#405012

Synthèse des 5ème aux 8ème degrés

Auteur:

G∴ D∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
LE PARVIS CHAMPENOIS -

A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers
RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE
Ordo ab Chao
Au Nom et sous le Auspices du Suprême Conseil de France
Liberté-Egalité-Fraternité

Dans un premier temps, la lecture du sujet m’a laissé dans une certaine frustration. Pourquoi, en effet me confier un travail limité au 8ème degré en stoppant mon élan au seuil du 9ème degré plein de dramaturgie et d’un suspens quasi policier ? Mais discipline oblige, j’ai souscrit à l’étude qui m’est confiée.

Je dois, en vérité, dire ici que la cérémonie de passage du 4ème au 12ème degré ne me laisse qu’un souvenir confus d’une avalanche de signes, décors, symboles et personnages.

L’abondance des événements successifs, l’absence de matérialisation simplement visuelle des décors et bijoux de chaque grade n’en favorise pas la mémorisation, même fugace. Plus spectateur qu’acteur, seul le manuel d’instruction pouvait résoudre mon ignorance. Dans le 5ème degré, Maître parfait, je retrouve la lettre J, des voyages, le nombre 5 entre autres symboles encore inconnus ou disposés différemment. Ceci est à même de me redonner du courage et d’explorer plus avant le sujet de ce midi.

Une vue plus distanciée m’a ramené à mon grade de compagnon :

Je devrais avoir acquis les rudiments du métier, connaître quelques tours de main et techniques de tracé et manier habilement les outils. A ce stade, pourvu d’une certaine autonomie technique, les responsables du chantier ont jugé qu’il serait opportun que je passe de l’exécution à ce que je nommerais le management du chantier.

Je me retrouve donc chef d’équipe, dans un Temple encore dans la confusion des colonnes couchées, mais avec des repères angulaires définis et un segment de cercle désormais gradué. Je devrais être à même d’exécuter la construction selon les plans que me confient les maîtres véritables.

Il est temps de faire le point sur mon chemin qui est porteur d’une responsabilité accrue sur la transmission des éléments qui me sont connus. Cette charge inclue une méditation personnelle accrue, avec encore plus d’humilité pour solliciter un secours que le signe d’ordre me rappelle : Yeux et bras levés vers le ciel.

L’accession au 6ème degré, Secrétaire Intime, même si elle se fait au péril de la vie de l’impétrant, paraît plus cocasse ; un zèle excessif qui confine à l’indiscrétion le rend témoin du différent entre Salomon et le roi de Tyr.

C’est donc dans le quiproquo qu’est conclue l’alliance entre les deux rois et que nouveau JOHABEN, je deviens, comme le grade l’indique, intime des plus grands, avec la mission d’écouter attentivement les paroles de mon maître en me détachant d’une vaine curiosité tout en cherchant à discerner la Vérité. Bien que témoin privilégié, je ne puis encore comprendre la nature du pacte scellé entre Hiram de Tyr et Salomon. Mon zèle doit désormais être emprunt de discernement pour éviter une nouvelle bévue.

Ayant un temps rempli cette charge et acquis plus de sagesse dans mes réactions, je suis nommé Prévôt et Juge au 7ème degré.

Exerçant, dans le monde profane, la fonction de Conseiller Prud’homme, je dois dire que ce grade me semble de suite, plus familier.

Je connais bien ce devoir de réserve, la balance qui est si délicate à équilibrer, l’impartialité qui impose de mourir à nouveau, à ses préjugés, à l’apparence des individus et des faits et l’interrogation sur l’impartialité d’un jugement prononcé.

L’analyse des faits n’est pas toujours convaincante, les témoignages non plus, les textes ne sont pas souvent limpides et l’âme humaine montre autant de merveilles que de perversions. La collégialité, quand elle est bien comprise et exercée permet parfois d’atténuer ces incertitudes, d’autant plus que c’est sur l’ensemble des ouvriers du chantier que cette justice s’exerce.

Cette collégialité justement me conduit au 8ème degré dans l’ascension des 7 marches de l’exactitude.

Le rituel passe en revue les mots, attouchements et pas des 3 premiers degrés. Je revis la mort d’Hiram et son relèvement, la batterie de ce grade résonne dans un rythme connu à mes oreilles et certains signes ne me sont pas étrangers, par contre le nombre 9 ne m’a pas encore livré ses secrets.

Quand à la liste des attributs attachés à ce grade, elle me paraît si longue et si vertueuse qu’une vie entière n’y pourrait souscrire qu’avec de bien plus puissant et éclairé que moi, sauf à faire totalement confiance à l’énoncé du mot de passe Juda (Dieu guidera).

Lors du déroulement de ce quasi « profil » de carrière, l’impétrant que je suis éternellement, est passé du stade de chef d’équipe à celui de ministre de la construction. Hors de l’habituelle image que nous présentent nombre de ministres profanes successifs, il ne me semble jouir d’aucun avantage particulier, pas même une somptueuse berline avec chauffeur, garée devant ce Temple.

La connaissance recule d’autant que je crois m’en rapprocher, tout en me renvoyant sans cesse à celles que j’ai cru appréhender et qui s’éclairent désormais de lumières nouvelles.

Les tribulations de Johaben ne sont pas de nature à me rassurer, tant les interrogations restent nombreuses, à la fois sur la fonction et surtout sur les moyens de la remplir.

Membre d’un collège chargé de l’intendance du Temple en construction, je vois se dévoiler progressivement l’arc des voûtes, les dimensions des salles, la hauteur des marches, avec l’impression étrange que plus la lumière s’affirme plus l’espace qui m’entoure se rétrécit ! Ce Temple imposant, les vastes espaces de son enceinte, l’accumulation des matériaux nécessaires à son édification sont autant de supports matériels qui semblent pléthoriques pour la construction de mon modeste Temple !

Cependant, cette apparente contradiction n’en n’est pas une, car elle pourrait signifier que bien d’autres Temples restent à construire dans le monde contemporain où l’abondance des matériaux n’est que l’ébauche, encore inorganisée, d’autres chantiers à ouvrir.

Pour conclure, je reprendrais cette belle phrase d’Helen Keller :

« Quand vraiment nous souviendrons-nous que nous sommes tous unis les uns aux autres, que nous sommes les membres d’un seul corps ?

Tant que l’esprit d’amour pour autrui, quelle que soit sa race, la couleur de sa peau ou ses croyances, ne remplira pas le monde, faisant de la fraternité humaine une réalité dans nos vies et dans nos actes, tant que tous les hommes ne se sentirons pas responsables du bien-être de tous les autres, la justice ne pourra exister ».

G M A et vous tous mes F G M A j’ai dit.

Vous devez être abonné pour accéder à ce contenu


S'abonner

Retour à l'accueil