein Soph
N∴ H∴
Dans le rituel du 13èmedegré, c’est après avoir prononcé le mot infini (ein soph) que la onzième porte s’ouvrit avec violence, qu’un vent furieux souffla dans la voûte et que toutes les lampes furent éteintes.
Dans les écrits kabbalistiques de Provence et d’Espagne, l’Ein-Sof est associé à la notion de néant et de vide. Eîn signifie rien. L’expression hébraïque ‘EÏN ME EÏN’ traduit exactement l’expression « Nihil ex nihilo » c’est-à-dire rien ne vient de rien.
Sof signifie fin. Eïn Softraduit le mot infini.
En hébreu, dieu est ein-soph, l’infini.
Qu’est-il donc cet être suprême et infini ?
L’infini est le divin, il se manifeste dans le fini au moyen d’émanations : les séphiroth. C’est bien la Kabbale qui va nous instruire une fois de plus.
L’EIN-SOPH c’est l’inconnaissable, source des mystères de L’Univers et cet inconnaissable ne peutêtre appréhendé par l’esprit humain que dans ses plans de manifestations.
L’étude de la Kabbale en tant qu’outil d’investigation spirituelle proposant des réponses aux questions essentielles tant sur l’origine de l’univers que sur le devenir de l’homme permet d’avoir une approche de la signification de l’EIN-SOPH
Cet ein soph inconnaissable source des mystères de l’univers se manifeste de 4 manières :
–Atsiluth – l’émanation
–Bériah – la création
–Yetsirah – la formation
–Asiah – l’action
Ces 4 plans sont répartis entre les 10 séphiroth de la Kabbale, étapes de l’émanation de Dieu, en tant que créateur.
Les sephiroth sont considérées comme des modalités, des étapes de la connaissance, dévoilant la multiplicité des rapports de l’esprit humain avec le monde.
La doctrine gnostique des « émanations » développées à Alexandrie dans les premiers siècles de l’ère chrétienne, repose sur l’idée qu’il
existe plusieurs mondes ou plusieurs modalités d’existence.
Entre ces mondes, il existe des correspondances. Ces correspondances se structurent en un certain nombre de principes essentiels qui représentent les aspects du divin et aussi les axes de passage. Ces principes ou attributs divins sont les séphiroth. Dans le Sefer Bahir (le livre de la lumière), ils sont nommés Lumières. Ces dernières proviennent d’EÏN SOPH.
Et c’est en dehors de ces quatre mondes manifestés que l’on situe l’EIN-SOPH
EIN – c’est le Néant Absolu qu’aucun esprit humain ne peut concevoir.
EIN-SOPH – c’est le Tout absolu, qui figurecette même difficulté de conception.
Pour avoir une approche perceptible les Kabbalistes ont matérialiséun troisième niveau « l’EIN-SOPH-OR ».
L’EIN-SOPH-OR est alors perçu comme la lumière sans fin qui entoure le vide, à partir duquel a émané un rayon de lumière qui a pénétré de la périphérie vers le Centre.
C’est ce rayon de la Divine Volonté qui se serait manifesté dans les séphiroth, apparaissant comme des niveaux de manifestations.
L’Eïn soph, qui est l’inconnaissable, pense et cette pensée est la première manifestation, un brouillard appelé Keter, couronne.
A partir de Keter se manifestent deux autres sephiroth Binah , l’intelligence et Hokmah, la sagesse, qui sont reliées par des segments de différentes couleurs appelés qavim« cordons ». Ces 3 séphiroth appelées séphiroth supérieures sont l’origine de toute sagesse. Elles font parties du 1er monde celui de atsilout « émanation » ; de ce monde va se produire la création. Ainsi de suite… le monde de la formation et celui de l’action.
Revenons sur le sen du terme Kabbale dérivé de l’hébreu Kabbala, qui signifie littéralement « transmission » avec le sens de
« tradition », «d’acceptation », c’est la réception d’une transmission.
Sur l’origine de la Kabbale, les exégètes sont très partagés mais tous constatent ses origines très anciennes.
On peut trouver une grande partie de son corpus dans des textes apocalyptiques datant du IIe siècle avant J.C
De nombreux courants sont par la suite apparus notamment au XIIe siècle. Les adeptes de ce courant se considéraient investis par l’authentique tradition du judaïsme originel et se nommaient les Méquibbalim, les kabbalistes. Pour les Kabbalistes l’unité originelle ayant été brisée dès le début de la création, les sephiroth (pluriel de sephira) se sont séparés et c’est en accomplissant un travail constant sur soi, en respectant les lois de la nature, les commandements que se restaure l’unité. Ils avaient interprété les premiers mots du Sépher Yetsirah (livre de la formation) en introduisant la subtile notion de Tsimtsoum, c’est-à-dire une réduction de la lumière divine.
En d’autres termes, Dieu s’est replié sur lui-même pour faire jaillir le Fini (notre monde) de l’Infini (Ein-Soph). Après avoir produit le Tsimsoum, dans le but de créer l’univers, la lumière divine nécessaire et suffisante à l’existence du monde, fut confiée à des kelim (vases) émanés de la divinité et qui sont les séphiroth que Dieu plaça dans le lieu qu’il avait libéré par son retrait. C’est à ce stade qu’eut lieu le drame de la brisure des vases, à l’exception des 3 premiers vases. Les 7 autres se sont brisés sous l’irradiation de la lumière qui les envahit. Ainsi l’être humain est appelé à parachever la restauration en réunissant les étincelles dispersées.
Enfin quand on analyse les ingrédients de la kabbale on constate que le courant ésotérique a autant emprunté à l’extérieur que le courant philosophique.
Au plan doctrinal, on évoque 2 notions identiques dans la théologie rabbinique antérieure : la conception d’une unité dynamique de la divinité qui s’articule autour des 10 séphiroth qu’il est défendu d’isoler, les unes des autres, sauf aux fins d’analyse. Et la notion du mal présentée comme un domaine quasi autonome par rapport à la volonté divine et que l’auteur du Zohar nomme étrangement « l’autre côté ».
Il faut ajouter que la kabbale a voulu réconcilier l’existence d’un dieu impersonnel et infini (EIN-SOPH) avec le dieu personnel de la bible. De cette volonté, traduite par les œuvres des maîtres de la kabbale, est née la doctrine des séphiroth. Dansle 14e degré nous trouvons une description de l’arbre des séphiroth ainsi que des explications permettant une première approche des 10 séphiroth et les 4 mondes dans lesquels elles se manifestent, définis dans le livre « la symbolique des grades de perfection et des ordres de sagesse », d’Irène MANGLY.
EIN-SOPHest l’infini, le tout absolu, dieu qui est l’unité dynamique. il sort de son secret et de l’inexplicable et se présente en créateur. Les étapes de ce mouvement sont rendues intelligilbles au moyen de symboles dont chacun vise un aspect de la divinité. La plénitude infinie des aspects est répartie entre les 10 séphiroth, étapes de l’émanation de dieu en tant que créateur et principes grâce auxquels le monde créé peut exister en tant que tel. Les séphiroth sont aussi des attributs et des noms divins.
Elles ont été considérées aussi comme des étapes de la connaissance dévoilant la multiplicité des rapports de l’esprit humain avec le monde.
Il existe de très nombreuses formes d’interprétation de l’arbre séphirotique. C’est par exemple pour certains, les instruments de la puissance divine et pour d’autres les 10 séphiroth ne sont pas autre chose que dieu. Dieu sort de sa retraite, pour apparaître dans sa puissance, dans le tronc et les branches de l’arbre. Et selon le Zohar, l’Eïn Soph est la racine de toutes les racines dont l’arbre se nourrit. Dans cette perspective, c’est à travers les séphiroth qu’on pourra discourir sur la manière dont l’infini manifeste sa présence dans la création.
Les 4 mondes ou les 4 sphères de spiritualité sont : le monde de l’émanation qui est associé au feu, celui de la création à l’air, celui de la formation à l’eau, le monde le plus bas est celui de l’action et de la matérialité, il est associé à la terre et au corps physique.
Les Kabbalistes associent le niveau le plus haut à celui le plus proche de la spiritualité et le niveau le plus bas à celui des puissances négatives, appelées Sitra Ahara. Elles représentent les mauvais compagnons, le monde intermédiaire qui sépare Dieu des hommes.
Mais en tout état de cause la Sitra Ahara est ce qui nous oblige à nous purifier pour accéder aux états supérieurs.
C’est ce que la symbolique du rite écossais nous enseigne à travers la recherche et l’élimination des mauvais compagnons qui sont en nous, ou l’alliance avec la Vertu et les hommes vertueux afin de poursuivre notre recherche de la Vérité et de la parole perdue.
Cette pratique s’inscrit bien dans la démarche du Lévite dès son accession au sein des ateliers de Perfection, lequel est invité à s’élever dans les hautes sphères de la spiritualité, c’est-à-dire de ne pas rester au simple niveau de Malkut.
C’est cette volonté de travailler à s’élever vers les différents niveaux de conscience, qui l’anime en élevant sa pensée dans les domaines de la spiritualité.
De toutes ces analyses et de ces recherches, il se dégage un point de vue fondamental : l’essence réelle de la divinité suprême est hors de notre portée.
Ein soph est la marque absolue de l’impossibilité d’une connaissance intellectuelle de l’essence véritable de Dieu et c’est à travers les séphiroth qu’on peut discourir sur la manière dont l’infini manifeste sa présence dans la création.
Ainsi l’Eïn Sof en tant que tel ne peut être connu ! ne forçons donc pas la onzième porte, au risque de déchaîner sur nous les foudres du ciel, de voir s’écrouler la « Voûte » et la lumière disparaître à tout jamais.
Il nous revient en qualité de chevalier de poursuivre le chemin et de bien nous conduire.
Ainsi le grand élu Parfait et sublime maçon a-t-il pris conscience que le Secret véritable, la parole perdue, est en relation avec Kheter la couronne, siège de la haute spiritualité lui permettant d’accueillir l’EIN-SOPH à l’intérieur de lui, dans ses multiples manifestations.
J’ai dit