18° #415012

Y-a-t-il des lignes de cohérence du 3ème au 14ème degré ?

Auteur:

B∴ F∴

GODF
Loge:
Avaricum - Orient BOURGES

La F M considère que la vérité et la construction de soi ne peut s’acquérir que par un enseignement graduel, il est donc logique qu’une certaine cohérence dans le cheminement de l’initié soit probant. Lorsque le franc-maçon atteint le troisième degré, il acquiert la plénitude de ses droits maçonniques. On devient Maître en allant de l’équerre vers le compas.

L’ascension est-elle terminée ? Le perfectionnement est-il arrivé à son terme ? Je ne le crois pas, et pourtant, c’est ce que pensent beaucoup de nos F F, qui ne voient aucune utilité à l’accession aux degrés supérieurs. Mais, à bien y regarder, si le Maître qui vient d’être élevé ne regarde pas plus loin que son cordon bleu, il restera sa vie maçonnique durant, qu’un bon Compagnon qui a évolué. Cela dit, sans critique aucune, chacun étant libre de ses choix.

En franc-maçonnerie, contrairement au monde profane, ce sont les obligations et les devoirs qui conditionnent strictement les droits. Par voie de conséquence directe, le Franc-Maçon ne peut être reconnu comme tel que par ses F F et uniquement par eux. Après plusieurs années passées en Loge bleue, et s’il en émet le désir, le Maître est ainsi coopté pour rejoindre les Loges de Perfection, où il pourra poursuivre et approfondir son parcours initiatique.

A chacun des grades successif du 4ème au 14ème, son lot de secrets, inaccessibles aussi bien aux profanes qu’aux membres des Loges bleues. Le but principal de la Loge de Perfection, est donc la formation du Maître Maçon par le biais du thème de la construction du Temple de Salomon, qui symbolise la construction et la connaissance de soi. Il va de soi, que pour être compréhensif, le récit légendaire se doit d’être structuré et cohérent d’un bout à l’autre, afin que l’initié ne se perde dans les méandres d’un déroulement anachronique. Mais cette apparente cohérence, n’empêche pas quelques lignes brisées, parfois difficiles à suivre. Nous allons voir cela de plus près.

D’après Raoul Berteaux, l’enseignement initiatique reprend et développe quatre principaux thèmes du grade de Maître :

– Thème du temple-universel,
– Thème du sacrifice rituel, Thème de la palingénésie,
– Thème de la « Parole perdue » et du « Mot de substitution ».

La Loge de Perfection est destinée à la formation du Maître Maçon, a cet effet, elle confère 11 degrés (du 4ème au 14ème ), groupés en 3 classes.

La première classe comprenant 5 degrés, du 4eme au 8ième, qui reprennent la construction du Temple, et la formation du Maître, interrompu par la mort d’Hiram.

La deuxième classe,qui comprend 3 degrés du 9ème au 11ème, et qui reprend le thème du sacrifice rituel et dont le néophyte prend le rôle du sacrificateur.

Et enfin, le troisième classe, comprenant 3 degrés, du 12ème au 14ème, qui confère le titre de Maître Architecte qui retrouve la pierre d’agate avec le nom ineffable.

Pour en revenir à notre progression, repartons donc du troisième grade, où Hiram est assassiné, et où la trinité a été brisée. Ils étaient trois, Salomon roi d’Israël, Hiram, roi de Tyr et Hiram Habi l’architecte. L’un d’eux disparaissant, il est dit que « le mot est perdu ». mais, il n’est pas perdu comme un objet qui se serait perdu et qui pourrait être retrouvé. C’est un processus qui est interrompu et qui a cesser de fonctionner.

Le troisième degré est un degré ambiguë par rapport aux deux premier. Même si le crime a été commis avec des outils (règle, levier, maillet), il n’est pas dans la suite logique des maçons opératifs qui ne possédaient que deux grades (apprenti et compagnon).

C’est pourquoi l’accession à la maîtrise semble un peu décalée et a un goût de travail inachevé, pour qui veut chercher plus loin. Le symbolisme, le rituel, la légende du 3ème grade conduisent à la compréhension du 4ème degré ainsi que des suivants, car ces derniers dépendent ésotériquement du 3ème, et ne sauraient être sans lui.

On pourrait même dire, que la Maîtrise est le premier des hauts grades…

Examinons donc nos degrés.

Le 4ème degré, M Secret, « Malheur à qui assume une charge qu’il ne peut porter. Malheur à qui accepte légèrement des devoirs, et ensuite les néglige ».

Le thème de l’initiation au 4ème degré est la consécration du mausolée que Salomon a fait ériger par quelques Frères confirmés et tenus au secret, pour y déposer le cadavre d’Hiram. Le motif de méditation à l’étude de ce grade est la notion du devoir et la ferme volonté de l’accomplir, quoique cela puisse coûter, et cela, sans espérer de récompense.

C’est l’ouverture axée sur la recherche de la parole perdue après le mort d’Hiram. C’est le développement du symbolisme. Nous sommes toujours dans la désolation, mais avec la ferme intention de sortir du chaos, avec discrétion. Nous devons nous dégager de l’ignorance, des préjugés et de la superstition. Nous possédons la clef qui ouvre le saint des saint. Et comme disait Maaterlinck, « Il n’y a rien de plus beau qu’une clef, tant qu’on ne sait pas ce qu’elle ouvre ».

Au 5ème degré, M Parfait, « J’ai vu les trois cercles enfermant le cube sur deux colonnes ».

L’Initié découvre que l’accomplissement du devoir auquel est invité le M S est la réalisation du principe élevé qui est en nous et non en dehors de nous. C’est la clef de la connaissance. Nous découvrons la révélation dans la conscience philosophique, par la victoire sur nous-même au plan ontologique. La dialectique du grade s’exprime en terme d’aspiration du terrestre vers le céleste, et le retour assuré au terrestre, comme union d’équilibre de l’être. Au plan métaphysique, cet enseignement propose la méditation sur la « création » et de l’« incarnation ».

Le 6ème grade Secrétaire Intime, ou M par curiosité.

« Etes-vous secrétaire intime ? Je le suis ».

Saine curiosité, pour la recherche de la vérité. La route sera longue, mais la confiance fait jour avec les trois mots prononcés « Berith » alliance, Neder, promesse et « Schelemoth » perfection. Le modèle ternaire, constitué par Salomon, Hiram, roi de Tyr, et Hiram Abi, détruit par les mauvais compagnons au 3ème degré, se reforme. A cet effet, le néophyte prend le rôle du 3ème personnage, afin de reconstituer le ternaire. Il s’agit d’un comportement actif, qui se substitue au comportement passif du 4ème degré.

Le 7ème degré, Prévôt et Juge ou M Irlandais « Êtes-vous Prévôt et Juge ? Je rends la justice à tous les ouvriers sans exception ».

L’accent est mis sur la connaissance et celle-ci est portée à un niveau très élevé. Prévôt et Juge complète pleinement le travail du Secrétaire Intime, mais, avec plus de Justice.

Le 8ème degré, Intendant des Bâtiments « Êtes-vous intendant des bâtiments ? J’ai découvert une grande lumière au milieu de laquelle j’ai aperçu trois lettres mystérieuses en caractères hébraïques ».

A ce grade, on se rend compte de l’ampleur de la tâche qui nous attend. Nous sommes dans la pénombre et nous devons poursuivre le chemin avec l’aide de l’étoile qui reste notre guide.

Le 9ème degré, M Élu des Neuf « Êtes-vous M Élu des Neuf ? Le sort en a décidé et la caverne m’est connue ».

Nous nous entrons dans la seconde classe dit du sacrifice rituel. A ce grade, il est désormais fait place au châtiment ; Il nous faut assouvir cette vengeance par la violence. Le récipiendaire, effectue sa descente aux enfers, puisque, outrepassant les consignes du Roi Salomon, il va lui-même faire acte de vengeance. Il devra s’en expliquer devant le Roi, qui lui pardonnera, estimant que son zèle était une excuse.

Le 10ème degré, Illustre Élu des 15, « Êtes vous illustre Élu des 15, Mon travail et mon zèle m’ont mérité ce grade ».

C’est le grade où justice et châtiment se font face. L’Élu des 9 a mûri, fort de son expérience. Il est parmi ceux qui arrivent en premier dans la carrière où se sont réfugié les meurtriers, qui se rendent avec peu de résistance. Par transposition, le néophyte reconnaît la réalité, il l’accepte et la ramène au niveau du conscient.

Le 11ème degré : Sublime Chevalier Élu « Êtes- vous Sublime Chevalier Élu ? Mon nom vous le fera connaître ».

Celui qui a surmonté les épreuves sacrificielles des 9ème et 10ème degrés est récompensé, les meilleurs sont charges de commander les hommes. L’horizon est moins sombre, l’apaisement et l’espoir renaissent. Les assassins d’Hiram étant punis, justice est faite.

Le12èmè degré : Grand Maître Architecte. « Quel-est le premier de tous les Arts ? L’Architecture dont la géométrie est la clef, ainsi que la règle de toutes les sciences ».

Salomon fonde une école d’Architecture, le récipiendaire qui a perfectionné la maîtrise du 4ème au 8ème et qui a surmonté les épreuves sacrificielles du 9ème au 11ème, est apte a recevoir le titre de Grand Maître Architecte. Il va s’apercevoir qu’il va lui falloir faire la distinction entre la vérité et la connaissance absolu, ou la connaissance de l’absolu. Entre quelque chose qui se trouve à l’extérieur de l’homme et l’esprit humain qui appréhende cette chose. La connaissance du 12ème degré est avant tout de transmettre, ainsi que le désir de se questionner soi-même. « Vous ne serez jamais initié que par vous-même ».

Le 13ème degré est celui de Royal Arche. « Qui êtes-vous ? Je suis ce que je suis, mon est Guibulum et ma qualité est celle Chevalier de Royal Arche ».

A ce grade, nous touchons a à l’aboutissement d’une longue recherche relative à la « Parole Perdue » et au nom de substitution esquissé au 3ème degré. Nous réitérons aussi la symbolique de la caverne, que nous avions déjà vu avec le cabinet de réflexion, la caverne du 9ème ainsi que de la carrière du 10ème. La descente dans la caverne aux 9 voûtes nous rappelle ce cabinet de réflexion de l’initiation. A la différence, que le voyage s’effectue à 3, ce qui nous prouve que l’homme seul ne peut rien. C’est aussi l’instant où nous devons étudier et comprendre les lois qui nous régissent, l’Ordre, l’Univers et Soi-même.

En remontant du puits par le plafond, ils purent contempler la voûte étoilée, allusion de ce qui est de l’ordre de la spiritualité et du sacré. Puis au pas lent de leurs chameaux, incitant à la méditation, ils regagnèrent Babylone, à la recherche de la Parole Perdue.

Inconnaissables sont les origines.
Insondable la finalité de l’Univers.
Inexprimable la conscience du Moi.
Insaisissables les puissances qui habitent l’Homme.

Le début de la sagesse ?

C’est au 14ème degré, grand Élu Parfait, ou Grand Écossais de le voûte Sacrée, que se termine le quête des grades de perfections. Il ne nous faudra pas pour autant perdre le fruit de notre Initiation. Nous devrons tenter de relier le Fini à l’Infini, de « Malkuth » à « Ensoph ».

Nous avons retrouvé foi dans l’idéal de Perfection et la pratique du culte de la Vertu, mais nous avons aussi pris conscience des erreurs passées. Nous devons persévérer dans l’effort, avec lucidité, sans défaillance et affermir la fraternité avec tous. La voie initiatique n’est rien d’autre qu’une expérience totale de la vie humaine. Avançons aussi loin que possible dans la voie de l’initiation.

« Êtes-vous Grand Écossais ?
Oui, je suis Grand Élu, parfait Écossais, reçu sous la Voûte Sacrée ».

Arrivés aux termes de l’études des grades successifs, nous avons donc pu constater cette cohérence dans la construction de l’initié et dans la recherche de la Parole Perdue.

En guise de conclusion, je dirais simplement : « Cherche et tu trouveras ».

J’ai dit.

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