#401012

La connaissance c’est ce que nous appelons la

Auteur:

J∴ L∴ B∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

La connaissance c’est ce que nous appelons la parole perdue

La notion de « parole perdue » apparaît très clairement lors de la cérémonie de réception du Maître Secret; en effet, dans le rituel du quatrième degré, le Trois Fois Puissant Maître dit:  » nous déplorons plus encore la perte de la Vraie parole dont nous sommes privés et que nous devons constamment rechercher jusqu’à ce qu’elle soit retrouvée ».

Le mythe fondateur de la Franc Maçonnerie, qui est décrit lors de la cérémonie d’élévation au troisième degré, se nourrit de la légende du roi Salomon. L’architecte en charge des travaux de l’édification du Temple du roi Salomon, Maître Hiram, est assassiné pour avoir résisté aux injonctions des trois mauvais compagnons. Ceux-ci  voulaient lui arracher le mot sacré pour accéder à la chambre du Milieu et obtenir ainsi des salaires plus élevés, sans s’être donné la peine de les acquérir avec le temps, par l’étude et l’application.

Le Maître Hiram est mort mes Frères !

Alors Gémissons, Gémissons, Gémissons mais surtout Espérons et même réjouissons nous car, si le Maître Hiram n’était pas mort en emportant son secret, nous ne serions pas là, ce soir, en Loge de perfection, à essayer de trouver la lumière…

Que firent donc les Maîtres après la disparition de l’architecte Hiram ?

Pour ne pas interrompre le Grand Œuvre de la construction du Temple, ils décidèrent d’adopter un mot substitué qui serait le premier mot prononcé lors de la découverte de la dépouille d’Hiram. Ceci pour que  que la transmission du savoir se fasse sans délai entre les Maîtres du chantier. Ce savoir était constitué de tous les éléments techniques et artisanaux propres à la construction du bâtiment.

Cela permettait donc de continuer la construction du Temple, grâce à la transmission de l’expérience, du maniement des outils et des règles de l’art des bâtisseurs. La connaissance, elle, ne pourra être perçue qu’après une longue quête de la vraie lumière et de cette parole perdue du Maître Hiram. Elle est une approche de la vérité fondamentale de l’Homme et de l’univers. Elle fait appel à une réflexion très profonde sur la cosmogonie. Elle nous interpelle sur les questionnements primordiaux que se pose l’homme : d’où venons nous ? Où allons nous? que signifie notre existence ?

Comment peut-on appréhender cette parole perdue ?

La parole est par définition une production de sons qui forment le langage, c’est un phénomène physique vibratoire. C’est cette vibration particulière qui, en se modulant, va donner le verbe. Le langage, du grec « logos » qui signifie « parole » est le vecteur de la pensée humaine. Étymologiquement sa signification est intimement liée à Dieu.

En effet, dans la théologie chrétienne le « logos » s’emploie pour désigner la deuxième personne de la Sainte Trinité et a le même sens que « verbe » ou « parole » : Le logos c’est donc Jésus le Christ.

L’origine de cette désignation vient de la Bible elle même :

D’après le prologue de l’évangile de Saint Jean chapitre 1 :

1. Au commencement était la Parole et la Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu
2. Elle était au commencement avec Dieu
3. Toute choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle
4. En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes.

Pour Saint Jean ce qui est unique et propre à la chrétienté c’est que cette parole, est Dieu lui même. Il est devenu homme et a habité parmi nous, le verbe se matérialise ainsi dans la chair du Christ fils de Dieu. Toujours d’après le prologue de saint Jean : “14. La parole a été chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du fils unique venu du Père.”. Cette parole perdue, pour les chrétiens qui l’assimilent au Verbe originel, est à l’origine de la Création et  de la genèse cosmique, comme un principe phonique initial duquel toutes choses procèdent.

Pour la philosophie indienne, la matière a été créée à partir du son primordial. C’est en tapant sur son tambour, le damaru, que le dieu Shiva, dans sa danse frénétique,  engendre la pulsation sonore initiale, source de la création du monde. Le dieu Shiva est représenté avec les yeux mi-clos car il les ouvre lors de la création du monde , les ferme pour mettre fin à l’univers et amorcer un nouveau cycle. Cette cosmogonie, c’est à dire cette conception de la création du monde, est très proche du concept de palingénésie, terme employé par les stoïciens pour expliquer le cycle de destruction et de reconstitution du monde dans un renouvellement perpétuel. Ce Dieu hindouiste, à la fois principe destructeur et régénérateur du monde, présente comme Janus une ambivalence et une double personnalité. Janus ce dieu romain était le gardien des portes du domaine des dieux. Janus était représenté par deux visages, un tourné vers le passé et l’autre vers le futur. Lui aussi était le dieu des commencements et des fins. Shiva aussi pouvait être destructeur,  en étant  le dieu des cimetières et des spectres. Quand il est force créatrice, il devient Nataraja, le « roi de la danse »  le danseur cosmique. C’est en dansant sur le mont kailash, montagne toujours inviolée du Tibet,  que Shiva créé le cosmos. Cette montagne est devenue un lieu sacré  pour les adeptes du Shivaïsme qui est un des courants de l’hindouisme.

Pour les bouddhistes et les hindouistes, la matière a été créée à partir du son OM qui est le plus puissant de tous les sons. Il est à l’origine de toute chose. Associé à d’autre sons il se met en résonance dans une énergie vibratoire particulière que l’on désigne sous le nom de mantras.

Dans l’un des Upanishads, qui sont des textes fondateurs de la religion hindoue, il est dit :

« OM est la pulsation primordiale de l’UniversC’est la forme sonore de l’Atma » ( la conscience en sanskri )

Dans une autre Upanishad il est écrit:

« Ce mantra OM représente Brahma, l’absolu;Celui qui en connaît la signification et le révère, atteint le but suprême :il connaît tout »

La récitation de mantras par les religieux bouddhistes procure un état de conscience modifié proche de l’hypnose et est propice à la méditation. Un des mantras tibétain très connu est le célèbre  » OM MANI PADME HUM » dont la traduction est « le joyau est dans le lotus ».On peut la rapprocher de la métaphore de Rabelais sur la « substantifique moelle » qui nous stimule pour chercher la quintessence des choses et on peut aussi  l’assimiler à notre devise maçonnique « VITRIOL » qui nous incite aussi à approfondir nos recherches.

La parole est physiquement, nous l’avons vu, une production de sons. Or, le son est une vibration comprise dans une fourchette assez restreinte par rapport à toutes les autres fréquences de l’univers. Les cellules de  notre corps sont constituées d’atomes. L’électron gravitant autour du noyau de cet atome a une double identité, corpusculaire mais aussi vibratoire. Aux confins de l’univers, on capte le rayonnement diffus cosmologique qui est une vibration de type micro-onde radio. Tout est vibration !

Autant le microcosme que le macrocosme.

La théorie du « Big Bang » a été formulée par le chanoine catholique belge Lemaître qui fut un des pionniers de l’utilisation de la relativité générale formulée par Einstein douze ans plus tôt. Le Big Bang,  cette énorme déflagration d’énergie qui a créé l’univers, a été prouvé scientifiquement, un peu par hasard en 1965 ; les radio-astronomes Penzias et Wilson, des laboratoires de la compagnie Bell Téléphone, disposaient d’une antenne qui servait initialement à la communication avec les satellites de l’époque. En étalonnant cette antenne ils s’étaient aperçus que, de toutes les directions de l’espace, provenait un grésillement uniforme qui correspondait en fait à l’onde de déflagration du Big Bang. Ce qui confirme que notre Univers a bien eu un début et est toujours en expansion.

Avant le Big Bang n’existait ni le temps ni l’espace au sens humain comme le soutient l’astrophysicien de génie Hawking. Pour l’esprit humain, l’avant univers n’est donc pas concevable, n’y avait-il rien ou au contraire tout? J’avoue que ce questionnement me rend un peu mal à l’aise…

Pour prendre du recul méditons la phrase de Raymond Devos : « Une fois rien c’est rien, deux fois rien c’est rien, mais trois fois rien ça commence à faire quelque chose! ». Et je ne pense pas qu’il faisait allusion au chiffre 3 de l’Apprenti…

Plus sérieusement les astrophysiciens pensent actuellement, qu’avant notre univers, existait un autre univers parallèle ou plutôt plein d’univers parallèles, c’est la théorie des cordes. Imaginons un mille feuille constitué de cordes vibrantes,ce serait le contact entre 2 cordes qui créerait, par libération d’énergie, une déflagration à l’origine d’un autre univers d’abord en expansion ( le Big Bang ) puis en contraction jusqu’à disparaître ( le Big Crunch ). Cette théorie contemporaine est très bien imagée par la danse cosmique de Shiva et la palingénésie.

Notre univers est par essence vibratoire.

L’homme ne perçoit qu’une petite partie des vibrations c’est ce que l’on appelle la lumière visible. Le spectre de la lumière au sens physique du terme englobe en plus de cette lumière visible toutes les vibrations de l’univers, c’est à dire les rayons gamma, x, infrarouge, ultraviolet et les ondes radios. On peut imaginer la vie comme un phénomène vibratoire particulier qui utilise un support organique.

Les dernières expérimentations en psychosomatique  démontrent l’influence de l’esprit sur le corps. Les moines bouddhiste en méditation produisent des ondes cérébrales tout à fait singulières à  l’électroencéphalogramme, par leur simple concentration. Les personnes qui ont vécu des expériences de mort imminentes décrivent un détachement énergétique du corps physique.

Ainsi on peut envisager une existence de vie interdépendante de la matière, et en déduire que le processus de la mort physique n’est sûrement pas celui de l’énergie vibratoire vitale. Mais revenons à cette parole perdue… Le Big Bang, la Parole Perdue, le Om bouddhiste, le tambour de Shiva et le Verbe de Saint Jean ne sont-ils pas des expressions différentes de la même chose, de la même connaissance ?

Quelle est cette première parole, ce principe phonique initial qui a mis en mouvement l’énergie originelle de laquelle toutes choses procèdent ?

Quelle est la cause première de l’explosion du noyau cosmique initial, c’est à dire de la Genèse ?

C’est en cherchant la parole perdue que nous, Francs Maçons, nous nous engageons dans notre quête de la connaissance. Mais, la quête de vérité est un enseignement ésotérique universel et protéiforme qui est à la base de toutes les religions du monde, c’est pour cela que quel que soit le chemin emprunté la destination reste identique. Le Soufisme, la Kabbale, les sagesses d’orient, la chrétienté tendent vers le même but. Cependant, le fait que la parole soit perdue, entraîne pour le Franc Maçon, l’absence de dogme, d’enseignement et de vérité imposée. C’est l’originalité de notre démarche initiatique et de notre Art Royal.

Rappelons nous de la fable du laboureur et de ses enfants de La Fontaine : un vieux laboureur sentant la mort prochaine fait venir se enfants en leur déconseillant de vendre leur futur héritage car un trésor est caché quelque part leur dit-il, mais il ne se souvient plus où. Le père mort, les fils retournent, fouillent et bêchent les champs inlassablement mais ne trouvent rien. Au bout d’un an les récoltes sont si abondantes qu’elles rapportent plus d’argent qu’un vrai trésor.

La Fontaine conclut :

« D’argent, point de caché. Mais le Père fut sage De leur montrer avant sa mort Que le travail est un trésor. »

A chacun de nous, mes Frères,  retrouver la vérité, sa vérité en rassemblant ce qui est épars, en travaillant et en labourant son champ de connaissances avec constance, application et persévérance.

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