#401012

Que vous ont apporté vos initiations successives

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Non communiqué

Obédience:
Non communiqué
Loge:
NP

L’initiation de racine latine « initium » évoque une entrée, un commencement et par extrapolation à l’initiation maçonnique, une naissance, voire une renaissance ; un nouveau départ donné, après la mort symbolique « du vieil homme » qui dormait en nous.


En une phrase l’initiation fait de nous un Franc-Maçon.



Mais comment s’opère cette transformation ?


Je serais tenté de dire qu’il reste tout simplement à suivre un chemin…dont au départ on ne sait pas très clairement le tracé, ni la direction, ni encore moins le but, ni même le temps qu’il va nous falloir pour le parcourir.


Le R.E.E.A nous apporte la méthode pour mener à bien ce cheminement, composé de 33 degrés divisés en 7 classes, dont les 3 premiers degrés du Rite sont administrés par la Grande Loge de France, les degrés suivants sont eux sous l’autorité du Suprême Conseil de France.



A ce jour mes Frères l’avenir est encore incertain ; aurai-je la possibilité de découvrir le 4 eme degré ? Je n’en suis plus très loin. Cependant ce soir il ne m’est possible que de formuler ce que m’ont apporté mes 3 initiations successives. (Ne désespérant pas, néanmoins, un jour d’avoir la joie de décrypter celle du 4 eme degré).



L’initiation au premier degré : ou comment suis-je devenu un apprenti Franc-maçon ?



Il s’agit dans un premier temps, par le biais de différentes épreuves rituelles : l’épreuve de la terre, de l’air, de l’eau, du feu au cours de voyages symboliques eux même, de susciter une réflexion et une action qui doivent permettre à celui qui vit cette initiation de se dépouiller de ses prétentions et de ses préjugés. Ces épreuves signifiant que l’homme ne peut se perfectionner qu’en se mesurant à des obstacles et en apprenant à les surmonter ; que l’homme ne peut se faire qu’en faisant. « Faire et non pas devenir » a pu écrire le philosophe Jules Lepier.


La finalité est donc de procéder à une sorte de décrassement intellectuel et moral ayant pour objectif de débarrasser l’esprit de tout ce qui empêche la lumière de parvenir jusqu’à l’initié ; c’est-à-dire jusqu’à moi. De là les purifications que je devais subir, moi l’apprenti afin de me conduire à voir la lumière.


Cette purification, cette impulsion spirituelle n’arrive pas d’une manière spontanée et désordonnée, au contraire elle est transmise par une organisation reconnue, qui va provoquer l’élan nécessaire pour développer mes potentialités et considérer autrement le monde, et changer la nature de mon regard sur celui ci, sur les autres, sur moi-même.


Mon initiation au premier degré allait donc me permettre de commencer à travailler sur la Pierre Brute (à la dégrossir) c’est-à-dire à travailler sur moi. Mais comment ? Grâce aux outils mis à ma disposition : le maillet, le ciseau et la règle à 24 divisions. Mais qu’allais-je faire avec ces outils, comment savoir les utiliser à bon escient ?


A l’aide de la méthode maçonnique qui allait m’être proposée et dont je découvris une petite parti lors de mon initiation au premier degré et notamment lors de la demande du Mot Sacré :


«  Je ne sais ni lire ni écrire je ne sais qu’épeler donnez moi la première lettre je vous donnerai la suivante » à ce moment précisune organisation de travail m’était conseillée. « Donnez moi la première lettre, je vous donnerai la suivante… » Chaque frère apporte à son frère les éléments de progression nécessaires à la poursuite de son cheminement, ne lui apportant la lettre suivante que lorsque la lettre précédente est assimilée. C’est toute la justification de l’écoute, car savoir à quelle lettre en est arrivé son frère dans son cheminement nécessite une écoute attentive. C’est ce à quoi s’entraîne notamment l’apprenti par son silence en loge. Réapprendre à écouter, travailler sur soi ; édifier en lui-même son temple spirituel. Une vie nouvelle s’ouvre à l’apprenti la vie intérieure, celle de l’esprit.



A un titre beaucoup plus personnel, je voudrai dire également que l’initiation au premier degré m’a permis, à moi le fils unique, d’avoir un frère jumeau Philippe et de ne pas naître seul. Nous sommes comme lors des premiers voyages avec leurs différentes difficultés : « les mains fraternelles qui se soutiennent aux moments les plus critiques ».



L’initiation au deuxième degré ou comment tendre vers la connaissance ?



Les deux degrés d’apprenti et de compagnon forment en réalité un tout dont le premier degré est une présentation, tandis que le second est une réalisation.


C’est ainsi que les 5 voyages d’initiation n’ont plus le caractère d’épreuves, mais figure les étapes de la connaissance :


   –Les 5 sens (vue, ouie, toucher, goût, odorât)


   –Les ordres architecturaux (dorique, ionique, corinthien, toscan, composite)


   –Les arts libéraux (grammaire, rhétorique, logique, arithmétique, géométrie, musique, astronomie).


   –Les philosophies (Moïse, Pythagore, Socrate, Jésus, Koung-Fou-Tseu)


   –Et Gloire au Travail.



Et quel travail ! Ma première impression fut de constater l’immensité du chantier.


Le compagnon n’aura pas beaucoup de temps pour le repos !



Mais il est vrai qu’il ne faut pas se contenter de reconnaître simplement la vérité. Il importe surtout d’agir conformément à la raison : c’est le moyen d’attirer la lumière de la connaissance à soi, afin de s’en imprégner totalement. Le symbolisme du grade de compagnon se rapporte à cette illumination propre à l’initié.



Durant cette initiation j’ai été mis en possession des moyens et des objets de la connaissance pour me réaliser en employant de nouveaux outils symboliques : La Règle, Le Levier, Le fil à Plomb et le Niveau, l’Equerre et les Mains libres.


Arrêtons nous quelques instant sur la main. La main fut le premier outil de travail et rappelle à chacun que le travail est la grande vocation de l’homme, il lui est enseigné comme un devoir impératif.


L’homme a d’abord le devoir de servir et ensuite seulement il peut réclamer des droits qui seront la contrepartie des services rendus. N’est-il pas indiqué dans le rituel d’initiation au deuxième degré que « nous les initiés nous devons travailler non pas à contre cœur, sous la pression de la nécessité, mais bien avec entrain, en artistes pour qui l’œuvre seule compte et n’est pas nécessairement subordonnée à une récompense ».


Cette initiation nous fait prendre conscience que le travail constitue une véritable mission pour le Franc-maçon. « La Franc-maçonnerie, mon frère, est une véritable religion du travail » : rituel d’initiation au grade de compagnon.


Un autre moment important de mon initiation à ce grade fût l’instant où j’ai vu l’Etoile Flamboyante. Cette étoile qui pour la première fois frappait mon regard. La lumière allait devoir entrer en moi sous l’invocation du G.A.D.L’U créateur du monde entier. Je compris plus tard que ce même symbole pouvait représenter l’initié parfait que nous nous efforçons de devenir.


L’homme, en effet, tout en étant infime par rapport à l’univers porte en lui-même un reflet de la grande lumière.



L’initiation au Troisième degré : ou comment tendre vers le rayonnement ?



Cette exaltation se fait dans le deuil, la tristesse et l’accablement. Toute la signification de ce moment réside dans le fait que ceux qui oeuvrent pour le progrès de l’humanité ont des adversaires et doivent résister à leurs menaces. Elle apprend aux Francs-maçons qui édifient le Temple de la fraternité humaine, que leur travail comporte une lutte continuelle contre l’ignorance, le fanatisme et l’ambition ; que représentent les 3 mauvais compagnons. Le but étant, pour tout initié, d’établir le règne de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité.


L’exaltation à la maîtrise met en avant un homme maintenant pleinement éclairé qui a réussi à se saturer de lumière, il devient à son tour un foyer lumineux.


Selon Oswald Wirth «  il rayonne, il éclaire les autres, et se trouve de ce fait revêtu de la dignité de Maître ».


Cette initiation au troisième degré m’a fait réellement comprendre que je devais rassembler ce qui est épars en moi-même, puis à l’extérieur à l’image de la lumière originelle qui ordonna le chaos pour créer le monde.« Au commencement Dieu créa le ciel et la terre, or la terre était vide et vague, les ténèbres couvraient l’abîme et un vent de Dieu agitait la surface des eaux. Dieu dit «  que la lumière soit et la lumière fût ». La genèse : de la création au déluge. La lumière est donc à l’origine de tout.


Le maître maçon est là pour rassembler « re-lier », « ré-unir » en lui-même et au-delà de lui-même : l’esprit (le spirituel) et la matière (le corps), le cœur (la passion) et la raison (le réfléchi) afin de tendre versla perfection et faciliter un Amour parfait entre les hommes.


Ce moment m’appris également que j’étais âgé de 7 ans et plus. Le 7 symbolise la connaissance le « et plus » me fait comprendre que la connaissance doit s’accroître indéfiniment, le travail continu c’est un cycle permanent.



Par conséquent je ne peux pas croire que ce parcours initiatique puisse s’achever sur une note aussi pessimiste.


Le travail n’est pas achevé, le Temple n’est pas fini, peut-on rester sur un crime impuni ? Que sont devenus les assassins de Maître Hiram ? Qu’est devenue la parole perdue c’est-à-dire le secret que possédait Maître Hiram ?


Autant de mystères à éclaircir,de tâches qu’il reste à accomplir, peut être est- ce le « et plus » ?



J’ai dit Très Vénérable Maître



Alexandre L

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