14° #411012

Le Royal-Arche

Auteur:

G∴ G∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
Trois fois Puissant Grand Maître
et vous tous mes SS et mes FF Grands Elus, Sublimes Maçons




INTRODUCTION



Un même fil conducteur symbolique relie les quatorze premiers degrés du Rite Ecossais Ancien et Accepté.



Les trois premiers degrés symboliques vont jusqu’à la mort du Maître Hiram. Les grades allant du quatrième au huitième degré se rapportent à la réorganisation du métier, consécutive à la mort d’Hiram. Il en va de même pour les onzième et douzième degrés. Entre ces deux groupes, s’insèrent les neuvième et dixième degrés qui se rapportent à la recherche, à la capture et au châtiment des trois mauvais compagnons. Aux treizième et quatorzième degrés, le mot du Maître est retrouvé dans la plus profonde des neuf voûtes du Temple antédiluvien d’ENOCH.



Les treizième et quatorzièmes degrés marquent ainsi l’achèvement de la période légendaire salomonienne. Comme tels, ce sont des grades devant faire l’objet d’initiations particulières, étant entendu que le quatorzième degré est le prolongement du treizième. Ces cérémonies marquent bien l’importance de ces degrés et en particulier celle du degré de « Royal Arche » qui nous occupe ce soir. En effet, tous les degrés auxquels nous travaillons marquent l’appartenance à un grade, nous travaillons aux premier, deuxième, troisième, quatrième, douzième et quatorzième degrés. Les grades intermédiaires ne sont qu’évoqués puis communiqués lors de l’accession au douzième degré. Il n’en est rien pour le grade de « Royal Arche » auquel nous ne travaillons pas mais qui fait l’objet d’une cérémonie spécifique et importante. On pourrait presque dire qu’elle représente l’essentiel du passage au quatorzième degré.


Les rituels originaux de ces degrés ont subi, au fil des ans, de considérables modifications et altérations. Tout spécialement la légende de chacun de ces degrés ayant trait, d’une part à la découverte du Nom Ineffable, d’autre part à la révélation de sa prononciation, a été transformée en une interprétation kabbalistique, appuyée de commentaires sur les Sephiroth.


Ces deux grades développent des aspects de la légende d’Hiram amorcée dans les degrés précédents. Ils annoncent l’accomplissement de l’ancienne loi et la découverte du mot sacré, celui que le Maître a emporté dans sa tombe. Au treizième degré, le Nom Ineffable est retrouvé.



LE ROYAL- ARCHE



L’expression Royal-Arche nous vient de la Maçonnerie anglaise, arch en anglais signifie arc, arche, cintre, voûte (constructions inconnues du temps de Salomon), mais il exprime aussi l’idée de grand comme en français lorsque l’on évoque un archi-prêtre.



Mais l’arche est aussi un coffre, une armoire, nous connaissons tous l’Arche d’Alliance où Moïse conserva les Tables de la Loi.



On peut donc penser que dans notre symbolique, le terme arche désigne à la fois la voûte, la crypte souterraine dans laquelle vont descendre les impétrants, mais aussi le coffre dans lequel sera rangée la plaque portant le nom sacré. Et c’est la voûte qui joue ce rôle d’écrin ou de coffre renfermant la plaque d’or triangulaire où se trouve gravée la Parole, le Nom Ineffable de la divinité.



L’adjectif « royal » rapproche évidemment le grade de la royauté, mais il s’agit là de la royauté spirituelle. Il y a là un symbole alchimique certain ; au treizième degré, la descente dans la Terre à travers les neuf voûtes sur laquelle nous reviendrons plus tardrappellel’initiation au premier degré. Le chevalier initié parvient à l’état royal lorsqu’il a conquis son royaume intérieur et qu’il a dépouillé ses métaux de l’ego. Est royal, celui qui a vu le nom dans le coffre royal.



Autre indice de royauté, le cordon des membres du collège et des officiers est de couleur pourpre.



LA LEGENDE



Longtemps après la mort d’Hiram et de Salomon, trois Mages arrivèrent sur les ruines de Jérusalem. Ils aperçurent dans un puits un objet brillant que leur chef descendit chercher en attachant leurs trois ceintures. Ce bijou était celui qu’Hiram avait jeté dans le puits au moment de son assassinat. Il porte le Nom Ineffable. Le Mage observa que les parois étaient divisées en dix zones, il s’engagea dans une ouverture et découvrit une porte de bronze. Il remonta avec l’aide de ses compagnons.



Les trois Mages décidèrent de descendre ensemble. « Jakin » et « Boaz » soutinrent leur descente. Ils se munirent de torches.


Le mot « MALKUTH » permit l’ouverture de la porte de bronze. Ils découvrirent alors un escalier menant à une succession de portes en bronze. Il y en avait dix au total.


Leur exploration se termina dans la salle où il découvrirent le bijou portant le Nom Ineffable.


L’ouverture de la onzième porte par « EN SOF », l’infini, l’abstrait, déclencha un vent violent, le Maître la referma puis les trois Mages entreprirent de remonter à la lumière extérieure qu’ils entrevoient du fond du puits.

LA DESCENTE



L’axe principal de la cérémonie réside dans la descente. C’est là qu’elle rejoint l’initiation au premier degré et la descente dans le cabinet de réflexion.



Depuis notre entrée en Franc-Maçonnerie, nous avons fourni tant d’efforts pour nous connaître, nous purifier, assimiler la perfection, découvrir le savoir des traditions que bon nombre d’entrenous ont quitté le chemin sous différents prétextes. Nous avons appris à pénétrer à l’intérieur de nous-même, à pratiquer l’introspection. Nous avons connu l’enthousiasme, le doute, le renoncement, l’acharnement, et nous attendons, toujours conscients qu’il existe une dimension cachée par notre dimension physiquement perceptible. Nous recherchons la vérité, la lumière, certains la foi. Et c’est là, que nous sommes prêts à descendre dans les entrailles de la Terre. Paradoxalement, au treizième degré, nous descendons afin de chercher la Lumière.


Cette descente si elle est une descente en soi est aussi une descente vers le centre spirituel.


Elle s ’effectue dans l’orifice d’un puits qu’il faut d’abord déblayer. L’entrée du sanctuaire ne nous apparaît donc qu’après un sérieux déblayage intérieur. Le puits dans lequel le récipiendaire doit progresser symbolise l’eau nécessaire à toute vie, l’eau qui vient de la Terre. L’entrée dans le puits est soigneusement dissimulée et interdit l’approche des curieux. D’ailleurs, il y a longtemps qu’Hiram a jeté son bijou dans le puits et que personne n’y a pénétré. Il ne faut pas confondre quête de la Connaissance et simple curiosité. Le franc-maçon ne doit pas être curieux, il se doit de travailler au progrès de l’humanité et pour cela il doit se perfectionner lui-même afin que rejaillisse sur l’univers sa progression propre.


Les futurs chevaliers de Royal-Arche descendent munis de torches faites de résine. Mais ces torches s’éteignent lorsqu’il s’agit d’aller au-delà des connaissances humainement accessibles.


Ils descendent à l’aide d’une corde au fond du puits, la corde est constituée de plusieurs brins savamment tressés. Pour constituer cette corde, ils attachent leurs ceintures ensemble ; ce symbole marque l’union des récipiendaires, rappelle qu’unis les frères et les sœurs peuvent progresser plus efficacement qu’en restant isolés. Il faut faire confiance à nos compagnons, à leurs vertus, à leur désintéressement et à leur modestie. Le symbole des ceintures liées rend aussi indispensable la présence de trois récipiendaires pour que puisse avoir lieu la cérémonie. Pour progresser, pour descendre, mais surtout pour remonter, il faut qu’aucune désunion ne se produise, c’est à cette seule condition que les mages peuvent regagner la Terre. Le Maître ne doit cesser de travailler, mais surtout ce travail doit se faire à l’unisson. L’amour, la confiance, le respect de ses frères et de ses sœurs sont les conditions indispensables pour réussir cette descente et la remontée. La corde nous relie à la réalité du monde.



Le profane qui devient Franc-maçon, qui s’astreint au silence,progresse petit à petit, domine ses angoisses, ses craintes. Mais le Maître ne peut s’arrêter là, il cherche une nouvelle trappe qui lui permettra de franchir un nouveau pas.


La descente éloigne de la lumière et lorsque nous atteignons la dernière voûte, nous sommes plongés dans la nuit la plus épaisse, nous sommes alors parvenus au fond de nous-même.


La trappe qui permet la descente se trouve dans le Collège puisque tel est le nom du lieu où se réunissent les Chevaliers de Royal-Arche. A part cette trappe, la voûte est entièrement fermée. Cette trappe est ambivalente car elle protège grâce à son existence dissimulée, difficile à trouver, mais elle peut aussi nuire dans la mesure où il est nécessaire que certains la trouvent afin de donner corps à leur progression initiatique. La trappe est une porte horizontale, c’est une porte étroite, seule voie d’accès dans le Collège. Mais elle nécessite un « système » pour ressortir car dans les temps anciens, celui qui était jeté aux oubliettes ne pouvait ressortir que lorsque son geôlier le décidait ; et ce système en Franc-Maçonnerie, c’est l’amour de ses sœurs et de ses frères.


Le Chevalier pénètre donc dans le Collège par le sommet, il y découvre une voûte blanche, et là, positionné au centre du temple, il réunit plusieurs voûtes superposées, celles de son corps, la voûte plantaire qui soutient, la voûte palatale pour parler et la voûte crânienne pour protéger ; ces voûtes se succèdent et sont emboîtées dans la voûte de pierre elle-même coiffée par la voûte étoilée. Se tenir ainsi dans l’axe des voûtes, c’est sortir du Moi, relier le fini et l’infini, c’est être soi-même l’axe du monde.


Une autre légende se rattache au Royal-Arche : la voûte sacrée était située sous le sanctuaire du temple, elle avait été creusée par Enoch avant le Déluge.


Enoch est le fils de Seth, le petit-fils d’Adam. Il est considéré comme le « bâtisseur du plus ancien temple ». Enoch signifie « Homme », mais dans sa conception spirituelle.


Selon la légende, le Grand Architecte de l’Univers était apparu en vision à Enoch et l’avait transporté au sommet d’une montagne qui s’élevait aux cieux. Là, il lui montra son vrai nom gravé sur une plaque d’or et lui enseigna la façon de le prononcer. Puis, Enoch se sentit porté et descendit verticalement à travers les 9 voûtes souterraines creusées les unes sous les autres.Dans la plus basse, il vit une plaque d’or semblable portant les mêmes caractères : c’était le Nom Ineffable que Dieu lui ordonna de ne jamais prononcer.


Enoch creusa 9 voûtes superposées identiques à sa vision. Il réalisa ensuite une plaque d’or triangulaire enrichie de gemmes les plus précieuses et la scella sur une pierre d’agate taillée et polie. L’ayant transportée sous la Neuvième Arche, il grava dessus les lettres connues.


La voûte fermée, le secret s’instaura. La tradition du Temple d’Enoch s’est transmise à travers les âges bien que l’édifice fut tombé en ruine. De nombreuses générations se succédèrent avant que Salomon fit construire le temple de Jérusalem sur son emplacement.


A la mort d’Hiram, Salomon condamna la trappe conduisant à la voûte sacrée.


LES PORTES, LES NOMBRES ET LES SEPHIROTH



Au cours de la descente, l’impétrant franchit dix portes qui en réalité se décomposent en 1 plus 9.



A chaque porte est associé le nom d’un Sephiroth, ces noms sont prononcés un à un à chaque fois que l’on franchit les neuf arches qui conduisent à la voûte secrète construite par Salomon, sous le Saint des Saints, pour abriter la pierre d’agate et la plaque d’or jetée par Hiram lors de sa mort. Nous retrouvons là les deux légendes. Les neuf noms associent à chaque fois le nombre neuf, les noms de substitution et l’arche. En effet, au 13° degré, il n’y a que neuf noms, le dernier étant imprononçable.



Le chevalier de Royal-Arche connaît le nombre 63. La somme de ces deux nombres est égale à neuf, nous sommes donc au-delà de la maîtrise « sept ans et plus… ». L’ancien maître qui descend le premier dans le puits, découvre dix zones ou anneaux faits en pierres de couleurs différenciées. Ces dix couleurs marquent l’infini des possibilités, l’initié s’engage vers l’infini, il devra savoir s’arrêter à temps…



Je ne suis pas du tout un spécialiste des nombres et je me bornerai donc à constater que l’âge de 63 ans est 7 fois la carré de 3, et que c’est un âge respectable où l’on peut penser que l’initié a atteint une certaine sagesse.



3, 5, 7 et 9 constituent les quatre escaliers à descendre. Arrivés en bas, les mages trouvent une première porte fermée, elle est ornée d’une couronne avec 22 pointes et le premier sait déchiffrer ce symbole « Malkuth » et la porte s’ouvre. Il saura aussi ouvrir les suivantes grâce aux noms des Sephiroth.


Nous observons làune descente progressive vers la voûte, peut-être s’agit-il d’une régression ? Alors que l’initié ne cessait de progresser et de s’élever depuis son entrée en loge, maintenant, il plonge au centre de la Terre.Le total du nombre de ces marches est 24, le nombre qui mesure le temps.


22 pointes apparaissent sur les premières portes. 22 est un nombre sacré, celui des arcanes des tarots, des chapitres de l’Apocalypse… mais plus simplement, il s’agit du nombre de lettres de l’alphabet hébraïque qui exprime l’univers.


La première porte est franchie grâce à  « Malkuth » qui signifie « royaume », donc notion de royal, de commandement… c’est ce mot de passe qui donne accès aux autres portes, sans lui, rien n’est possible.


« Yesod » ouvre la seconde porte, cela signifie poser, c’est la stabilité, la pierre d’angle de tout jugement, le fondement du Monde.


« Nezah » et« Hod » ouvrentles portes suivantes, « Nezah » associé au lion de la victoire. « Hod » signifie « splendeur », gloire, majesté et correspond au soleil rayonnant qui orne la porte.


« Tipheret » symbolise la beauté, la parure, mais aussi la hauteur et la profondeur.


« Gueburah » nous ramène à la règle du discernement, à la rigueur.


« Chesed » est la miséricorde, mais aussi l’impulsion créatrice, le dévouement.


« Binah » évoque le discernement, la distinction des idées, l’intelligence, la compréhension…


« Chochmah » qui porte le rouleau de la loi, c’est la sagesse.


« Kether », la couronne s’ouvre sur le centre de l’idée et le Nom Ineffable. Nous sommes là dans le lieu de la Lumière suprême où les récipiendaires peuvent éteindre leurs torches puisque au plus profond de la Terre brille la Lumière. L’esprit règne en ce lieu et les Mages s’inclinent.


C’est dans cette 9° voûte qu’ils découvrent la pierre d’agate sur laquelle est écrit le Nom Ineffable. Il est identique à celui jeté dans le puits par Hiram et que porte désormais le chef des mages. Mais le chevalier de Royal Arche ne peut pas prononcer ce nom, il ne peut que l’épeler, mais il se familiarise avec la prononciation qu’il recevra au quatorzième degré en entendant les noms des Sephirothqui sont des noms de substitution, des « mots couverts » destinés à cacher aux profanes le vrai nom de Dieu.



« Eïn Sof », la onzième porte, qu’il ne fallait pas forcer, ouvre sur le vent qui risque de tout anéantir, quiabolit la lumière des flambeaux et, après des difficultés, marque la fin de la progression et le retour sur la Terre.



La remontée progressive et à tâtons des mages dans le noir leur dévoile, dans la découpe du puits, un cercle étoilé. C’est une invitation à franchir un cercle supérieur. Ils viennent de renaître àune vie nouvelle et amorcent une remontée qui sera une progression.Ils savent qu’ils sont désormais au Centre de l’Idée, que peut-être ils ne pourront pas aller plus loin et franchir la 10° porte qui ouvre sur l’insondable. La quête aurait-elle abouti et le Temple serait-il construit ?



La descente de plus en plus profond, de voûte en voûte, de monde en monde, conduit à de nouvelles découvertes, à l’énergie créatrice. Lorsque nous sommes parvenus au plus profond de nous-même, dans la neuvième voûte, que nous avons provoqué l’ouverture de la onzième porte, nous sommes plongés dans la nuit, nuit de nos origines, nuit terrible ; nos pensées, savoirs et projets sont entraînés par le vent violent, nous ne retrouvons plus nos repères habituels, nos certitudes se sont envolées ; autour de nous règnent la confusion, le désordre et la souffrance. Lorsque le Maître a réussi à refermer la porte, le calme revient, le silence s’établit, un silence qui va permettre la remontée, mais celui qui franchit les portes dans l’autre sens n’est plus le même, il a reçu l’INITIATION qui est connaissance. Le Grand Maître Architecte est devenu Chevalier de Royal-Arche, il a eu accès au monde des Lumières de la neuvième voûte, cette Lumière l’a régénéré et en a fait un homme neuf. En descendant au fond de nous-même, en passant du monde de l’obscurité à celui de la pleine lumière, nous avons rencontré une énergie. Cette force, nous permet d’entrevoir des forces supérieures, mais nous ne sommes pas aptes à en faire la synthèse ; d’ailleurs, nous ne pouvons qu’épeler le Nom Ineffable comme l’apprenti ne sait qu’épeler. Le monde invisible conserve son secret, même si nous nous en sommes rapprochés.



CONCLUSION



Le grade de Royal-Arche est primordial dans l’évolution du Franc-Maçon. Non seulement le rituel laisse une impression profonde et marque une rupture avec les grades précédents, mais il introduit des éléments de la Kabbale dans le cheminement maçonnique. Le grade de Chevalier de Royal-Arche couronne la loge de perfection. En descendant au centre de la terre, l’impétrant s’est donné l’Initiation car, comme nous le disons dans les rituels, « on n’est pas initié, on s’initie soi-même ». sous la voûte sacrée, le Chevalier de Royal-Arche a reçu la Lumière, et en remontant sur la terre des hommes, c’est à lui de rayonner, c’est son devoir.




J’ai dit Trois Fois Puissant Grand Maître

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