Le buisson Ardent
C∴ P∴
À LA GLOIRE
DU GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS
DEUS MEUMQUE JUS
RITE ÉCOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTÉ
ORDO AB CHAO
AU NOM ET SOUS LES AUSPICES DU SUPRÊME CONSEIL DE FRANCE

Très souverain Maitre et vous tous mes FF Maitres Elus,
Quel contexte où tout se mêle à la fois.
Nous sommes loin du mont Sinaï de Moise et de la révélation des 10 commandements. Ici nous poursuivons les meurtriers d’Hiram. Reprenons le rituel. Un étranger se présente au palais du roi Salomon et l’informe du lieu où repose le corps d’Hiram. Les Maitres présents veulent tous partir à sa recherche mais Salomon déclare que 9 maitres suffiraient pour le retrouver. Un vote est organisé et 9 maitres sont élus pour retrouver le corps d’Hiram et Abiram le meurtrier.
Abiram s’est réfugié dans une caverne située près de Joppé à proximité d’un buisson ardent.
Pour autant dans la tradition biblique, nous sommes dans la révélation d’un Dieu éternel à Moïse. Moïse est dans une situation très ordinaire, celle d’un berger qui fait paitre son bétail sur le mont Horeb près du Sinaï.
Dieu se nomme « regarde-moi Moise, n’aie pas peur, je suis le Dieu d’Abraham, Isaac et Jacob, ton Dieu ». Il lui donne pour mission d’aller délivrer son peuple des Egyptiens.
Quoi qu’il en soit, nous sommes dans le cadre d’une révélation et pour le FM la révélation le conduit sur le chemin spirituel, sur le sacré qui était caché mais qui s’est désormais manifestée.
Les axes d’interprétation sont multiples. Comment rassembler en quelques mots ce qui est épars ? comment s’y retrouver entre l’interprétation chrétienne est l’interprétation symbolique.
Il me semble que dans le cadre d’une loge de perfection, la théophanie c’est-à-dire la manifestation sensible d’un Dieu à l’homme ne doit pas être perdue de vue et le buisson ardent peut être mis en relation avec la parole perdue puisque Dieu se nomme, et cette manifestation qui finalement est une éclaircie peut permettre au maçon de poursuivre sa quête de la parole perdue.
Pourquoi ne pas faire l’analogie suivante et regardez mes FF la photographie du buisson ardent de Nicolas Froment : Moise est représenté dans une vallée ou existe une montagne toute proche mais il ne l’a jamais vue car elle était toujours dissimulée dans un brouillard persistant. Un jour, au cours d’une éclaircie inattendue et fugitive, la montagne apparait, immense et impressionnante par sa grandeur massive (La Sainte Victoire). Ce jour-là Moise sait désormais qu’elle est là (le but, la finalité à Dieu) et qu’il doit entreprendre désormais une démarche dans sa direction.
Il lui faut alors identifier un chemin (la méthode), « les 10 commandements » validé par d’autres membres de la communauté, pourquoi pas les autres grands initiés et s’engager sur cet itinéraire.
L’interprétation chrétienne du Buisson Ardent de Froment que vous avez sous les yeux développe une interprétation orthodoxe proche de l’art byzantin dans laquelle l’incarnation est portée par la Vierge Marie.
En fin de compte si l’on met côte à côte l’interprétation chrétienne et l’interprétation symbolique il en résulte une voie exotérique qui permet la pratique des fidèles et une voie ésotérique qui permet à l’homme de travailler son perfectionnement et son élévation spirituelle.
Reprenons l’interprétation symbolique contexte et éléments :
Moise fait paitre le troupeau de son beau-père Jethro sacrificateur de Madian. Du désert il monte à Horeb. L’ange de l’Eternel lui apparut dans une flamme de feu, au milieu d’un buisson qui ne se consumait point. Moise esquisse un geste de peur, Dieu le vit et l’appela : Moise ! Moise qui répondit « me voici ».
En regardant le retable on imagine aisément le dialogue suivant : n’approche pas d’ici, ôte tes souliers de tes pieds car le lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte. Je suis le Dieu de ton père, d’Abraham, d’Isaac de Jacob « et Moise de peur se cache le visage ».
Que lui demande Dieu, d’aller vers les enfants d’Israël, de les délivrer et de leur dire que celui qui s’appelle « je suis » m’envoie vers vous.
La montagne sacrée participe au symbolisme de la transcendance. L’altitude de son sommet permet à l’homme de se rapprocher du ciel. Ce sommet donne le sentiment d’un possible contact entre le ciel et la terre, c’est par là même un lieu propice à l’homme pour rencontrer le Divin.
Comme beaucoup d’édifices sacrés le temple de Salomon sera bâti sur une montagne. Dans un bâtiment religieux, la transcendance est symbolisée par la coupole. Elle peut être à tambours, c’est-à-dire passer du cercle au cercle comme la coupole de la Vieille Charité à Marseille ou à pendentifs qui permet de passer du cercle au carré, les 4 côtés symbolisant les 4 évangélistes comme à la Major à Marseille ou Saint Sauveur à Aix dans la nef romane.
Le buisson :
C’est un acacia, ou un buisson de roses, arbres qui poussent facilement sur les terres sableuses.
Ici il évoque l’arbre, axe vertical qui renforce l’élévation de la montagne.
Le
feu : c’est le symbole universel de l’Esprit. Ce n’est pas un
feu ordinaire mais un feu très intense et qui éblouit, il ne se consume
pas, signifiant ainsi ses aspects immatériel et intemporel.
Il est emblème de la lumière et de la connaissance, c’est un feu d’en
haut qui n’appartient pas aux quatre éléments terrestres.
L’apparition : on est au cœur du feu lumière, du flamboiement et du rayonnement.
Reprenons maintenant l’interprétation chrétienne :
3 éléments indissociables qui apparaissent avec évidence dans le tableau de Froment : Dieu le Père, Eternel de l’ancien testament figuré sous la forme du Vieil homme.
Le Christ ici le Christ enfant. Sur le retable on remarque qu’il tient un miroir dans sa main gauche afin de signifier que la réalité bien que superposée, est autre.
L’Esprit saint puissance agissante de Dieu représenté par l’ange et l’annonciation faite à Marie.
On remarquera qu’il n’y a pas d’interprétation judaïque et islamique puisqu’il n’y a pas de représentation iconographique.
En fin de compte quelle est l’incidence maçonnique du buisson ardent ?
Est-il d’un symbolisme capital en loge de perfection ? Pourquoi le trouve-t-on au 9e, y a-t-il une révélation, une transcendance au grade d’élu ? Si oui laquelle ?
Il y a dans notre rite une rupture du symbolisme, puisque le maitre secret prend de la hauteur en apportant des sentences et des préceptes édifiants pour aborder son perfectionnement.
Au même titre que le laurier, l’olivier la clef d’ivoire, nous pouvons considérer le buisson ardent comme un outil de perfectionnement ? Ou se trouve la caverne nous dit notre rituel ? Au bord de la mer, près de Joppé où Jaffa à proximité d’un buisson ardent.
Nous sommes dedans, au cœur d’un grade de vengeance, le Buisson Ardent symbole de la parole de Dieu est-il une expression de l’approbation du Grand Architecte de l’acte de vengeance exécuté par Johaben ?
Où désigne-t-il simplement la caverne aux justiciers ?
Dans l’un des 10 commandements symbolisés par le buisson ardent il y a le « tu ne tueras point » et on pourtant dans la caverne on tue… alors la vengeance n’existe pas.
Très souverain Maitre et vous tous mes FF j’ai dit !