18° #415012

Au nom de la rose ou les tribulations d’une nouvelle chevalerie

Auteur:

P∴ W∴

GODF
Loge:
Non communiqué

Comment exprimer des impressions aussi impressionnantes, tant mon horizon avec vous fut magique et me remplit de joie ?

Je peux vous fredonner ces quelques lointaines paroles d’enfance, de notre mythique Johnny national ; Souvenir, souvenir…je vous retrouve dans mon cœur ; et vous faîtes refleurir tous mes rêves de bonheur !

Je me sens dès lorstransporté dans un autre temps, avec le sentiment d’avoir retrouvé la « Palabras perdida », grâce à la petite flamme animée en moi, telle la pensée immortelle du Phénix qui renaît de ses cendres après s’être consumé lui-même au prix de ses épreuves.

Petites prolégomènes avant mes aventures, de la Clef à l’Effort :

L’accueil et l’organisation furent à la hauteur de mes espérances tant je fus entouré d’amitié et d’amour fraternel.

A) une ambiance de « corrida humaine », où chacun et chacune, profitaient de la présence de son prochain. Où chaque instant singulier nous ouvrait à la vie dans une exaltation successive, comme si nous avions mérité d’une terre promise !

B) un accueil unique et chaleureux de nos amis locaux, F F et S S en harmonie, qui nous tendait les bras dans un regroupement familial, impatient de célébrations festives…

C) un cérémonial sans aucune mesure, surprenant et inhabituel, même si les initiations par délégation de secteur sont quand même de mise…

Tels sont les trois points essentiels qui marquèrent le milieu et l’environnement dans lesquels nous allions évoluer ensemble pour vivre ma nouvelle expérience existentielle, à la manière d’une mutation tri logique ; s’approprier, transposer et transcender.

Avec pour corollaire, un rituel rien qu’en espagnol, une langue que je ne parle pas ; juste quelles faibles notions acquises grâce à mon apprentissage « opératif » d’adolescent. Mais je fus touché très intimement, par la « musique » de cette langue, comme une « porteuse » qui éveilla, en profondeur, toute ma sensibilité jusqu’à parfois troubler mon attention.

Une expérience, donc très sensible, analogue au langagede oiseaux,et m’entraînant dans un « tourbillon méditatif » très singulier ; A l’instar du« parlé en langue », un rituel liturgique spécifique pratiqué dans les mouvements charismatiques Pentecôtistes,pour que l’Esprit régnant, « tombe »sur l’adepte et puisse agir,et afin que ce langage, totalement incompréhensible, soit à la portée de tous, pour induire une « sorte » d’influence qui guérit…

L’environnement du Temple attira de suite mon attention ;

La colonne briséeà terre, avec un ensemble d’outils symbolisant les aventures du chevalier qui prend la liberté de passerpour reconstruire un Temple, le panneau avec le Pélican au pied de l’autel et nourrissant ses petits de sa chair, la couleur éclatante du rouge au final pour me faire découvrir les symboles ; La Rose et la Croix, le signe et le Contre-Signe, le mot de passe, le mot sacré et l’acclamation « Hoschée » dont la signification semble être « Salvatrice » !

Tout d’abord, je fus présenté au Chapitre au 14ème grade en tant que « Chevalier de la Voute Sacrée, Parfait et Sublime Maçon » ; Ce qui me fit, d’emblée, prendre conscience que j’étais déjà un Chevalier connaissant quelque peu les mystères de l’Esprit…

Commença, alors, véritablement, la séance liturgique « d’orthopraxie », dans un lieu nommé la Vallée. Le tablier noir et la chandelle à la main me replaçant dans un contexte de ténèbres ; Eveillant sensiblement, en moi, une inquiétude dans l’errance comme dansl’erreur. (C’est d’ailleurs la même racine)

Puis, je reçu un appel à la confiance, eu égard au traditionnelcourage du Chevalier, invité à quitter, bien vite, le « vagabondage cérébral » qui pouvait l’indisposer !

Pour cela, je décida deme laisser guider par ma«b oussole intérieure », une posture volontaire permettant de me laisser atteindre dans mes émotions, puisque comme dit Habermas (Jurgen) ; « la caresse ne sait pas ce qu’elle cherche » ; Ce qui me permis dans un vrai lâcher prisemental,de faire vivre en moi « l’éloge du sensible ».

Puis la musiqued’un vieux western connu, « la Conquête de l’Ouest », m’accompagna dans mon passage de l’Orient à l’Occident. Ce fut le passage de vallée en vallée etla traversée de rive en rive, avecla truelle et l’épée à la main, afin de reconstruire le 2ème temple qui fut brisé à nouveau ; Ainsi passer serait donc traverser et même, par conséquence transgresser, pour qui veut dépasser ses propres limites…

En effet, mes B A F F, les portes ne sont-elles pas faites pour être ouvertes, et les épreuves pour être vécues ? N’oublions pas que pour un Chevalier, la dimensionnalités’éprouve ; En vue de remplacer, selon cette idée, le découragement par l’Allégresse !

Les trois voyages me firent découvrir les3 vertus théologales que sont la Foi, l’Espérance et la Charité ; Sans elles, pas de progrès possible…

J’ai bien prononcé, Espérance et non espoir, comme le BAF espagnol me l’a généreusement « soufflé » dans l’oreille en français ; Cela ne saurait être semblable, vous en conviendrez !

La Foi, c’est la confiance qui donne le courage ; L’Espérance, notre credo éternel pour vaincre le désespoir ; La Charité, c’est l’Amour de l’humanité au sens le plus noble, comme Nouvelle Loi à laquelle nous adhérons, ici, ensemble.

Les voyages accomplis m’ont apaisé du sentiment d’inquiétude et ont participé à une « paix profonde » ; C’est la réponse qui est faite à notre « mot de passe : « Immanuel », en voulant nous signifier que « Dieux ou la Lumière est en nous » !

La symbolique du Pélican nous invite à prendre la mesure du « Sacrifice » qui est le nôtre, dans l’action désintéressée envers les autres ; C’est l’Agape par excellence, à ne pas confondre avecl’Éros profane du banquet de Platon, ou même l’Amour Philia qui est une « Amitié » tout à fait singulière…

Pour cela, une certaine maturité affective et spirituelle doit s’opérer librement pour que ; je cite, « l’Amour Universel conduise notre vie » ; Telle est la deuxième sentence que j’ai reçue, en corollaire, lors de mon « adoubement », par le T S Athirsata, à savoir que le sacrifice deviendrait la nouvelle Loi du Ch R+C, qui n’aurait pour préservation que ses 3 vertus pour édifier son nouveau modèle du monde.

Une autre place doit être accordée au Signe et au Contre-Signe, avec l’index, dans le symbolisme Rosicrucien de notre 18ème grade, telle une indication sur la Voie de la Connaissance. Relier la pensée et l’action, joindre le ciel et la terre, pour unir ce qui est séparé ; Entre l’Alpha et l’Oméga, nous dit ST Jean !

Attendu que pour l’intelligence de l’homme, ce qui est en haut a la même importance que ce qui est en bas, de même que le début et la fin sont la totalité commePrincipe. Une allégation Sagement exprimée avec les bras croisés sur la poitrine des B A F F.

Autre bouleversante surprise ; Une fois « la Parole » retrouvée sous l’aile du phénix, surgissent subitement d’un coffret, les lettres extraordinaires, « I.N R I », qui en fait, au Nomde la Rose, ne peuvent-être qu’une parole de circonstance, substituée du mot Amour décrit plus haut ! Mais cette parole retrouvée, mêmesubstituée, put quand même, mettre fin à nos afflictions, avec une grande consolation dans notre quête ; nous apportant la joie en notre cœur.

Or, il y aurait plusieurs interprétations de cette Parole formée de ces quatre lettres I.N.R.I, qui traditionnellement, sont placées au sommet de la croix dans l’Imaginairecollectif christique…

Le sens le plus normé dans notre culture néo-testamentaire, étant selon St Jean, « Jésus de Nazareth le Roi des Juifs », (Jésus Nazarareus Rex Judaeorum)

Une 2ème interprétation à caractère plutôt naturaliste et déiste, serait la suivante ; « la Nature seRenouvelle Intégralement par le Feu », (Igne Natura Renovatur Integra) ; Celle-ci nous viendrait des Alchimistes…

Mais, il y a-t-il, mes B A F F, dans cette multiplicité, un langage suffisamment construit, pour être compris de tous et même par Soi ?Sachant que toutes ces interprétations ont été traduites, en Latin, en Hébreu, en Grec…L’exemple de ce Mot Sacré, étant une belle démonstration linguistique multi-référentielle,pour de nombreuses interprétations, mais aussi de sens possibles, pouvant-être « révélés » !

Je vous propose, d’ailleurs, une 3ème traductionplus proche de nos axiomesphilosophiques fondamentaux,que certains connaissent peut-être ;« Indefesso Nisu Repellamus Ignorantium », Chassons l’Ignorance par des Efforts Infatigables ; Nous pourrions, bien sûr, en trouver bien d’autres !

Puis, La Croix, hautement symbolique, nous fut présentée, ornée en son Centre de cette Rose (déjà citée),emblème de l’Amour pur. En effet, la Rose nous est présentée dès notre initiation d’apprenti, et c’est de plus, l’unique objet symbolique que l’on emmène en dehors du temple pour l’offrir,toujoursen guise d’amour, à notre plus chère « relation de proximité »… Oui, car c’est bien l’Amour qui rend vrai la Vérité ;

Je compris alors rapidement que l’émergence d’une « Loi nouvelle » me fut proposée, eu égard à cette allégorie finale, dans l’exaltation de ce 1èr grade Capitulaire… Une nouvelle Loi substituée à l’ancienne, celle« surchargée » de dogmes et de superstitions.

Nous pouvons penser à uneAlliance curieuse et bizarre, entre la Rose et la Croix, qui serait emblématique de nos joies et nos peines étant comprise, ou « admise », comme une « fertilisation croisée »,façonnant notre vie pour Advenir ; Une transfiguration en mouvement !

Enfin,ce rituel d’exaltation, il me semble, se place en dehors d’un temps ordinaire. Il a ce rôle merveilleux, disons-le, de « cristallisation d’anxiété », et permet de trouver la quiétude par un « dialogue intérieur », sans envahir le mental, afin d’établir une autre « Reliance » individuelle. Il favorise l’émergence d’un nouveau « paradigme esthétique dans la complexité ». Sous la forme d’un rituel Pseudo-Œcuménique…

Un concerto espagnolque j’ai vécu comme une véritable « rupture temporelle » ;Ce«quelque chose »qui n’arrivequ’une fois dans un contexte unique, entre l’intime et l’extime, et que l’on peut qualifier, plus précisément, de « primultimité » irréversible du merveilleux. Une Alchimie de la Rencontre !

Une invitation à recevoir la vie telle qu’elle se propose à Soi, sans fatalité. Puissions avoir conscience que nous sommes tous des Noachites de la religion primordiale, des Hommes sans dogme à base de fraternité et d’Amour,où chacun des Chevaliers que nous sommes est appelé, à sa manière, à participer au « ré-enchantement dumonde »dans ce temps de post-modernité !

Je ne puis interrompre brutalement ce « manifeste épistolaire », sans un doux etun tendre épilogue pour témoigner du « temps fort » de cette odyssée…

D’autres activités se sont présentées à nous en dehors de mon élévation. Une tenue en loge bleue à la « Constante Alona » de l’OR D’Alicante du GODF, avec une jolie petite planche traduite sur la dualité, au travers de notre bien connu pavé mosaïque.

Une très émouvante cérémonie du souvenir en mémoire des victimes maçons, et profanes, du fascisme franckiste, qui n’avaient comme Credo que leur foi en un monde meilleur.

D’autres promenades, visites et repas en commun contribuèrent à souder notre famille Rosicrucienne, tels les Chevaliers de la Table Ronde à la recherche du GRAAL.

Mais aussi, une autre tenue exceptionnelle eut lieu au 30ème degré, après mon initiation et leslibationsqui suivirent, mais seulement en salle humide, N’ayant puprendre part au traditionnel rituelde la Cène,dans le temple même, et partager« l’Union enCommun », afin de consommer le pain et le vin, en fraternité !

Ce qui me laissa largement le temps, outre l’interminable vaisselle vêtue d’un tablier « opératif », d‘échanger longuement et intimement, avec mon B A F Gilles, ici présent, dans une touchante, et sincère, relation de proximité la plus authentique.

En conclusion, je tiens à exprimer toute ma gratitude, aux T E et B A F F qui m’ont entouré durant cette « expédition Sacerdotale », avec un « clin d’œil » discret, mais complice, pour mi Padrino « Yoèl », sans oublier notre B A F, et passé T S Athirsata, Fabien, venu de si loin…

Je retiendrai une morale, ou plutôt une Éthique personnelle ; Combien il est utile de ne pas se tromper de combat en laissant l’épée au profit de la truelle, pour se construire en humanité. Notre nouveau Credo,ou Loi nouvelle, serait de travailler à l’édifice d’un 3ème temple d’Amour, où nos cœurs seraient,métaphoriquement, de véritables et bienheureux « tabernacles » sacrés. N’ayez pas peur,non, n’ayez pas peur, mes B A F F Ch R+C, l’Amour Universel est contagieux et c’est tant mieux ; Aime et fais ce que tu veux nous dit Augustin de Thagaste, dit d’Hippone !

Nous devons nous préparer à l’ultime initiation ; Aimer la viejusqu’au jour du « grandvoyage », afin de conjuguer notre désir paradoxal de « vouloir mourir vivant » !

Mai pouvons-nous nous quitter ainsi, sans rendre unimmense hommage à notre T I F, Gilbert Durand, philosophe, sociologue et Grand Maître des Structures Anthropologiques de l’Imaginaire,passé le 7 décembre à l’OR Éternel, en déclarant avec allégresse l’un de ses plus purs « produits » de son érudition incommensurable ;

« Ce que la méditation peut atteindre n’est ce que l’indicible à fait » ;Alors, que notreméditation ne soit pas une futilité puérile, mais au contraire une authentique expérience de l’esprit humain.

J’ai dit.

T S A

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