4° #401012 Se réconcilier avec soi-même Auteur: Non communiqué Obédience:Non communiqué Loge: Non communiqué « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible aux yeux » Antoine de Saint- Exupéry.In fine, je me suis toujours demandé quel peut-être l’intérêt majeur qui prédomine le cheminement de son propre perfectionnement initiatique. Certes, il y a l’existence d’une trame qui nous est contée soit à partir de la subtilité voire la compréhension d’un regard, d’une écoute ou tout simplement par l’observation identifiée de plusieurs tableaux.Une histoire, une progression d’évènements qui nous prédisposent à identifier des concepts, à matérialiser sournoisement peut être des attitudes pour comprendre les pièges tendus au travers d’un acharnement puéril, agrémenté in tantinet de la volupté, de toutes évidences la conséquence de nos lâchetés.Mais alors, tout ce qui précède ces comportements ressentis à priori laxistes, nous conduit à penser qu’une voie spirituelle n’est authentiquement complète que si elle réalise d’abord la mise en relation de l’homme avec sa nature profonde, essentielle, puis avec l’univers.« Vous ne vous forgerez point des idoles humaines pour agir aveuglément sous leur impulsion, mais vous déciderez par vous-mêmes de vos opinions et de vos actions. »J’ai l’intime conviction à ce propos que c’est à partir peut être de cette réflexion, que nous est révélée dans la légende du grade du « M S » : la clef.En somme une clef confiée au corps des gardes soumis à l’autorité de l’Inspecteur Adoniram pour ouvrir le Saint des Saints. Ce lieu qui contient, outre la dépouille du Maître, les lois secrètes révélées à Moïse. Par conséquent, la dépouille du Maître est associée à l’Arche de l’Alliance.Ce témoignage, c’est l’homme est plus précisément celui qui, parmi les hommes, est le bâtisseur. Il est capable de créer. Il collabore avec la divinité pour poursuivre la création, l’améliorer et l’achever, guidé par cette lumière intérieure qui est la part divine. Le Maître Secret devient le gardien du Saint des Saints et de ce fait accède à la fonction sacerdotale.Il s’agit de tout évidence donc d’être soi, car dans la dualité primaire qui s’exprime naturellement « par moi et les autres » nous avons tendance à vouloir paraitre ce que nous ne sommes pas, à donner une image de nous-mêmes toujours supérieure, sans failles, sans vulnérabilités, dans une société qui encourage le culte de l’apparence, et à tout juger en fonction de ce « moi » illusoire.On accède plus facilement au mot qu’à l’idée qui est un enclos très précis de la pensée. Il y a souvent un abus des mots au point que l’on constate que beaucoup parlent pour s’écouter parler, ce qui est diamétralement opposé à la démarche de l’initié.L’obéissance explicitement demandée ici, est la confirmation du respect des engagements pris dans les trois grades précédents. L’obéissance est renouvelée envers l’Ordre, qui correspond à une entité hiérarchique collective reconnue, par sa fonction de transmission et l’influence spirituelle.La fidélité est la mise en pratique des enseignements acquis et confère à l’initié des devoirs, dont le principal est de mettre en adéquation ses principes, sa parole et ses idées avec son vécu quotidien, en deux mots, le Maître Secret doit « actersonidéal ».« La voie de l’initiation quand elle a atteint la limite extrême de l’effacement, s’élargit de nouveau, le renversement est proche. Il y a aussi le sens de la libre circulation de liberté de passage, signifiée par les trois lettres : LDP »La voie initiatique demande d’entrer en relation avec ce qui est négatif en nous, non pour pleurer sur nos faiblesses et battre notre coulpe en une culpabilisation paralysante, mais pour nous en libérer.De même, toute personne doit être consciente que sa liberté personnelle s’arrête dès lors qu’elle porte atteinte à celle d’autrui. Le devoir de l’Elu des neuf est conforme à mon sens à ces vers de Pythagore où il est dit : « Pratique ensuite la justice en actes et en paroles. Ne t’accoutumes point à te comporter dans la moindre des choses sans réfléchir. Mais souviens- toi que tous les hommes sont destinés à mourir. Et parviens à savoir tant acquérir que perdre les biens de la fortune ».L’application dynamique de ces écrits demande à l’initié d’entamer en lui le processus de la réalisation spirituelle qui fera croître en lui le Fiat Lux ou germe de lumière reçu lors de son initiation.Le meurtre perpétré sur Hiram n’a pas de circonstances atténuantes qui auraient incité à la clémence le jugement rendu par Salomon. En fait le mobile de l’action des mauvais compagnons est de s’emparer des prérogatives de la maîtrise sans en avoir l’aptitude, et va jusqu’à commettre le crime irréparable.« Apprenez maintenant, continua-t-il, que ce n’est pas Salomon qui fit creuser cette Voûte hypogée, ni construire les huit qui la précèdent, pas plus qu’il n’y cacha la pierre d’agate. La pierre fut placée par Enoch, le premier de tous les initiés, l’initié initiant, qui ne mourut point et qui survit dans tous ses fils spirituels. Enoch vécut longtemps avant Salomon, avant le Déluge. On ne sait à quelle époque furent bâties les huit premières Voûtes et celle-ci creusée dans le roc vif ».C’est sous les ruines du Temple, sous la lettre de la loi, que l’initié livre un combat contre le doute et l’obscurité avant de découvrir la neuvième voûte.Toute progression suppose à ce stade une régression apparente. Ainsi les trois mages après avoir traversé le désert et confrontés à tout ce que cela peut représenter, passent d’un cheminement horizontal à une descente verticale dans le puits. On retrouve bien l’axe de l’œuvre qui demande de passer inlassablement de la perpendiculaire au niveau, quelle que soit l’étape initiatique franchie. Après quoi ils amorcent un long cheminement sous terre qui les fait progresser de porte en porte ou de sephirah en sephirah.Cette légende aide à avoir une approche de la kabbale au cœur du Temple. La kabbale est une recherche métaphysique de ce que recèle le texte de la Loi. Le cheminement souterrain des trois Mages qui passent successivement 10 portes, figure la progression des sephiroths de malkuth à kether.Dix sephiroths, hormis l’ineffable, dont les dix propriétés sont infinies : l’infini du commencement, l’infini de la fin, l’infini du bien, l’infini du mal, l’infini en élévation, l’infini en profondeur, l’infini à l’Orient, l’infini au Nord, l’infini au Midi, et le Seigneur seul au- dessus; Roi fidèle, il domine tout du haut de son trône dans les siècles des siècles.Ce chemin est une approche intérieure de l’ésotérisme judaïque, parcouru par l’initié en vue de trouver entre les colonnes de la rigueur et de la miséricorde, la voie du milieu qui est censée l’amener à la libération intérieure.Au-delà de nos négativités qui sont des causes de mal-être sinon de souffrances intérieures, il y a pourtant des richesses qui résident en nous, elles ne demandent qu’à être expérimentées. Arrêter de croire que nous sommes fondamentalement mauvais et accepter l’idée qu’il y a également en nous quelque chose de sain et de bon nous fera changer le regard sur nous-mêmes et sur notre environnement, car c’est notre regard qui conditionne notre façon de comprendre le monde.La seule issue du salut possible consiste donc à revenir au point de départ, ouvrant un nouveau cycle d’expériences, enrichi de nouvelles connaissances.« La vie échappe à qui ne sait la retenir, elle reste au service de qui la condense en soi, pour la mettre en œuvre à bon escient ».L’amour de la vertu c’est la liberté de disposer de soi en fonction des principes auxquels on adhère, en son âme et conscience. C’est aussi le chemin étroit qui mène vers l’autre rive, celle de l’épanouissement du cœur dans la paix intérieure et la sérénité.Le kabbaliste comme tout être humain cherche à résoudre les questions fondamentales de sa présence sur terre en se penchant sur les récits de la création : Être d’où viens-tu ?, Être qui es-tu ?, Être où vas-tu ? C’est par l’intermédiaire du Sepher Yetsirah ou livre de la formation que la kabbale étudie la genèse du monde, par les vingt-deux lettres de l’alphabet hébraïque, ainsi que l’idée de la hiérarchie des Séphiroth.Selon la définition de Claude Mouret : les séphiroth sont les traces, ou reflets de Dieu, permettant sinon de le saisir, du moins d’en percevoir les mystérieuses approches. Selon son image, c’est l’ombre qui permet de déceler la présence du soleil. Elles constituent le trait d’union entre l’infini et le fini. Elles humanisent le Divin.Le travail maçonnique est à la fois individuel et collectif. Individuel parce que la décision de s’engager dans la voie initiatique réclame à l’impétrant une volonté spirituelle bien trempée pour faire face à toutes les épreuves, mais elle est réalisable que s’il y a transmission de la loge, de ce collectif qui relie chaque maillon à la chaîne de l’initiation.Le Tao-tö-king dit : « Celui qui connait les hommes acquiert la sagesse. Celui qui se connait lui-même possède la lumière ».Ce thème de la lumière a été également utilisé par saint Jean l’évangéliste dans sa première épitre : « Celui qui aime son frère demeure dans la lumière, et il n’y a rien en lui qui le fasse broncher. Mais celui qui hait son frère est dans les ténèbres, il marche dans les ténèbres, et il ne sait pas où il va, parce que les ténèbres empêchent ses yeux de voir ».La franc-Maçonnerie ne prône pas forcément les actions de groupe, bruyantes et souvent éphémères. Elle apprend à participer, à s’engager à titre personnel et à s’ouvrir aux autres en permanence. Elle est un lieu de réconciliation, et en cela elle est une voie spirituelle. Ce voyage auquel je vous ai invités n’a pour unique ambition que de partager avec vous un parcours afin d’intériorisé les jalonnements des différentes époques, fruit de nos échanges antérieurs. Du mystère de la clef en passant par les notions de vengeance pour arriver à mesurer la symbolique de l’arbre des Séphiroth, c’est tout une approche intime qui me permet de travailler à nouveau sur la connaissance de son « Soi ». Car n’est-il pas écrit sur le Tétragramme :Je suis qui Je suis, Je suis celui queje suis, Je suis celui qui suit, Je suis celui qui sera, Je serai celui qui sera, Je suis ce que je serai.J’ai dit, Trois Fois Puissant Navigation des articles Planche Précédente "Le Travail en Loge de Perfection" Planche Suivante "Aimer la Justice… De quelle Justice parlons nous ?"