18°
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L’initié fonde son espérance sur le besoin de dépassement qu’il ressent en lui-même
L∴ P∴
Pour le profane qui fait sa démarche pour intégrer la GLDF et par conséquent le REAA, au moment de son initiation, quelle peut être sa vision de son avenir Maçonnique ??
Pour ma part je n’avais vraiment aucune idée de ce qui pouvait faire la suite de ma démarche !!!!
Il faut reconnaître que pour le profane fraîchement « initié », il faut du courage, et de la persévérance. Au fil du temps se dévoilent des rites, des symboles, des Frères, des apprentissages, l’écoute dans le silence. La découverte du fameux « connais-toi toi-même », première interrogation d’ordre psychologique et sociologique. Invitation à la découverte de l’homme dans sa dimension éthique, métaphysique, spirituelle, son origine, sa destination. Bien des sujets qui ne faisaient pas partie de mon quotidien d’homme profane.
La Franc Maçonnerie n’est pas une solution miracle, c’est une école d’éveil, d’écoute, de respect et surtout de travail personnel. Elle propose aux hommes, un espace, un outil, un lieu et une méthode. C’est en découvrant d’où nous venons, de quel passé, de quelle tradition notre vie et notre âme sont faites que nous découvrons une direction à notre chemin, un sens à notre vie, que nous trouvons une « espérance ».
Le REAA ne prétend pas nous apporter une vérité totale car l’homme n’est hélas qu’un homme, fini, imparfait, mais aussi pétri de désir d’infini et de perfection. C’est le Rite qui nous permet de trouver une discipline, une Règle, une Loi. Il permet au profane devenu initié d’aller vers le sacré, de se dépasser lui-même, mais surtout de créer les conditions de ce dépassement. Car la situation du Maçon est complexe, il y a toujours une distance entre ce qu’il est, ce qu’il veut être, ce qu’il doit être. Il est habité par la Foi mais aussi par le doute. Le REAA a pour fonction de fournir une méthode pour indiquer une direction, pour montrer le chemin et susciter une espérance.
L’initiation ne confère que peu de droits, mais de nombreux devoirs. Le Rite du REAA propose des rituels propres à chaque degré qui sont nécessaires, car la connaissance véritable de soi ne peut se faire que progressivement. L’initié reçoit les outils et les symboles qui lui permettent de se modifier, afin d’accéder à la supra-conscience. Le choc émotionnel de l’initiation doit permettre au candidat de surmonter les épreuves qui l’amèneront à passer de l’état profane à la perception de la notion du sacré.
L’initié ressent-il le besoin de dépassement de lui-même ??
Moi-même, initié au Rite du REAA ai-je ressenti le besoin d’essayer de me dépasser ???
C’est le temps, le travail, l’assiduité qui m’ont permis de franchir des degrés du REAA. Chaque fois des connaissances nouvelles me furent dévoilées, mais aussi de nouveaux Devoirs s’imposèrent : réfléchir, élaborer des plans pour l’avenir, en cherchant au fond de moi-même le sens de ma vie.
Ces apprentissages devinrent des capacités nouvelles, qui me permirent de franchir les difficultés plus ou moins importantes que chacun rencontre tout au long de sa vie. Et celui qui dépasse le problème enrichit sa connaissance et son savoir.
C’est la méthode initiatique du REAA qui patiemment nous permet d’apprendre à penser avant d’agir, et chaque fois que notre horizon se restreint le dépassement de soi-même se fera de manière intuitive, automatique !!!
Au fil du temps l’initié prend conscience de sa progression, tant sur sa capacité à se dépasser pour franchir les difficultés que dans la réalisation de son chef d’œuvre personnel, c’est la découverte de l’espérance, sentiment de confiance dans l’avenir qui nous porte à attendre avec sérénité la réalisation de ce que l’on désire.
C’est lors de mon initiation au 18°degré que j’ai découvert les vertus théologales, dont l’Espérance.
L’Espérance est une des trois vertus théologales avec la foi et la charité, il me semble qu’il existe une interaction entre elles, et je crois qu’il faut éviter de voir ces vertus isolément. Peut-être doit-on voir ces vertus non pas isolément mais collégialement, juxtaposées.
La foi pour nous, initié du REAA n’est pas la croyance aveugle dans un dogme, mais une présence dans le cœur de l’homme qui l’amène à consacrer tout au long de sa vie la poursuite d’un idéal, mais l’espérance est une sorte de combustible spirituel qui lui permet de résister à l’usure du temps. C’est aussi la foi en l’homme.
La charité c’est le dévouement du Franc Maçon à ses semblables qu’il est tenu d’aider et d’aimer. C’est elle qui pousse les initiés à remédier aux injustices, à essayer de faire régner l’ordre dans le chaos, à vouloir rénover la société et les hommes, à exalter les nobles sentiments. Sans Espérance et sans Foi comment l’initié pourrait-il poursuivre sa quête dans le temps.
L’initié dans le rite du REAA, pas à pas, degré après degré, poursuit sa route vers son idéal, c’est pour chaque Maçon la construction pierre après pierre de son temple intérieur, l’espérance de terminer sa construction le motive, mais il sait bien que seule l’éternité pourrait lui permettre de la mener à son terme. Pour cheminer vers le royaume de l’amour et de l’esprit, la foi dans son existence est nécessaire, de plus nous partageons la route qui y mène avec nos semblables, et nous avons aussi besoin de charité.
Alain pacifiste convaincu mais engagé volontaire dans la « grande guerre » écrivit :
« L’espérance est un genre de Foi en un avenir meilleur, c’est-à-dire qui laissera place à la justice et à la bonté. Par exemple on espère la fin des guerres, sans preuves, et parce ce qu’on le veut, parce qu’on doit le vouloir. On voit que l’espérance suppose la foi avant elle et la charité comme conséquence » Alain
L’espérance c’est la lente et difficile marche de l’humanité vers son perfectionnement spirituel, la foi me laisse penser que demain existe et que nous Maçons nous participons à le rendre meilleur qu’aujourd’hui.