Le bijou du Chevalier d’Orient et d’Occident
Y∴ A∴
Le bijou du Chevalier d’Orient et d’Occident, 17ème Grade du REAA, est une médaille en forme d’heptagone, qui porte des symboles tant à l’avers qu’au revers.
1. Que retenir de la forme du bijou ?
La 1ère étape de mes investigations s’axe sur la forme même du bijou : l’heptagone ! Figure géométrique essentielle du Grade, le mot tire son essence du grec « epta » qui signifie 7 et « gonia » angle. Le bijou du Chevalier d’Orient et d’Occident a donc sept angles et sept côtés égaux, comme sa batterie qui est de sept coups (6 + 1), et sa marche de sept pas qui, pieds en équerre, marquent les côtés de l’heptagone, en partant du pied gauche dextorsum.
SEPT n’est plus à décrire, pour nous qui avons 7 ans et même plus ; parce que nous sommes passées expertes dans l’art du dégrossissement et du polissage de la Pierre Brute, et que la Matière n’a plus de secret pour nous. SEPT marque donc l’achèvement de cette époque très importante dans notre cheminement initiatique, qui nous a appris comment réaliser le parfait équilibre entre la Matière et l’Esprit. SEPT est donc le chiffre de l’homme parfait que nous sommes devenus, celui-là que se consacre désormais à la compréhension des lois de l’Esprit qui le relient, lui microcosme, au macrocosme, au Cosmos, à l’Univers ; celui-là pour qui : SEPT est le nombre parfait menant à l’universalité, à la transcendance, symbole du sacré, de la spiritualité, du divin, de la perfection, du renouvellement, de la résurrection ; l’une des représentations géométriques du SEPT (le carré surmonté d’un triangle en référence à la somme de 3+4, 3 mâle et 4 femelle) figure tout ce que contient l’Univers et englobe les sept éléments vitaux (4 Eléments : Terre, Air, Eau Feu et trois astres : Terre, Soleil, Lune).
SEPT représente la constitution septénaire de l’Homme, microcosme dans le macrocosme, que Hippocrate décrit si bien en ces termes : « Le nombre 7, par ses vertus cachées, maintient dans l’être toutes choses; il dispense vie et mouvement; il influence jusqu’aux êtres célestes ». SEPT est ainsi symbole du rayonnement dans l’espace : Haut / bas – Droite / gauche – Avant / arrière, et Centre.
SEPT marque la fin d’un cycle, mais pour le Chev. d’Or. et d’Occ. c’est également le début d’une ère nouvelle. La forme du bijou du Chevalier d’Orient et d’Occident résume tout ce qui précède, pour lui signifier que la boucle est certes bouclée (c’est ce que figure sa marche), et que « les temps sont proches » où, après tant et tant de questionnements, d’investigations, va s’instaurer pour l’Initiée « le temps de l’Intemporel et de l’Eternel », temps où « il n’y a plus de temps ».
Le bijou arbore des couleurs alchimiques : il est en argent ou en or, ou partie or et partie argent, avec nacre de perles.
Or et Argent sont des métaux précieux et nobles.
Représentant la lumière solaire en tant que symbole de la lumière manifestée, l’Or exprime la connaissance et la perfection (Age d’Or), la pureté, la noblesse, l’intelligence, la vertu ; sa quasi-inaltérabilité au temps lui confère un caractère sacré et en fait le symbole du principe divin manifesté dans la matière. Tandis que l’argent s’apparente à la lune dont il exprime l’éclat, la blancheur, la pureté ; il est symbole de transcendance, de sagesse, de richesse. L’Or est la couleur de la Vie, de la Vérité, de la Raison et l’Argent celle de la mort, du deuil, celle du centre du monde qui signifie l’ascension spirituelle vers la lumière et le retour à l’unité.
La nacre de perles, substance de base sécrétée par les mollusques et notamment les huîtres pour former l’intérieur de leurs coquilles, est symbole de richesse et de pouvoir.
De ce fait, l’or, l’argent, la nacre, principe divin manifesté dans la matière, ascension spirituelle vers la lumière et retour à l’unité, richesse et pouvoir spirituels, sont désormais l’apanage du nouvel Homme qu’est devient le Chevalier d’Or. et d’Occ. !
2. Que retenir des symboles qui sont graves sur le bijou ?
La 2nde étape de mes investigations
concerne les symboles gravés sur les deux faces du bijou,
décrits dans notre Rituel de la façon suivante :
A l’avers, dans chacun des angles,
sont gravées les lettres suivantes B / D / S / P / H / G et
F, initiales des mots Beauté, Divinité, Sagesse,
Puissance, Gloire, Honneur, Force. Au-dessus de chacune des lettres est
une étoile. Au centre, un agneau en argent couché
sur le Livre des Sept Sceaux, chacun des sceaux portant une des lettres
ci-dessus. Au-dessus de chaque lettre est une étoile.
Au revers, sont gravées deux épées en croix, la pointe tournée vers le haut, posées sur une balance en équilibre. Dans chaque angle, l’une des lettres suivantes : B / D / S / P / H / G / F.
Un agneau couché sur un Livre, le Livre des Sept Sceaux ! Deux épées en croix pointes en haut, posées sur une balance en équilibre. Deux fois Sept Etoiles ! Trois fois les Sept lettres B / D / S / P / H / G & F !
UN / DEUX / TROIS / SEPT : sont les nombres que nous retrouvons sur ce bijou et qui ne nous sont pas du tout étrangers ; nous venons d’ailleurs de revoir le SEPT ; faisons rapidement le tour du UN, du DEUX et du TROIS :
UN c’est l’unité, l’étalon-mesure qui est le commencement de la manifestation ; c’est l’affirmation de l’Être (c’est à dire le 1 sorti du 0, l’être qui est né à partir de la matière primordiale, le Dieu unique qui créa toute chose). Il représente aussi l’être doué de la parole, en tant que réceptacle de l’Esprit du UN primordial : le Verbe. L’être humain est le 1 multiplié du 1 originel.
Cette unité absolue se dissocie dans le Binaire ou le nombre 2 qui désigne le couple, les deux polarités. Il est composé évidemment du 1 + 1 qui se sont intégrés en un seul chiffre, un seul corps. Le 2 est le chiffre de la dualité, non seulement masculine et féminine, mais aussi de toutes les complémentarités. Le double est nécessaire pour la stabilité. Il nous fait comprendre que l’enrichissement personnel ne peut être égoïste et parcellaire.
TROIS : ramène à l’unité ce qui a été dissocié. TROIS c’est l’axiome classique « Thèse – Hypothèse – Synthèse », c’est la Loi du Ternaire, loi fondamentale en initiation. TROIS c’est la constitution ternaire de l’Homme : Esprit – Ame – Corps correspondant à l’Or, à l’Argent et au Plomb dont la synthèse est figurée par le Vif – Argent, symbole de la Quintessence.
Or nous avons un AGNEAU en argent couché sur UN Livre de SEPT Sceaux :
L’agneau est un symbole présent dans pratiquement toutes les cultures tant anciennes que modernes, où il fait figure à la fois de docilité, d’innocence, de sacrifice, de repas festif, de délivrance ; à ce titre, il incarne le triomphe du renouveau, la victoire sacrificielle de toutes les occasions. Dans l’Apocalypse (qui est le livre de référence du Chevalier d’Or. et d’Occ.), l’agneau n’est pas le doux mouton d’Isaïe qui se laisse emmener à l’abattoir, mais le combattant de Dieu qui verse son sang : il ouvre les hostilités contre les impies (Ap 6, 1…), sa colère les plonge dans l’effroi (Ap 6, 16). Il organise le combat qui mène à la victoire (Ap 17,14) et, sublime récompense, il devient l’époux de la nouvelle Jérusalem (Ap 21, 9) et dorénavant, son flambeau (Ap 21, 23), il est sur la Montagne de Sion, au centre de la Jérusalem céleste.
De même, l’Agneau en argent couché sur le Livre des 7 Sceaux est placé au centre du bijou du Chevalier d’Orient et d’Occident ; il figure la lumière au centre de son Etre, lumière de la Quintessence, vers laquelle le conduit sa quête constante de Connaissance. Le Chev. d’Or. et d’Occ. s’identifie ainsi à l’Agneau, triomphateur de toutes les épreuves, vainqueur de la mort, des puissances du mal, l’agneau tout-puissant, l’agneau divin, celui-là qui est le centre du monde et qui, seul, est apte à ouvrir les sept sceaux. Cela le place au centre de l’union, dans la voie du milieu pour son ascension spirituelle vers la lumière et le retour à l’unité.
La couleur argent « blanc et brillant » de l’Agneau figure cette lumière ; nous en avons vu le symbolisme un peu plus haut ; nous n’en retiendrons, ici, que le côté pureté qui figure la netteté de la conscience, la pureté d’intention et la droiture d’action qui doivent habiter le Chevalier d’Or. et d’Occ., lui le Pèlerin par excellence qui, suivant la course du Soleil, parcourt, d’Orient en Occident, l’Univers tout entier en quête de la Connaissance qui mène au Savoir et à la Sagesse Divine. Qui possède cette Sagesse possède l’Univers tout entier.
C’est cette Sagesse, ce Savoir que représente le Livre des Sept Sceaux : la mémoire de l’Univers manifesté. En effet, symbole de Science et de Sagesse par excellence, le Livre symbolise également l’Univers. Fermé, il conserve, il tait son secret ; qui plus lorsqu’il est scellé comme le nôtre par sept sceaux, il préserve sept fois plus le secret qu’il contient. Ce Livre de Sept Sceaux c’est le Livre de Vie de l’Agneau, qui est sa propriété et placé sous sa garde, lui la Lumière qui pénètre partout, qui illumine tout, éclaire tout ! Lumière de Justice et de Vérité !
Lumière très présente sur le bijou au travers des sept Etoiles que l’on y découvre par deux fois ; c’est la perspective qu’au-delà de ce degré, l’Initiée va entrer dans une ère de grande lumière ; le 2ème degré en est une amorce, elle y a vu l’Etoile Flamboyante alors qu’elle polissait la Pierre taillée. Nous savons toutes que l’Etoile maçonnique a cinq branches et figure l’homme régénéré, rayonnant comme la lumière, lumière dont elle est la manifestation centrale. Mais voilà qu’à ce 17ème degré, l’Initiée prend réellement conscience qu’elle est « née de l’esprit » et qu’elle a pour mission de faire descendre sur terre la Jérusalem nouvelle, pour un monde meilleur ; elle comprend alors qu’il ne lui suffit pas seulement d’avoir vu ou approché la Lumière, il lui incombe plus que jamais de l’assimiler, de l’attirer pour la concentrer et la conserver dans le foyer de sa personnalité, et faire disparaître définitivement le « Moi » étroit en le fusionnant au « Soi » de sa Divinité ; en un mot reconstituer l’Unité primordial en reliant enfin harmonieusement l’Esprit et la Matière, l’un ne pouvant être sans l’autre ; telle est là l’ultime transformation alchimique que doit opérer l’Initiée Chevalier Pèlerin avant de retrouver la Parole Perdue ; ce qui ne saurait tarder puisque « les temps sont proches ». Sept ETOILES éclairent également le Temple où travaille le Chev. d’Or. et d’Occ., pour lui rappeler « les sept qualités qui doivent guider les F F M M et qui sont : l’Amitié, l’Union, la Soumission, la Discrétion, la Fidélité, la Prudence et la Tempérance » (cf p. 159 Manguy).
Sept attributs divins sont dorénavant l’apanage du Chev. d’Or. et d’Occ. : la Beauté, la Divinité, la Sagesse, la Puissance, la Gloire, l’Honneur et la Force ; ce sont leurs initiales qui se trouvent sur son bijou :
la Beauté embellit
toutes les œuvres du Chevalier,
la Divinité indique que la F M a un but divin :
l’élévation spirituelle du Chev.
à un niveau et à un charisme divin,
la Sagesse, don de l’Esprit de Vérité,
est une qualité requise pour inventer,
l’Honneur, vertu chevaleresque faite de loyauté et
de courtoisie, de bravoure et de dévouement, est un devoir
indispensable dans la F M,
la Puissance est la force effective qui donne le pouvoir de commander
ou d’agir,
la Gloire démontre qu’un bon Maçon est
égal au plus grand Prince, en dignité, pour ses
actes et pour ses mérites,
la Force est nécessaire pour nous soutenir, pour triompher
de toutes les influences négatives et destructrices, Force
qui est, ici, parfaitement identifiable à la Vertu en son
sens le plus élevé. (réf.
P. 157 – 158 de Symb. Des Chap. / Manguy)
Ces sept lettres se retrouvent également sur le panneau heptagonal placé au pied de chacune des sept étoiles éclairant le Grand Conseil, à raison d’une sur le plateau de chacune des sept premières Officières et sont attribués comme suit :
B
(Beauté) pour le Très Puissant, D
(Divinité) pour l’Orateur
S (Sagesse) pour le Trésorier, P
(Puissance) pour le Second Grand Gardien
G (Gloire) pour
l’Elémosinaire H (Honneur)
pour le Premier Grand Gardien
F (Force) pour la Secrétaire.
Pour soupeser, établir et maintenir le parfait équilibre entre toutes ces valeurs : deux épées et une balance.
Symbole guerrier à la fois destructeur et constructeur parce qu’elle sert à établir et maintenir la paix et la justice, l’Epée est, par excellence, l’arme du Chevalier qui se met au service des plus faibles et défend les causes les plus nobles ; elle est, à ce titre, l’instrument d’une intelligence éclairée au service du droit et de la justice, et symbolise le rayon de lumière qui fait fuir les ténèbres, i.e. la guerre intérieure du Chevalier contre ses passions pour édifier, non plus un temple de pierre, mais un sanctuaire spirituel.
Les deux épées en croix pointes en haut, en même temps qu’elles sont menaçantes et prêtes à frapper quiconque oserait s’attaquer à l’Agneau, au centre de l’Etre, invitent le Chev. d’Or. et d’Occ. à être plus vigilant, mais surtout véridique, droit et juste dans ses combats contre ses imperfections pour acquérir de nouvelles vertus, combats qui ne sont pas encore finis ; éternel combat duel entre ombre et lumière ; pourtant, il lui faut parvenir à réaliser l’équilibre parfait entre ces deux aspects. C’est ce que représente l’équilibre des épées croisées et posées sur la balance, qui est symbole d’Equilibre, de Justice, l’Equité, d’Harmonie dans l’Univers, Harmonie de l’Univers, où opposés et contraires sont neutralisés.
Voilà sommairement comment je m’explique ces divers symboles. Leur présence sur le bijou du Chevalier d’Orient et d’Occident nous enseigne que ce dernier porte tous ces symboles en lui, qu’il les a assimilés, les a intégrés à sa personne, puisque c’est à ce degré qu’il lui est enseigné que ceux qui sont « nés d’esprit » ne doivent plus chercher à relever le Temple terrestre une nouvelle fois détruit par la main de l’homme, mais doivent chercher à faire descendre sur terre cette Jérusalem nouvelle, ce Temple spirituel que St Jean l’Evangéliste décrit dans l’Apocalypse, texte ésotérique qui raconte l’histoire du monde avec force récit les luttes que se livrent les forces du Bien et du Mal sur notre planète, entraînant ruines et désolation parmi les civilisations dans l’attente de l’avènement « d’un ciel nouveau et une Terre nouvelle…avec une ville sainte, la Jérusalem nouvelle descendue du Ciel auprès de Dieu…, une ville qui n’a d’ailleurs besoin ni du soleil, ni de la lune pour l’éclairer…une ville dans laquelle jamais n’entrera de profane…mais seulement ceux-là dont le nom est inscrit au Livre de Vie de l’Agneau ».
J’ai dit, mes S S, Parfaits Chevaliers R+C !