13° #410012

Le Nom Ineffable

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INTRODUCTION


(Remise en situation dans le rituel du 13éme p 19)



… « La neuvième voûte était brillamment éclairée par trois lampadaires … à la base du triangle formé par les lampadaires était un autel cubique… sur cet autel était placée une pierre d’agate … Le Maître … pris la pierre d’agate … la retournadisant à ses disciples : Regardez la conception suprême. La voilà : vous êtes au centre de l’idée.


Les disciples épelèrent les lettres : IÓD – HÉ – VAV – HÉ(הוהיּ)et ouvrirent la bouche pour prononcer le mot. Mais le Maître leur cria : Silence ! C‘est le mot ineffable qui ne doit sortir d’aucune lèvre. » Fin de citation



Du mot que l’on peut qu’épeler, à la parole que l’on a perdue et au NOM que je ne puis prononcer(!)Quelle progression ai-je réalisé dans mon parcours initiatique ?



LE QUESTIONNEMENT



A) De la sphère des devoirs du 4éme, nous voilà entrés de plein pied, dans celles des interdits … en apparence ! ? :


On ne doit pas ouvrir la 11éme porte !


On ne doit pas prononcer le mot, qualifié d’ineffable !



Pourquoi tout prêt du but, tout semble devenir inaccessible ?



N’était on pas à la recherche de la parole perdue, et voilà que la réponse semble faire peur ! Terrorisante même, à en croire leMaître (l’initié- initiant) par ses deux interventions tonitruantes.



Posons la problématique à l’envers : que nous apporterait une réponse ?



Aux grandes questions que sont la Vie, la Mort, le sens de l’existence,(s’il y en a un),bien souvent, l’homme, sous couvert de philosophie, science ou religion, a enfermé le questionnement du monde dans une réponse sécuritaire, et synthétique, d’un « penser juste », et d’un « agir convenable » face à une vérité établie !Nous voilà au cœur d’un monde figé où toute transgression ne peut déboucher que sur la culpabilité, …..où déterminisme, définition, dogme, immobilisme,- mortont évincés … liberté, responsabilité, action, mouvement, vie.



B) (La question créatrice d’un espace qui me libère !)



Retournons donc à la question ! Ma question ! Quelle ouverture m’apporte-t-elle ?



Comme outil de transgression, elle secoue le ronronnement d’une pensée unique issue d’une “ perceptionpréfabriquée des êtres et du monde ” ! (déconstruire pour reconstruire) (préjugés, théories, routines…)



Comme libératrice, la question me fait refuser l’acceptation passive d’un sens du monde pour lequel je ne suis pas responsable, c’est-à-dire, échapper à une histoire qui ne serait que la continuité logique de moments enchaînés par des causes ! (le déterminisme,…. Le : “c’est écrit”)



Question – Miroir qui me renvoie à cet être imparfait dans son désir de perfectibilité. « Je suis le lieu du “ pas tout”  lieu d’un manque dans l’espace duquel pourra se fixer l’aspiration à être »  souligne Marc Alain OUAKNIN 



La Question n’est elle pas « seuil » ! … à la fois coupure et passage, … qui sépare et introduit … temps unique où investie d’un nouveau rôle, celui de cherchant, je ne peux plus revenir en arrière … passeport pour l’aventure, aventure de l’existence … pour  « être à l’infini » ? ! …



Rupture, fracture, libération … passage d’un ordre établi à un désordre inaugural ! CHAO AB ORDO !! D’une sagesse à l’hérésie …


« Ordo ab Chao » l’ordre à partir du désordre.


A partir du désordre je vais me reconstruire.


J’arrive du monde profane avec un certains nombres de règles, de croyances. En passant la porte basse on casse tout. J’ai 3 ans, je ne sais plus lire…


*


« Longtemps après la mort d’Hiram … trois voyageurs arrivèrent, au pas lent de leur chameaux à Jérusalem, transformée en désert … les voyageurs étaient des mages venus en pèlerinage aux ruines de l’ancien temple … ils découvrirent une excavation … un objet brillant au fond de ce puits… »



LE NOM INEFFABLE



A) Avant propos(3 observations)



* Avant de poursuivre ma réflexion sur ce nom ineffable, je voudrais apporter quelques observations préalables sur lanotion de « NOM » (trop souvent galvaudée au profit d’une définition plus usuelle) :


Schwaler de Lubicz , dans son ouvrage « POIS CHICHE – HER BACK » souligne en avant propos, l’importance du NOM dans l’ancienne Egypte.


«  Le nom était, dit-il, considéré comme une définition de la nature essentielle de l’individu et le programme de la réalisation … la valeur symbolique des NOMS était utilisée comme élément initiatique. » fin de citation



* Que pourrait-on dire, alors des : MOT/PAROLE/NOM dans cette dimension (perspective) … initiatique ? !



LE MOT écrit pourrait avoir la fonction d’aide et de soutien à la mémoire. Les mots formant le texte, s’adressent à des auditeurs … tradition orale oblige !



LA PAROLE, quand à elle, elle transmets … traduit, interprète, commente,… et trahit, par obligation de compromis, quand elle ne se fige pas, devenant unique et idolâtre ! …



LE NOM, lui, va au-delà de la transmission, par « la réalisation de l’idéeet de l’enseignement transmis, par le truchement de l’œuvre. »Nous dit la préface du Livre des Morts Tibétains



*Dernière observation qui tient à la pratique de la langue hébraïque : l’alphabet hébraïque ne comporte que des consonnes !


Les mots écrits ne sont donc composés que de consonnes sur lesquelles, le lecteur doit mettre des voyelles ! Autrement dit, le lecteur, lorsqu’il lit un texte, doit y mettre des voyelles … ses propres voyelles ! S’interdisant de fait de recevoir le texte comme lettre morte, mais que dans la lecture qu’il en fait, il y ait son implication personnelle, donc espace d’interprétation, de création … de liberté !



B) Le Nom Ineffable



« Le mystérieux tétragramme tracé sur la plaque triangulaire d’or, incrusté,dans la pierre d’Agate représente le mot sacré par excellence, qui ne doit pas être prononcé. Il se compose de quatre lettres hébraïques :



« IOD HÉ VAV HÉ »nous dit l’Orateur, au 14me degré.



Le tétragramme, « quatre consonnes sans voyelles » pour lesquelles Marc Alain OUAKNIN écrira un concerto !



Quatre consonnes, mais trois lettres : le Yod, le Hé répété deux fois, et le Vav ! Absence de voyelles qui rend le NOM imprononçable … tel quel !



* Pourquoi ? … peut être dans cette question même du « Pourquoi ? ».



« Le nom de Dieu, imprononçable, est un trou de langage dans le langage » nous dit OUAKNIN, où, poursuit il, « l’absence de possibilité de verbalisation engage toute la dynamique du questionnement. » (La plus belle histoire de dieu)



* Pourquoi ? … peut être dans ce nom qui, échappant aux vibrations phoniques, refuse de venir s’échouer dans un “dit”.



Dieu en soi, inconnaissable et ineffable, dénommé :


« EIN-SOF » _ IN … FINI ! (Qu’il faudra distinguer de ‘l’être de Dieu pour le monde’), qui se décline en dix manifestations fondamentales : les 10 Séphirotes.



Et nous voyons bien, malheureusement, que lorsque l’homme va prononcer son NOMc’est-à-dire : l’enfermer dans un “dit” … « DIEU » (à remarquer en français l’inversion consonne / voyelle) que de haine, que de crimes sont commis en son NOM !



L’homme, dans sa hâte, dans son urgence sécuritaire, a emprisonné le NOM dans une définition au sens définitif, porteur d’une vérité, une,toute faite, toute explicative, d’une vérité que l’on enseigne comme un cours d’histoire, d’une vérité que l’on possède et qui nous donne raison, d’une vérité dont on se sert pour empêcher l’autre de parler et l’opprimer !



* Pourquoi ? … il y a peut être dans cette non verbalisation du NOM, la volonté d’éviter deux écueils :


la répétition ou copie


la pensée unique.



Prononcer le mot serait à mon sens, on vient de le voir,l’installer dans une vérité une, unique, et dogmatique par essence (c’est-à-dire fermée sur elle-même).


Je possède la vérité; J’ai raison, je suis le plus fort ; Je répète ce qu’on ma dit et l’expérience de cette répétition me conforte dans ma certitude ; Toute ma vie sera copie de ce modèle que j’ai élevé au rang d’idole !



C’est peut être dans cette optique que l’absence du souffle, présent dans le NOM, rendu ineffable de fait !, est là pour me rappeler que je suis appelé à me renouveler constamment dans un désir d’authenticité et non à me répéter comme une horloge.



A ma naissance biologique doit suivre une autre naissance, la naissance à


Moi-même … ouverture … passage de ce que je connais de moi – le visible – à ce que je ne connais pas encore de moi – l’invisible !



Voyage inaugural du « Moi » de l’extériorité vers le « Moi » de l’intériorité … j’ai envie de dire : de l’être animal à l’être HUMAIN ! et de l’être humain à l’être spirituel qui se nourrit comme le dit Michel SERRE « du dialogue avec lui-même. » et pourquoi pas d’une reliance au divin… que je n’aborderai pas ici, car je la considère comme faisant parti de la sphère de l’intime où les mots n’ont peut être plus besoin de support vocaux !



Et si, alors, le mot “vérité” doit être entendu (compris), il l’est comme “dévoilement”que l’on peut symboliser par le Puit, la vérité étant source d’eau vive qui se trouve au fond de soi même !



Pourquoi ineffable, le NOM ?Peut-être pour laisser à chacun le droit de s’exprimer à partir de sa liberté et non d’une idéologie dominante, d’une pensée conformiste.


A partir d’une expérience qui lui est propre, et laisser ainsi place – Je cite –au « pluralisme interprétatif » (OUAKNIN).


«  Permettre à chacun de visiter l’ensemble des possibles ! » fin de citation



Ne pas s’enfermer dans l’uniformité, mais s’ouvrir par la diversité, à l’union qui fera la force et la richesse d’un groupe de femmes et d’hommes … sans que soit anéanti l’existence de chacun,…. à l’image d’un grand orchestre philharmonique ! Où la variété des instrumentsfait force, beauté et sagesse de la symphonie, qu’elle produit…..



*


Devant cette impossibilité de prononcer le mot ineffable, dans cet espace laissé à ma liberté intérieure… je construis, je me construis et je suis responsable de ce que je construis, dans le sens où « le développement de ma personne m’implique dans le choix de la manière dont je vais agir dans le monde ou sur le monde » c’est-à-dire dans ma responsabilité envers autrui.



« On n’est pas initié, on s’initie soi même »



A l’image de ce nom, … ineffable. Tel un miroir je suis, femme ou homme, non défini une fois pour toute mais en devenir perpétuel. Je ne suis plus un état mais un projet.



H F



PLAN


Le « NOM INEFFABLE » :


Je vais remettre « Le Nom Ineffable » en situation dans le rituel et le questionnement que cela m’a suscitée.


Remise en situation dans le rituel.


Et la question qu’elle m’a suscitée.


LE QUESTIONNEMENT en lui-même.


Le « NOM INEFFABLE » :


Je reviendrai sur le « le Nom Ineffable » en trois points.


Quelques observations


Le tétragramme


Les POURQUOI ? Du nom ineffable.


CONCLUSION : le cheminement.



Pour ce travail je me suis appuyé sur quelques écrits : notamment


Bibliographie :


SCWALER DE LUBIG : « POIS CHICHE – HER BAK »


Marc Alain OUAKNIN : « La plus belle histoire de Dieu »


« Quatre consonnes sans voyelles »


« Lire aux éclats »


Théodore MONOD : « Et si l’aventure humaine devait échouer »


Le LIVRE DES MORTS TIBETAINS


Hesna CAILLAU « l’esprit des religions »


«  L’actualité des religions » (revue trimestrielle)


Annick de SOUZNELLE : « le symbolisme du corps humain »



PERSONNEL


MOT : Oreille, ce qui est écrit


Parole : du cœur


Nom : Esprit



Encore faudrait-il prouver que Dieu existe. Mais comme je l’ai dit dans mon travail cela fait parti de l’intime. Je laisserai donc à Baudelaire la responsabilité de son propos. Quand je parle de Dieu, de l’ineffable, je l’entends en tant que construction. Outil servant à ma construction.


PROJET


Quand je me place dans le questionnement, je me place dans une dynamique. C’est-à-dire un projet. Le projet est une idée que je vais mettre en œuvre. Je suis en mouvement, je vais construire mon projet et par la même je vais meconstruire.


Autant de FF et SS. Autant de projet.

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