31°
#428012
De la dignité de l’homme
J∴ N∴
« L’humanité
n’est
pas un état à subir. C’est une dignité à conquérir. »
Vercors
Vercors
Manière d’époptie (théâtralisation à visée initiatique), un rituel vise à souder le groupe, à créer l’égrégore. Et peu importe la mythologie dont il se réclame – qu’elle soit chrétienne, bouddhiste, islamiste, vodoue, voire libertaire… L’essentiel n’est-il pas que la parole puisse s’y librement déployer ?
Angélisme, par ailleurs, que de croire en un quelconque progrès de la nature humaine (à la différence de nos outils technologiques).Nos XXe et XXIe siècles en portent, hélas ! tragique témoignage…Nihil novi, disait déjà l’Ecclésiaste.Chaque individu peut, en revanche, progresser…Et c’est là notre plus estimable conviction.Bien que trop d’entre nous se contentent de compatir ou de s’indigner, sans entreprendre la moindre action concrète. Aimable moyen de se donner bonne conscience…
Il y a, en effet, dans notre Ordre, une fâcheuse tendance au culte béat du patrimoine et à la langue de bois. Obligation d’un retour émerveillé, forcément émerveillé, vers notre glorieux passé des Lumières (à l’instar des salafistes qui n’ont de cesse de se référer à un Islam originel, fabuleux). Or, dans notre siècle dit « des Lumières », il y eut clairement des zones d’ombre. « Obscurantisme des Lumières » dans, par exemple, ses outrances rationalisatrices – comme si la rationalisation à tout crin n’était pas le pire ennemi de la raison ! Nous n’osons guère, en effet, pénétrer les zones d’ombre d’un temps qui voulut tout éclairer mais n’a rien deviné (professant notamment que le progrès périme le passé)…
Quant à « l’amour, l’amour, l’amour » (Caritas), valeur dont tant on se gargarise en nos vallées, je considère qu’il ne peut s’agir là que d’un élan personnel, non d’une décision. On ne saurait aimer tout le monde… Et l’amour ne fut jamais un comportement citoyen !À la différence du respect d’autrui, corollaire avéré du respect de soi-même…
Il est, en revanche, une valeur que je regrette que l’on méconnaisse en franc-maçonnerie, le sens de l’honneur. Valeur autrement aristocratique, certes, que la dignité, valeur démocratique…Et l’on ne peut respecter que ce qui est honorable!
Il est aussi un propos de Derrida (repris par Ricœur), que je ferais volontiers mien : « L’idéologie de l’altérité me fatigue »…Il me semble qu’être soi permet l’attention envers l’autre, son acception sans compromis. La reconnaissanse de la recherche effectuée par autrui étant un des facteurs de l’harmonie qui doit sublimer une Loge, quel qu’en soit le degré.
« Tout passe et tout
demeure, mais notre affaire est de passer.
De passer en traçant des chemins, des chemins sur la mer. »
Antonio Machado
De passer en traçant des chemins, des chemins sur la mer. »
Antonio Machado
Au XIXème siècle, la science portait en elle toutes les promesses de bonheur: l’homme ne travaillerait plus que pour son plaisir, les maladies seraient supprimées, la paix et l’harmonie régneraient sur terre. L’espace de la science fascine: il est riche de tous les possibles, de tous les fantasmes.
La science n’évolue que par rapport au passé, donc à la mémoire; elle est réaction par rapport à un état, à une situation.
Quel en est le constat en ce début de XXIème siècle?
Micro-conflits dissimulant les visées expansionnistes religieuses, politiques, économiques; prolifération des sectes, déprime, lassitude, individualisme. Internet vous rend la vie meilleure!!
Tout progrès scientifique semble avoir un effet boomerang. Les radiographies au rayon X seraient la cause de 75% des cancers du sein; Tchernobyl nous à légué plus de 400000 cancers en Europe; les « accros » au téléphone portable risqueraient des lésions des cellules cérébrales; les prothèses mammaires explosent, les OGM menacent etc.…..
Tous ont l’oreillette et le taux de surdité des jeunes sera un record. Trafic d’organes, acharnement thérapeutique, les vieux ça peut rapporter gros!
Nos ancêtres chassaient le mammouth, nous chassons le prion; Les clones feront rire nos enfants dans le beau cirque que nous leur construisons!
La liste ne saurait être exhaustive; certes, ce n’est pas la science qui est condamnable, mais ce que nous en faisons. Après les pures intentions, le désir de profit et de pouvoir est toujours dans l’ombre de ce qui devait éclairer notre condition.
Psychologiquement, l’homme est le même, ses peurs ont changé de masques mais sa peur essentielle, mourir, est toujours tapie au fond de lui.
«Vivre coûte beaucoup, mourir également. Faire front exige de la dignité.» (Jacinto-Luis Guerena )
La langue se conserve dans les dictionnaires, le savoir dans les encyclopédies, l’argent dans les coffres-forts; les musées congèlent l’art, tout est en boite, bien classé, prêt à servir, prêt à penser.
La nouvelle collection du « prêt à déporter » est arrivée!
La cause fondamentale du désordre en nous-mêmes est la recherche d’une réalité promise par autrui. Une recherche sans conscience de cet état d’asservissement n’aboutit qu’à la découverte de l’image de sa propre déformation.
Celui qui demande comment faire pour progresser est en réalité en recherche d’une soumission à une autorité (dignitaire ?) dont il espère qu’elle remettra de l’ordre dans sa vie en lui donnant du sens. Mais l’ordre imposé provoque un désordre en soi.
Je dis souvent à mes élèves que je ne suis pas là pour donner des réponses mais pour faire naître des questions!
Arthur Schopenhauer : « Les religions sont comme les vers luisants : pour briller, elles ont besoin d’obscurité »
« Dignité
: Qualité recommandée
aux pauvres pour les consoler
de leur pauvreté. »
tract 1986
« On ne parvient aux dignités que par mille indignités. »
F.BACON
« Tout homme ou institution qui essaiera de me voler ma dignité perdra.»
N.Mandela
tract 1986
« On ne parvient aux dignités que par mille indignités. »
F.BACON
« Tout homme ou institution qui essaiera de me voler ma dignité perdra.»
N.Mandela