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Le secrétaire intime
M∴ C∴
L’instruction du Secrétaire Intime débute par cette question « Etes vous Secrétaire Intime » et la réponse : « Mon zèle a été pris pour de la curiosité ».L’instruction se termine par cet enseignement : « Le zèle n’est permis qu’aux sages ».
« zèle » vient du grec zêlos , puis en latin zelus. Montrer du zèle, c’est avoir de l’ardeur, du dévouement, de l’enthousiasme.Selon le LITTRE, c’est « une affection vive, ardente pour le service de quelque chose, de quelqu’un, de Dieu ». Le Petit Robert précise «une vive ardeur à servir la cause de Dieu ou de la religion » et enfin, le dictionnaire philosophique de Voltaire indique qu’il s’agit d’un « attachement pur et éclairé au maintien et auprogrès du culte qu’on doit à la Divinité, mais quand ce zèle est persécuteur, aveugle, et faux, il devient le plus grand fléau de l’humanité »
On dit de celui qui est zélé qu’il est également ardent, actif, attaché, dévoué, empressé, appliqué, attentif, enthousiaste, enflammé, fougueux, fervent, passionné
Dans le monde profane nous voyons bien que l’attitude de quelqu’un de zélé est plutôt mal perçue c’est en tout cas ce que traduit l’expression «faire du zèle »
Le zèle n’est-il pas déjà, en lui-même un excès ? et l’expression « Excès de zèle » ne serait-elle pas – elle même –excessive, redondante ?
Il faut relever que jalousie et ferveuront la même racine dans l’étymologie grecque du mot zèle.
Les définitions du sage sont multiples et varient selon les époques et les continents.
Le sage est un individu qui possède pleinement, accomplit, les facultés ou dispositions de la nature humaine, tant en ce qui concerne la connaissance que l’action. Il représente l’idéal de vie humaine la plus haute, l’excellence dans la disposition au savoir et le jugement sur toutes choses, en particulier sur les valeurs morales et les actions qui leurs sont liées. En pratique, le sage peut être défini comme celui qui montre sa pensée non par la parole, mais par l’agir, c’est ainsi qu’il démontre le bien-fondé de sa pensée. Ainsi, la vie du sage est-elle la démonstration permanente de sa pensée, la force du sage réside dans ses actes, et non dans le verbe, qui peut être considéré comme surtout réservé au théoricien que peut être le philosophe.
Chez les philosophes grecs ou dans la tradition orientale, la sagesse (« sophia » en grec) est l’idéal de la vie humaine. Il peut se définir comme un état de réalisation qui s’appuie sur une connaissance de soi et du monde, il s’accompagne d’une satisfaction suprême et correspond à l’état de perfection le plus élevé que puisse atteindre un humain. La sagesse est le « savoir être heureux » ou encore la science du bien – être.
Mais quel est le modèle de l’homme véritablement sage ? Pour nous, c’est le roi Salomon. Salomon qui avait demandé àDieude lui accorder un cœur attentif pour juger son peuple et discerner le bien du mal . Et Yaveh l’avait exaucé en lui répondant : « je te donne un cœur sage et intelligent comme personne ne l’a eu avant toi et comme personne ne l’aura après toi ».
La sagesse consiste donc à appliquer son intelligence pour rendre la justice en suivant les enseignements divins. Le fondement de la sagesse est d’essence divine et Salomon en est le relais humain. Notons que cette sagesse « parfaite » n’aura été confiée qu’une seule fois à un Homme en la personne du roi Salomon et que, nous le savons tous, elle finira par l’abandonner, montrant ainsi que la sagesse ne peut être que fugitive et toujours à reconquérir pour les pauvres humains que nous sommes.
Enfin, pourquoi ne pas évoquer également le « bon sens » populaire ou la capacité à faire des choix justes, presque naturellement, une sorte de sagesse pratique de la vie quotidienne qui ne se fonde pas nécessairement sur des préceptes philosophiques ou religieux.
On comprend, après ces tentatives de définition de la Sagesse, que seul l’individu en quête de sagesse, peut être zélé, et uniquement si le zèle qu’il déploie vise à son perfectionnement personnel.
Le S Intime a fait du zèle, mais ce zèle a d’abord été pris pour de la curiosité. Johaben était mu par de bonnes intentions et voulait sans doute simplement protéger son roi. Mais il s’est attiré la colère d’HIRAM de Tyr. La saine curiosité, apanage du sage, est amour du Vrai et désir de le connaître afin de mieux accomplir son devoir. Jugeant que Johaben est animé de ce zèle, Salomon prend sa défense et parvient à convaincre le roi de TYR. Il nous faut apprendre maintenant à cultiver notre être intermédiaire « notre » Johaben, à sauver notre témoin intime de la colère d’Hiram par l’intermédiaire de la sagesse. Le ternaire doit être reconstitué, il faut toujours tenter de trouver en nous l’équilibre, la médiationentre « notre » Salomon et« notre » Hiram de Tyr.
Dans l’instruction au premier degré, la question suivante est posée « que signifie la marche de l’Apprenti ? » la réponse :« le zèle que nous devons montrer en marchant vers la Lumière ». L’Apprenti en progressant ainsi – à petits pas – fait déjà preuve de zèle. Il avance doucement, les pieds en équerre, ne présumant pas de ses forces, ne détachant pas son regard de la lumière. Ce cheminement est résolu, mais mesuré.