14° #411012 L’esprit de l’initié se détache de la matière et se prépare à de plus sublimes conséquences Auteur: Non communiqué Loge: : NC 09/2012 « L’ESPRIT DE L’INITIE SE DETACHE DE LA MATIERE ET SE PREPARE A DE PLUS SUBLIMES CONNAISSANCES »… « Afin de surmonter les conditions tragiques de notre destin, de dépasser les contradictions entre soi et autrui, et également, de s’élever à la hauteur de la part divine de l’homme, les meilleurs d’entre nous, ayant dominé en eux-mêmes le surgissement de la violence, ont développé des qualités morales ou spirituelles qui sont de fait inné à l’homme et qui lui font honneur. »(François Cheng – « Œil ouvert et cœur battant » -)IntroductionEnoncé riche dans sa composition, cette sentence fut pour moi un exponentiel levier de réflexions et de lectures, par là même, une invitation à relativiser le monde manifesté et, au travers d’une réalité supérieure qui je pense me dépasse encore, à progresser vers plus de connaissances.Après avoir installé le décor en définissant l’esprit de l’initié au travers de l’image anthropologique tripartite « corps-âme-Esprit », puis en identifiant ce mouvement de détachement-préparation de notre rituel de perfectionnement au R.E.A.A., j’essaierai humblement d’aborder une tentative d’élévation, impermanente et progressive, vers de plus sublimes connaissances.A noter, en préambule, qu’un détachement progressif de nos multiples contingences a pu se réaliser grâce au développement d’un certain nombre de qualités : d’écoute, de persévérance, de vigilance, de travail, de lucidité, d’humilité, d’amour au sens caritas-Agapè. Une pratique régulière de nos différents rituels m’a permis également de modifier l’initié que je suis dans ma démarche initiatique et dans ce bouillonnement intérieur de m’ouvrir à l’autre, d’acquérir une vision plus sage du monde grâce : d’une part à une tentative de maîtrise de mes passions dans leurs existences et leurs effets, d’autre part par la pratique des vertus et des valeurs qui fondent l’Homme.« L’Esprit de l’initié se détache… »Cette phrase s’adresse non pas au paradigme dualiste « corps-âme » sur lequel la société contemporaine et occidentale nous oblige à conjuguer notre humanité sans rendre compte de la réalité profonde et essentielle de l’homme, mais à cette troisième dimension qu’est l’Esprit, souvent occulté parfois bafoué dans notre monde actuel, seule entité à réellement dévoiler ce qui est caché.Après que notre « corps » ait laissé les métaux à la porte du temple, faisant fi de notre être social et de son cortège d’habitudes nous avons pu être en capacité de mieux nous réaliser et d’aborder au travers du drame Hiramique notre être psychique, ce par quoi notre être est animé : notre âme, et de prendre conscience de nos déviances plus ou moins apprivoisées et résumées dans ce fameux tryptique : fanatisme, ambition, ignorance.A ce stade et en perpétuel désir d’amélioration mon cheminement initiatique, que la F :.M :. et vous mes FF :. sous tendez, à exacerber ce manque indéfinissable qui sourde en chaque être et que l’on nomme élévation spirituelle.Cet Esprit, enfoui en chacun de nous, difficilement abordable, est ce pont entre notre dualité corps-âme et une réalité transcendante, par lequel notre composante psychique entre en tension de spiritualisation et oriente notre être en un double regard :–La maîtrise des choses humaines.–L’extraction du divin qui est en nous.« Et se prépare… »Les différents degrés de notre R.E.A.A. où s’entrechoquent initiations, mythes et symboles sont là pour interpeler notre être global, créer cette charge émotionnelle, orienter réflexion et introspection afin : d’évoluer intérieurement, de gérer nos contradictions et, en réunissant ce qui est épars, de progresser vers cette unité intérieure. La mythologie au travers de certains de ses mythes sont d’une prégnante actualité (mythes de Psyché, de Narcisse).Au quatrième degré le voile du maître secret nous invite à réaliser à nouveau que notre composante matérielle et émotionnelle gêne cette élévation vers de plus sublimes connaissances. Grâce aux quatre voyages de ce degré, ainsi qu’à leurs sentences moralisatrices (liberté d’esprit, raison, loi universelle, justice, devoir…) un niveau de compréhension s’est installé. Et l’œil présent sur le tablier, ne serait-ce pas cet œil d’Horus parcelle de divinité prête à nous accompagner (telle la barque funéraire) vers de plus hautes régions spirituelles ? cet œil qui voit l’invisible !Chez le « Maître Parfait », l’obélisque, rappel du redressement du Maître, relie matière et esprit ; de même la quadrature du cercle met en relation l’immanent et le transcendant.Johaben, « Secrétaire Intime », est installé entre deux rois symbolisant matière et esprit. La balance, au grade de « Prévost et Juge », nous invite à rééquilibrer ces deux composantes matérielle et spirituelle.Le « Maître Elu des Neuf » est au paroxysme de cette exploration intérieure, véritable appel au sacrifice de son égo. Le décor est planté :– Une lampe : notre flamme intérieure afin d’appréhender la réalité.– Un poignard : arme de combat rapprocher annihile pulsions frontales et passions du cœur.Cette prise de conscience nous plongeant dans cette fulgurance de la réalité, dont les tourments labourent notre âme, nous met à nu et nous oblige à dévoiler ce que nous portons au plus profond de nous-même et que nous souhaitons généralement ignorer.Au 13ème degré, la neuvième arche nous entraine au plus profond de nous-même où se trouve l’embryon de notre spiritualité : le tétragramme sacré c’est notre divinité inscrite en nous depuis des millénaires, supporté par la pierre d’Agate avec ces strates de mémoire du passé où les traditions se sont empilées. Un processus de retournement, de « conversion intérieure », permet la transformation de notre être, la levée des oublis volontaires, le dévoilement de notre propre Humanité et de sa dimension spirituelle. Du M :.S :. au Sublime Chevalier Elu une lutte s’est installée pour sortir du monde de l’ignorance avec perte des illusions et des certitudes afin d’envisager une ouverture vers d’autres connaissances. Par nos efforts et nos souffrances, par nos erreurs et nos chutes, nous nous sommes construits jusqu’à être ce que nous sommes : « Je suis ce que je suis » ;Cette progression par ce double mouvement d’intériorisation et d’élévation potentialise l’ouverture à une connaissance transcendante qui relève plus d’une perception intime, fruit d’une intuition, cette perception d’une totalité de notre être n’étant souventréalisée que dans l’instantanéité.« …Sublimes Connaissances »Il convient de replacer le terme de Sublime, pompeux voir utopique, dans un contexte plus humble ; au lieu de le considérer comme le stade le plus élevé dans une hiérarchie, il convient de lui préférer son deuxième sens : celui de dépassement, d’élévation, de passage dans une autre dimension. L’initié a franchit la limite pour pénétrer dans un monde différent. Ce travail de sublimation-purification nous rend« homme vrai en toute circonstance », homme partiellement achevé « corps-âme-esprit ». Est sublime au 14ème degré celui qui à la fois a su s’élever en esprit et descendre dans les profondeurs de son inconscient, dépassant le corporel et tutoyant le spirituel. Cette « dualitude » dont parle Jung est cette conjonction des opposés car nous n’avons l’intuition de l’inconnu que par le biais de cette manifestation simultanée du haut et du bas, du fini et de l’infini, du lumineux et du sombre. Sublime, pris dans le sens d’un dépassement implique à la fois une progression et une métamorphose (« méta : au-delà de ce que l’on est ») . Métamorphose spirituelle où chaque chose tend à révéler le sens qui est le sien et où il devient enfin possible d’effectuer des choix justes.L’arbre séphirotique, reliant le créateur à la création par un processus de division et de complexification, où chaque brisure devient réceptacle et étape vers la connaissance, où chaque monde organise notre être en équilibre et en harmonie ; cet arbre séphirotique donne une vivante approche de nos oppositions et de nos complémentarités, de nos désirs et de nos sublimations. Allant de l’origine incréé, qui précède tout, vers le manifesté, englobant l’univers et ses fondements, cette partie de la Kabbale est une véritable attitude de sublimation face à nous-mêmes et à l’universel.En parallèle de cette progression il convient de s’appuyer sur l’origine étymologique du mot connaissance, on arrive à la forme archaïque « Gnosco » signifiant « apprendre à connaître », « se rendre compte », c’est-à-dire réaliser, ouvrir les yeux du cœur et de l’intuition. Cette perception intuitive propre à chacun, véritable empreinte digitale de notre être, se positionne d’une part en catalyseur de notre confrontation intérieur entre le Moi( cette part du psychisme gardien et serviteur du dualisme ) et son Soi ( notre être essentiel et non existentiel ), et d’autre part en générateur d’idées qui créent à la fois cette permanence de la création et ce va et vient perpétuel entre toutes choses où le sujet devient objet pour une évolution dans la connaissance de son être et ouvrant à une compréhension du monde visible et du monde caché.Cette progression dans la connaissance permet à l’initié de se structurer autour de son essence et de s’ouvrir à une dimension supplémentaire, sous-tendu par un savoir : outil indispensable à notre réflexion, et un vécu : levier nécessaire à notre intuition. Savoir et vécu participant à cette attitude dynamique qu’est la connaissance, jamais finie tel l’univers en extension, toujours neuf face à un futur se renouvelant, ces sublimes connaissances en devenir procèdent d’un perpétuel mouvement parfois insaisissable entre origine et futur potentiel.Ne pourrait-on pas envisager les savoirs comme cette constellation d’étoiles éclairant notre nuit, points dispersés rattachables en schémas variables et servant de repères. Et les connaissances comme le Soleil offrant ses rayons à nos prises de conscience, donnant un éclairage à nos connaissances :sublimées en son centre ?Cesconnaissances avant d’être sublimes, plus pressenties qu’acquises, ne peuvent s’appréhender :– Ni uniquement seul : bien qu’il y ait nécessité à la fois d’un processus de conversion intérieur et d’un combat avec l’ombre qui nous habite, afin de lever le voile de l’oubli conscient et inconscient.– Ni collectivement, bien que l’altérité et ses frottements éclairent notre confrontation intérieure. Cette altérité qui devient réellement facteur et lieu de croissance de nos connaissances quand présence et absence sont vécues comme deux réalités contemporaines et complémentaires.Cette préparation à de plus sublimes connaissances ne pourra se réaliser qu’au travers d’une dynamique et d’un va et vient : une dynamique en passant par ces étapes que sont les dépouillements, les morts symboliques, les transgressions… Ce va et vient entre une solitude partagée et ces alliances que j’ai contractées. Comme il est dit dans le film « Des Hommes et des Dieux » (de Xavier Beauvois) :« Notre identité d’homme sera de naissance en naissance. »N’en est-il pas de même pour la connaissance.En conclusion :Le R.E.A.A. est une véritable maïeutique, un art de faire découvrir au travers : du temps et de l’espace, des symboles polysémiques et des mythes fondateurs, des rituels et des traditions ; les vérités sociales, morales et spirituelles que l’homme porte sur ses épaules et en lui.Cet art de « se rendre compte » est une voie privilégiée d’accès à de plus sublimes connaissances qui difficiles à définir n’existent parfois que dans l’instant. Ce perpétuel échange avec vous mes FF :. et cet insidieux questionnement avec moi-même sont les témoins de cette quête d’absolu et de recherche de la vérité.Cette voie privilégiée, intégrée dans les grades de perfection, a fait naître en moi cette nécessité de poursuivre mon initiation pour trouver :– Une Profondeur et un sens à la vie, afin de me comprendre face à autrui.– Une harmonie et un équilibre moral à mes actes, afin de conserver une liberté d’être.– Une élévation spirituelle vers l’universel et l’un (cet inconnu), afin de mieux cheminer dans la recherche de mon humanité.Tout ceci au travers de notre tradition spirituelle permettant de développer une force instinctive, spontanée mais réfléchie et m’incitant à une expression toujours plus complète et plus haute de mes potentialités.BIBLIOGRAPHIE:LECTURES :–« Carl Gustave JUNG » (MichelCazeneuve– Ed. Oxus )« Devenir Soi n’est pas seulement unproblème spirituel, c’est le problème de la vie en générale . »– « La Maitrise Parfaite » – ( J.Cl. Mondet– Ed. du Rocher ).« L’initié sera donc toujours seul dans sa cité, guidé par sa conscience et son sens du devoir, appuy é sur la connaissance acquise et poursuivant sa quête spirituelle à l’écart de ses contemporains. »– « L’ESSOR » (Jacques Fontaine – Ed. Detrad).« Chaque être humain est bien le dépositaire ignorant de la connaissance… »– « Mystères de la Kabbale » (Marc Alain Ouakin – Ed.Assouline)« La KABBALE, c’est d’abord une leçon de vie, elle ne vise pas à ce que l’homme soit bon. Elle espère seulement qu’un jour, il puisse devenir meilleur. »–« La drachme perdue(l’anthropologie « Corps, Âme, Esprit » expliquée ) » (MichelFromaget – Le guetteur)« L’homme est la création de sa pensée »–« Vie Maçonnique Vie Spirituelle» ( Henri Rochais – Ed. Dervy)« C’est la qualité de notre être qui mesure l’efficacité réelle de notre action. »– « Œil ouvert et cœur battant » ( François Cheng – Ed. DDD )« L’unicité transforme chaque être en présence. »OUVRAGES CONSULTES :– « LA SYMBOLIQUE de la loge de PERFECTION » (RaoulBerteaux – Ed. Edimat)« Lorsque nous parlons de Dieu, nous parlons de ce qui n’est pas Dieu. En accédant au silence du 14ème degré, par la non prononciation, non atteignons au plus profond et nous devenons une seule famille de frères. »– « PERSPECTIVESSPIRITUELLES de L’ECOSSISME » ( Pierre Marie Savignac – Ed. Vega) ;« Notre nature, c’est de créer un être plus haut que nous sommes nous-mêmes. Créer au dessus de nous ! C’est là l’instinct de l’action et de l’œuvre. De même que toute volonté suppose un but, de même l’homme suppose un être, qui n’est pas présent, mais qui présente le but de son existence. C’est là la liberté de toute volonté ! Dans le but réside l’amour, la vénération, la vision de ce qui est parfait, le désir ».– « TROIS PAS VERS L’INFINI » ( Claude Guérillot – Ed. Dervy)« L’ésotérisme, c’est ceci : aller jusqu’au bout de sa pensée pour se retrouver au cœur de sa pensée et, à nouveau, s’élancer de ce petit centre vers les extrémités, car ce centre contient l’ensemble. »– « Symbolique des Grades de Perfection et des Ordres de Sagesse » (I.Mainguy – Ed.Dervy)– « Le dictionnaire de René Guénon » (J.M. Vivenza)– «Le Grand Robert de la langue Française ».–«Approche ésotérique de la connaissance » (Henri Laurent – Ed. Arma Artis)« Je ne pense pas avec la théorieJe pense avec ce que je suis »( C.G.Jung ) Navigation des articles Planche Précédente "De la caverne à la Voûute sacrée" Planche Suivante "Promouvoir la justice"