4° #401012 Perfectionnement et temple intérieur Auteur: A∴ B∴ Obédience:Non communiqué Loge: Non communiqué Le F M doit-il se commettre dans une œuvre de perfectionnement moral de l’humanité ? Mais bien évidemment : non !Nous voyons que depuis des millénaires l’homme n’a rien appris ou presque. Les expériences positives ne sont pas transmissibles d’une nation à l’autre. Certaines populations sont laissées dans la plus grande précarité tandis que certains pillent les ressources naturelles. Laissons faire les choses. Il s’agit d’une sélection naturelle favorisant le plus fort en laissant périr le plus faible.Faut-il bâtir son temple intérieur ? Mais bien évidemment : non ! Il suffit de suivre les directives des personnes inspirées par les Dieux. Laissons-nous aller dans le confort du « prêt à penser » qui dispense un bien-être moral très apaisant. Cette introduction provocatrice est dans l’air du temps. On raille, on condamne, on prend le contre-pied, on relativise, on piétine…Je n’irai pas plus loin dans ce qui deviendrait un catalogue infernal.Alors, faut-il participer au perfectionnement moral de l’humanité ? Mais bien évidemment : oui ! Et noussommes particulièrement concernés, nous les F M que nous prétendons être. Je retiens la phrase que prononce le V M au début de la cérémonie d’initiation alors que l’impétrant porte encore le Bandeau, voici quelques extraits : « …Nous travaillons sans relâche à notre amélioration… C’est en réglant ainsi ses inclinations et ses mœurs que l’on parvient à donner à son âme ce juste équilibre qui constitue la Sagesse, c’est-à-dire l’Art de la Vie. Si vous êtes admis parmi nous, vous devrez prendre la ferme résolution de travailler sans relâche à votre perfectionnement intellectuel et moral… ».La plupart des individus s’efforcent de modifier en bien leur vie et celle des leurs tout au long de leur existence. Il faut juste les encourager. Alors, cette notion de perfectionnement serait-elle innée ? La question divise les philosophes du Siècle des Lumières : pour les uns l’homme est naturellement paresseux tandis que d’autres observent que la Nature qui est parfois très sage a doté l’homme d’une conscience lui permettant de pratiquer ce que nous appelons l’Art de la Vie.L’apprenti qui découvre la L comprend rapidement cette notion de perfectionnement au cours des « voyages » qui, nous le savons, n’ont rien de « saints » ni même de sanctifiant. Aucune « énergie cosmique » ne descend sur lui Les Dieux ne sont pas invoqués et les élans de superstitions sont découragés. Tout est bien humain dans cet « outillage rationnel » que reçoit l’Apprenti et qu’il utilisera dans le cadre d’une ascèse initiatique constituant l’Art de la Vie. Le tout dans l’effort et le Devoir ! Toutefois, le voyageur intuitif bénéficiera de la bienveillante attention du Grand Architecte de l’Univers tout au long de son parcours. Influence que peut-être il ressentira dans la Chaîne d’union ?Si donc l’élan moral est présent il faut maintenant comprendre la Vérité initiatique laquelle ne peut pas et ne doit pas « s’accorder aux conceptions humaines ». A ce sujet, je cite le Très Puissant Souverain Grand Commandeur Claude Collin qui a précisé au cours d’une récente allocution :« …notre recherche spirituelle doit nous conduire à œuvrer dans le champ de la seule recherche initiatique, laissant à d’autres rites ou obédiences le soin de développer des sujets de société voire des actions politiques ». (1)Nous savons que les Dieux sont explicitement écartés du domaine initiatique mais celui qui veut comprendre la vérité initiatique doit aussi se défier des conceptions humaines ! Cela peut conduire à un grand écart intellectuel mais au moins sommes-nous prévenus que le Rite Ecossais oblige à une rupture morale vis-à-vis de quelques présupposés et certitudes. La rupture morale commence dans le Cabinet de réflexion par un isolement tout relatif avec l’environnement social et habitudes mentales confortables. Plus tard au cours des deux premiers degrés il s’en suivra une prise de conscience de la responsabilité personnelle prolongée au troisième degré par l’identification avec le personnage mythique d’Hiram.Par cette rencontre qui l’engage le M M entre dans la spiritualité qui est là, en nous, mais dont il n’a pas encore pleinement conscience. A partir de là, le M M en recherche de moyens de réalisation de son perfectionnement humain va établir son éthique M. Et la cultiver pour la transmettre libéralement à un postulant montrant tous les gages de qualification pour accéder à un degré différent de Connaissance. Le champ de la recherche initiatique impliquant Rituel et réflexion sur les symboles ou les mythes M initiatiques se découvrant par étapes, je n’ai pas encore rencontré de M sans Tablier habités par je ne sais quelle science infuse…Voilà où peut se situer le M M désireux de travailler sur lui-même au profit de tous les autres même si la vie brouille un peu la vision du chemin et que parfois même, elle embrouille. Il me semble que l’Ordre Ecossais permet de se réapproprier le processus de bonification de l’humanité par l’engagement initiatique. Pour cela, faut-il construire son temple intérieur au sein d’un Ordre initiatique ? Mais bien évidemment : oui !Le rattachement à un « centre initiatique authentique » est une obligation pour René Guénon et nous-mêmes nous avons compris la triangulation nécessaire entre l’homme, l’ordre initiatique et la L car finalement c’est bien la L qui initie.Les choses s’accélèrent pour le M accédant au 4ème degré qui conçoit seul et pour lui-même. La méthode M prend une autre forme car les moyens de réalisation sont « assénés » – au cours de la cérémonie d’initiation au 4ème degré, sous forme de sentences semblables à celles du modèle biblique appelé Décalogue. Certains préceptes établissent les valeurs générales M tandis que d’autres précisent les rapports entre F M et précisent aussi la nature du Devoir. De même que dans le Décalogue, en 16 versets, la parole divine est révélée sous une forme impérative d’interdiction : « Tu ne… » feras pas telle ou telle chose, le futur M S entend par trois fois : « Malheur à ceux… » qui négligent leur Devoir, sont indignes ou n’assument pas leur charge. Ces sentences s’adressent à un M M qui a appris – je cite le Rituel – « à décider par lui-même de ses opinions et de ses actions ». Le nouveau M S inspire-t-il à ce point la confiance que ses pairs le considèrent d’emblée ni vulnérable ni susceptible au point de le soumette sans ménagement aux éléments constituant son Devoir ? Et de fait, parce qu’il n’y a plus de temps à perdre il nous est dit abruptement « Ne vous attardez pas dans les sentiers fleuris… » autrement dit, voici les règles à suivre impérativement !On peut le voir surtout comme une invitation à rechercher le principe qui meut toutes choses pour en extraire le sens ésotérique. C’est ainsi que le commandement biblique : « Tu ne prendras point le nom de l’Éternel, ton Dieu, en vain; car l’Éternel ne laissera point impuni celui qui prendra son nom en vain » deviendrait au 4ème degré « Vous ne prendrez pas les mots pour des idées et vous vous efforcerez toujours de découvrir l’idée sous le symbole » car il nous faut toujours chercher le signifiant derrière le signifié et ne jamais se laisser bercer par les discours charmeurs de ceux qui prétendent vouloir le bien de leurs semblables mais qui n’ont que la prétention.La nature du M a changé en devenant M S il endosse la robe du Lévite qui est un homme de Devoir.Les défis rencontrés sont affrontés avec un esprit bien disposé mais contrariés par les lourdeurs charnelles et/ou sociales. Ils sont bien pesants ces métaux que nous portons sous forme de déception, de découragement, de certains pénibles renoncements et autres doutes divers et variés. Cette forme de souffrance se révèle à nous de temps en temps mais il reste évidemment, pour moi en tout cas, que le changement en F M a une portée extrêmement positive, optimiste, dynamique et vivante, basée sur l’idée que l’homme est perfectible.Un autre aspect du déroulement de la belle histoire du mythe réside dans le fait que le Mapprivoise l’idée de la mort, seule véritable certitude ici-bas. C’est ainsi qu’Hiram relevé personnifie l’espoir. Sa personne est devenue espoir et Guillaume d’Orange l’implique totalement en le délivrant du besoin d’espérer. Cet optimisme qui progresse à pas de M repose sur le principe que les individus comme les sociétés sont capables d’apprendre et d’évoluer pour porter à une puissance élevée les acquis de leur passé. Quelques uns permettront au plus grand nombre de passer de l’animalité à la pleine humanité pour autant que les uns et les autres apprivoisent leur histoire car « C’est avec les lumières du passé qu’on se dirige dans l’obscurité de l’avenir ».Mon propos repose sur la phrase du Très Puissant Souverain Grand Commandeur, laquelle m’a interpellé : « …œuvrer dans le champ de la seule recherche initiatique » et qui m’amène à considérer que la perfection n’est pas humaine mais supra-humaine, c’est-à-dire au-delà de l’humain et que donc le perfectionnement de l’homme est une illusion en soi. Aurions-nous l’obligation de vivre nos devoirs sans y penser, pour nous élever vers notre idéal ? Ce qui conduirait le M à adopter les attitudes suivantes : s’éveiller à la connaissance de soi en s’imprégnant des symboles M ;entendre et vivre le rituel plutôt que de le regarder. L’écouter plutôt que de l’entendre ;travailler à son perfectionnement sur le plan ;éthique : je pense aux valeurs comme le bien et le mal vis-à-vis de soi, des autres, de la société ainsi que de la nature ;spirituel, dans la relation au sacré ;métaphysique et philosophique pour ce qui concerne le sens de la vie ;psychologique pour les pensées, le comportement, les sentiments et les motivations ;apprendre à déposer ses Métaux à la porte du Temple, ce qui revient à gouverner ses passions tout en relativisant la course au matériel ;devenir acteur de la sérénité, de la tolérance, et de la fraternité ;travailler en Loge sur des thèmes philosophiques et moraux pour progresser dans une dimension collective.En quelque sorte une discipline morale ou ascèse qui rebute bien des F. Il serait bien vain de rechercher la réussite totale mais la réussite de soi et donc le perfectionnement passent par la constance dans l’effort, la sincérité, la foi réelle et consciente dans l’idéal qui nous anime. C’est un aspect de la mission du L M, à la fois prêtre moderne qui abandonne l’horizontalité pour privilégier la verticalité qui apporte la Lumière aux hommes de bonne volonté. C’est ce que dit le Rituel qui indique que le domaine de l’action est celui de « l’énergie, de la persévérance et de l’intention droite ». C’est sur ces dernières considérations exprimées comme une profession de foi vis-à-vis du Rite Ecossais Ancien et Accepté que je termine ma Planche.En conclusion non définitive :L’obligation de résultat n’existe pas puisque le M est seul juge de ses progrès dans la voie du perfectionnement laquelle est une quête in-fi-nie. Et l’infini ne dure-t-il pas toute une vie d’homme ?! Je ne perds toutefois pas de vue que certains de mes F M aînés que je respecte, héritiers et dépositaires des valeurs du M H auront su très sagement cultiver l’Art de la vie pour eux-mêmes et leur entourage sans jamais accéder au 4ème degré, et plus. Lesquels M M peuvent éventuellement se perfectionner et s’épanouir dans de nombreuses spiritualités existant parallèlement à la F M. Toutefois le cheminement initiatique M est bien un engagement spirituel tel que nous l’enseignent nos symboles. La F M n’est donc pas « une auberge espagnole » où chacun ne trouverait que ce qu’il y amène. Il ne faut pas se tromper de fidélité …J’ai dit,T F P M Navigation des articles Planche Précédente "HONTE à ceux qui acceptent des devoirs, et qui ensuite les négligent" Planche Suivante "J’ai vu le tombeau de notre Respectable Maître Hiram"