La caverne
P∴ V∴
A la Gloire
du Grand Architecte de L’univers.
Au Nom et Sous la Juridiction du Suprême Conseil des
Souverains
Grands Inspercteurs Généraux du 33ème
et Dernier Degré du Rite Ecossais Ancien et
Accepté Pour la France
Ordo Ab Chao Deus Meumque Jus
Je suis persuadé qu’en maçonnerie il n’y a pas de hasard et je m’apercois que le choix des travaux qui me sont confiés ne l’est pas.
En effet mes frères, je suis conscient, malgré le travail sur moi-même que je tente de faire regulièrement, que mon chemin est long et sinueux et que les thèmes choisis pour mon évolution se veulent une aide à mon cheminement. Sachez que je suis conscient de ce que je suis et je souhaite un jour être celui qui est. C’est ce travail sur la caverne qui, non seulement a continué de me faire réfléchir sur moi-même, mais m’a egalement fait prendre conscience du point précis où je me trouve sur le chemin de ma caverne, de mon être profond, intime et secret : ma consience. Passage incontournable dans l’étape de ma renaissance.
Naître c’est voir le jour. Renaître c’est recevoir la grande lumière de la connaissance.
Oui. Je le touche parfois du bout du doigt ce point central, trop rarement à mon gout, et je m’en éloigne si souvent. Mais, mes freres, je vis tellement intensement ces petits instants de pleinitude et de bonheur où j’ai l’impression de me découvrir, que j’ai une idée fixe : progresser.
Je viens de vous dévoiler les grandes lignes de ma réflexion tout en cheminant vers cette caverne.
Le récit du rituel que j’ai pris le temps de lire et de relire en me souvenant de la fameuse réponse en loge symbolique de mes peres : lis, tout est dans le rituel. Oui j’en suis convaincu tout est dans le rituel mais l’on passe souvent à côté de beaucoup d’explications symboliques qui nous manquent ou nous perturbent dans notre évolution si des portes ne nous sont pas entreouvertes. Que je suis comble au cours des réunions d’accompagnements où je me sens pousser des ailes comme Dédal qui choissit la voie des airs pour sortir du labyrinthe.
Cette légende nous rappelle qu’il ne suffit pas de pouvoir faire, mais qu’il faut savoir faire en combattant, certes, mais surtout en dominant ses passions, en restant dans ses limites de connaissance, car trop d’ambition tue l’être, c’est la raison pour laquelle icare se brula les ailes.
C’est fou comme en marchant, notre esprit batifole, s’égare parfois du sujet, du but que l’on se fixe. Oui dans notre vie profane on a beau se fixer un cap, un chemin, on est toujours tenté d’en derroger. La bonne intention est là, mais quelque chose de materiel indefinisable, nous pousse à ne pas aller à l’essentiel, à se perdre dans des considerations qui font diversion comme pour nous eviter d’y aller. Cet esprit profane est là. Je le sens en moi. Je ne le renie pas. Mais comme j’aimerais plus le combattre. Ce combat me ferait progresser en me donnant plus d’humilité, de sens du raisonnable et me permettrait de continuer mon chemin vers la grande lumière. La caverne est le lieu favorable à ces combats internes. Il faut toujours se battre, s’affronter. Le combat nous fait progresser et nous mène à la grande lumière, qui est en nous et que nous devons faire rayonner de plus en plus intensement autour de nous et en nous.
Je sais que je suis comme je suis, mais je voudrais tellement ranger tous ça en moi comme un puzzle où toutes les pieces ont leur place, qu’elles soient capitales ou non. Contrairement à Yohaben dans la pénombre de la caverne, je ne dois pas tuer ni éliminer, mais combattre mes vices et vaincre mes passions pour sortir de la caverne, non pas en vengeur assassin mais en combattant toujours vigilant et toujours prêt à vaincre.
La caverne est un lieu de transformation à la fois psychanalityque et initiatique.
Je ne veux pas changer mais je veux tendre à être la somme des moi : soit, le soi du grand architecte. Pas le temps d’une réflexion ou d’un échange maçonnique, mais dans ma vie quotidienne.
Le premier point de réflexion dans la légende de Yohaben vers sa quête de l’assassin d’Hiram, c’est l’etranger, qui sur les ordres du roi Salomon, le conduit a la caverne, donc au cœur de moi-même.
Oui. Ouvre-toi à ton prochain et il t’aidera à déceler tes imperfections, tes défauts pour que tu puisses mieux te connaître. C’est pour moi le principe des oppositions comme le Ying et le Yang qui se complètent tellement bien pour former le cercle, symbole pour moi à la fois de la perfection et pourtant du commencement de la naissance. C’est aussi le début de notre démarche de notre cheminement vers le centre du cercle.
On est souvent tenté de penser que celui qui est différent de soi par sa manière d’être ou par sa manière de penser est mauvais et sans intérêt : à côté de la plaque comme on dit, mais qui des deux est le plus à côté de la plaque ? Aucun des deux je crois. Echangeons, écoutons et nous nous enrichirons.
J’espère que sur mon chemin je croiserai encore beaucoup d’étrangers, que je les apprehenderai differemment et que, consciemment ou inconsciemment je ne les repousserai pas.
Contrairement à Moïse pour qui le buisson ardant a apporté la lumière et la parole du très haut, ce buisson épineux situé devant la caverne a pour moi un double symbolisme. D’un côté il rend le passage plus difficile pour entrer dans la caverne, pour travailler sur soi-même, de l’autre il évite aux non-cherchants de rentrer. Il est mes préjugés et mon ignorance, cf les mystères d’eleusis où je cite : l’eclat du jour a chassé les tenèbres, la grande lumière commence à paraître.
La caverne est dans l’obscurité, en effet les compagnons célérats qui ont assassiné le maître Hiram n’ont jamais eu accès à la grande lumière. Ils font partie du monde des tenèbres. Moi qui suis un maître élu je me dois d’avoir le comportement pas seulement du savoir mais de la connaissance. Je ne viens pas sous l’impulsion de tuer ou d’assassiner mais de combattre avec sénérité et récul. Je n’oublie pas : je suis un élu. A ce degré je prend des initiatives. Mais cet endroit secret et caché ne m’est pas inconnu. Le chien qui en garde l’entrée n’aboie pas. Il me connaît et a surement l’habitude de me voir passer. Le symbolisme du chien est associé dans beaucoup de mythologie ; souvent d’ailleurs rattache au monde du dessous, à la mort (civilisation egyptienne). Il est le guide de l’homme aussi bien dans la vie que dans la mort. Sa présence dans le rituel nous rappelle encore une fois que l’on renaît de ses cendres. Il faut combattre ce qui nous gêne en nous pour renaître plus leger, degagé de toutes nos scories.
Le cabinet de réfléxion ou la caverne font partie de passage obligé et souhaite de tout maçon élu qui veut détruire ses scories profanes pour que rayonne la lumière deposée en lui par le GADLU.
La caverne est sombre, la lumière extérieure ne rentre que difficilement, mais on n’en a pas besoin car on voit très clair dans ce noir. En effet la grande lumière est en nous, et plus l’espace est epure, degagé des scories du profane et plus notre œil de la sagesse, de la connaissance voit clair et prend sa pleinitude.
Il ne faut pas confondre notre symbolisme de la caverne avec celle de Platon : notre lumière est en nous et elle nous permet de rayonner a l’exterieur. La théorie de Platon au contraire incite à un repli sur soi-même en utilisant la lumière extérieure et les ombres qu’elle génère pour mettre des craintes et imposer une forme d’esclavagisme et de soumission de l’individu.
La caverne au neuvième degré est une étape intermédiaire dans le parcours maçonnique. Elle est un peu comme le cabinet de réfléxion, le symbole d’un changement d’etat. Tout les deux sont différents mais avec des points communs. Au fond de la caverne on est sous la terre pas dans la terre. Il n’y a pas une notion de naissance mais plutot un état de purification. On fait un point de nos connaissances c’est donc quelque part une forme de transformation.
Les éléments naturels y sont représentés. La petite lumière d’une bougie nous confirmant que notre lumière intérieure, aussi infime soit-elle dominé la nuit des tenebres. C’est-ce qu’on ressent au fond de nous-même et qui nous donne ce desir inmesurable de maçon de vouloir aller plus loin dans la connaissance. Cette soif intarissable de tendre à la connaissance.
La source qui coule dans cette caverne ne peut que nous rappeler qu’au fond de nous jaillit cette vie spirituelle que le grand architecte nous a donné.
On le sait maintenant, contrairement avant notre initiation dans le cabinet de réflexion. Cette lumière de sagesse, cette eau de vie purifiée, sont là pour rappeler qu’en se nourrissant de ces éléments, on ne peut qu’endormir nos vices qui nous poussent toujours à la vengeance.
Dans la légende, Aviram qui représente l’ignorance et la violence nous mène au crime. Mais pour qui nous prenons-nous pour nous faire justice nous-mêmen ? La vengeance de Yohaben sur aviram en le frappant à la tête et au cœur symbolise bien la volonté de détruire la réflexion et les sentiments, facteurs capitaux à notre progression maçonnique. Le mal en nous veut en permanence détruire notre analyse et notre sensibilité pour faire de nous des perpétuels assassins, vengeurs insassiables qui se veut un révalorisant profane de notre égo. Acte inutile lorsque l’on comprend que transpercer n’arrête pas ce processus malin issu de nos scories. Comme aviram n’a pas pu tuer Hiram, qui est immortel, il est l’essence même de la création divine qui brille en nous. Nous sommes Hiram et notre chemin vers la connaissance se nourrit en permanence de notre travail personnel sur nous-même. Mais je crois que la meilleure des vengeances sur le mal c’est de le dompter, de le dominer, de lui montrer qu’il a un maître en face lui.
Maîtriser ses passions, dominer ses envies, c’est la mission que le roi Salomon a donné aux maîtres élus. Malgré nos prejuges et nos passions, la verité, la raison et la liberté doivent toujours combattre l’ignorance qui engandre la violance et le crime. Notre travail opiniatre et permanent nous libérera de nos vices et nous guidera vers la grande lumière.
J’ai dit très puissant maître.