17° #414012

Décors et bijoux chevalier du chevalier d’orient et d’occident

Auteur:

J∴ M∴ O∴ E∴

Obédience:
SCC
Loge:
Non communiqué
A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers
Rite Ecossais Ancien et Accepté
Deus Meumque Jus
Suprême Conseil du Cameroun
Ordo Ab Chao

A170-6-1

Les décors et bijoux du Chevalier d’Orient et d’Occident…

Très Sage ATHIRSATA et vous tous mes Très Excellents Frères Chevaliers Rose+Croix, le sujet qu’il m’est donné de traiter devant vous ce jour est : les décors et bijoux du Chevalier d’Orient et d’Orient, 17ème degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté.

Le grade de Chevalier d’Orient et d’Occident vient, à la suite de celui de Prince de Jérusalem, continuer à compléter le sens du corpus légendaire des grades capitulaires démarré avec le Chevalier d’Orient et de l’épée. Et comme dit le rituel :

« Ce degré ne fait plus référence au Temple de Salomon, ni au second Temple, mais à l’Apocalypse, et plus spécialement à la Jérusalem nouvelle, annoncée par Jean l’Evangéliste. De plus, il fait allusion à une institution dont s’inspire notre Rite, la Chevalerie, ainsi qu’aux Templiers. Il marque le lien entre l’Ancienne Loi et la Nouvelle ».

Et comme le Très Respectable Ancien, Orateur nous l’a rappelé le jour où ce grade nous a été révélé :

« A la suite de la prise de Jérusalem en 70 par les Romains, des Israélites quittèrent la Judée pour rechercher une contrée où la pratique de leur culte serait respectée. Ils s’unirent aux Thérapeutes et aux Johannites, disciples de Jean de Pathmos. C’étaient ces Chevaliers d’Orient qui maintinrent en secret la pureté du culte du Grand Architecte de l’Univers.

Quand les Croisés, Chevaliers d’Occident, vinrent en Palestine, les Johannites révélèrent à certains d’entre eux leurs sublimes mystères. Puis, en 1118, ces Chevaliers d’Orient s’unirent aux Chevaliers d’Occident afin de créer un Ordre nouveau sous la protection de GARIMOND, patriarche légendaire de Jérusalem. Cet Ordre avait pour mission d’assurer la sécurité des pèlerins qui visitaient la Terre Sainte ».

Très Sage ATHIRSATA et vous tous mes Très Excellents Frères Chevaliers Rose+Croix, ce degré, comme je vais essayer de vous le démontrer, marque une transition importante et remarquable dans la progression des légendes qui soutiennent l’édifice du rite que nous pratiquons. Il est, me semble-t-il aussi, le grade dans lequel se fonde l’influence alchimique dans le Rite Ecossais Ancien et Accepté.

Depuis le quatrième degré, toutes les légendes, qui ont soutenu notre travail, sont tirées de l’ancien testament, autrement appelé « ancienne loi ». La légende du 17ème degré, Chevalier d’Orient et d’Occident est elle tirée du nouveau testament et plus précisément de l’Apocalypse de Jean. Texte qui lui-même semble faire la transition entre les lois mosaïque et jésuitique. Lois qui comme nous le savons, ne se contredisent pas, mais s’éclairent. Il semble logique que cette idée de transition doive, pareillement se trouver dans les messages philosophiques et visuels véhiculés dans ce degré.

Pour illustrer mon propos, je vais parler tour à tour :

Du cordon et du bijou puis, Du tablier du Chevalier d’Orient et d’occident

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A chacun des degrés de la maîtrise maçonnique, au Rite Ecossais Ancien et Accepté, correspondent un cordon et un tablier différents. Ceux-ci portent le résumé des enseignements philosophiques du rite à cette étape de la formation du maître maçon. Le cordon est généralement est unique à chaque degré. Le Chevalier d’orient et d’Occident, lui, en porte deux :

Un large cordon blanc passant de droite à gauche. Y est suspendu le bijou, Un cordon noir, porté en sautoir, auquel est suspendue une croix blanche.

Il ne nous échappera pas que le sens à donner à ce double cordon est celui de la dualité et du combat à mener pour y faire face en vue de créer à nouveau une situation d’harmonie. Ou bien encorecelui de la séparation de deux personnalités à partir d’un même creuset. Ce degré de séparation est donc le lieu d’un choix fondamental : l’avancement ou la stagnation, c’est-à-dire, chute relative. Ces deux voies nous sont présentées par l’allégorie des deux cordons, ainsi que des couleurs qui leur sont associées et dont nous regarderons plus bas la signification sous un prisme alchimique.

Mais gardons à l’esprit qu’au cordon noir est associé l’agneau. Cet animal symbolise souvent l’innocence et la pureté, mais il est aussi l’image de celui qui, résigné, est livré sans lutte, pour être immolé, à l’image des fils d’Abraham ou de Marie. En cela, il peut être vu comme la partie de nous qui n’a pas le contrôle sur son destin. C’est la partie associée au « noir » du cordon. Elle correspond à la période de la formation. Celle où le maçon dit : « nous avons appris à être obéissant et fidèle ». Dans cette partie, le maçon quoique sur la voie des hautes sphères de la spiritualité, n’a pas encore pleinement accès à la lumière. Il en attendrait donc la révélation qu’en se livrant en confiance à « l’autre ». Le cordon noir est porté, autour du cou comme un trophée, pour dire que les symboles qui l’accompagnent, récompense des efforts du passé plus que l’avenir. Il est donc logique d’y lire une allusion à « l’ancienne loi » et à la figure d’Abraham, avec l’image de l’agneau.

Le cordon blanc est orné d’une croix blanche. Cette croix symbolise l’homme en devenir et la couleur blanche la pureté. Donc cet homme pur qui, plus tard s’il le mérite, verra en lui s’épanouir la rose mystérieuse. Cet homme là, est «…un homme véritable en toute circonstance…», il est surtout action sur lui-même et sur le monde. Cette action par laquelle il devra terminer la quête commencée par le Chevalier d’Orient et de l’épée. Cette action qui fait de lui un réceptacle pour de Lumière. Cet homme là sera tout le contraire de l’agneau qui se livre à l’immolation. Et si l’immolation doit avoir lieu, elle sera celle d’Héraclès installant lui-même le bûcher de sa délivrance, à l’heure où il n’y aura «…plus de temps…» pour l’homme et qu’il sera l’heure pour l’esprit. La voie du cordon blanc est donc celle de la poursuite du mouvement. Cette image de la croix blanche indique aussi le « nouvelle loi » et son port montre clairement son actualité.

Pour ce qui est de la lecture des couleurs, rappelons-nous brièvement des enseignements de l’alchimie à ce propos :

Œuvre au noir (nigredo en latin)

A cette étape, il y a mort des éléments, dissolution du Mercure et coagulation du Soufre. L’alchimiste commence par préparer un mélange de pyrite arsénieux, de minerai et d’acides. Cette opération dure plusieurs années, jusqu’à ce que le mélange change en un fluide bleu-noir (appelé aile de corbeau). C’est la préparation du matériau.

Œuvre au blanc (albedo) :

On procède à la purification par lavage. Au contact de l’air, ce liquide fluorescent se solidifie et se sépare. Il y reste toutefois des scories. Ces scories, l’alchimiste va les laver, pendant plusieurs mois, à l’eau tri distillée. Puis il conservera cette eau à l’abri de la lumière et des variations de température. Cette eau est « l’alkaest », le dissolvant universel et l’élixir de longue vie. C’est là que se termine le Petit Œuvre ; la« spiritualisation du corps ».

En lecture directe de ce qui précède, nous pouvons déduire que depuis notre arrivée dans l’ordre, nous nous sommes évertués à préparer le matériau avec les enseignements de la logesymbolique et de la loge de perfection. Nous avons terminé le travail de calcification, de dissolution et de sublimation grâce aux enseignements des 15ème et 16ème degrés. A ce moment l’appareil devient fluide, mais rien n’est gagné. A la moindre erreur ou relâchement, les matériaux peuvent se dégrader et entraîner l’échec. Les choix qui s’offrent au maçon sont de continuer l’œuvre et de passer « au blanc » ou bien de ne plus avancer et de revenir « au noir »s’il n’est pas prêt.

Il doit affirmer maintenant, individuellement, sa liberté de passage. Après plusieurs années de labeur, l’horizon qui se dessine devant ne lui promet que du labeur, sans la moindre certitude de réussir à conclure victorieusement sa quête. Mais à la croisée des chemins, il doit se déterminer clairement et dire qu’il est prêt à fournir l’effort nécessaire pour accomplir le « petit œuvre » et donc de « spiritualise » sa matière. Car rappelons-nous, c’est notre matériau que nous travaillons à toutes les étapes maçonnique que nous traversons.

Cette idée de choix nous est confirmée par le bijou du grade. Le rituel dit :

Le bijou est : une médaille heptagonale, d’argent ou d’or (ou partie or et partie argent) avec nacre de perles.

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A l’avers, dans chacun des angles, sont gravées les lettres suivantes : B.D.S.P.H.G.F, initiales des mots : Beauté, Divinité, Sagesse, Puissance, Honneur, Gloire, Force. Au-dessus de chaque lettre, est une étoile.

Au centre, un agneau en argent couché sur le Livre des Sept Sceaux, chacun des sceaux portant l’une des lettres ci-dessus.

Le métal du bijou, moitié or, moitié argent montre clairement qu’on est en transition, donc à un moment où il est indispensable d’opérer un choix. Ce chemin mènera le Chevalier d’Orient et d’Occident à devenir, à l’image de l’or, incorruptible. Comme au grade de maître secret on a reçu une couronne de laurier et d’olivier pour nos victoires futures, le chevalier reçoit ici la vision de la récompense qui attend au bout de l’effort : Beauté, Divinité, Sagesse, Puissance, Honneur, Gloire, Force. Il aura aussi la révélation la compréhension du message des sept sceaux, qu’on voit figurer sous l’agneau, en récompense.

Au revers de la médaille, sont gravées deux épées en croix, la pointe tournée vers le haut, posées sur une balance en équilibre. Dans chaque angle, l’une des lettres suivantes : B.D.S.P.H.G.F.

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Cette face semble indiquer la méthode à suivre pour achever la quête. Demeurer un apôtre de la justice, comme le suggère la balance et les épées entrecroisées. Au quatrième degré le rituel dit : « ce que vous demande la franc-maçonnerie, c’est d’aimer la justice…».

L’association de bras de couleurs différentes pour la balance suggère que cette justice doit être celle que dit la loi associée à celle que dit l’équité. Ces notions nous sont rappelées aux 6ème et 16ème degré.

Sur les décors qu’arboraient les pères fondateurs, ainsi que les rapportent « les commentaires de CLAUSEN », à l’avers du bijou étaient gravés les lettres : H.D.O.I.P.T.C, initiales des mots : Haine, Discorde, Orgueil, Indiscrétion, Perfidie, Témérité et Calomnie. Ceci permettait de rester en parfaite symbiose avec le tracé du tableau du 17ème degré.

Ces lettres indiquent aussi les menaces qui pèseraient sur le Chevalier ou sa loge s’ils s’abstenaient de suivre la voie de la justice, de l’élévation et du travail.

Bien sûr, je ne finirai par sur ce point sans dire, à l’instar des manuels et rituels, qu’on peut aussi lire les associations duales de matières et de couleurs, comme l’influence combinée des chevaliers venant d’orient avec elle des croisés qui ensemble suivaient les voies tracées par le Grand Architecte de l’Univers.

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Le tablier du Chevalier d’Orient et d’Occident est de soie jaune, doublé et bordé de rouge. Des flammes figurent en son centre. Ces couleurs répètent de nouveau que nous sommes dans une œuvre de transformation. Et elles en indiquent l’achèvement.

La couleur de fond du tablier indique que nous assumons l’œuvre au jaune, dont on dit :

Œuvre au jaune (citrinitas) :

« A cette étape, l’alchimiste, va essayer de recombiner les éléments simples qu’il a précédemment obtenus. C’est-à-dire d’épurer, de transformer en vapeur par la chaleur, c’est la sublimation. Le mélange doit virer au jaune. L’œuvre jaune n’est qu’une étape intermédiaire »

Cette explication confirme l’idée de choix que je rattache à ce degré. L’élection ne sera pas due à la volonté d’un souverain, au hasard ou bien au doigt du Grand Architecte, mais bien à nous même. C’est à notre capacité, à «…bien recombiner les éléments simples… » et à les sublimer grâce à la flamme de notre zèle, que nous devrons à ce degré, notre « Liberté De Passage ». Cette liberté qui nous amènera vers la nouvelle terre. Celle indiquée par la couleur rouge de l’œuvre, cachée, à l’avers du tablier.

De l’œuvre au rouge on dit : Œuvre au rouge (rubedo) :

« Il y a union du Mercure et du Soufre. L’alchimiste obtiendra alors une substance soluble dans le verre à basse température. En touchant le verre légèrement amolli, elle se dispersera à l’intérieur, lui donnant une coloration rouge rubis. C’est la poudre obtenue en broyant ce verre modifié qu’on nomme : « poudre de projection » ou « pierre philosophale ». Ainsi, au bout de cette tache se termine le Grand Œuvre, l’ « incarnation de l’esprit ».

Ainsi, le Chevalier d’Orient et d’Occident peut dire, comme Martin Luther KING : « j’ai vu la terre promise…peut-être que ne vais pas l’atteindre, mais j’en ai eu la vision…». Il a eu la vision du chemin par lequel il devait se transformer afin devenir pierre philosophale et l’incarnation de l’esprit.

Très Sage ATHIRSATA et vous tous mes Très Excellents Frères Chevaliers Rose+Croix, ainsi le but et les moyens viennent d’être résumés au maçon du 17ème degré. Il devra devenir « l’œuvrier », celui qui aura fait le choix du labeur de se transformer lui-même afin de devenir un instrument de l’amélioration dans l’œuvre du Grand architecte de l’Univers. Ici, il fait le choix de mériter par lui-même, peut-être un jour, le titre de chevalier. Et alors devenir celui qui défend le faible, la veuve et l’orphelin. Celui qui, par le signe, le mot ou l’attouchement saura faire bénéficier les autres de la poudre de projection qu’en lui aura mis l’œuvre de transformation de la franc-maçonnerie.

Très Sage ATHIRSATA et vous tous mes Très Excellents Frères Chevaliers Rose+Croix, je lis les décors et bijoux du 17ème degré, comme un rappel de l’enseignement reçu dans nos différentes loges depuis la cérémonie d’initiation, couplé avec un aperçu des taches à venir.

Ces décors et bijoux sont aussi, je crois, par leurs couleurs et les métaux mis en œuvre, une invite à approfondir la recherche sur l’alchimie. Car celle-ci, sans être une panacée dans l’évolution maçonnique, reste toutefois porteuse d’enseignements susceptibles d’indiquer la cohérence du passage de l’ancienne à la nouvelle loi. Sans une complète compréhension de cette cohérence, l’enseignement des gardes capitulaires et des valeurs dont il est porteur reste théorique. Car comment comprendre la notion de sacrifice, si ce n’est qu’en y lisant une extension de l’amour de soi à autrui et à toute l’humanité. Comment comprendre l’action du chevalier errant moyenâgeux si ce n’est en la mettant en rapport avec la nécessité de contribuer à sa mesure, à réaliser l’idéal d’harmonie voulu lors de la Création. Et par cette spiritualisation de sa vie, devenir digne d’entrer dans la Jérusalem céleste. Car pour paraphraser l’inscription, sur le fronton de l’école de Pythagore à Crotone : «…n’y entre qui n’est point esprit…» ou bien n’y entreront pas ceux qui ne se seront pas débarrassés de leur métaux ou qui ne auront pas se seront pas fait « les incarnations de l’esprit ».

Très Sage ATHIRSATA et vous tous mes Très Excellents Frères Chevaliers Rose+Croix, voila livrés à vos avis et sentiments mes réflexions sur les décors et bijoux du Chevalier d’Orient et d’Occident.

Très Sage ATHIRSATA et vous tous mes Très Excellents Frères Chevaliers Rose+Croix,

J’ai dit !

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