#401012

Le Saint des Saints est en l’Homme, c’est la Lumière que vous portez

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Afin de compléter cette sentence ; il me paraît nécessaire d’y ajouter celle qui la suit :

« tout ce que vous avez appris jusqu’à présent n’est rien à côté de ce qu’il vous reste à apprendre ».

Nos travaux s’ouvrent par les paroles suivantes :

– F Inspecteur, en quel lieu sommes-nous ?

– T F P M, dans le Temple de Salomon, devant le Saint des Saints.

L’expression « le Saint des Saints » qui est proposée à ma réflexion fait référence à une salle du temple de Salomon, le lieu le plus sacré du temple, le Débir, fermé par une balustrade et dans laquelle reposait la dépouille d’Hiram dans l’attente d’une sépulture définitive, selon certains rituels anciens. Le Débir est précédé d’une autre salle, l’Hekal, sanctuaire accessible à tous et qu’il faut traverser avant d’accéder au Saint des Saints.

Cette progression, d’une chambre à l’autre, conformément au parallèle habituellement établi entre le temple extérieur et le temple intérieur, n’est autre que le cheminement spirituel de tout initié, l’accès du monde profane au monde sacré, le passage du chaos à l’ordre, des ténèbres à la lumière.

Notre devoir de Franc Maçon, et qui plus est, de Maître Secret, est de partir à la recherche de ce Saint des Saints. Pour faire miens les termes de notre Frère Gilles que j’ai repris dans sa planche sur la Clef d’Ivoire :

« Le Maître Secret le voit à l’Orient enfin le croit-il car en fait le Saint des Saints est enfoui en lui-même ; le MS part donc à la recherche de lui-même dans une quête toujours plus poussée, toujours plus élaborée ». Et où agit cette petite étincelle de sacré dont l’éclat nous permettra d’approcher au plus près de cette Vérité par un perfectionnement ou une transformation individuelle.

« La Vérité est inaccessible à l’esprit humain. Il s’en approche mais ne l’atteint jamais » comme le mentionne notre rituel.

La balustrade est également là pour nous rappeler les obstacles à surmonter ; elle est une invitation à un franchissement supérieur, spirituel, à une recherche de notre être intérieur.

L’abandon de toute ambition personnelle permet au M S de poursuivre sa quête de Vérité et de Lumière, jusqu’au sacrifice. Il lui appartient alors de faire mourir son ancien moi et de renaître dans la Lumière.

Depuis le cabinet de réflexion où l’acronyme VITRIOL nous invite à plonger en nous-mêmes jusqu’à cette parole du rituel, tout semble nous orienter dans une direction ; celle du Devoir que nous sommes appelés à accomplir. Il ne s’agit plus de spéculer mais d’agir. Le Devoir, dans le rituel, se présente comme quelque chose de hiératique, d’absolu. Il en serait presque personnifié : inflexible, exigeant, impératif. Il s’impose à nous.

Le REAA nous indique, depuis le tout premier jour, que notre devoir est de descendre en nos abysses intérieurs pour combattre chaque jour l’ignorance, le fanatisme et l’ambition afin de faire nôtres ces vertus cardinales que sont Sagesse, Force et Beauté. Mais aussi lutter contre les paradigmes forgés par notre histoire, notre environnement, identifier les préjugés et combattre les idées reçues.

Notre force de caractère nous poussera donc à accomplir le Devoir parce qu’il est le Devoir ; la sagesse que nous aurons en partie acquise nous permettra de comprendre que notre accomplissement ne pourra se concrétiser que dans la réalisation de ce Devoir, celui qui ne promet aucune récompense, « mais avec la seule satisfaction de l’approbation de sa conscience » comme cela est mentionné dans le livret d’instruction du 4ème degré.

L’objet de la quête est la recherche de la Parole perdue, recherche dont la signification profonde sera désormais le centre de réflexion. Il convient de reconstituer ce qui a été perdu ; c’est-à-dire oublié. Ce qui a été oublié réside dans les profondeurs de notre conscience. La recherche du Mot perdu est une incitation à sonder nos profondeurs, notre inconscient, à pratiquer l’introspection.

Le voyage du Maître Secret est avant tout un voyage immobile. Le Saint des Saints est un lieu qui n’a pas d’existence dans le monde temporel. Mais est-ce bien la destination qui compte ? Ou ne serait-ce pas plutôt le voyage en lui-même ?

La démarche entreprise par le M S est une quête fondée sur le travail pour s’extirper du chaos et retrouver la sérénité dans la Lumière.

Après une attente nécessaire dans sa progression, face au Debir, il aura progressivement pris conscience qu’au plus profond de lui-même resplendissait la Lumière qui éclaire en permanence le Saint des Saints. Le thème fondamental que nous donne la Franc-maçonnerie est l’émergence de cette lumière intérieure, par une sorte de maïeutique, méthode utilisée par Socrate, laquelle consistait à mettre chacun en mesure de trouver en lui-même et par lui-même ce qu’il a en lui.

Cette lumière semble être au centre du rituel du 4ème degré mais c’est au travers d’un voile qu’elle nous apparaît. On discerne le faible éclairage de cette Étoile laissée à l’occident du temple en entrant dans la Chambre du Milieu. Certes, depuis le premier jour, le M S travaille à son propre perfectionnement ; il met tout en œuvre pour lever les obstacles qui empêchent la Lumière de lui parvenir et qui lui interdisent de prendre conscience de sa propre Lumière intérieure.

Mais il y a un bémol : d’une part, le voile que nous portons au front le soir de notre initiation est bien là pour nous prouver que notre vision reste imparfaite.

D’autre part, il est bien dit que nous ne sommes pas des prêtres mais bien des Lévites. Si nous sommes des hommes de Devoir, si nous sommes les gardiens du Temple, nous restons pour l’heure condamnés à demeurer devant le Debir.

Le rituel ne voudrait-il pas nous indiquer par là que notre travail sur nous-mêmes reste encore imparfait ; qu’il nous faudra toujours et encore descendre en nous pour combattre les trois mauvais compagnon et lutter ainsi contre notre part d’ombre ?

Que la porte à ouvrir n’est pas matérielle et que la clef qui permettra de le faire est à l’intérieur de nous-mêmes ? C’est à l’intérieur que l’essentiel s’accomplit.

La clef du sanctuaire symbolise l’intelligence qui éclaire la conscience et permet à l’Homme de tenter d’accéder à la Vérité qu’il concentre en lui. La conscience figurée par le sanctuaire, le Saint des Saints, est un asile sacré où personne ne peut entrer, excepté lui : l’Homme. Il en possède la clef car il est maître de ses secrets. Sur le plan ésotérique, posséder la clef signifie avoir été initié, avoir le pouvoir de pénétrer dans un lieu saint, avoir le privilège d’accéder à une demeure spirituelle.

Franchir la balustrade trop rapidement ne sert à rien. Pénétrer dans le Saint des Saints et n’y rien comprendre est dénué de sens.

Le rituel du 4ème degré évoque, lors de l’ouverture des travaux, que la Grande Lumière commence à paraître. A l’instar de la lumière physique, la Lumière spirituelle ne peut s’apprivoiser d’instinct. Éblouissante, elle apparaît à l’Apprenti, illuminant l’initié au fur et à mesure de son parcours, éclairant le Compagnon, irradiant le Maître « qui reparaît plus radieux que jamais ».

La symbolique de la Lumière véhicule un enseignement qu’il nous faut transmettre ; car à quoi servirait d’intégrer la Lumière si nous sommes dans l’incapacité de la raviver pour rayonner à notre tour.

L’omniprésence de la Lumière dans la quête du Maçon souligne combien cette dernière doit être menée avec persévérance et rigueur. Le jour de notre exaltation, nous avons tracé sur la planche notre tout premier cercle, celui qui symbolise notre champ d’actions et de recherches. Autrement dit, celui qui sépare la Lumière que nous portons des ténèbres qui nous environnent.

Le Maître Secret se doit de ne jamais oublier qu’il porte en lui la source de sa propre illumination et que le REAA lui a donné la clef qui lui permettra de franchir la balustrade. Il lui incombe de savoir l’utiliser.

Je suis à présent au seuil du Saints des Saints tout comme je suis au seuil de ma vie maçonnique ; s’ouvrent encore devant moi un long chemin, un long apprentissage pour réaliser le dépouillement ultime du vieil homme et renaître, porteur de l’esprit d’Hiram.

C’est en cette Lumière, qui m’a un jour été donnée, que réside le fondement de mon évolution actuelle.

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