18° #415012

Vous voyez aussi un phénix sur le bûcher de l’immortalité

Auteur:

R∴ C∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Cet oiseau fabuleux est l’emblème de la pensée immortelle qui se consume elle-même et renaît de ses cendres
Veuillez en donner le sens   (rituel du 18° garde)



A180-R-1

TSA et vous tous mes BAF Chevalier R+Cl’allusion au symbole du Phénixoiseau fabuleux, emblème de la pensée immortelle, fait partie du rituel de l’initiation au XVIIIe degré après que GEVS ait été d’abord reçu au XVeau XVIe et XVIIe degré.


Un bref rappel de ces grades : au 15e grade il est faitChevalier d’Orient,il lui est rappelé que la lumière vient de l’Orient et que l’épée –la pensée- est l’arme d’accomplissement du devoir. Cette notion du devoir estparticulièrement développée au quatrième degré, comme nous le savons.


Au XVIe gradecelui desprincesde Jérusalem qui ne purent empêcher la ruine du temple,construit selon l’ancienne loi qui prônait lavolonté de puissance. Volonté de puissance toujours d’actualité, même dans notre obédience … Semblerait-il !


Au XVIIe gradecelui de Chevalier d’Orient et d’Occident qui participe à la reconstruction du temple, c’est-à-dire de son temple intérieur, « où l’effort est récompensé, sur la terre oùrenaîtl’acacia »comme le dit le Chevalier D’Éloquencelors de l’ Initiation. Il estdonc question au XVIIe grade de reconstruction,de renaissance.


Le chevalier d’Orient et d’Occident est alors prêt pour l’avènement du troisième temple, « temple mystique fondé sur la nouvelle loi où autorité et justicesont tempérées etsanctifiés par l’amour ». Ce qui est différent de l’ancienne loi qui prônait la volonté de puissance.



C’estalors que commence la dernière partie de l’initiation au XVIIIe degré.L’impétrant, chevalier d’Orient et d’Occident, après avoir « parcouru l’Orient et l’Occident pour rechercher la Parole perdue, malgré les ténèbres, croit l’avoir retrouvée « Sous l’aile du Phénix à l’instant où il renaissait de ses cendres ».


Le symbole du Phénix est ancien, c’est l’oiseau fabuleux égyptien, originaire d’Éthiopie dit-on, il est associé au Rouge et au Feu.


Le Phénix est un oiseau de conception mythique. Il est -pour les Égyptiens‑ le symbole des révolutions solaires et aussi celui de la résurrection qui attend le défunt après la pesée des âmes.
Pour l’alchimiste, le rouge est la couleur de la pierre philosophale, la pierre qui porte le soleil.


C’est la pierre qui permet toutes les opérations et les transmutations. On pourrait direqu’elle permettrait de transformer nos pires défauts en qualités exceptionnelles, comme elle est censée transformer les métaux vils comme le plomb en or ! (Ce qui n’est pas loin de la transformation qu’opère l’amour qui apporte le bonheur quand il nous touche.)
Pour les alchimistes l’oeuvre au rouge ainsi réalisée ne peut se faire sansla transformation de l’opérant lui-même.


L’étape initiale étant l’œuvre au noire qui correspond à la dissolution du vieil homme et la naissance de la conscience spirituelle.
Suivant la légende, le phénix, n’ayant pu se reproduire, quand il sentait sa fin venir, construisait un nid de branches aromatiques et d’encens, y mettait le feu et se consumait dans les flammes. Des cendres de ce bûcher surgissait un nouveau phénix…
Le Phénix nous apparaît donc commedit Jean Mourgues, non comme un aboutissement mais comme un pouvoir de transformation.


C’est aussi une façon d’être à travers les épreuves de l’existence.
On retrouve le symbolisme du Phénix non seulement chez les Égyptiens mais aussi dans différents civilisations :
— chez les Perses, l’idée de l’oiseau se confond avec celle de la légèreté, de l’essence des choses et des êtres. Le Phénix incarne la pensée opposée à la matière, l’intériorité de l’homme, son « moi profond, son esprit ».
— Chez les Grecs (Hésiode : 700 ans avant Jésus-Christ) il est confondu avec la corneille, l’oiseau qui vit neuf générations d’hommes en pleinejeunesse. Ce serait assez tentant de renaître dans le corps d’une corneille.
–Chez les Romains(avec Ovide, 40 ans avant Jésus-Christ, Pline et Tacite,) le phénix vieillissant se décompose pour engendrer le nouveau phénix. Ce n’est que plus tard qu’apparaît le thème du bûcher sans doute en liaison avec les pratiques funéraires romaines.
Les chrétiensont adopté le Phénix, il symboliste le Christ ressuscité, etil figure notamment au XIIe siècle au chapiteau de différente abbayes et cathédrales.
L’oiseau mythique évoque le feu créateur mais qui peut en même tempsêtre un feu destructeur.En consumant il purifie etpermet la régénération.
On retrouve le Phénixau long des siècles sur les blasons. Sur certaines représentations le Phénix regarde le soleil et s’apparente alors à l’aigle seul oiseau réputé capable de regarder le soleil en face.
L’aigle est aussi l’oiseau qui faitpartie du bestiaire R+C. Il semblerait d’ailleurs que le Phénix ait été introduit dans nos rituelsaprès l’aigle sous l’influence du RER. Avec le pélican, l’aigle rappellerait le signe et le contresigne, selon Irène Mainguy.
De nos jours le Phénixapparaît même dans le best-seller Harry Potter. Il n’est donc pas mort…
Suivant de près notre initiation au XVIIIe grade, le Phénixnous inviteà chaque tenue et plus régulièrement dans notre vie de tous les jours, à nous reconstruire comme le chevalier d’Orient et d’Occident qui est invité à reconstruire le temple détruit dans le grade précédant. Temple extérieurrappelant bien sûr, notre temple intérieur.


Suivant Irène Mainguy les trois vertus théologales ou vertus majeures : FOIESPÉRANCE CHARITÉ peuvent être interprétées de la façon suivante : la foi est représentée par l’homme qui est en quête de se libérer de ses limitesterrestres, l’espérance est représentée par le Phénix et la charité par le pélican.
La foi voulant dire à la fois :confiance, croyance, loyauté, fidélité etc. et non pas uniquement foien un Dieu, même si celle-ci n’est pas exclue, c’est donc une foicontraire à la foi aveugle des fanatiques qui peut les conduire à obéir les yeux fermés et à perdre leur discernement sans chercher à comprendre en interdisant surtout l’interprétation des textes anciens d’origine.


La foipour les Ch.°.R+C implique de participer à la même recherche de la vérité en toute conscience c’est ce qui permettra de rassembler ce qui est épars.
Cette foinous amène à l’amour du prochain notre semblable, à la pratique de la charité, c’est-à-dire la pratique du partage, dans l’espérance d’un monde meilleur.


Cette notiond’ espérancesymbolisée par le Phénix, correspond plutôt à un état d’âme de celui qui espère alors que l’espoir correspond plutôt à tout ce qui est espéré.
C’est cet état d’âme de celui qui espère, qui, au troisième grade nous fait incarner le maître Hiram.
Cette notion d’espérance nous la retrouvons aussi dans notre batterie de deuil : gémissons, gémissons, gémissons, espérons !dit le rituel.


L’espérance symbolisée par le Phénix doit conduire le ChR+Cá une transformation intégrale et à l’émergence d’un être nouveau, à condition bien sûre que le ChR+C oriente sa volonté dans ce sens et qu’il ne reste pas un observateur passif comme c’est souvent le cas.
Dès son initiation, le franc-maçon s’engage à agir et non pas à subir.
Le ChR+C lui est censé renaître après s’être entretenu au Feu de la Connaissance.



Pour le yogi il y a une continuité entre matière et mentale. La pensée, énergie matérielle, suit la volonté mentale. Autrement dit : nous devenons ce que nous pensons.
Dans notre rituel le « phénix sur le bûcher de l’immortalité, emblème de la pensée immortelle »prend ainsi tout son sens, il est là pour nous rappeler que nous pouvons devenir ce que nous pensons.
Le mot est le support de la pensée ; travailler sur les mots conduit à travailler sur la pensée.



Marc Alain OUAKNIN dans son livre Bibliothératie = lire c’est guérir, rappelle aussi que ce sont les mots qui servent de support à la pensée humaine, et, qu’ilsdoivent être employés dans toutes les positions possibles. Il faut « lire aux éclats » (autre livre de Marc Alain Ouaknin )
le mot peut renaître à l’infini, nous le faisons renaître à chaque interprétation et il en va de même de la pensée qu’il soutend.
Pour les kabbalistes, par la Guématria en utilisant les correspondances lettre et nombre on faitéclater le mot et on établitdes correspondances multiples.C’est cet éclatement qui peut créer de nouveaux sens, de nouvelles pensées …



L’ interprétation à l’infini évite le dogme et encourage la Tolérance …



Comme dit Daniel SIBONY (« psychanalyse et judaisme », docteur philo +math: « le propre de l’homme est sondésir d’interpréter.L’interprétation,c’est l’invention de l’homme, c’est ainsi qu’il s’invente et se réinvente  »



Pour les cabalistes des textes sacrés – commenos rituels — ont quatre niveaux de signification :
— le sens littéral d’abord
— ensuitele sens donné par l’allusion, l’analogie.
— puis le sens donné par l’interprétation, ce troisième niveau correspond à notre façon de travailler en loge –nous interprétons à l’infini nos symboles-et ce travail sur l’interprétationest indispensable pournous rapprocher duquatrième et dernier niveau :
le sod, le sens secret que nous ne pouvons atteindre mais dont nous pouvons nous approcher surtout quand nous arrivons à construire l’ égrégore. On pourrait dire que c’est le sens immortel des mots.


Ces quatre niveaux en hébreu constituent le mot PARDES, le verger, le paradis perduqui n’est pas loin de la parole perdue.
Cette parole perdue qui est le thème majeur de l’initiation du Ch.°.R+C comme le rappelle le symbolisme du XVIIIe grade, notre petit livre rouge, la parole perduene s’identifie pas au mot de Maître qu’Hiram refusa de communiquer aux trois mauvais compagnons. Ce mot de maître était un mot de reconnaissanceet non unmot de connaissance.


Comme le rappelle toujours notre petit livre rouge (page 8), c’est au 13e grade que nous découvronsla parole perdue. Suivant la Légende,les Grands Initiés, les Trois mages, endescendant au fond des fondations de l’ancien temple d’Enoch, découvrentle tétragramme sacré d’Israel -la parole perdue – illisible, gravé sur une pierre d’Agathe.–c’est le centre de l’ IDEE-( rituel du XIII° )


Il nous reste à interpréter à l’infini ce tétragramme comme nous y invite toujours Marc Alain Ouaknin dans son livre «  Concerto pour quatre consonnes sans voyelles »


Les mots support de notre pensée sont de petites maisons avec caves et greniers : le sens commun séjourne au rez-de-chaussée, et nous pouvons naviguer entre la cave et le haut de la maison.
On retrouve cette notion dans l’arche de Noé qui est censé avoir sauvé l’humanité entière : il y a dans l’ Arche3 ponts : inférieur, médian et supérieur suivant la Bible.
Il est intéressant de noter qu’en hébreu le mot arche se disant téva, comme la chaîne de télévision, signifie aussi mot, autrement dit il nous faut entrer dans le mot, en l’interprétant, le visitant de la cave au grenier, pour nous sauver de l’intolérance, de l’INDIFFERENCE ou du dogme, porteur de violence, de destruction, commeà l’époque de Noél’arche,téva,le mot, a sauvé l’humanitédu déluge, de la destruction.



Si nous continuons à parcourir le rituel du XVIIIe grade nous découvrons le mot substitué : INRI
la parole retrouvée.Parole qui à son tour peut s’interpréter de la façon suivante : c’est par le feu que la nature entière se renouvelle.


C’est en consumant, en renouvelant, sapensée, que le ChR+C va serenouveler, renouvelersa façon de voir les choses, sa façon de penser, sa façon de se comporter y compris dans sa vie de tous les jours.


On dit que la pensée, comme l’oiseau, peut exprimer l’envol de l’âme, sa mobilité, sa liberté, mais pourcela il nous faut lâcher prise avec nos certitudes, notre ego, toujours terriblement présent en nous, nous libérerde nos métaux ; travailà refaire sans cesse et particulièrement à chaque tenue.


Pour faire allusion au 13e grade –déjà cité – et à la Kabbale qui y est introduite.On peut dire que c’est sans doute la meilleurefaçon pour nous de révéler notre part de lumière dans le royaume terrestre –Malkout-, en bas de l’arbre des séphirots, où nous sommes.



Nous avons au fond de nous une petite partie de la lumière infinie ein sof, (notre conscience ?), et il nous appartient delarévéler, on pourrait dire renvoyer vers l’extérieur cette part de lumière en nous, d’abord avec des mots, ceuxde notre grade, qui est un grade d’amour, à condition bien sûr que ces motstraduisent le plus profond de notre être intérieur –notre ischa….-.Les mots étantsuivis d’action comme il sied à tout Chevalier.


Ce travailsur les mots donc sur notre pensée, sans cesse renouvelé, nous permetde vivre notre rituel, nos mythes,nos symboles,nos tenues, ici et maintenant !
Ces mots (comme notre attitude) peuvent entraîner alors unevibration, une résonance chez celui qui l’entendra. C’est notre façon de partager,d’accéder à la connaissance, de nous enrichir mutuellement.
Nous sommes là pour cheminer ensemble mais chacun sur sa propre voie.Chaque pensée compte,chaque mot compte. N’oublions pas que le Ch.°.R+C par tradition est censé partager la connaissance etses connaissances.


Comme le dit Marc Halévy dans « Philosophie maçonnique »amour et connaissance se rejoignent,s’amalgament,fusionnent..comme en Hébreux où les verbes « aimer et connaître » sont un même et seul mot.



C’est d’ailleurs ce qui constituenotre travail en loge, nous ne sommes pas là pour montrer que ! mais pouréchanger, partager par nos planches et nos commentaires.
L’importantestde partager l’essentiel de notre ressenti, de notre point de vue.Alors point n’est besoin de longs discours, de longues planches,de longs commentaires, pour partager l’essentiel.


En conséquence je vaisterminer, parun dernier rappel de notre initiation au XVIIIe grade :la parole perdue retrouvée sous l’aile du Phénix c’est aussi L’AMOUR denosSEMBLABLES, QUI A ÉTÉ PERDU.



L’enseignement du phénix sur le bûcher de l’immortalité, correspond bien autravaildu ChR+C, qui parun renouvellement « à l’infini  » de sa pensée, permettra qu’ellese consume elle-même et renaissede ses cendres.


Espérons que ce travail sans cesse recommencé nous rapprochera,commel’enseigne l’hermétisme islamique, du soufre rouge cher aux alchimistes. C’est-à-dire de l’Etre qui est parvenuà la réalisation en lui-même de l’homme universel,qui a retrouvéL’AMOUR DE SES SEMBLABLES ! ET quiREENCHANTE leMonde.

J’aiditTSAet vous tous mes BAF frères Ch


G S

A180-R-1
Phénix par Friedrich Justin Bertuch, 1790-1830.

Vous devez être abonné pour accéder à ce contenu


S'abonner

Retour à l'accueil