4° #401012 La route du Devoir… Auteur: N∴ D∴ Obédience:Non communiqué Loge: Non communiqué Le Devoir, c’est la conscience mise en actionTFPM, et vous toutes mes Sœurs MMSS,« Sache qu’avant d’avoir des droits tu as des devoirs, ma petite fille ». C’est une des premières injonctions entendues, et que maman aimait à me rappeler, et qui a durablement marqué ma vie.J’ai été bercée dans une ambiance où les mots Liberté et obéissance se sont d’abord affrontés puis épaulés l’un l’autre. Et la suite m’a fait comprendre que Le Devoir n’avait de sens que dans mon espace intime de Liberté. J’ai retrouvé la somme des devoirs d’une femme libre et de bonnes mœurs aux degrés d’Apprentie, de Compagnonne et de Maîtresse, par des injonctions déjà réitérées avec force. Et, le jour de mon initiation au grade de Maître Secret, les devoirs avec un petit d se sont à la fois multipliés et transmutés en Devoir, au singulier, avec un grand D. Et comme si cette Route m’avait été naturellement assignée depuis toujours, c’est La Route du Devoir que l’on m’a demandé de traiter comme planche de passage.Mais… Quelle route ? Quel Devoir ?« Parvenu au milieu du chemin de la vie, je me trouvais au sein d’une forêt obscure.Car j’avais abandonné la bonne route. » nous dit Dante dans la Divine Comédie.La pérégrination des 4 voyages de l’initiation est sinueuse et il est bien rappelé que si « La route du Devoir mène sûrement à la Vérité, cette route est longue et difficile. Je ne dois pas m’attarder dans les sentiers, mais je dois me hâter de gravir les pentes de la montagne, dans la crainte que la mort ne me surprenne et me frappe avant que j’aie atteint le sommet, car en prenant des sentiers je risque de m’égarer dans le labyrinthe de l’erreur ».Si pour Platon Il ne dépend que de nous de suivre la route qui monte et d’éviter celle qui descend.Pour Héraclite d’Ephèse La route qui monte et descend est une et la même.Et, pour Saint Augustin : « Il vaut mieux suivre le bon chemin en boitant que le mauvais d’un pas ferme ». Et il ajoute : « Avance sur ta route, car elle n’existe que par ta marche ».Lors de la cérémonie, les injonctions et mises en garde salutaires fusent de tous côtés, m’invitant à toujours rester dans mon axe, et m’éclairant sur l’exigence nécessaire d’un engagement profond, en Conscience.Qu’en est-il du Devoir sur cette route ?A l’issue du 4ème voyage, je m’incline, pliée en deux, sur le Volume de la Loi sacré, ouvert à la première page du Livre des Rois, car « Je veux trouver la Vraie Lumière et la Parole perdue ». Je fais solennellement et sincèrement alliance avec mes sœurs aînées et je jure et promets allégeance. Une Loi s’impose désormais. Cette Loi est aussi inflexible que la Fatalité, aussi exigeante que la Nécessité, aussi impérative que la Destinée. Cette grande Loi est la Loi du Devoir, plus facile à faire qu’à connaître.Mais « La route du Devoir mène sûrement à la Vérité » nous dit le Rituel. La Vérité en hébreu c’est EMET (PH Salfati) qui s’écrit Aleph, Moi, et MET, Mort. Soit Je suis mort. Et ce Je qui meurt en moi, c’est la mort de l’ego pour faire place au divin en soi. «La plus vaste ouverture de l’être correspond à un effacement » nous dit Simone Weil. Il nous est d’ailleurs rappelé que le Maître Secret recherche le Devoir « sans songer à une récompense, mais pour la seule satisfaction de sa Conscience », jusqu’au Sacrifice.Cette quête de la Vérité et de Lumière m’invite à une transmutation au quotidien, transmutation de ce qui est mort en moi, de toutes les morts que je fais de moi sans cesse, travail de toute une vie et chance renouvelée sans cesse de re-naître dans une même identité, plus consciente et plus spiritualisée, en accomplissant mon Devoir, tel Hiram. Etre sur la Route du Devoir nécessite des sacrifices permanents ! « C’est sur cette route que je me suis engagée ». Le Devoir est difficile à connaître, certes, et la Vérité est inaccessible, on ne peut que s’en approcher. Alors, comment accéder à cette Connaissance du Devoir ?Le rituel précise que la Connaissance du Devoir complet, c’est la Parole Perdue que je dois m’efforcer de retrouver. Il n’est pas question ici d’un devoir moral qui est induit dans l’ensemble des devoirs profanes ou sacrés que je dois accomplir, mais du Devoir en tant que Loi. Je dois aller plus loin et passer du devoir moral au devoir initiatique. Au-delà de la morale du devoir des manuels de philosophie, Kant nous invite à croire à un principe supérieur rationnel qui nous guide dans la réflexion de la connaissance du cosmos et dans la possibilité de m’y intégrer. Ce qui m’invite aussi à me recentrer sur l’essentiel, la recherche de la Vérité, car le rituel me dit que : « Quelque admiration que m’inspire le spectacle de l’Univers, du macrocosme au microcosme, je dois me souvenir que je ne l’admire qu’en proportion de ma faiblesse, en présence de son immensité ».Faire son devoir « parce qu’il est le Devoir » s’impose comme la clé nécessaire à l’ouverture de l’esprit et du cœur, indispensable à toute progression spirituelle. Mais ne faut-il pas aussi se connaître véritablement soi-même, travailler à se connaître soi-même, Juger par soi-même, partir à la conquête de Soi, pour connaître son Devoir, accomplir le Devoir complet et trouver la Parole Perdue ? Le « Connais-toi toi-même » socratique et le V.I.T.R.I.O.L alchimique nous assignent le Devoir d’éveiller notre Conscience ET notre cœur-conscience.« Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’autr e» nous dit Zhuangzi, (co-fondateur présumé du Taoïsme, Taoïsme (400/300 av jc).Socrate fait de la conscience intérieure l’instance de la Vérité et pour lui, l’Esprit est supposé se trouvant être dans l’homme lui-même. Le rituel nous dit bien que « la Vérité est une lumière que l’homme perçoit plus ou moins confusément. Elle peut pourtant se révéler dans tout son éclat à celui qui veut ouvrir les yeux et regarder ». C’est donc mon Devoir de prendre le risque d’ouvrir les yeux et d’avancer vers la Lumière !Vers cette connaissance spirituelle qui nous libère et nous arrache à la conscience commune. Et il faut faire remonter au clairde notre conscience tout ce qui est enfoui au plus profond de soi (cette Lumière qui est en nous maisquenous ne voulons pas voir). Ce tréfonds de soi (la Parole Perdue) est le sens de notre destinée, originairement déposé partout où il y a vie et que le but de la vie est de retrouver et de comprendre, pour redécouvrir cette parcelle de divin qui se cache au plus profond de notre Etre. Lorsque le voile qui filtre la Lumière au regard est enlevé il est rappelé que maintenant ma connaissance est passée des lignes et angles aux courbes et cercles, cette connaissance spirituelle, toujours incomplète et inachevée devra viser sans relâche la quête de la Parole perdue.Mon devoir de Maître Secret dépasse le simple devoir moral qui définit ma conduite dans le monde profane. Initiée au 4ème degré dans une démarche plus profonde et plus complète, je suis un Lévite placé dans l’impérative nécessité de trouver un centre et un sens des êtres et des choses pour pouvoir utiliser ma clé d’ivoire.Je dois suivre la Route du Devoir vers la Vérité et la Parole Perdue, poursuivre la construction de mon Temple Spirituel. Je dois utiliser les moyens qui me sont donnés d’accomplir la somme de mes devoirs, au travers de mes actes et de mes pensées, de mon intimité, à décider par moi-même de mes opinions et actions, en évitant les idoles humaines et en alimentant ma conscience de Justice, de Liberté, de Travail, d’Humilité et d’Amour, en pratiquant le Beau et le Bien, au travers des Vertus qui nous montrent la rectitude de la Route du Devoir.« Les deux doigts du secret posés sur les lèvres se posent sur le cœur. Il est là le Devoir, secret mais vivant : l’Amour. »« L’éclat du jour a chassé les Ténèbres, la Grande Lumière commence à paraître »J’ai dit. Navigation des articles Planche Précédente "Ziza" Planche Suivante "Le Temple de Salomon"