4° #401012 Vous ne prendrez pas les mots pour des idées. Et vous vous efforcerez toujours de découvrir l’idée sous le symbole Auteur: C∴ K∴ Obédience:Non communiqué Loge: : Écrin de Lumière Vous ne prendrez pas les mots pour des idées. Et vous vous efforcerez toujours de découvrir l’idée sous le symboleT F P Maître et vous tous mes S S et F F Maîtres Secrets, le thème de cette planche porte sur cette sentence, entendue lors du 1er voyage : Tentons d’en approcher une meilleure compréhension et de la relier à notre ordre.Impératif, comme une injonction, ce précepte nous met en garde sur l’importance des mots.LES MOTSEnsemble de vibrations sonores, le mot est un système de signes vocaux chargé d’exprimer une pensée. Mots et Idées ont pour origine les besoins et l’activité sociale de l’homme, le travail en commun est au fondement de la création du langage.« Au commencement était le Verbe » cela implique la mise en relation de celui qui s’exprime avec celui qui entend, tout commencement implique un lien…Les mots permettent la communication mais aussi la prière, l’invocation, l’échange, en fait le meilleur, comme le pire, le pouvoir de blesser, guider, d’inciter à la haine, d’inspirer l’amour… Ils peuvent être soumis à interprétation ; la façon dont l’autre appréhende le sens des mots prononcés nous questionne sur l’idée perçue. Il existe un risque de détournement sémantique, c’est le cas pour certains textes anciens de différentes traditions.« Si j’avais le pouvoir, nous dit Confucius, je commencerais par redonner leur sens aux mots ».DES MOTS AUX IDÉESLa littérature spécialisée regorge de travaux sur le langage qui caractérise l’humain et lui porte à croire en sa supériorité sur les autres règnes. L’apparition du langage est une étape importante dans son évolution et celle des civilisations. Il est ce qui ordonne notre rapport au monde comme à nous-mêmes, et mène à l’inconscient. Nous nous servons des idées pour structurer le monde phénoménal.LES IDÉES – LES MYTHESLes idées, pour Jung, viennent des mythes, et forment des archétypes issus de nos profondeurs inconscientes. Elles nous dominent et nous contrôlent. Selon Claude Lévi-Strauss, mais aussi pour Karl Popper, Teilhard de Chardin, et d’autres penseurs : les mythes sont une substance autre que matérielle, physique et biologique. Ils distinguent alors : le monde des choses matérielles, des expériences vécues et celui des choses de l’esprit – la « noosphère » considérée comme un monde relativement autonome. Pour Jacques Monod en 68, une idée transmissible constituait un être indépendant, doté de la faculté de s’organiser, de se conserver, de croître, cette noosphère de plus en plus dense créant une conscience planétaire.On retrouve à présent ces mythes latents dans les aspirations et les « valeurs » transmises. Les principes essentiels des vérités métaphysiques y sont voilés.L’IDÉE SOUS LE SYMBOLELe symbole, précédant le langage dès le début de l’Humanité est universel. Il nous permet, dit Platon, de « faire éprouver par l’analogie, ce que la parole ne peut exprimer ». Pour nous Francs-maçons, c’est un langage sans mots, un mode de communication, libre et universel ; qui permet d’approcher la Lumière. Alors si les mots mènent aux idées, le symbole, clé vers la connaissance et langage secret, éveille à l’Idée…ce qui est révélé peut figer l’esprit, ce qui est seulement suggéré l’ouvre.Il ne cherche pas à dissimuler les secrets initiatiques mais rendre clair à l’intuition ce que le seul entendement ne pourrait saisir.En même temps horizontal, comme véhicule des traditions et des sagesses, et vertical, intemporel, inspirant, le symbole est ainsi l’outil majeur du travail de réunification entreprit sur soi-même et l’ouverture aux Mystères.Le Maître Secret n’est plus dans le dégrossissement des premiers degrés, il travaille à la construction d’un espace intérieur, d’un espace pacificateur, afin d’entendre parler son coeur, dans le Secret et le Silence.Dans notre monde de plus en plus complexe et dur, il nous faut aller vers l’essentiel, l’essence de nous-mêmes, pour réactiver notre compassion naturelle. En revisitant nos idées, en les éclairant grâce aux symboles, en retrouvant au fond de nous cette aspiration vers le Sacré, nous pourrions alors percevoir la véritable Intelligence.Suite à l’assassinat de Maître Hiram, la parole est perdue, et il manque à présent des Maîtres éveillés, unis et avertis, pour qu’elle puisse être restituée intégralement.Chaque Maître semblait posséder une partie de cette parole, « un éclat de lumière ». Dans ce lieu de méditation et de silence, nous nous trouvons près du tombeau de Maître Hiram, devant une porte qu’il nous faudra ouvrir…nous avons reçu une nouvelle clef qui doit nous permettre d’accéder aux anciennes sagesses, cette clef ouvrira-t-elle notre coeur, notre sanctuaire ? Le geste symbolique du Garde du Sceau qui scelle les lèvres des Vénérables Maîtres, les incite à méditer dans le Silence. De même, les rituels maçonniques, supports initiatiques, nous encouragent à intérioriser ces symboles agis (dont la vibration est mise en action ?) et à les vivifier car cette Vérité à laquelle nous aspirons nous fait dépasser les limites intellectuelles, aucun système de pensée ne peut l’aborder.Or, aller vers ce Silence est une action énergique, ce n’est pas la négation de quelque chose, ni une forme de passivité, c’est laisser une place à l’être véritable, la Sagesse, l’Amour…présents au centre de notre être, totalement libre parce-que relié avec l’univers. Et là, l’Esprit devient disponible et l’Idée pourra jaillir de ce vide créateur.Ce qui m’amène à relier ce sujet aux MOTS SACRÉSLes mots profanes ne sont qu’outils d’expression, la présence de mots hébreux d’origine biblique, est riche de transmission initiatique. Ils nous donnent une grande source d’inspiration qui nous permet de puiser vers l’Universalité de la connaissance. Ils nous relient à l’espace-temps où se trouvent nos frères et soeurs Maîtres Secrets dans notre quête commune de Vérité.Allons alors vers ce qu’il y a derrière les mots, les idées, les symboles, afin d’y retrouver le sens profond des mots substitués, conscients de l’infinitude de notre recherche.Nous sommes dans le domaine de l’Esprit, ces mots sont le Verbe, le Aleph de notre cheminement vers le Principe, vers une nouvelle ouverture de conscience. Depuis notre réception comme Maître Secret nous voici dans le Sanctuaire et le Mot sacré est triple : Iod, Adonaï, Ivah, Noms du Dieu Biblique pour lequel Salomon et les « oeuvriers » construisent le Temple.Ce n’est pas avec notre mental que nous pourrons comprendre ces mots mais avec l’intelligence du coeur. Certains mots sacrés ne cachent pas une idée, ni une réflexion, mais provoquent à eux seuls un état de conscience plus ouvert (exemple : les MANTRAS). Ils nous mènent au-delà du symbolisme, au-delà de l’universalité vers l’Un, le Tout, insondable, inexprimable. Ils nous donnent la voie d’accès à la transcendance…et éclaire notre cheminement intérieur de plus de clarté, de luminosité et d’Amour.CONCLUSIONNous pleurons Hiram, la tristesse de sa mort semble avoir détruit tout l’artificiel qui subsistait en nous. Les apparences qui voilaient la lumière et la vérité ont disparu. Nous réalisons que tout est transmutation incessante, perceptible ou non, dans le cosmos comme en nous-mêmes… Gardons en mémoire que l’orgueil, la vanité, l’ambition, sont le reflet en nous des mauvais compagnons qui l’ont assassiné, l’étude des vertus que nous propose le grade de Maître Secret nous balise le chemin.La liberté intérieure, dans le secret de notre être reste importante pour continuer la mise en oeuvre de l’harmonisation de notre chaos tout en suivant la route du Devoir…Le M S persévère afin de devenir plus apte à intégrer son devoir de recherche, de respect et de fidélité envers ses S S et F F M S et envers notre Ordre. Il tente de relier les idées entre elles pour choisir les mots justes, et préserver l’idée de Vérité, ne pas la galvauder. Il cherche toujours son cheminement vers le Principe, la Lumière qui touchera son coeur, conscient qu’elle n’est pas une entité mystérieuse mais la nature première de son esprit, dégagée de la dualité, la qualité fondamentale qui lui permet de faire l’expérience du monde avec innocence, pureté retrouvée, dans la non-division.Le Zohar, le livre des lumières hébraïque, nous dit : « Tout est enfermé en l’homme, il est le complément et l’achèvement de tout ».La transcendance, compréhension et connaissance au-delà des mots, ne peut être vécue que dans la profondeur du Silence Intérieur dans l’Instant.Si cette illumination reste au niveau d’idées et de concepts, elle ne nous mènera qu’à sa porte…la voie médiane est là – complément de l’action…Pour conclure, puisque tous nos mots et concepts dérivent de notre perception des apparences, de notre réalité, ils seront impuissants à traduire, à exprimer, à transmettre…ou seulement sur un mode poétique, métaphorique, symbolique, allégorique… L’Indicible étant au-delà des mots, les mots ne peuvent ni le circonvenir ni l’enfermer, ni le restreindre. Il est au-delà de la Vérité…J’ai dit, T F P M Navigation des articles Planche Précédente "A04J-A ; F Inspecteur, en quel lieu sommes-nous ?" Planche Suivante "Le devoir jusqu’au sacrifice est-il une entrave à la liberté individuelle ? Que peut-on en penser à travers les rituels"