18° #415012

Le temple noir : perception du souffle

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A la gloire du Grand Architecte De L’Univers


Ordo ab chao


Deus meumque jus


Au nom et sous la Juridiction du Suprême Conseil pour la France
 des Souverains Grands Inspecteurs Généraux
 du 33ème et dernier degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté,


TSA, TIllF, et vous tous Chevaliers R+C, mes F
J’ai travaillé




L’expérience de la 11ème porte.



Un drame va se nouer au 13ème degré pour l’éveil de nos consciences: »nous n’allons pas cependant continuer à l’infini » disent les trois GMA! Ce n’est pas le mot « infini » qui nous intéressera là mais le fait qu’ils aient dit « nous n’allons pas continuer ainsi ». En effet ils aurontessayé 99 noms de Dieu. Enfin ils entendent que cela est vain, ils ont lâché prise, lâché le concept, la notion. Alors qu’advient-il quand il se passe cet « abaissement du niveau mental » comme dit Jung? L’expérience.



La voici: « Un vent furieux souffla dans la voûte » dit le rituel.



D’autres avaient déjà nommé cette expérience. L’Ungrund de Jacob Boehme, le « sans forme » de maître Eckart, « Dieu brillant éclair et néant sombre » d’Angelus Silesius, le numen de Jung et très proche de nous et de notre rituel, François Cheng dans ces « 5 méditations sur la beauté »: « le souffle du vide médian ». Cette expérience fonde le passage au a-rationnel, à l’acte poétique. C’est tellement une expérience que l’heure d’ouverture du 14ème degré en est une aussi: elle se trouve être entre le point du jour et le lever du soleil qui correspond à la demi-heure de silence complet dans la Jérusalem Céleste de l’Apocalypse dans un temps qui n’est plus Chronos mais Kaïros.



Les trois GMA rebroussent alors chemin vers la matérialité en méditant, ébranlés par quelque chose qu’ils n’avaient jamais vécu que l’on pourrait interpréter ainsi: « comment moi, être fini, puis-je dire l’infini? Mais c’est impossible, ce sera toujours faux! ». C’est pourquoi la Réalité reste le Secret de la Franc-maçonnerie. Pour le ‘fini’ que je suis, l’infini est mortifère. Les GMA avaient raison: ils ne pouvaient continuer à l’infini, vers l’infini. Non pas parce que ce serait bêtement interdit mais parce que le fini et l’infini n’étant pas de la même nature, ce serait la mort pour eux d’entrer dans l’infini. La transmission à la matérialité serait définitivement perdue. Pour le moment, ils ont expérimenté, ils savent le souffle mais sans comprendre. Sans comprendre: c’est pourquoi le GED LVS dit: « j’ai à me perfectionner« .



Le REAA, avec son aspect de spirale hélicoïdale nous invite alors à cette recompréhension du souffle.



Le temple noir



Continuant leur chemin, Les GEDLVS ont l’occasion de voir le cheval noir du 17ème degré qui tient une balance et son cavalier entend une voix qui lui dit de ne pas toucher à l’huile et au vin, huile d’onction des rois et vin de la présence divine et de peser un tout petit peu de nourriture. La famine spirituelle est grande à l’orée de notre temple noir du 18ème degré.



A la réception dans le temple noir, projection de notre cheval noir, les outils de la Franc-maçonnerie sont dispersés, les récipiendaires ont perdu connaissance, ils ont perdu la connaissance. Ils ont peur de la mort. Mais nous savons que l’Ordre vient à partir du chaos, Ordo ab chao. Alors comment?



Par ce voile sur leurs yeux qui dématérialise leur regard extérieur et témoigne de leur renoncement. Quelle chance! ils ont une nouvelle fois lâché prise. C’est ainsi que de la même façon que les trois lumières avaient disparu au 13ème degré parce qu’intériorisées, les trois vertus s’éteignent; elles ne sont plus extérieures, elles sont dématérialisées car en eux.



C’est au moment de cette spiritualisation de leur matière par ce lâcher prise que se matérialise soudain l’Esprit par la perception, sous le voile, de ce souffle qu’ils raconteront ensuite. L’être pneumatikos est constitué au 18ème degré. L’étymologie du mot pneuma voulant dire tout à la fois « esprit », « souffle » et « vent » nous permet d’établir un lien entre le monde physique et spirituel. Les deux se rencontrent précisément dans cette Réalité à la fois invisible, sans forme mais sensible qu’on appelle le souffle, l’air, le vent. Je le répète, les contraires se résolvent alchimiquement dans la Réalité à la fois invisible, sans forme mais sensible qu’on appelle l’air, le souffle. Pour connaître ceci, le rituel est clair: pour connaître ce souffle, ce moment de coagulation, le coagula, il faut la solution, le solve.Il faut passer par le feu. Et tant pis pour les faibles. « cuis et recuis » comme dit la formule alchimique. Qui fait cela en notre degré? Le phénix. Le phénix qui estun autre nom de l’alchimie.



Les Chevaliers diront donc dans le Temple rouge « qu’une voix mystérieuse s’éleva au fond de nous et nous sentîmes comme un souffle ». « Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix » disait Jésus à Nicodème dans l’évangile de Jean. Cette voix est l’étincelle de lumière semblable à un point central, à un yod initial de Y.H.V.H. duquel tout procède et surtout le souffle de sa deuxième lettre, le premier H.! nous remontons à la source du souffle. C’est comme un Jésus dans la nuit de Noël, une lumière dans notre Galilée secrète comme un feu régénérateur issu du feu principiel. Si cela vient du fond, c’est que cela est personnel. Nous pouvons croire en nous. C’est pourquoi nous osons dans nos planches le libre-arbitre et l’intuition, autre nom de l’espérance intériorisée,



Mais quelle est l’émotion du moment présent ?



C’est que ce souffle vient pour la deuxième fois, insistant à rentrer dans notre pauvreté. Dieu communique par ce souffle. Il n’y a plus de mots substitués. Cette insistante immanencea un autre mot: l’amour. Il est l’acte du Principe qui s’expérimente en nous, il est la matérialisation de l’Esprit, il est l’Hermès.



Ecoutons un moment surprenant d’un entretien de Marie-Louise Von Franz paru aux éditions La Fontaine de Pierre. Elle dit:


– La plus haute expression de l’amour contient aussi un grain de sel.


– Que voulez-vous dire par là? demande le journaliste


– Je ne vous le dirai pas.


Comment expliquez-vous l’amour?


Je refuse catégoriquement de l’expliquer! Ça me dépasse complètement.



Extraordinaire pirouette voulue qu’elle fait là. Elle ne le dira jamais, ce grain de sel, afin d’obliger l’interlocuteur à l’expérience. Tant pis pour les faibles ai-je déjà dit. De la même façon, il y a peu se disait un morceau d’architecture sur saint Jean et le VM en chaire parla d’amour ressenti alors que l’orateur n’en n’avait jamais cité le mot. Cela dépasse aussi.



L’amour n’est pas une obligation rajoutée au 18ème degré! Il est l’amour qui irradie naturellement de nous dans les vallées. Jung écrit dans « ma vie »: « nous sommes les moyens et instruments de l’amour cosmogonique, cet amourétant un Tout, un et indivisé qui s’impose à l’individu… qu’il acquiesce ou qu’il se révolte ». Cet amour est le seul terme, le seul mot qui fasse que fini et infini se mélangent ici alors qu’il n’en était pas question au 13ème degré. La résolution alchimique des contraires est réalisée. Même conclusion entre immanence et transcendance. Et même conclusion sous forme de langue des oiseaux entre l’ange et la pierre la plus dure, le silex, pour dire ange de silex, Angelus Silesius. Nul doute qu’il l’a fait exprès car son vrai nom est autre.



Donc la parole est un souffle, cela suffit. On me donne I.N.R.I., ce sont des initiales dont le contenu est incompréhensible, les trous dans l’épelé étant les lieux de l’imaginal et de la langue des oiseaux. On ne peut posséder une traduction, fût-elle du rituel. Mais ce mot nourrit comme pain et vin. C’est pourquoi I.N.R.I. est dans un souffle, le 3ème élément à transmettre à la Cène, de la même manière que le pain et le vin.



Ce souffle, comme le TIF Jean-Luc Fauque l’écrit, est d’un ésotérisme objectif: il y a des difficultés à toute forme de langage pour l’exprimer. Silence mes frères: comme à la Jérusalem céleste, écoutons le souffle. … …



Conclusion



Et si le rituel était œuvre d’art, parole au-delà du langage insuffisant, souffle poétique qui nous métamorphose?


Et si le Rite Ecossais Ancien et Accepté était la mise en œuvre du souffle de l’Esprit?



G DK

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