#401012

Le nouveau Maître Secret

Auteur:

C∴ L∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Lorsque nous sommes invités à accéder au grade de M S, nous avons, pour certains en tout cas, l’impression intimidante de rentrer dans la cour des grands. A ce stress et ces nombreuses attentes qui ne manquent pas de se présenter, s’ajoutent, au fur et à mesure de la cérémonie, un certain trouble et une foule de questions. On est déconcerté.

Certaines injonctions auraient pu déjà nous être proposées au troisième degré, les sentences, la notion de devoir, l’engagement etc. Mais la, il est clair que les conséquences du meurtre d’Hiram impliquent une suite et des décisions à prendre. La plénitude dont jouissait le maître doit être reconsidérée.

Le M S est un lévite. Nous sommes immergés dans l’histoire de la tribu de Lévi, fils de Jacob et de Léa. Le mot Lévi signifie attacher, adjoint, serviteur.

L’histoire tumultueuse de cette tribu nous montre que se côtoient en l’homme le pire et le meilleur. Le M S en passant de l’équerre au compas aspire comme le lévite, à passer de l’homme sanguinaire et vengeur au service de l’humanité. Il devient le serviteur du temple.

Apprentissage et obéissance sont les deux piliers fondamentaux de la vie du lévite, de même, pour le M S l’obéissance sera demandée par le biais d’une alliance. Non pas une sujétion sans discernement mais comme un devoir librement accepté par sa conscience. Une obligation de soi à soi. La couronne de laurier et d’olivier symbolise, entre autre, l’anneau de l’alliance. Non fermée elle met sur la voie du perfectionnement jamais abouti.

La question de la fiabilité, du nouveau M S est une qualité indispensable. Salomon réuni une poignée d’hommes sûrs pour faire face aux obligations qu’impliquent l’assassinat du maître par des traîtres et la suite à donner.

Les Lévites consacraient tout leur temps au tabernacle. Il y avait toujours de la lumière et de la nourriture dans le lieu saint. L’eau purificatrice était toujours présente dans la mer d’airain. Sans les lévites, le peuple n’aurait pu poursuivre sa route. Porter le Tabernacle à travers le désert c’était maintenir intacte la tradition. Ce n’est pas un hasard que notre rituel maçonnique se soit inspiré de leurs qualités et leurs prérogatives.

En transposant cette légende au grade de M S, on peut comprendre ce qu’on attend de lui. Une clé est confiée à ces fidèles gardiens soumis à l’autorité d’Adonhiram. Elle symbolise la fidélité et la discrétion. Le lieu contient, outre la dépouille du maître, les lois secrètes révélées à Moïse.

Jugé digne de poursuivre la tradition, le M S va en être lui aussi le porteur. Nous ne sommes plus en loge bleue où parfois l’intérêt s’émousse en ayant l’impression de faire du sur place, ou, se satisfaire de son état et s’y installer.

Invité à aller plus loin, le M S bénéficie d’un regain d’intérêt par l’approfondissement des idées et l’ouverture de nouvelles pistes d’investigation. Même s’il prend conscience des barrières, il s’ouvre à une activité créatrice, il a le sentiment de sortir de l’impasse.
Une nouvelle énergie et une vision plus en profondeur vont apparaître. Il se rencontre lui-même en sa réalité profonde, et la réserve insoupçonnée dont il est porteur. Le M S va donc participer activement à la reprise des travaux interrompus. Mais auparavant, le deuil doit se faire pour que l’avenir commence à se dessiner.

Alors que met t’on à la disposition du M S pour le mettre sur cette voie ?

Le rite de passage apporte, avec les sentences, un aperçu panoramique de tous les devoirs à mettre en pratique au fur et à mesure de sa progression. Ces sentences revêtent une grande exigence. Le terme honte à eux, « ou malheur à ceux » sonne comme un avertissement face à cet inconnu qui attend le M S. Sera t-il capable d’assumer ces nouvelles charges, ces nouveaux devoirs ?

Le M S possède une nouvelle clé sur laquelle est inscrite la lettre Z. En passant du G au Z, de l’étoile au sceau, on change d’état. Cette clef affranchi de la matière. Elle ne peut ouvrir qu’une porte symbolique. Mystérieux symbole, incassable et incorruptible, elle n’est pas un outil, elle n’ouvre pas, elle est Ouverture.

En regardant le Z on peut y voir deux 7 accolés, tête bêche. Deux droites parallèles, 2 niveaux, 2 plans : le matériel et le spirituel. Ceci n’est pas sans nous évoquer la formule de la table d’émeraude, « tout est en haut comme ce qui est en bas ». Le sept ans et plus du maître trouve alors sa continuité et lui donne du sens. Le sept se rapporte également à la batterie : six coups réguliers, nombre représentant les étapes successives de la création selon la description biblique. Le septième coup est séparé des autres par un silence, un espace de non agir. Mais aussi les 6 directions de l’espace : les 4 points cardinaux le zénith et le nadir. L’espace est ainsi matérialisé.

Le M Saborde un nouveau plan s’élevant au-dessus du matériel pour aborder le spirituel afin d’en saisir l’essence et d’en appréhender la lumière. Il prend conscience d’appartenir à 2 mondes : le monde ordinaire et le monde subtil. Celui de l’intuition, de notre moi enfoui. Cette clef nous aide à accéder à nos ombres pour devenir progressivement des êtres plus éclairés.

Chacun des actes du M S découle de la notion du devoir au sens du devoir être, devoir faire, devoir dire, car il est par le signe du silence, le gardien de la parole cachée qui se trouve au tréfonds de son inconscient.

Le signe du secret marque un état d’intériorité. Il transcende le silence mis en pratique dès le premier degré. Ce retour au silence n’est pas imposé, il est plutôt une retenue de la parole. Une fois comprise la métaphysique du silence, le M S commence à se libérer de son ego et à sortir du monde formel des apparences.

Les mots sont des supports comparables aux barreaux d’une échelle. On y prend provisoirement appui mais il faut les quitter pour s’élever.

Le synthéme, par ces différentes mutations géométriques nous montre en partie le chemin de nos propres transformations.

Il est formé de 3 figures : Cercle bleu entouré de noir, triangle blanc, étoile jaune auxquelles il faut ajouter un centre commun à ces figures, symbolisé numériquement par : 1.

Le triangle : 3

L’étoile 5

En additionnant ces chiffres le 9 apparaît comme un cycle complet.

On peut imaginer que l’on va de l’extérieur noir, en passant par le blanc, la purification, avant d’atteindre le jaune, la lumière. C’est une transformation alchimique.

Le trait noir du cercle peut évoquer l’enfermement de l’homme, ses imperfections faisant appel à l’idée de régénération. D’où le centre, germe de vie, centre de la conscience. Les tracés de ces figures ne se touchent pas. Il faut les franchir afin de déceler les stades d’évolution. Si elles se confondaient, la progression ne serait pas sensible.

Risquant de se perdre, les futurs M S suivent un guide qui leur montre le chemin. Reliés par une corde au cours des voyages ce chemin est à la fois solitaire et collectif. Cette corde appelle une progression en harmonie avec les autres, sans la tendre, sans chercher à dépasser l’autre. La corde, fil conducteur, uni et entrave simultanément.

Le chemin vers la lumière ne peut se poursuivre qu’en maîtrisant les mauvais compagnons qui sont en nous. L’équerre placée sur notre front sollicitant le chakra de la sagesse aide à prendre la juste mesure des choses.

Ce grade qui amorce une lente réalisation de soi est un véritable passage. Hiram n’est plus, le deuil doit se faire, certes, mais comme pour tout deuil, respectant un temps donné, nous avons le devoir de continuer. Nous avons à notre disposition notre propre potentiel, et de nombreuses aides pour nous éclairer.

Il convient, me semble t’il de me limiter là à ces quelques réflexions, qui je l’espère vont ouvrir encore et encore d’autres pistes.

Cet approfondissement vers notre intime vérité est dynamique. Il est plus un art de vivre qu’une étude austère. Il concerne la vie dans sa globalité et se pratique à tous les instants.

Je cite : Paroles yi King grand commentaire : « On appelle continuité ce qui délivre les choses de leur torpeur et les met en mouvement. On appelle changement ce qui confère une autre forme en les ajustant les unes aux autres. Quant à ce qui les exalte pour les rendre accessibles à tout homme sur terre, c’est ce qu’on appelle le domaine de l’action ».

J’ai le sentiment, qu’il y a là un sésame, qui en écartant les voiles de l’ignorance, ouvre l’intelligence du coeur et participe à l’harmonie du monde en créant l’humanité dont nous avons tant besoin.

J’ai dit, 3 F PM

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