4° #401012 A la recherche de mon centre Auteur: C∴ M∴ Obédience:Non communiqué Loge: Non communiqué La tradition révèle que cette quête initiatique du centre passe par trois axes majeurs, tous passant par une initiation.Ma propre démarche de recherche a commencé au moment ou je suis devenue apprentie. C’est à partir de l’instant ou j’ai franchis la porte basse que ma vie s’est transformée.1er axe : L’existence d’un centreUn symbole de l’unité indivisible (le chiffre 1)Le centre, en tant que point est effectivement un symbole de l’unité. En cela, il est le principe de l’étendue, qui n’existe que par son rayonnement : géométriquement, c’est par le biais de points que sont crées droites et plans dans l’espace. Ces points, sans dimension intrinsèque, invisibles donc, forment pourtant l’espace et tout ce qu’il contient. Etant matériel, le centre est donc le UN manifesté. Le centre implique la périphérie, donc son contraire ; cette dualité permanente comprend la force et la faiblesse, et aussi la nécessité de l’existence d’un Autre pour vivre.Le serpent OUROBOROS des égyptiens représentait le jour et la nuit, mais en même temps nous nous rappelait qu’il n’y a pas de début ni de fin, cela n’est pa ssans me rappeler la chaîne d’union qui, mêem rompue, reste virtuelle et continue de lier les F F et S S. Au-delà de l’espace et du temps. Cette constante dualité sous entend une harmonie universelle qui provient de l’équilibre de ses contraires et la quête perpétuelle du centre en est la démonstration.Mais le centre n’est surtout pas à concevoir comme une position statique. Il est analogue au point qui correspond au milieu d’une roue, le centre de la roue est immobile et pourtant il est le moteur qui donne le mouvement à la roue. Dans l’aspect philosophique du centre, c’est de ce point de concentration qu’il faut partir et si le centre est un point de rencontre en mathématique, il est un point d’où tout part, c’est un rayonnement qui part d’un centre pour éclairer les points les plus lointains, et on pense tout de suite au soleil qui est le centre de notre univers et qui éclaire les plus lointaines galaxies et là on va du UN vers le multiple. On peut imaginer des cercles de rayons croissants autour du centre, ils expriment l’épanouissement de l’individualité. Mais le centre est aussi le point ou tout revient, il s’agit alors d’une fonction dynamique qui introduit le concept du soi.Le centre est la référence, le modèle. La recherche du moi est une ouverture intellectuelle vers cette intériorité palpable et tout autour, vers les hommes et l’univers. Cela permet de parcourir la dimension horizontale des connaissances immanentes, et tendre ainsi vers la verticalité qui conduit à l’élévation spirituelle.V I T R I O L correspond à l’idéal de la quête. La visite à l’intérieur pour la recherche du temple intérieur. Visite l’intérieur de la terre et en rectifiant tu trouvera la pierre cachée. L’or des alcimistes était l’âme idéale, la pierre philosophale, la source d etoutes les énergies.La correction de ce moi permettra la réalisation du grand oeuvre. Par cette quête, l’invisible caché est retrouvé et la voie utilisée est celle de la spiritualité.La quête perpétuelle permet de rechercher continuellement, mettre en lumière ce qui est obscur, et ce, depuis la nuit des temps. Rechercher dans les exégèses les messages cachés.Le 2ème axe : je me dirige vers le centreA quel moment en loge, ai-je été confrontée à ce vécu ? Et en dehors de la loge ? En devenant initié, nous possédons la Clef des secrets nous permettant d’atteindre tous les mystères et ce, dès le commencement.Pour V I T R I O L, la signification alchimique signifie le retour de l’être au noyau le plus intime de la personne humaine, ce qui revient à dire : descends au plus profond de toi-même et trouve le noyau insécable, sur lequel tu pourras bâtir une autre personnalité, un être nouveau. Il s’agit de se reconstruire pour retrouver le G A D L U Au plus profond de nous-mêmes.Partir sur le chemin du perfectionnement.Je fais référence au livre du compagnon qui se termine par un commentaire sur les pas du compagnon : « Le compagnon ne se contente pas de marcher en direction de l’orient; il veut connaître le monde dans son ensemble, …étudier le bien et le mal, la lumière et les ténèbres, la vertu et le vice, la vie et la mort. De chaque valeur positive, il cherche le complément négatif et grâce à son intelligence, il ramène à l’unité les termes contraires ».Dans ce même livre, à la question : pourquoi le compagnon touche un salaire plus élevé ? Il est dit : Afin d’avancer avec d’autant plus d’ardeur sur le sentier du perfectionnement. Après l’immobilité silencieuse de l’apprentissage, devenu compagnon, je suis incité à prendre la route dans la grande tradition des métiers du compagnonnage.Va de chantiers en chantiers, dt-on au compagnon, que la main qui tient les outils s’affermisse, apprend des meilleurs ouvriers, ouvre-toi aux autres techniques, soit conscient de tes lacunes et faiblesses, en bref, va t’enrichir et te perfectionner dans ton métier et reviens nous montrer la preuve de ta maîtrise par la présentation de ton chef-d’oeuvre.Pour tous, profane comme initié, partir est un puissant et attractif appel à regarder ailleurs. Ne sommes-nous pas tous nomades d’origine lointaine, curieux d’horizons nouveaux dont se nourrissent nos songes, impatients d’admirer les merveilles de ce vaste monde, de ressentir mille émotions, de s’approprier de multiples petits ou grands secrets !Clairement, le voyage à accomplir n’est pas un congé sabbatique, une parenthèse « loisirs » dans mon parcours de cherchant, ou encore une fuite pour me faire oublier ou m’oublier moi-même. La destination du voyage n’est pas un lieu, mais un nouvel état de conscience né de ma propre transformation. Il n’est donc pas nécessaire d’aller loin pour l’entreprendre car le monde tout entier est là, devant ma porte et partout, on voit le ciel étoilé. Ce voyage, action dynamique par excellence, est en fait statique dans son essence.Son essence se trouve dans la définition que lui donne Daniel Ligou dans son Dictionnaire de la franc-maçonnerie : « le voyage est l’épreuve de l’homme, c’est à la fois une nécessité de sa condition, le moyen de son émancipation, l’occasion de faire ses preuves, de découvrir d’autres aspects du monde et de soi-même ». Ainsi, le voyage que je me dois d’accomplir est un travail structuré et structurant le long du sentier du perfectionnement. Mon voyage ne peut donc être qu’une prolongation des voyages rituels accomplis. Une transformation : faire un voyage qui me conduira vers un ailleurs que je dois chercher, découvrir ou créer. Partir pour m’instruire, me former. Car je crois que le but premier d’un voyage est d’accroître sa connaissance des outils et de la matière sur laquelle ils s’appliquent. Cette connaissance mise en pratique, contribue à l’élaboration d’une forme parfaite, symboliquement représentée par la pierre polie, qui, bien travaillée, peut alors prétendre s’intégrer utilement et harmonieusement au temple que nous construisons. L’outil maîtrisé et utilisé sur soi, va faire apparaître de nouvelles valeurs, de nouveaux modes d’action.Cette transformation opérée, l’être qui est dispersé dans la multiplicité de ses désirs et de ses renoncements, retrouve son unité. Cette finalité, ce but ultime, difficile, sinon impossible à atteindre, peut cependant s’en approcher en accomplissant pleinement ses devoirs d’homme, en harmonie avec soi et les autres.Partir pour accomplir et pour s’accomplir.Quelle conduite mène au centre ?Je me disais que c’est celle qui fait de chaque pas une occasion de se connaître afin de se dépasser. Il n’y a pas d’accomplissement sans dépassement et pas de dépassement sans effort.Le premier effort est de maintenir une attention soutenue propre à découvrir, lever le voile au sens étymologique du terme. Derrière ce voile, il faut trier ce qu’on y trouve : des habitudes et des pensées faites de préjugés et d’intolérance qu’il faut chasser avant de les remonter à la lumière de sa conscience pour les faire renaître, grandir et se renforcer.Se concentrer sur soi-même, à travers les mille chemins des sensations, des émotions et des idées ; laisser venir l’intuition pure ; la combiner au symbole afin de s’armer pour une action plus efficace et plus juste sur soi et sur le monde.Puis recommencer ce mouvement de flux et de reflux de bas en haut, de la périphérie au noyau des choses et de soi-même, jusqu’à la rencontre de la cohérence harmonieuse. Faire en sorte que ce qui est en haut devienne comme ce qui est en bas.Cette opppositione entre haut et bas nous amène naturellement à une verticalité et à l’union du ciel et de la terre, car si le centre est un point de convergence horizontale, l’atteindre c’est déjà prendre pied en soi et à partir de là s’opère une progression le long de l’axe vertical qui élève vers les états supérieurs de l’être primordial.3ème axe : et je deviens, je suis le centreSe trouver au centre du cercle, c’est la poursuite d’une démarche qui nous a amené, à travers le 1er degré et le 2ème degré, à nous placer entre équerre et compas. Les outils et les démarches induites symbolisées par ces outils, plus l’évolution de notre recherche et les transformations qui se sont opérées en nous.Le travail est entièrement dédié à la taille de la pierre, sous bien des aspects, le plus difficile, car il requiert de l’ouvrier d’accepter d’être guidé, ce que certains Maîtres oublient, croyant par je ne sais quelle vanité que le milieu est le centre.Ainsi donc, le G A D L U A choisi pour nous inviter au travail, c’est son dessein de nous conduire à l’intérieur de nous-mêmes par la voie du chantier des Apprentis. Nous sommes invités à revenir vers nous-mêmes, là ou la vraie lumière n’est pas celle que l’on voit mais celle, qui parmi les gravas de la vie, nous guide. Non pas pour nous épargner, mais pour nous amener à saisir des réalités profondes, celles que notre égo nous masque volontiers en nous faisant croire que nous sommes au-dessus d’elles.La tâche du Maître est rude, tenu de poursuivre son propre perfectionnement, Il doit donner à la pierre cubique la forme la plus parfaite. Celle-ci deviendra la pierre de couronnement qui achève l’édifice et lui prête force et beauté. N’oublions pas mes T C F et S, qu’aussi bien taillée que puisse être sa pierre, elle ne présente aucun intérêt si elle n’est pas conçue et pensée pour décorer l’édifice que nous avons décidé d’ériger ensemble, avec nos forces et nos faiblesses, pour le bien de l’humanité.Pour accomplir cette construction, nous devons sans cesse nous souvenir que c’est de l’apport de tous qu’il naîtra et rayonnera au-delà de nos espérances.En nous conduisant sur le chantier de l’Apprenti, le G A D L U a, selon moi, voulu nous rappeler que tout est impermanent. Hier puissant, aujourd’hui modeste tel est l’exercice que le vrai Maître doit pouvoir accomplir, non pas comme une fatalité, mais comme la source d’enrichissement la plus noble qui soit, celle qui permet de se remettre en cause.Ainsi donc, le Maître est toujours le novice de son propre chantier au même titre que le dernier Apprenti rentré dans notre Ordre Puisque pour l’un comme pour l’autre, chaque jour le chantier recommence avec ses défis, ses joies et ses peines.La partie la plus complexe de notre chantier est celle qui consiste à se rapprocher de notre « ETRE ».Pour l’atteindre, nous devons commencer par mettre notre mental à l’arrêt car celui-ci veut, catégoriser et comparer en permanence, et devient un écran qui bloque l’accès à son ETRE intérieur.L’être intérieur ou le temple intérieur n’est pas une simple expression, c’est une discipline de vie, une vraie démarche spirituelle que je me suis engagée à suivre et qui a des conséquences pour moi et les autres. Sa construction nécessite un travail d’introspection, une quête de connaissance, une constante humilité et la capacité à se remettre en question.De voyage en voyage, qu’ai-je ramené ? Avant toute certitude : celle que le voyage initiatique en maçonnerie, est une forme de pèlerinage, est une voie vers la connaissance ; connaissance de soi et de l’univers. Cette connaissance est le moyen de bâtir une vie intérieure libre et harmonieuse. Cette vie intérieure apaisée sera une perspective d’accomplissement seulement si elle est partagé avec les autres qui viendront à leur tour la consolider, l’entretenir. Voilà le sens que je donne à cette belle parole. L’harmonie par la fraternité.Ce que je perçois, c’est que, en plus de mes connaissances livresques, mes expériences de la vie, la répétition de notre rite immuable lors de nos tenues, notre communion fraternelle dans ses moments partagés, l’affirmation de nos valeurs, qui, sans bruit, presque inconsciemment, m’ont fait certainement progresser vers le centre de mon être intérieur.C’est aussi par le constant respect des valeurs humanistes, des règles de notre ordre, et la volonté de recevoir que, depuis mon initiation et jusqu’à mon exaltation, je me place dans l’axe qui me permettra de me situer au centre du cercle.Je pense que ce voyage au centre de moi-même va bien plus loin qu’une auto analyse telle qu’elle est pratiquée en psychologie. Il va également bien plus loin qu’une reflexion sur le sens de la vie. La quête du sens reste un mystère, puisqu’elle provient du développement intérieur personnel.J’ai pourtant le sentiment que ce voyage vers la quête de mon centre n’est pas terminé, et ne le sera probablement jamais. Il est à faire et à refaire pour que grandisse la nouvelle femme qui germe lentement en moi. A chaque retour, un nouveau partage avec mes soeurs et frères qui me donnerons un nouvel élan, une nouvelle force pour le prochain départ. Navigation des articles Planche Précédente "Le Chemin du Coeur" Planche Suivante "Le Laurier, l’olivier et le Devoir"