4° #401012 Le temps de travail, les décors et le maître secret Auteur: D∴ H∴ Obédience:Non communiqué Loge: Non communiqué Ce travail n’a pas la prétention d’être exhaustif, mais juste quelques pensées sur ce que l’on pourrait appeler le « projet » du Maître Secret, à travers quelques symboles. D’ailleurs, tout le « programme » du M S se trouve dans le rituel dont l’étude réfléchie ne peut être que bénéfique pour tout M S, qu’il soit nouvellement initié ou ayant parcouru un chemin un peu plus long.Je vais me limiter à 2 groupes de symboles : le temps de travail du M S et ses décors.Le M S nouvellement initié n’entend pas tout de suite le temps de travail à l’ouverture des travaux. Avons-nous été frappés par son énoncé à la tenue suivante ? Habitués à la précision des midis et minuits de sa Loge Bleue, avons-nous pris conscience que quelque chose d’important se passait ?Le T F P demande à son Inspecteur : « Quelle heure est-il ? »L’inspecteur répond : « L’éclat du jour a chassé les Ténèbres et la Grande Lumière commenceà paraître ».Que représente ce temps indéfini, néanmoins totalement compréhensible à tous ?Il s’assimile déjà au voile sur les yeux des récipiendaires, qui ont des choses une image approximative car leur connaissance est aussi imparfaite que leur vision est imprécise. « Vous ne comprenez pas bien, de même que vous ne voyez pas bien », dit le T F P.Nous sommes dans l’illusion d’avoir fait le tour de nous-mêmes, en passant du grade d’apprenti à celui de compagnon et puis de maître. Le rituel souligne que nos connaissances sont loin d’être complètes : « Vous allez être, dans cette Loge Secrète, comme un apprenti dans une Loge du premier degré ». Combien de fois n’ai-je entendu de jeunes M S (et des moins jeunes, d’ailleurs), contester plus ou moins consciemment cette précision.Le nouveau Maître Secret qui arrive en Loge de Perfection part à la recherche de soi-même ne sachant pas où il va par définition. Il n’a pas de mots pour définir ni expliquer ce qu’il cherche, ne le sachant pas encore vraiment. D’où le silence et le secret. Notre recherche n’est plus d’affirmer nos convictions (il est midi ou minuit !), certes plus ou moins dépouillées de quelques métaux tout en étant satisfaits des idées généreuses correspondant aux LL Bleues, mais de les examiner soigneusement (ces convictions) pour vérifier leur validité.L’incertitude déstabilise. Combien d’entre nous avouerait facilement ne pas savoir répondre à la question qu’un apprenti ou un compagnon nous poserait ? Notre ego plonge à l’assaut du silence insupportable du « je ne sais pas ». Et pourtant, qu’elle belle leçon ce serait pour l’apprenti que de constater qu’un Maître, tout Maître qu’il est, ne sait pas tout. Nous avons horreur du vide qu’il faut remplir à n’importe quel prix. L’imprécision nous met mal à l’aise. Nous voulons du concret : midi/minuit. Aujourd’hui, il s’agit pour le M S de comprendre quelle est la construction mentale que nous devons arrêter et ne plus prétendre détenir la vérité, mais ressentir à l’intérieur de nous-mêmes pourquoi ne pas savoir répondre nous rend si paniqués.Comment approcher une expérience nouvelle, celle de ne pas savoir répondre, par exemple, en rendant cette souffrance reconnue bénéfique à notre évolution ? Comment accepter le flou en nous dépouillant de notre savoir ? Il faut avoir vécu « l’éclat du jour qui a chassé les 2Ténèbres » pour connaître l’idée sous le symbole : connaître intellectuellement l’idée ne suffit plus. Comme Pozarnik a dit « Il y a plus d’enseignement à tirer de n’importe quelleexpérience vécue que de n’importe quelle idée ».Nous nous sommes peut-être posé la question : c’est quelle heure « l’éclat de la Lumière achassé les Tenèbres… », c’est quand ? C’est 5 heures du matin, 6 heures (heure d’été ou heure d’hiver ?) ? Il y aura autant de réponses que de perceptions différentes. Là, c’est encore notre anxiété devant l’incertitude que nous voulons absolument préciser.Mais, en fait, ce n’est rien de tout cela. Le rituel dit encore que notre travail se place dorénavant sur d’autres plans. J’ai évoqué dans un travail dans ma loge bleue, la possibilité que le quatrième pilier soit invisible parce qu’il se trouve « au dessus de la surface de laTerre… », et qu’il faut s’élever pour tenter de l’apercevoir. Le M S travaille maintenant à la verticale (comme le pilier invisible) dans ce changement de plan : nous étions restés à l’horizontale en loge bleue.Le temps de travail du M S n’a rien à voir avec une heure horlogère. L’éclat du jour qui chasse les ténèbres est un passage entre la nuit et l’aurore, et correspond à notre mot de passe, Ziza. On passe par Ziza pour chasser nos ténèbres. Ziza pour moi est l’éclat de la révélation vécue d’une vérité. Autant cette révélation peut être fulgurante, autant son effet est calme et apaisant comme « la fin du jour ». L’éclat va chercher la Lumière non pas dans ces multiples diffusions épars à l’extérieur de nous, mais l’étincelle dans notre centre, à l’intérieur de nous.Les decors du maitre secretSautoir bleu bordé de noir. Tablier blanc bordé de noir, bavette bleue sur laquelle est un oeil ; deux branches une de laurier, l’autre d’olivier se croisent sur le tablier ; au centre un Z ; bijou : une clé d’ivoire avec la lettre Z.Commençons par le noir. Sans grande surprise, le noir est la couleur qui prédomine à ce grade. Nous sommes dans une « Loge en deuil plongés dans la douleur de la mort de notreMaître Hiram » près de son tombeau et déplorons la perte de la Parole Perdue. C’est donc juste que nos décors soient bordés de noir, car nous sommes entourés de ce noir obscur de désolation. C’est le noir de nos ténèbres, de nos souffrances et de nos angoisses. C’est les plombages de notre mental dont il faut absolument prendre conscience.Mais en maçonnerie, rien n’est jamais tout noir. Nous avons sa couleur opposée mais complémentaire, le blanc, pour nous donner de l’espoir. Ce blanc est la couleur de notre « essence véritable » (Pozarnik) que nous devons chercher inlassablement. C’est la Grande Lumière qui commence à paraître. Nous connaissons l’opposition du noir et du blanc dans le pavé mosaïque des 2 premiers degrés, correspondant à nos conflits perpétuels qu’il nous faut essayer de transformer en synthèse harmonieuse. Nous sommes censés l’avoir intégré au grade de Maître, mais à l’évidence, il nous faut une piqûre de rappel.C’est aussi la couleur du bijou du grade, la clé d’ivoire, suspendue à notre sautoir, mais aussi posée sur l’autel des serments à la place de l’équerre et du compas des LL Bleues. Le rituel nous dit que le « MS est devant une porte qu’il lui faudra ouvrir, c’est-à-dire qu’il fautavoir compris et assimilé l’ésotérisme de ce grade, afin de pouvoir comprendre et appréciercelui des degrés plus élevés ». Nous savons que cette porte n’est pas matérielle et, qu’avec un Z sur son panneton, la clé ne peut rien ouvrir de matériel. Le rituel indique une impulsion pourtant : nous devons nous mettre en mouvement pour trouver notre moi profond. Rien ne sert de se battre contre une porte close. Elle ne pourra s’ouvrir qu’avec une prise de conscience, une parcelle de Vérité d’un vécu silencieux derrière des lèvres closes. Nous sommes l’objet : la porte, mais aussi le moyen : la serrure. Nous impulsons une action à notre recherche. Si on tourne la clé mollement à l’intérieur nous-mêmes, le résultat sera décevant.Pourquoi souffrir, se battre contre soi-même, si ce n’est pour tenter d’atteindre une Vérité supérieure. Par le travail et la méditation sur les principes de ce grade, nous pouvons espérer entreprendre un chemin qui nous mènera à un équilibre entre notre côté physique avec ses exigences et notre côté spirituel qui a les siennes.Le bleu maintenant. Il me semble qu’il y en a 2, à moins que ça ne soit les fantaisies des fabricants de décor. Je vais présumer qu’il s’agit bien de 2 bleus. Je ne vois dans ces bleus rien de très mystérieux, rien que le bleu azur du début du jour sur nos sautoirs, et le bleu profond de la fin de la nuit sur nos tabliers. Mais ces 2 bleus sont intéressants dans notre contexte en ceci qu’ils ont la faculté de résoudre en eux-mêmes des contradictions, des alternances – comme le jour et la nuit. (Dico des symboles). Et, par chance, nous avons les 2 bleus sur nos décors, et leur application dans notre temps de travail.Sur le bleu profond se trouve un oeil. C’est un oeil stylisé neutre, ni de droite ni de gauche. Serait-ce l’intériorisation de l’oeil de la Connaissance du Delta lumineux de nos LL Bleues ? De par sa position sur le tablier, il a une position centrale, sur le nombril, là par où la vie nous est donnée (par le cordon ombilical) et qui la donne de la même manière. C’est l’oeil qui voit Tout, notre Etre intérieur mais aussi la Conscience supérieure. C’est le regard qui nous incite à nous concentrer sur notre vérité mais qui est aussi une ouverture à La Vérité. Sur nos tabliers, nous devrions avoir une branche de laurier et une d’olivier se croisant. Je ne peux qu’effleurer le sujet dans cette planche. Le rituel nous dit que nous avons été reçus M S sous l’Olivier et le Laurier. « Le Laurier est le symbole de la Victoire que j’espère remporter sur moi-même à la suite de mes efforts dans l’accomplissement du Devoir. L’Olivier symbolise la fécondité de la Paix qui suit cette Victoire ». Le Laurier et olivier symbolisent donc la Victoire sur soi-même dans la paix, dans la douceur, le calme et la tranquillité et non pas dans une violence quelconque. Nous ne pouvons pas nous forcer à nous élever au-dessus de la surface de la terre.Le Devoir ne peut nous être extirpé. Le Devoir de nous mettre en mouvement, d’harmoniser notre vie intérieure et notre vie extérieure. Quand j’étais Apprenti, j’ai pensé qu’il était impossible de concilier le travail que je devais effectuer sur moi-même et la vie de tous les jours. Je pensais qu’il fallait à la limite me retirer du monde pour pourvoir ressentir le silence intérieur nécessaire pour ce faire. J’ai mis très longtemps pour comprendre autrement. Ce 4ème degré nous dit qu’il ne s’agit plus seulement d’essayer de nous mettre en chemin, mais de réaliser avec fermeté les Devoirs les plus difficiles parce que c’est la seule solution de Vérité. L’incertitude de notre temps de travail devrait nous aider à voir que l’insécurité dans lequel l’accomplissement de notre Devoir peut nous plonger nous mènera vers la joie d’avoir vaincu dans un éclat de lumière une parcelle des entraves entre notre petit et notre grand Etre.J’ai dit, T F P Navigation des articles Planche Précédente "La loi morale" Planche Suivante "En quoi le rituel du 4ème degré incite-t-il, le Maître secret à exercer un travail alchimique sur lui-même – 10 ans après ?"